Guerre en Bretagne : un maire donne des noms français d’oiseaux aux rues !


Guerre en Bretagne : un maire donne des noms français d’oiseaux aux rues !

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Je dédie cet article à Yann Vallerie. Il comprendra.

La guerre des noms est partie de Telgruc, un village fleurant bon le dolmen, les volets bleus, les cirés Cotten et les algues, perdu au fond de la péninsule de Crozon, de l’autre côté de la rade de Brest. Comme pour le nez de Cyrano, presqu’île de Crozon faisait, avec raison, trop minuscule pour France Culture (1).
À Telgruc, un glorieux enseignant d’allemand à la retraite, le magnifique Jean-Pierre Kemener, fondateur de la célébrissime EOST (Études ouvertes sur Telgruc) est passé à l’attaque.

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Le maire du village a osé baptiser des rues du village de noms français d’oiseaux. Crime impardonnable de lèse-Breizh. « Des noms d’oiseaux insipides », dit Jean-Pierre dont je me demande pourquoi les parents ne lui ont pas donné un prénom aussi léger que Fanch ou Gwenc’hlan. Tellement plus typiques. À moins que cette frustration ne soit le moteur de son dynamisme culturel.
Cette brutale intrusion du français dans les noms de rue est un « ethnocide » dit-on dans les milieux branchés bretonnitude. Peut-être même un génocide. Un bretonicide ?

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Alors le ban et l’arrière-ban des intellectuels bretons ont signé début septembre, une lettre ouverte. On y trouve des phares de la pensée brezhoneg comme Mona Ozouf dont on sait qu’elle a fait sa carrière essentiellement en langue bretonne comme l’indique les titres de ses ouvrages : Les Mots des femmes : essai sur la singularité française ou De Révolution en République : les chemins de la France ; Yann Tiersen, chanteur mondialement connu autour de Brest pour ses albums aux titres tellement locaux : Dust Lane, Skyline, Infinity ; le barde Alan Stivell, né Cochevelou à Riom en Auvergne, source jaillissante de la musique bretonne (comme « stivell » l’indique) ; et le grand, que dis-je, l’immense poète Yvon Le Men, prix Goncourt de la poésie, intermittent du spectacle payé par les impôts de TOUS les Français.

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Ils sont ainsi « 300 grands intellectuels et artistes bretons », nous dit l’article de France Culture, à dénoncer « les injonctions de l’administration publique qui organise la débretonisation par idéologie jacobine ».
Et le jacobin de service s’appelle… Dominique Le Pennec, maire de Telgruc.
Le Pennec. Il n’y aurait pas un peu de Le Pen là-dedans ?
Un traître. D’ailleurs les militants ne s’y sont pas trompés : tags sur la mairie et menaces de mort.

Et ce collabo de l’État français ose dénoncer des « extrémistes nationalistes ». Pourquoi pas les assimiler à ceux qui assassinèrent Laurence Turbec, une employée du Mc Donald’s de Quévert, en tentant de faire sauter l’établissement le 19 avril 2000 ?
Quelle mentalité !

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Remarquons au passage que le mot « jacobin » est maintenant et heureusement à ranger dans les tiroirs du lexique honni avec nation, souveraineté et autres vocables marqueurs du fascisme, de l’extrême-droite, des QI zéro.

Ces valeureux combattants du régionalisme – régionalisme pas nationalisme (en tout cas, pas encore) – ces résistants de granit, luttent de toute l’ardeur de leur conviction née au contact des fées de Brocéliande contre le recul de la langue si belle, si confortable en bouche, qu’est le breton.

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Certes les noms sont pourtant traduits dans les deux langues : les toilettes sont les previsioù, la mairie Ti-Ker, Telgruc Terrug et le musée départemental breton le Mirdi Breizhek an Departamant.
Mais malgré ces efforts, malgré les écoles Diwan et autres pépinières et couveuses de la langue, le breton recule. « Il ne reste plus que 207 000 locuteurs bretons en Bretagne, soit 5,5 % de la population. Une étude inédite menée en juillet 2018 par le Conseil régional de Bretagne montre que l’âge moyen des bretonnants a augmenté de sept ans et demi en dix ans et atteint aujourd’hui 70 ans » dit France Culture.
Quel dommage !
Quelle perte irréparable !
Une langue qui s’éteint et le malheur du monde augmente, n’est-ce pas ?
Il faudrait imposer la disparition du français. Plus de bruit dans Landerneau mais dans Landerne.

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Horreur !
Il y a même des communes qui ont adopté un nom bien français lors de leur regroupement. Et France Culture n’hésite pas à les dénoncer.
Ainsi dans les Côtes-d’Armor, les communes de Ploubalay, Plessix-Balisson et Trégon (des noms d’une beauté immémoriale) se sont unies sous le nom de Beaussais-sur-mer. Fade, insipide.
Et ce, suite à une consultation de la population.
Comme quoi, il ne faut jamais demander son avis au peuple, qu’il soit breton ou pas.
Et puis je suis sûr qu’il y avait plein d’étrangers parmi les votants. Je veux dire des pas bretons de souche.
Qu’on les chasse et qu’on recommence le vote jusqu’à ce que le résultat soit conforme à la pensée bretonne.

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Devant tous ces faits abominables, je comprends que certains militent pour rendre l’étude du breton obligatoire à l’école dès la maternelle. Le député Paul Molac voudrait que les régions deviennent responsables de l’enseignement et ainsi la Bretagne pourrait ne prendre que des enseignants acceptant de se former en breton (et accessoirement en français) dès le début de leur cursus.

D’autres manœuvrent pour qu’à diplôme égal, les entreprises embauchent prioritairement celui ou celle émettant la langue de Roparz Hemon.
Quelle bonne idée !
Mais attention de ne pas discriminer ainsi les migrants clandestins en quête de petits boulots très qualifiés. Ils sont des chances pour la Bretagne. Contrairement aux Français qui, comme me l’a jeté un type – on choisit ses amis, rarement sa famille – n’ont rien à faire là.

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Qu’entends-je ?
Une association pour la francisation des noms bretons verrait bientôt le jour ?
Des gens qui, de Plougonvelin à Plouasne, en ont marre qu’on les prenne pour des ploucs parce que le nom de leur village commence par « plou » ? Des habitants qui sont las de s’emmêler dans les milliers de lieux débutant par « ker » ?
Impossible.
Qu’ils sachent que cela ne sera pas autorisé dans le cadre de la démocratie, de la justice, de la morale, du respect de l’autre, etc.

Marcus Graven

(1) https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/bretagne-aujourdhui-le-jacobinisme-est-une-idee-de-ploucs

 

https://ripostelaique.com/guerre-en-bretagne-un-maire-donne-des-noms-francais-doiseaux-aux-rues.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 thoughts on “Guerre en Bretagne : un maire donne des noms français d’oiseaux aux rues !

  1. Amélie PoulainAmélie Poulain

    Heureusement que le ridicule ne tue pas. En plus, on voit la cohérence personnelle de ceux qui revendiquent…

    Je crois bien qu’en Bretagne il y a actuellement, bien d’autres problèmes à régler. Quand on voit en plus ce que coûtent ces doublages linguistiques sur les panneaux de signalisation…

    Que l’on permette aux personnes qui le veulent de retrouver des racines en apprenant leur langue régionale cela se comprend (et d’ailleurs cela se fait je ne vois pas où est le problème) mais de là à vouloir refaire l’histoire et se démarquer d’un pays, la France, qui leur permet quand même de vivre pour vouloir quoi ? L’autarcie ?…. J’imagine….

    De toute façon avec les nouveau arriants qui ont l’air de pulluler, le remplacement se fera et je ne pense pas que ce sera en langue bretonne.

  2. AvatarKarl der Hammer

    C’est un droit fondamental de l’Homme que de pouvoir apprendre et parler sans entrave dans son propre pays la langue maternelle de ses parents, qui est aussi la langue de ses ancètres quand on est « de souche ».
    Ce droit n’est malheureusement pas respecté par la France, que ce soit en Bretagne ou dans d’autres régions.
    En Bretagne, c’est le Breton qui devrait avoir la priorité sur toute autre langue, y compris le Français. Après tout la Bretagne n’a pas toujours été française… pas plus d’ailleurs que d’autres régions comme l’Alsace, par exemple.
    Quant aux panneaux de signalisation bilingues, certes ils pourraient être seulement en langue régionale, mais ironiquement leur apparition correspond en fait à la disparition régulière de la dite-langue régionale!
    Au niveau international, le Québec a réussi à imposer au reste du Canada anglophone des panneaux bilingues. Aux Etats-Unis, les langues amérindiennes sont de plus en plus protégées – par exemple, l’Alaska a donné recemment le statut de langue officielle, à côté de l’Anglais, aux langues amérindiennes présentes sur son sol.

    1. Jean-Paul Saint-MarcJean-Paul Saint-Marc

      Si lous pitis pors nou lou minge pau, en ferau quequo rai !
      Komprich !
      Bien sûr avec la dextérité linguistique locale…
      Ça c’est dans mon coin natal…

      1. Amélie PoulainAmélie Poulain

        Oui, j’imagine la France si chacun parle sa langue dans son coin…. Pour ma part, je crois que j’irais carrément dans un pays étranger tant qu’à faire,au moins il y aurait une unité linguistique.

  3. AvatarDorylée

    « …En Bretagne, c’est le Breton qui devrait avoir la priorité sur toute autre langue, y compris le Français… » En voilà une connerie qu’elle est bonne ! C’est ainsi que le petit qui naît en Bretagne apprendra en breton à l’école puisque « …En Bretagne, c’est le Breton qui devrait avoir la priorité sur toute autre langue, y compris le Français… » Mais, à la maison, les parents étant Français, on parle forcément en Français. Puis, le père étant muté au Pays Basque, le petit va devoir reprendre tout depuis le début en basque puisque « …au Pays Basque, c’est le basque qui devrait avoir la priorité sur toute autre langue, y compris le Français… » Et au bout de 3 nouvelles années de basque, papa, militaire se retrouve muté à Strasbourg où le gamin va recommencer son calvaire en alsacien puisqu’en Alsace, c’est l’alsacien… Jusqu’au jour où une intelligence supérieure, genre François 1er de passage à Villers-Cotterêts, se dira que pour se comprendre tous, il est préférable de parler tous la même langue et nous fera faire un grand bond en avant vers …1539 ! Mais il est vrai que le titulaire d’une licence de commerce internationale en breton pourra commercer plus facilement lors d’échange avec l’île de Sein ou Ouessant ou même acheter un chargement d’artichauts et de choux fleurs à St Pol de Léon. Si les parents sont bretonnant et veulent que leurs enfants parlent breton, qu’ils l’apprennent à leurs enfants. Ce n’est pas à l’Éducation NATIONALE d’enseigner les jargons régionaux : elle n’arrive déjà pas à enseigner correctement la langue NATIONALE, le Français. Même pour récupérer les voix de 5,5 des gens qui peuplent la Bretagne.
    Lisez ce passionnant article relatif au BZH, au Gwen ha du et Roparz Hemon au cours des  » heures les plus sombres de notre histoire  » pour avoir une petite idée de ce que sont ces régionalistes purs et durs https://www.regionalismes.info/infos/etudes/bzh/bzh.htm

    1. Amélie PoulainAmélie Poulain

      Sans compter que celui qui aura le malheur de ne parler que Français et n’est pas multilingue régional, ne pourra plus voyager de région en région sans se sentir étranger dans son pays et en plus,, ne comprenant rien à ce qui se dit…

      Quand j’étais enfant, j’ai appris que c’était impoli de parler une langue (à propos des langues « régionales ») quand il y a quelqu’un qui ne la comprend pas dans le groupe. Je parle de la France évidemment et des Français qui ne connaitraient pas la langue régionale en question.

  4. AvatarKarl der Hammer

    « Ce n’est pas à l’Éducation NATIONALE d’enseigner les jargons régionaux »
    En effet, l’Education Nationale enseigne (trop peu) les langues régionales, pas des « jargons »… On peut consulter le B.O. hors série n°2 du 19 Juin 2003 pour avoir le programme de l’enseignement des langues régionales à l’école primaire, par exemple.
    Cela dit, c’est quand même incroyable et incompréhensible de constater ce mépris, cette intolérance vis à vis des identités régionales – elles ne sont dirigées contre personne, il s’agit simplement d’avoir le droit d’être ce que l’on est – droit fondamental qui devrait aller de soi.
    Je suis assez vieux pour avoir connu l’Alsace où l’on parlait Alsacien au quotidien dans l’espace public, ‘s isch unsri Müettersproch (c’est notre langue maternelle) – ce n’est, hélas, plus le cas, et les jeunes d’aujourd’hui ne se rendent pas compte que leur région a changé de langue (une forme de « grand remplacement »).
    Enfin, ce serait bien de s’inspirer de l’exemple d’un « petit » pays voisin qui reconnait sur son territoire 4 langues nationales, à savoir la Suisse / Schweiz / Svizzera / Svizra

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