Macron achète pour 51 milliards de monnaie de singe aux Américains !!!


Macron achète pour 51 milliards de monnaie de singe aux Américains !!!

Pourquoi la France achète-t-elle de la dette américaine ?

NOTE d’ANALYSE – Cette note a été modifiée par ses auteurs le 8/10/2018.
De nombreux analystes financiers alertent sur une probable crise financière en provenance des Etats-Unis, à l’horizon 2020. Elle serait plus catastrophique que celle de 2008 (voire la note de Jean-Luc Baslé).

Dans la crainte d’un krach financier, des nations se délestent de leurs obligations du Trésor américain. A l’inverse, la France augmente ses achats. Son stock qui était de 3,8 milliards de dollars en février 2008, s’élève désormais à 118,4 milliards. Entre avril 2017 et août 2018, Paris a acheté plus de 51 milliards de dollars de dettes américaines…

Le risque financier

La dette publique US augmente à un rythme exponentiel. Le volume de la dette a quasiment quadruplé depuis 2000, passant de 5.674 milliards de dollars en septembre 2000 à 21.516 milliards en septembre 2018. Il représente désormais 108% du produit intérieur brut. C’est la raison pour laquelle de nombreux économistes tirent la sonnette d’alarme (1). Contre vents et marées, les agences de notation américaines (Fitch, et Moody’s) maintiennent la meilleure note, AAA, aux bons du Trésor américain, à l’exception de S&P qui l’a abaissé à AA+ en août 2011. L’agence de notation financière chinoise, DAGONG, est plus sévère. En janvier 2018, elle a attribué un BBB+, avec perspectives négatives, à la dette souveraine US, ce qui la situe désormais juste un cran au-dessus des emprunts considérés comme spéculatifs. Pour justifier sa décision, DAGONG met en avant le risque croissant d’insolvabilité et les faiblesses du mode de développement économique des Etats-Unis fondés sur la dette (2). Elle met également en garde les investisseurs et les Etats qui pourraient être tentés par l’achat de cette dette susceptible de se transformer, à court ou moyen terme, en obligations à haut risque. Il est permis de penser que l’agence de notation chinoise n’est guère plus objective que ses consœurs américaines. Néanmoins, le risque existe, et pour qui l’oublierait, la baisse des marchés boursiers en octobre est là pour le rappeler.

Attitude des principaux investisseurs

Premier banquier du gouvernement américain, la Chine a quelque peu réduit son portefeuille d’obligations américaines de 1.246 milliards de dollars en 2015 à 1.165 milliards en août 2018 – une faible réduction (-6.5%). Compte tenu de l’opinion de DAGONG pourquoi la Chine ne vend-elle pas ? La réponse a été donnée par John D. Rockefeller, il y a bien longtemps. On lui attribue le commentaire suivant : « si je dois dix mille dollars à ma banque, j’ai un problème. Si je lui dois un million, c’est elle qui a un problème ». C’est la situation dans laquelle se trouve la Chine à l’égard des Etats-Unis. Liquider ses actifs financiers américains conduirait à un effondrement du marché obligataire et du dollar, et donc à une récession, peut-être même une dépression. Elle ne peut défaire sa position que dans le temps : cinq à dix ans, voire davantage.

En revanche, le Japon, second banquier des Etats-Unis, a fortement diminué son portefeuille qui est tombé de 1.231 milliards en 2014 à 1.030 milliards en août dernier. Cependant, plus qu’une inquiétude à l’égard du risque américain, il faut y voir une nécessité due à un accroissement constant de la dette nationale. Pour sa part, la Russie qui détenait 150 milliards d’obligations en 2010, n’apparaît plus dans les statistiques du Trésor américain en 2018. Au rebours de cette tendance, la Grande-Bretagne a accru son portefeuille qui s’élève désormais à 273 milliards contre 55 milliards en juin 2008. En dépit de cette remontée qui se distingue par sa singularité, la part des investisseurs étrangers a baissé ces dernières années. Le risque américain ne fait plus l’unanimité d’autant que l’augmentation des taux d’intérêt accroît la charge de la dette et accentue le déficit budgétaire américain. L’économie américaine pourrait entrer dans un cercle vicieux de décroissance.

L’investissement français dans un contexte géopolitique

Concernant les relations bilatérales entre la France et les Etats-Unis, le soutien de Paris à l’économie américaine se justifie-t-il ? Washington continue de dire non aux incessantes demandes de Paris de placer le G5 Sahel sous le chapitre 7 des Nations Unies, ce qui permettrait aux militaires français de sortir du bourbier sahélien et d’économiser un milliard d’euros par an (3).

Le Président américain a « confié » le dossier libyen au président italien au grand dam d’Emmanuel Macron (4).

Et si la diplomatie française a enfin pu opérer un timide retour au Moyen-Orient, ce n’est pas grâce à son allié américain mais à la Russie qui a invité le président français au dernier sommet d’Istanbul (5).

Sur le plan économique, les sanctions américaines contre l’Iran ont durement pénalisé les entreprises françaises comme Total, Peugeot etc. Par ailleurs, les menaces de l’extraterritorialité du droit américain, pèsent toujours sur les sociétés hexagonales. Après Alstom, la justice américaine pourrait infliger des amendes à plusieurs d’entre-elles, dont une peine record à Areva, 24 milliards de dollars.

Conclusion

Si sur le plan purement financier l’investissement français pourrait se justifier sur le court terme, dans un temps plus long, il est hautement risqué. Une récession aux Etats-Unis est une quasi probabilité. Par ailleurs, le gouvernement qui s’évertue à vanter les nécessités de l’austérité aura des difficultés à expliquer aux Français qui grondent, ces placements, 51,5 milliards d’euros en une année, c’est une somme, qui pourraient être investie dans l’économie française, la relance de l’industrie, etc. Chaque citoyen aura, bien sûr, son idée sur une meilleure affectation de l’argent public.
_______________________________________________
RÉFÉRENCES :

(1) https://www.businessbourse.com/2018/07/16/lamerique-se-dirige-droit-vers-la-plus-grande-crise-dendettement-de-lhistoire/
(2) http://en.dagongcredit.com/index.php?m=content&c=index&a=show&catid=88&id=4937
(3) https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/371-le_sahel_estil_une_zone_de_nondroit__
(4) https://www.iveris.eu/list/entretiens/362-la_libye_victime_des_ingerences_exterieures_
(5) http://www.lefigaro.fr/international/2018/10/27/01003-20181027ARTFIG00136-syrie-le-sommet-d-istanbul-appelle-a-un-cessez-le-feu-stable-et-durable-a-idlib.php

Voir également les documents très intéressants du Trésor américain : http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt
http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfhhis01.txt
________________________________________________
PLUS LOIN :
https://us.startpage.com/do/search?a=1&cat=web&language=francais&query=%22Dette%2Bam%C3%A9ricaine%22&pl=ff

 

https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/383-pourquoi_la_france_achetetelle_de_la_dette_americaine

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Marcher sur des oeufs

Au crépuscule de ma vie, je flâne sur les chemins de la connaissance qui me ravit. Musique, histoire, religion, tout ce qui fait l'homme et tout ce que fait l'homme me passionne.


16 thoughts on “Macron achète pour 51 milliards de monnaie de singe aux Américains !!!

  1. Armand LANLIGNELArmand LANLIGNEL

    Il faudrait qu’un économiste m’explique quel intérêt pour la France y a-t-il à investir une aussi grosse somme alors qu’elle a une énorme dette sur le dos. Rembourser la dette devrait être prioritaire, mais Macron est un banquier, qu’a-t-il derrière sa tête ?

    1. Cécile ComeauCécile Comeau

      Faire faire de l’agent aux banquiers, ses amis. La France ne dispose pas de ces liquidités. Alors, elle doit emprunter.

    2. AvatarJean-Louis

      Je ne suis pas économiste, mais la dette d’un état n’est jamais faite dans le but d’être remboursée, c’est différent d’un emprunt que fait un particulier. La dette est une somme d’argent qui n’existe pas, le seul argent qui existe, c’est celui des intérêts remboursés. Et si on voulait rembourser notre dette, on serait mis en esclavage pour les 2 prochains siècles, tout ça pour rendre de l’argent qui n’a jamais existé.
      En revanche, je voudrais moi aussi savoir pourquoi il fait ça ?

  2. AvatarConan

    @Armand
    Je pense que c’est la contrepartie du maintien de la protection américaine sur l’UE, selon le vieux schéma anti ex urss…
    Trump a bien rappelé qu’il exigeait plus de contribution de l’UE dans l’OTAN. Cela peut se faire indirectement en endossant de la dette pourrie …
    Alors que, cependant, pour la France le danger est ailleurs puisque le ver est dans le fruit…
    Tous les missiles, porte-avions et autres bombinettes ne pourront rien contre des bataillons de chérif C (vrai strasbourgeois..) et autres merah que nous chouchoutons depuis de décennies…
    Pour le reste, je ne suis pas très instruit des subtilités de la haute finance mondialisée, mais j’ai comme l’impression que l’enchérissement du cours de l’or ces derniers temps va plutôt dans le sens de cet article …

  3. AvatarHollender

    Allez voir: nationaldebtclock.com

    Vous verrez les chiffres défiler… Et ça fait peur quand on sait que le budget de la défense des USA dépasse les 800 MILLIARDS de $$$$$$ et qu’ils se cherchent constamment ou se créent des ennemis pour utiliser les missiles, les munitions et autres  » gâteries ».
    Les armes, c’est comme les yaourts……. Elles ont une date de péremption

  4. Cécile ComeauCécile Comeau

    Pour acheter cette dette américaine, la France ne doit-elle pas emprunter sur les marchés monétaires internationaux, puisqu’elle est en déficit budgétaire ? En empruntant, la France fait faire de l’agent aux banques…Macron était banquier avant d’être politicien. Je comprendrais qu’il emprunte afin de financer les services aux citoyens, quand les taxes et les impôts ne suffisent pas à tout payer. Mais là, emprunter pour acheter de la dette américaine, cela me fait penser à la crise financière de 2008, avec son fameux scandale des prêts hypothécaires à risques, appelés « subprimes ». Cela ne sent pas bon…surtout que j’ai lu quelque part que les investisseurs et les gouvernements étrangers (Chine, Russie, Japon) se débarrasseraient de leurs devises américaines pour acheter de l’or.

  5. AvatarMachinchose

    Comme je n y entrave que dalle, je vais retirer les sous de mon livret A et planquer ces espèces dans le canon de ma cheminée
    ce sera ma participation a l’ écroulement de la monnaie mondiale!

    1. Armand LANLIGNELArmand LANLIGNEL

      Sortir ses économies des banques, facile à dire mais on n’aura que du papier imprimé …! Si la confiance dans ces papiers s’en va, il ne restera rien. Par contre, les pièces en argent et en or garderont toujours une certaine valeur. Mais attention, le tungstène plaqué or a les mêmes caractéristiques physiques que l’or, sauf en résistivité électrique. Et le problème est aussi de trouver où planquer ces pièces ou bijoux (les détecteurs de métaux les dénichent facilement). Pas dans un coffre de banque puisque les banques seront fermées lorsque ce sera la vraie chienlit. En Argentine, pendant des années, les gens modestes ont survécu en faisant du troc. Mais il faut avoir des objets à troquer !

      1. AvatarMachinchose

        merci pour le tuyau, Armand

        j’ ai un pote numismate en or, rue de Richelieu
        la planque pas de problème

        quand au troc, je suis possesseur de tonnes de tuyaux perçés, d’ idées saugrenues, et contrairement a ces populations réputées faire du sable avec de l’ or, je fais partie des géologues sachant faire de l’ or avec du sable… 😆 😆

        tiens! regarde les porteurs d’ abayas et autres bédouineries, aprés 70 ans de pétrole, ou ils en sont…encore plus cons et fainéants que jamais! demain plus de Bitroule !
        ils ne savent même plus traire une chamelle, planter un palmier, faire une « tamina » (‘bouillie de farine et eau) mais ils savent remplir leurs arsenaux d’ artmes terrifiantes…tant mieux, ils s’ entretueront et ça nous fera des vacances

        1. Armand LANLIGNELArmand LANLIGNEL

          Merci pour cette bonne réponse bien gauloise ! Quant à s’entre-tuer, rien de nouveau, ça continue au Yémen. Et quand l’Iran aura sa bombinette, pas sûr qu’Israël soit le premier destinataire, laver son linge sale en famille, ça passera avant.

    2. Avatarclaude t.a.l

      Salut Machichose,
      fais gaffe quand même :
      quand un canon est bouché, et que tu tires, le truc te pète dans la gueule .

    1. Armand LANLIGNELArmand LANLIGNEL

      Justement si, ça se fait tous les jours. Lorsqu’un emprunt arrive à échéance, il faut en faire un autre pour rembourser. Des hauts fonctionnaires ne font que ça, chercher des créanciers.

      Mon père lui-même, jeune agriculteur sarthois ayant des difficultés après les récoltes désastreuses des environs de 1935, allait emprunter dans une banque ce qu’il devait rembourser à une autre. A cette époque, pas de fichiers informatiques pour renseigner les banques sur la solvabilité des emprunteurs.

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