Bac : coup de gueule d’un prof révolté par l’obligation de surnoter des copies nulles de chez nulles


Bac : coup de gueule d’un prof révolté par l’obligation de surnoter des copies nulles de chez nulles

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Monsieur l’inspecteur, je vous fais une lettre…

Un professeur agrégé de lettres au lycée La Fayette de Clermont-ferrand s’insurge, dans une lettre ouverte à l’inspecteur d’académie, contre l’obligation faite aux enseignants de surnoter des copies indigentes. Une fausse bienveillance qui cache un vrai mépris.

Monsieur l’inspecteur, Il fut un temps où vos prédécesseurs soutenaient les professeurs dans leurs exigences scolaires, avant que le laxisme et le renoncement déguisés en bienveillance ne deviennent la doxa de l’institution.

Je fais l’expérience de cette démission depuis mes débuts dans la carrière, à l’occasion d’inspections parfois houleuses et surtout lors de l’annuelle correction des copies de français du baccalauréat. Cette lettre se veut l’écho d’une colère qui ne passe pas, récemment alimentée par votre attitude : comme le débat contradictoire ne me semble pas avoir votre préférence, et que je me sens insultée en tant que professeur par l’institution dont vous êtes la voix, quel autre moyen pour faire entendre la mienne, et à travers elle la colère de bien des collègues ?

 

Cette année comme les autres, lors de la commission d’harmonisation des notes qui se tient à l’issue de la correction des copies, je suis ciblée comme étant le professeur dont les résultats sont inférieurs à la moyenne académique.

Cette année comme les autres, on m’en demande justification : et peu importent la qualité intrinsèque des copies, l’incompréhension des textes qu’elles révèlent – jusque dans leur littéralité –, la paraphrase indigente qui les constitue, et le sabir à peine identifiable, dans sa syntaxe comme son orthographe, que nous devrions considérer comme du français et qui n’est qu’un vaste attentat contre la langue.

Peu importent ces éléments objectifs et vérifiables, votre unique préoccupation tient en un mot : “harmonisation”.

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Je n’y verrais rien à redire s’il s’agissait de noter les copies en fonction de ce qu’elles valent, mais les consignes de correction (explicites ou subliminales) sont telles que beaucoup, en censurant leurs exigences et en surnotant comme un seul homme, en viennent à faire artificiellement gonfler une moyenne dont les vilains petits canards de mon espèce sont sommés de se rapprocher s’ils ne veulent être exclus de cet annuel concordat. Ou plutôt de cette grande foire aux bonnes notes qu’est devenu le baccalauréat.

Les récalcitrants, ceux qui ont encore l’audace de donner à une copie la note qu’elle mérite, vous tentez de les intimider par l’“harmonisation”, mot magique et lénifiant qui tue toute velléité de critique ou d’insoumission : votre mission consiste désormais à faire taire celui qui ne voit dans la pratique actuelle que la pathétique dissimulation du désastre en cours par le trucage de la notation, et j’avoue ne pas y trouver grande dignité.

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Vous avancez paré de toutes les vertus, la bienveillance et l’humanité en bandoulière, et stigmatisez habilement le correcteur qui refuse ce jeu de dupes : seul un mauvais coucheur, un ennemi du genre humain, rigidifié dans des sévérités d’un autre âge, peut vouloir se soustraire à la “Grande Harmonisation” rituelle ! Oui, les notes que j’attribue sont massivement mauvaises, parce que les copies sont massivement mauvaises ; je me refuse à les gratifier de points supplémentaires pour me conformer à la moyenne académique – ce que vous faites très bien sans moi –, je n’en éprouve aucune honte ni remords, et c’est cette attitude qui me vaut condamnation.

 

Vous prétendez qu’il en va de l’intérêt de l’élève, forcément désavantagé par une correction moins généreuse que les autres, et c’est par ce chantage récurrent que vous présentez comme injustifiable mon refus d’ajuster les notes... Mais vous, comment justifiez-vous de tels résultats quand les copies sont ce qu’elles sont ? Comment justifiez-vous comme seul étalon de l’évaluation les bonnes notes largement distribuées ? Avez-vous déjà lu une copie, monsieur l’inspecteur, je veux dire vraiment lu une copie, sans les oeillères de l’idéologie et du carriérisme mêlés, sans penser statistiques de réussite et bac pour tous ? Avez-vous lu ce que vous lisiez ? Je ne vous ferai pas l’injure de penser que vous ne savez pas estimer une copie, mais l’idéologie de la bienveillance, aujourd’hui partout répandue, et qui est pour moi l’autre nom de la démission, biaise votre rapport au réel : vos consignes de correction laxistes visent à masquer le niveau des élèves, et tout est fait pour ne pas révéler cette vérité dérangeante, qui saute aux yeux pour peu qu’on soit honnête. Mais quand on est dans le dogme, peu importe le réel, il n’existe pas ; et s’il a le tort de se manifester encore, on le maquille. Comment justifiez-vous une telle manoeuvre, monsieur l’inspecteur ? Ne me parlez surtout pas de respect des élèves, comme le firent certains de vos prédécesseurs, qui me reprochèrent régulièrement, au nom de ce principe hautement louable, l’attribution de mauvaises notes.

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Où est le respect quand on fait croire des sornettes à des milliers de jeunes gens qui, dans l’assurance fallacieuse de leurs compétences, iront se fracasser dès les premières années des études supérieures ? Où est le respect quand on les entretient dans une fausse idée d’eux-mêmes ? Où est le respect quand on les empêche de s’élever en les berçant d’illusions sur leur niveau ? Où est le respect quand ce sont les plus défavorisés d’entre eux qui souffriront le plus de cette hypocrisie institutionnalisée dont vous êtes le vecteur ?

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on… Rangez votre humanisme de façade et cessez de voir l’exigence de certains professeurs comme le contraire de la bienveillance : cette exigence est précisément le signe de mon respect pour les élèves, et je ne vois pas en quoi leur dire la vérité serait coupable. Nous tomberons sans doute d’accord sur un point, monsieur l’inspecteur : les élèves sont méprisés, voire trahis. Osez vous demander par qui. » .

https://www.causeur.fr/le-niveau-baisse-professeurs-lettre-notes-ecole-165600
Article réservé aux abonnés, pour une lettre ouverte !!!
Par chance, elle s’est révélée intégralement sur un site…
Bien trop discrète, quel écho aura-t-elle ?

Un autre site relaie cette lettre avec un ajout de perles dignes de grands auteurs. Ne pas rire SVP !
http://www.a-droite-fierement.fr/un-vaste-attentat-contre-la-langue-francaise/

Quelques échantillons de la prose des élèves de première telle qu’on peut la lire aujourd’hui dans les copies de bac.

« Il y a des maisons plus banal limitent laissé à l’abandont, dont personne nosent s’approché. »

« Nous s’avouront que des bonnes choses tant dit que la solitude est mal. »

« Deux question nous es poser. »

« C’est différente facette ce voit. »

« On pourrais si croire dedans. »

« Peut à peut-il se sentie perdue et submerger. »

« … n’avigant un peux au hasard… »

« de l’écoeuration, de l’agassement »

Ce qui doit correspondre à ce que je crois s’appeler un texte d’invention !

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Jean-Paul Saint-Marc

Résistance républicaine Aquitaine J'adore la chouette, elle a de grands yeux pour mieux voir.


14 thoughts on “Bac : coup de gueule d’un prof révolté par l’obligation de surnoter des copies nulles de chez nulles

  1. AvatarJoël

    Le pire, c’est que dans quelques années, certains se retrouveront dans des postes à responsabilité de l’administration. Peut-être même dans l’enseignement.

  2. AvatarGAVIVA

    Les gens ne savent plus lire s’ils l’ont jamais su. Je connais une émission sur youtube, « my strange addiction » et « freaky eaters » où des gens témoignent de leur addiction; accro au tuning, accro aux fast foods, accro aux jeux vidéo pour les plus courantes. Ensuite celui qui a littéralement des rapports sexuels ( avec pénétration!) avec sa voiture, celle qui adore mâchouiller des éponges à vaisselle, une autre qui grattouille les murs de sa maison parce qu’elle aime manger l’enduit, un autre et là faut (ou pas) le faire, il laisse pourrir de la viande dans des bocaux et la mange ensuite….etc….mais je n’ai jamais vu ou entendu parler de quelqu’un accro à la lecture. C’est mon cas, je cache même des livres un peu partout chez moi comme d’autres des bouteilles. J’en ai toujours dans la boîte à gants de ma voiture, sur la table de nuit, dans la salle de bain. C’est grave docteur?

  3. frejusienfrejusien

    quel est l’intérêt de passer une agrégation pour se trouver ensuite au milieu de jeunes ignorants qui ne veulent surtout pas apprendre, et qu’il ne faut surtout pas irriter par des notes justes qui reflètent leur niveau ??

    1. AvatarSophie

      Il n’est pas question de ne pas irriter les élèves mais surtout que l’académie veux gonfler les notes pour faire partie des établissement qui ont un gros pourcentage de réussite. Les gamins vont croire à leurs aptitudes et vont s’orienter dans un métier ou ils n’auront pas les compétences. Ça va faire des chômeurs en plus qui ne trouveront rien à la sortie

  4. AvatarORANGE

    C’est une corruption version de gauche donc à grande échelle, miroir de la corruption sélective que l’on trouve dans les dictatures (islamiques par exemple) où les profs notent bien les enfants des puissants même s’ils sont nuls car ils craignent pour leur poste ou leur vie. L’embauche de nuls est imposée aussi aux compagnies.

    Aux USA les progressistes-gauchistes tentent d’imposer « l’égalité des résultats » et d’éjecter le système de « l’égalité des chances ». Cela crée une baisse dramatique du niveau car il est artificiellement « égalisé ».

    Le gouvernement traite les zones de non droit en ignorant la délinquance qui y sévit, comme il traite le quartier inoffensif où il n’y a pas de délinquance. Là aussi, le pays entier baisse dramatiquement de niveau, est pénalisé par le cancer ignoré que sont les zones de non droit qui métastasent le pays entier sans rencontrer d’obstacle.

    Les sans-génie qui nous gouvernent ont une haute opinion mondialiste d’eux-mêmes mais ils baissent le niveau de la planète au niveau minable de leurs ambitions manipulatrices à des fins d’exploitation primaire de la population. Je pense aux transnationales médicales, industrielles, médiatiques, commerciales, d’armement qui trouvent du profit financier immédiat dans la subordination des populations. Leur soutien à l’islam ultra aliénant en est un signe.

  5. AvatarAlexcendre 62

    La clef de tout ça est que des gens ignorants et bêtes sont plus manipulables que des gens réfléchis et instruits , la commande du gouvernement mondialiste a été passé il y quelques années et nos élites se sont couchés comme dans de nombreux domaines . A ce titre pas de problème pour la classe dirigeante c’est la classe moyenne qui accuse le coup et qui en paye le prix fort et tout ça est piloté a distance , si il y avait un doute la lettre de ce professeur nous le révèle et nous le démontre . Les patriotes savent tous qu’il sera difficile de sortir de ce bourbier , qu’une volonté avec des gros moyens seront nécessaires pour rebâtir ce pays encore fut-il que les veaux se réveillent pour le moment aucun signe a l’horizon les médias font bien leur travail .

  6. AvatarHollender

    Au Venezuela, le  » tarif  » c’est à dire ce que ça coûtait aux parents pour que ses enfants décrochent un….. diplôme:

    Pour un garçon: deux bouteilles de rhum vieux, Cacique ou autre whisky importé.
    Pour une fille : se laisser peloter par le prof voire, se faire sauter………pour améliorer ses notes.
    Charmant pays où j’ai passé deux ans et où les flics ont tout fait pour me
    confisquer -voler ma voiture, où les policiers tirent sur les fourgons dont le contenu les intéresse etc.
    Sur mon chantier, les ouvriers venaient armés pistolets de 9mm ou des fusils à canon sciés qu’ils laissaient dans un conteneur fermé avec un énorme cadenas.
    Les soirs de remise des salaires, il y avait des morts sur le chemin de la maison.
    Les fins de semaines, il y avait en moyenne 70 à 90 meurtres, et c »était dans les années 2001-2002.
    On attendait ZORRO pour mettre de l’ordre dans le pays…………. et c’est H. CHAVEZ qui est arrivé……………

    En France, c’est aussi le nivellement par le bas. Souvent sur mes chantiers, je me suis fait rabrouer quand je faisais une remarque à un de mes jeunes collègues ou que je relisais et lui corrigeais ses documents.
    On ne peut pas gagner contre la bêtise……… même pour sauver sa langue maternelle.

    1. François des GrouxFrançois des Groux

      Votre anecdote me rappelle notre première journée au Mexique : au feu que nous avions soi-disant brûlé, 10 flics nous sont tombés dessus pour nous racketter…

  7. AvatarSoudibor

    C’est le triomphe de la médiocrité, dans tous les domaines de la société, et à commencer par l’enseignement. C’est le collège pour tous, c’est la lutte contre la sélection des talents, c’est l’idéologie gauchiste nihiliste, du « tous égaux, pas de discrimination ». C’est voulu, organisé. C’est plus facile pour le mondialisme, comme déjà remarqué dans des commentaires précédents. C’est l’avancée de la dictature qui se met en place.

  8. DiogèneDiogène

    « un vaste attentat contre la langue. » : cet attentat je le vis chaque jour en écoutant la radio et les sombres idiots qui s’y expriment et n’hésitent pas à « parler » « franglais » ( et à répéter sans arrêt « trop » « c’est trop bien »… et « voilà » tics verbaux insupportables…)

    Mais il est vrai que je ne suis qu’un vieux « facho » puisque je ne suis pas du tout persuadé par la « richesse du multiculturalisme » et que j’ai, de plus en plus, un profond mépris pour les religions (ces inventions humaines délirantes) et surtout pour l’une d’elles dont la bêtise est stupéfiante et se répand telle une marée noire engluant les oiseaux ivres de liberté…

    La France et l’Europe sont devenues des « bateaux ivres » délirants
    Or, attristé :

    « Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
    Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
    Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
    Ni nager sous les yeux horribles des pontons.  »

    Arthur RIMBAUD

    Diogène

    1. Avatarhamal obibi

      Il fumait de la bonne le père Rimbaud !!
      J’aime surtout son poème où il déclare son amour du trou du cul de son amant.

  9. AvatarBobbyFR94

    Quand on veut régner sur des ABRUTIS, en sus de ne rien leur apprendre, il faut leur faire croire qu’ils ont « appris », que ce sont des pointures !!!

    Tout cela fait partie de la désintégration programmée du pays…

    Le livre  » L’horreur pédagogique  » paru en 1999, parle, déjà à l’époque, du niveau crasse d’un certain nombre d’élèves !!!

    Et il y a donc 20 années de ça !!!

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