Petit voyage dans le camp de Zaatari, en Jordanie


Petit voyage dans le camp de Zaatari, en Jordanie

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Le camp de Zaatari a été érigé en 2012 au nord de la Jordanie afin d’absorber une partie du flux des réfugiés syriens. Le camp devait perdurer 2-3 ans mais la solution est devenue définitivement provisoire. Aujourd’hui, la zone est alimentée par panneaux solaires et son artère commerciale est surnommée SHAMS-ÉLYSÉES par ses habitants, du chic parisien mué en chic et pas cher islamo-arabe.

 

En arabe, Al Sham signifie Levant antique et le sens syrien de la débrouillardise a vite fait naître parmi les containers une allée principale où l’on se procure certaines denrées plus vraiment de première nécessité. Cette débrouillardise étonne bon nombre d’observateurs étrangers mais tout est contextuel. Ma foi, lorsque les Allemands eurent une nouvelle fois la mauvaise idée d’occuper la paisible France, le gazogène remplaça l’essence et les semelles furent tout aussi rigides que le bois.

Lors des poussées maximales, Zaatari fut même la 5ème ville de Jordanie en hébergeant près de 200.000 fuyards. Actuellement, environ 80.000 personnes peuplent Zaatari et vivent en containers aménagés parfois avec beaucoup d’ingéniosité comme en témoigne la récupération de moteurs de machine à laver servant à la ventilation intérieure. 43°C à midi, c’est pas du ressenti météo LCI, c’est les poules qui vous pondent les omelettes toutes prêtes à consommer et c’est un dur à cuire qui vous le dit.

L’Allemagne ne saurait qu’en rêver : plus de la moitié de la population zaatarie est composée de moins de 18 ans et les nouveau-nés sont apatrides aux yeux du droit international puisque la législation oblige les parents à présenter leur mioche aux autorités syriennes afin de valider sa nationalité. Le taux de natalité y est extrêmement élevé malgré les conditions sanitaires pas au top. Top démographique, classique.

Expressions les plus populaires à Zaatari : « Inch’Allah » et « Alhamdulillah ». Inch’Allah lorsqu’on questionne les réfugiés au sujet de leurs espoirs à moyen et long terme : fin de la guerre, retour au pays. Pour le concret à court terme comme l’arrivée des précieux médicaments, ils lui préfèrent Alhamdulillah, « grâce à Dieu ». Deux expressions qui s’exportent à la vitesse du son de voix, sans droits de douane, même jusqu’aux coins les plus reculés de Bretagne. C’est pour ça que certains pètent les plombs à Brest. Il existe également un Brest en Biélorussie, ex Brest-Litovsk, mais dans cette ville l’ouverture d’une mosquée verrait la vente de fusils à lunette grimper en flèche d’arbalète.

À court terme, le retour à la Goutha (banlieue de Damas) semble inenvisageable pour ces réfugiés qui sont accusés de traîtres s’ils regagnent la Syrie. Certains l’ont fait et ont tout simplement disparu « à l’argentine ». Les services secrets syriens disposeraient d’un fichier de plus d’un million de personnes « indésirables », inutile de préciser le sort qui les attend au retour. La Gestapo n’est pas morte, elle est même très active à Damas. La France est un hôtel 5 étoiles dont les forces de l’ordre sont lancées sur les Gilets jaunes sauf s’ils sont Syriens.

L’Europe peut bien évidemment jouer les Daktari à Zaatari et encourager toutes les initiatives humanitaires visant à rendre sa dignité au peuple syrien, à noter la surprenante initiative de LaLiga espagnole qui organisa mi-juillet un tournoi de foot sur les lieux, sympa. Plus ces gosses taperont sur la balle, moins ils taperont la balle dans le barillet.

La générosité devrait toutefois se restreindre à un secours sur site et non sur Sicile car où va le musulman, la mosquée le suit… Aujourd’hui, Zaatari est subdivisé en 12 quartiers et la ville champignon compte déjà 74 mosquées. À considérer l’accueil de ces 80.000 Syriens en Europe, le processus serait le même…

On a longtemps épilogué sur le rôle sournois du colonialisme franco-britannique au Proche et Moyen-Orient. Ne dédouanons pas les Occidentaux (et encore moins l’Empire Ottoman !!!) des dérapages éthiques mais il faut toutefois insister sur ses points positifs qui permirent entre autres à l’Inde UN BOND DE GÉANT VERS LA MODERNITÉ INSTITUTIONNELLE, sans omettre l’apport de l’ingénierie civile et urbaine française en Algérie. Il suffit de contempler la ville d’Alger des années 40, cet urbanisme n’est pas vraiment le fruit du colonialisme ottoman…

Syrie, Liban, Jordanie… un incroyable potentiel humain gâché par la religiosité mahométane. La bêtise du monde adulte me surprendra toujours.

Addendum

Ci-dessous, un reportage Arte captivant : « L’Accord Sykes Picot : 100 ans de guerre au Moyen-Orient », 57 minutes. À voir absolument : timeline 07:49, 1941, l’effort des Britanniques visant à rendre aux femmes syriennes un statut de femme et non d’esclave camouflée. « Le Noir te va si bien » est une comédie policière anglo-saxonne et ne devrait JAMAIS être une contrainte surveillée par la police religieuse islamo-sexiste.

 

Avant que tout ne bascule dans l’horreur islamiste…

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Richard Mil

Belge passionné de sciences humaines, amoureux de la culture française, gaulliste, athée, partage totalement les convictions de l’initiative citoyenne Résistance Républicaine


3 thoughts on “Petit voyage dans le camp de Zaatari, en Jordanie

  1. AvatarMachinchose

    Zaatari……………………le thym………………..mais aussi porte malheur aussi

    « Massacre de Tel al-Zaatar
    DescriptionLe massacre de Tel al-Zaatar a eu lieu pendant la Guerre civile libanaise, le 12 août 1976. Tel al-Zaatar était un camp de réfugiés palestiniens administré par l’UNRWA d’environ 50 000 à 60 000 au nord-est de Beyrouth. Le massacre fut commis par des factions chrétiennes. Il se solda par plus de 2 000 morts. Wikipédia
    Date : 12 août 1976
    Lieu : Beyrouth, Liban » »

    réaction des Chretiens au massacre des chrétiens de Damour quelques mois plu s tot …

    dans ces pays de merde concentrée ça fait des siècles qu en s’ entretue plus ou moins joyeusementon oublie vite que ces milliers de chrétiens Maronites furent eux aussi assassinés par les « braves » Druzes

    on comprend mieux pourquoi la totalité des Juifs ont quitté ces shitholes

    ils sont comme le canari au fond de la mine! ils flairent l’ arrivée du coup de grisou longtemps a l’ avance………..

    Sans un patron a couilles du genre Saddam ou Khaddafi, ils deviennent vite des myriades de cafards, de cancres las de la paix………….

    illustré par le proverbe du coin « 3arab Jarab »

  2. AvatarRinocero

    Article très intéressant mais lorsque qu’on veut consulter un passage précis d’une vidéo sans visionner le tout et pour éviter l’anglicisme « time line » on peut dire à la place : « à partir de » .
    Sinon l’expression « time line » correspond d’une façon générale au mot français « chronologie ».

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