L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire (de la peinture française)


L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire (de la peinture française)

Olympia de Manet

Et si on visitait le musée d’Orsay ?
Ha m…, encore une expo racialiste !

Dans son fameux discours de Dakar, en 2007, Sarkozy déplorait que l’homme africain ne soit pas assez entré dans l’histoire. Il faisait référence à la phrase d’Aimé Césaire : « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’Histoire ».

Évidemment, tous les antiracistes lui sont tombés dessus et, pourtant, son discours n’avait rien de raciste. Il déplorait, justement, que l’Afrique ne soit pas assez tournée vers le progrès. Point d’Africains parmi les prix Nobel scientifiques, pas d’inventeurs ni de brevets, pas de génies de l’informatique, pas de start-up nation etc. Bref, pour paraphraser Patrick Juvet, mais où sont les Noirs ?

S’ils ne sont pas assez entrés dans l’histoire, ils commencent, en France, à faire beaucoup parler d’eux : la LDNA, Rokhaya Diallo, Rick Conrad, Hapsatou Sy, Danièle Obono, Sibeth Ndiaye ou Laeticia Avia. Leurs point communs : une posture victimaire, un chouinement continu, un antiracisme à sens unique se conjuguant, parfois, avec un racisme antiblanc décomplexé. Pour eux, malgré l’invasion migratoire, l’homme africain n’est pas assez entré en France.

Pareil dans les arts et la peinture : pas de Noirs sur les enluminures du Moyen Âge, pas de Noirs dans les peintures de la Renaissance, pas de Noirs dans les tournesols de Van Gogh, pas de baigneuses noires à déjeuner sur l’herbe et pas de Noirs provençaux à la montagne Sainte-Victoire. Et alors ? Ben, c’est dramatique. L’art occidental et la peinture française ne sont pas assez inclusives : comme les Français, ils sont racistes.

Le musée d’Orsay nous proposait donc, jusqu’au 21 juillet, une exposition consacrée au « Modèle noir, de Géricault à Matisse » où, l’on apprenait, finalement, que personnage le plus important est le personnage secondaire noir. Car rare étaient les tableaux représentant principalement un Noir, comme celui du premier député Jean-Baptiste Belley peint par Girodet en 1797 ou le très beau Portrait de Madeleine par Marie-Guillemine Benoist.

Pap Ndiaye, le pape de la condition noire en France, était le conseiller scientifique de l’exposition qui se retrouvera, en septembre prochain, au Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre.

Pap Ndiaye : « Montrer autre chose que les caricatures des personnes noires »

L’Histoire et l’histoire de l’art ont partie liée et particulièrement dans cette exposition. Quels seraient les trois tableaux emblématiques sur le plan historique ?

Il est intéressant de s’arrêter sur le tableau de François-Auguste Biard L’Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises le 27 avril 1848 (1849), une commande de l’État. Le représentant du gouvernement applaudit, mais ce tableau est complètement fantaisiste puisqu’il laisse entendre que les esclaves étaient là, passifs, à attendre cette abolition, alors qu’ils se sont rebellés […]

Pourquoi ne pas consacrer une exposition aux modèles blancs, ou asiatiques ?

Il est tout à fait exact que les personnes d’origine asiatique sont sous-représentées et pourraient faire l’objet d’une recherche. Mais, pour ce qui est du modèle blanc, il appartient au domaine majoritaire. Il n’y a pas de catégorie « blanc » figée, puisque les Blancs constituent l’essentiel de la peinture occidentale. Parler du modèle noir, c’est interroger de manière plus significative et intéressante les personnes noires qui composent une partie de la société.

https://www.lepoint.fr/arts/pap-ndiaye-montrer-autre-chose-que-les-caricatures-des-personnes-noires-26-03-2019-2303978_36.php

[…] Après le rétablissement de l’esclavage par Bonaparte en 1802, des artistes comme Géricault deviennent des abolitionnistes résolus. Le Radeau de la méduse est un tableau abolitionniste. Au sommet de sa composition, Géricault place un homme noir, de dos, juché sur un tonneau, qui agite un foulard rouge, symbole de l’espérance.

Laure, Madeleine, Joseph… L’exposition redonne un prénom, l’épaisseur d’une biographie, à beaucoup de modèles de grands peintres. Comment l’équipe de l’exposition a-t-elle réussi à retracer ces vies ?

Le carnet de notes de Manet indique que Laure, qui a servi de modèle à la servante noire d’Olympia, habitait rue Vintimille à Paris […] En réalité, retracer l’identité de ces personnes n’est pas si difficile. Encore faut-il chercher. Le cas de Laure est emblématique. Dans Olympia, elle est là, sous nos yeux. Pourtant elle est quasi-inexistante dans les livres consacrés au tableau de Manet, qui parlent plus du chat noir que d’elle. Comme le rappelle aussi Cécile Debray, autre commissaire, rares sont les spécialistes de Matisse qui ont noté la présence de femmes métisses dans ses portraits des années 1940.

Pourquoi cette invisibilité ?

Si jusqu’à présent nous ne les avons pas vus, c’est parce que les Français se méfient des réflexions explicites autour de la couleur de peau – et derrière elles des questions de race. C’est entendu, la République est en principe aveugle à la couleur, ou à toute autre caractéristique physique. Le problème est que la couleur de peau importe dans les destins de ses enfants. D’autres pays se sont attelés bien plus tôt à ce genre d’exposition. En 1964, en plein mouvement des droits civiques, l’exposition «The portrayal of the Negro in American Painting» eut lieu au Bowdoin college, à Brunswick, dans le Maine. Martin Luther King l’avait inaugurée et soutenue : pour lui, suivant Alain Locke, «l’art doit découvrir et révéler la beauté que les préjugés et la caricature ont recouverte». Bien plus récemment, en 2005, un musée de Manchester a consacré une exposition à la représentation des Noirs dans la peinture victorienne, tout comme l’exposition «Black is beautiful», à Amsterdam en 2008, s’est penchée sur leur image dans la peinture hollandaise et flamande depuis Rubens.

Pourquoi est-elle possible aujourd’hui, et dans un lieu aussi institutionnel que le musée d’Orsay ?

Il a fallu, comme souvent, une impulsion étrangère, en l’occurrence celle de l’Américaine Denise Murrell, combinée à la volonté de Laurence des Cars, directrice du musée. Et depuis les années 2000, se font entendre en France, de manière insistante, de nouvelles voix collectives noires, une nouvelle subjectivité noire.

https://next.liberation.fr/arts/2019/03/25/le-modele-noir-un-pan-de-l-histoire-de-l-art-qui-n-etait-pas-dissimule-mais-comme-invisible_1717344

 

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8 thoughts on “L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire (de la peinture française)

  1. AvatarHollender

    Arrêtez les frais, perte de temps, d’argent, de papier, de toner ( de Brest) ……

    Le blanc est COUPABLE de tout ce qui accable le pôvre noir et le pôvre arabe, et le pôvre musulman.
    Les Chrétiens , les Juifs, les Bouddhistes ont tout inventé pendant que les africains tapaient sur leurs troncs d’arbres et bouffaient des insectes!

    Maintenant que qu’ils sortent de leurs  » case  » du et rejoignent par millions les peuples éduqués ( dans les écoles et Universités Blanches, Juives, et Bouddhistes et utilisent les outils modernes, tout leur est dû………..et non seulement ils continuent de s’exterminer entre eux , comme au Ruanda ( la France est blanche, donc coupable) en Syrie, Iraq etc. etc . mais ils viennent chez nous pour nous faire CHIER !!
    R.N. annonce ton programme, vite !! ….. et retrouve de da poigne, la France en a besoin.

  2. AvatarJolly Rodgers

    c’est simple la France est a l’origine un pays blancs , composé de blancs , comme tout les pays européens !
    tout comme l’Afrique et les pays d’afriques sont composés de noirs et de beurs ! si il n’y a jamais eu de grands artistes peintres en afrique , c’est quand même pas de notre fautes ! si nos mœurs et notre culture en France et dans toute l’Europe , fait que nous avons une sensibilités artistique plus développé que les africains , c’est que nous sommes deux pôles différent et c’est une erreur de vouloir a tout prix (comme le font les politiques mondialiste) nous mélanger . l’huile et le vinaigre ne se mélangent pas !

  3. AvatarAnonyme

    Je trouve tableau de Biard « L’abolition de l’esclavage » touchant. J’y vois les blancs et les noirs proches puisque rassemblés dans une même foule. Les noirs sont surtout au sol, ce qui évoque leur condition d’esclaves, mais certains sont debout en signe d’émancipation victorieuse. Un homme et une femme noirs au centre s’étreignent de joie. Ils sont représentés plus libres que les musulmans d’aujourd’hui… Une femme noire vers la droite est à genoux agrippant la main d’une femme blanche debout, peut-être en signe de reconnaissance émue tandis qu’une femme blanche a la main posée sur l’avant-bras de cette femme noire, peut-être en signe d’estime et de solidarité.

    Le peintre s’est attaché à montrer la peine des esclaves en voie d’être surmontée et il représente les noirs avec la même humanité que les blancs.

    Je n’ai pas de reproches à faire au peintre. Les médias du temps ont-ils fait leur travail et le responsable de l’exposition d’aujourd’hui pourrait en rendre compte et ne pas accabler le peintre qui évidemment n’a semble-t-il pas peint une chronique de 25 tableaux sur le même thème exprimant toutes les étapes. Il est peut-être important pour le peintre de représenter chacun valorisé, blancs et noirs sensibles et solidaires, afin d’inaugurer une suite heureuse à l’abolition de l’esclavage. C’est très différent de l’apitoiement sur soi cultivé par les racialistes d’aujourd’hui pleins de mauvaise foi qui n’ont rien de positif à proposer, seulement d’infinies récriminations vis-à-vis des blancs d’aujourd’hui qui n’ont jamais eu d’entreprise raciste.

  4. Avatardmarie

    L’homme africain n’est pas rentré dans l’histoire, mais il est rentré en Europe où il a bien trouvé les entrées à toutes les aides sociales, dont la CAF…
    Il y a de l’espoir…. Dans quelques décennies, ça ira mieux…. Il faut le souhaiter pour les générations futures des vilains méchants… blancs !

  5. AvatarAnne Lauwaert

    oui mais… aujourd’hui il n’y a plus un film, une serie, une pub sans personnage de la diversité … c’est l’indigestion! et ça c’est le carburant explosif du racisme. J’ai même l’impression que cet excès est voulu pour faire exploser le raz l’bol des Européens.

  6. AvatarJoël

    Ah mais, je ne suis pas d’accord du tout ! Il entre tous les jours dans l’histoire, il suffit de consulter les minutes de la police, de la gendarmerie et des palais de justice.
    Il y a de quoi en faire des encyclopédies.

  7. Avatardmarie

    Joël, oui mais c’est de notre faute ! On ne lui a pas bien expliqué au gentil africain qu’en Europe il fallait bien se conduire, surtout avec les femmes….
    C’est encore la faute du vilain méchant blanc !

  8. AvatarGromago

    Ce n’est pas en nous faisant entrer à reculons dans l’histoire qu’on avancera .

    Alors les femmes ,les roux,les anciens cathares ,les prostituées ,les prêtres réfractaires , les soldats de toutes les guerres ,le cuisinier de Louis 14,toutes celles et ceux qui ont souffert de la connerie des autres ,on va aussi les consoler,les victimiser ,les rétablir dans leur droit,leur filer des dommages et intérêts ?
    Zont pas entendu parler de la République et des archi droits de l’homme , les geigneurs ?
    On leur donne tous les droits maintenant ,plus un :le droit de fermer leur gueule et de devenir des citoyens à part entière .
    C’est pas assez ?
    Et tous les frnçais qui ont souffert des nazi ?On va les indemniser et les peindre dans un tableau ?
    L’Hisoire avec un grand H est faite de faiblesses et de pardons .On n’oublie pas mais on pardonne .C’est la grande leçon de l’histoire .
    Mais dans le coran ,l’histoire avec un grand H ça n’existe pas .

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