Je suis vulgaire comme un gilet jaune, je suis un beauf, j’aime les Gilets jaunes, sans restriction.


Je suis vulgaire comme un gilet jaune, je suis un beauf, j’aime les Gilets jaunes, sans restriction.

J’aurais voulu écrire le texte qui suit. Il nous montre, nous définit, il est une main sur une épaule

Épaules contre épaules, voilà le peuple Français, tel qu’il se montre dans la rue. En colère, mais sans arrogance. Les pieds sur terre et pour un grand nombre, la tête dans les étoiles. Car la France, est un pays qui se rêve, qui est le fruit d’un long parcours, d’un lent cheminement, au cours desquels se sont inextricablement liés, rêve et réalité. Tous les peuples, tous les pays, le notre y compris, ont ou ont eu à s’arracher à de l’obscurantisme, à de la barbarie. Certains en sont à ne pas y parvenir. D’autres à ne pas le vouloir.

Dans cette recherche, cette construction de la Liberté, la France est un pays précurseur, annonciateur, avant coureur. Et son prestige, son influence, son aura, il les doit à ces particularités, ces valeurs, ces singularités qui n’existent que parce que nous, nous les Français, en sommes les héritiers, les dépositaires et les gardiens.

PACO. Debout.

17/12/2018.

 

ÉDITO – On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes.

par Didier Maïsto

Les Gilets jaunes c’est la France laborieuse, la France de ceux qui fument des clopes et roulent au diesel, des ouvriers et des petits patrons.
La France des troquets, du tiercé et des plats du dimanche.
La France ni de droite ni de gauche –ou d’un peu des deux.
Celle de ceux qui ne sont rien, mais pas personne, la France des illettrés, des harkis, des légionnaires, la France des prostituées et des poissonnières, la France de ceux qui ont choisi la France pour y vivre, y travailler et y mourir.
Celle des parents qui mettent des torgnoles à leurs gosses pour leur apprendre à se tenir.
Des fins de mois difficiles, qui sont autant de fins du monde, sans cesse renouvelées.
La France qui se baisse pour ramasser une pièce, éteint la lumière de la cuisine et met les restes au frigo dans un tupperware.
La France des types qui matent le cul des filles et celle des filles qui font semblant d’être offusquées.
Celle de ceux qui appellent un Arabe un Arabe et un Noir un Noir. « Diversité« , « minorités visibles« , « #balancetonporc« , « covoiturage« , « transition énergétique« … ces mots sont vides de sens pour cette France, LA France.
La France qui vanne, invective, s’insulte puis se réconcilie devant un verre de rouge, pas forcément avec modération.
La France modeste et fière, qui compte les centimes en rêvant de gagner au Loto, qui n’aime pas trop les riches et n’en peut plus d’être pauvre.
Celle qui déteste les sous-chefs et adore haïr les chefs, pourvu qu’ils en aient la stature et l’humilité.
La France qui se branle de l’Europe, mais qui adore les Italiens, les Espagnols, les Portugais ou les Grecs. Enfin, ça dépend des jours.
La France qui se fout de l’écologie, mais qui connaît le nom des arbres, des champignons et des oiseaux.
La France ni raciste, ni xénophobe, ni fasciste, ni homophobe, celle qu’il faut juste respecter et pas trop emmerder avec des histoires de cornecul.
Celle qui veut vivre de son boulot et se sent humiliée quand on lui fait l’aumône ou la leçon.
Celle qui sait que ses ancêtres n’étaient pas forcément des Gaulois, mais ne peut s’empêcher de chialer quand elle entonne La Marseillaise, dans un stade ou dans la rue.
La France pétrie de contradictions, qui dit rouge et qui dit noir, qui se signe à l’église et bouffe du curé.
La France de ceux qui n’envisagent pas une seconde de ne pas se faire enterrer en France, même –et peut-être surtout- si leurs racines sont ailleurs.
Celle qui tient la porte, cède sa place dans un bus et se gèle toutes les nuits sur les ronds-points des nationales.
Un seul coup de klaxon et… je serai guéri.
La France des pantalons qui piquent, celle des antimilitaristes qui ne manquent aucun défilé du 14 juillet à la télé, celle des pulls en acrylique et du Tour de France, la France de Coluche, d’Audiard, d’Akhenaton, la France des Fragione, des Perez, des Cavanna, des Cherfi et des Matombo, du Père Noël est une ordure, des Deschiens, des Nuls et de tous les inconnus célèbres, celle de Bebel et des Valseuses, d’Higelin et d’Herrero, la France du film pourri du dimanche soir, celle des héros du quotidien, celle qui pense que Céline n’est qu’un vendeur de sacs, mais dont la culture et l’intelligence sont magnifiques, parce qu’elles viennent de loin, de très loin, de plus loin encore.
La France des femmes de ménage et des ramasseurs de poubelles, celle des artisans et des commerçants près de leurs sous, la France qui sait que c’est le travail qui libère et l’oisiveté qui asservit.

On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes. Mépriser les Gilets jaunes c’est mépriser la France et les Français, c’est se mépriser soi-même. Chaque fois que je vois un Gilet jaune sur un rond-point, j’ai envie de le serrer dans mes bras. J’ai envie de lui dire « continue mon gars, je t’aime, je suis avec toi, je suis exactement comme toi, j’ai souffert et si aujourd’hui ça va un peu mieux, je sais d’où je viens et où je ne veux plus être ». Je suis un beauf. J’aime les Gilets jaunes. Sans restriction. Avec tous leurs excès, tous leurs manques, tous leurs défauts et toutes leurs frustrations. Je prends tout, absolument tout, en bloc, comme mon pays, la France, mon pays contre lequel je râle et ne cesserai de râler. Oui : je prends tout. Et tant pis si je dois me fâcher avec quelques-uns. Parce que je sais que le jour où je serai à nouveau dans la merde, c’est un putain de Gilet jaune qui m’aidera à en sortir. On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes.

https://www.lyoncapitale.fr/edito/je-suis-vulgaire-comme-un-gilet-jaune/

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Paco

C'est jamais que des mots tournés en écheveaux, des embrouillaminis parcourant le cerveau ! Mais c'est vrai ça vaut pas tripette, ces mots tirés à l'escopette, ce n'est pas du Verlaine et pas du Marivaux... PACO 2016.


16 thoughts on “Je suis vulgaire comme un gilet jaune, je suis un beauf, j’aime les Gilets jaunes, sans restriction.

  1. Machinchose

    le genre de billet dont on aimerait tant etre l’ auteur….

    « Celle de ceux qui appellent un Arabe un Arabe et un Noir un Noir. « Diversité« , « minorités visibles« , « #balancetonporc« , « covoiturage« , « transition énergétique« … ces mots sont vides de sens pour cette France, LA France. »

    c’est comme sur l’ article appelons un chat un chat

    je me souviens encore de ma surprise lorsque, il y a déja longtemps, je lisais pour la première fois « technicien de surfaces » tentant desespérement d’ imaginer un dépanneur, avec sa boite a clous en métal, réparant des « surfaces »…

    je vais tenter de m’ essayer a cette putain de langue fourrée …

    «  »il n’y a aucune porosité entre ces gilets jaunes et les gilets rayés mis en place pour assurer le bien public, aidés par les Gens d’ Armes et ceux du Guet (paris) »

    bof! pas brillant

    n’ est Pas Co qui veut 😆

  2. Charles Martel 02

    Super beau texte si touchant car décrivant avec précision ce que sont les vrais français. Et pour avoir endossé le gilet jaune et être allé sur les ronds-points je peux ici témoigner que ce sont ces gens là que l’on y trouve..

  3. "à la" poubelle !

    Le Service du Personnel est devenu « les ressources humaines »(fait immédiatement penser aux ressources minières, les salariés sont devenus des choses), puis « les R.H. », un sigle anonyme, déshumanisé.
    La Province, la campagne, c’est devenu un mot moche, « les territoires » !

  4. Amélie Poulain

    Je suis une vraie Française, nourrie au lait de la Patrie à laquelle mes proches ont beaucoup donné, mais je ne me retrouve pas du tout dans cette description même si je sais que cela correspond à une partie de la France.

    Ce n’est pas « toute » la France, et les « autres » aiment aussi la France, c’est important de le dire, il n’y a pas les uns ET les autres…..

    1. PacoPaco Post author

      Bonjour Amélie. L’affaire, c’est comme un repas de quartier. Chacun apporte sa préparation, voire sa tambouille, mais pas, quand même comme dans « Le père Noël est une ordure » et après on pioche à droite à gauche. L’appétit est apolitique !

      1. Amélie Poulain

        Bonjour Paco,

        « L’appétit est apolitique ! »

        Oui, j’ai toujours fonctionné comme cela, c’est pour cela que j’ai toujours refusé les étiquettes, je veux garder ma liberté de pensée et n’aime pas me fondre dans la masse.

        Distance ne veut pas dire manque d’authenticité et mépris (ce n’est pas mon cas), bien au contraire justement.

        Et j' »avoue », j’aime les riches (pourtant mon compte bancaire ne les reflète absolument pas) et les belles choses, l’esthétisme, l’élégance, la finesse d’esprit, le raffinement, l’authenticité et la force d’une proximité mais pas la « fusion » dans laquelle on se perd parfois au risque, pour certains, de ne pas revenir même si je serais assurée quant à moi de me retrouver…

        J’aime les gens précisément dans leurs « différences », dans ce qu’ils sont même si je n’ai pas forcément envie de les fréquenter ne me retrouvant pas dans leur univers trop loin de ce que j’aime ou trop proche de ce que je n’aime pas…

        Une France qui existe forte de ses racines, et de ses traditions..

        L’exotisme et les autres Cultures dans ce qu’elles sont mais chez elles, justement, car sinon, il n’y a plus de « différences »….

        ….. c’est aussi cela les Français, la France, notre belle France.

  5. frejusien

    perso, je ne retrouve pas la France là dedans, quelques passages sont intéressants, mais celui qui l’a écrit ne vient pas du milieu de la France populaire, il aligne des caractéristiques qui n’ont rien à voir, c’est un fourre-tout, un remplissage,

    cela aurait gagné à être allégé d’affirmations bidons, sur les ronds points, il n’y a ni prostituées, ni légionnaires, ni harkis, c’est du grand n’importe quoi,

    quant aux tupperwares, ce n’est pas ce qui est utilisé, j’ai assez fréquenté les Français « européens des HLM » , de toutes origines : espagnols, corses, bretons, grecs, pieds noirs, polonais pour croire que ce texte a été écrit par un bobo de gauche,

    mais enfin, on peut lui reconnaître qq vérités, et sa critique de la novlangue, ok

  6. jean-louis

    Les MACRON parlent de vulgarité à propos des gilets jaunes. (pauvres chochottes) Evidemment, ils n’utiliseraient pas ce terme si c’étaient des migrants (comme dit le jugement à propos d’un violeur récidiviste : il ne connaît pas les codes du pays. Pas de chance pour les autochtones ! Il fallait qu’ils s’acculturent) Eh oui, les gilets jaunes ne connaissent pas les codes chez les banquiers et les milieux d’affaire, et les MA-CRON ne connaissent pas le franc-parler et la sincérité des sentiments des gilets jaunes. Eh oui, dans le monde des faux-culs, n’existent que les paroles et les sentiments châtiés voire raffinés. Les MA-CRON vont se faire rattraper par la réalité.

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