Au Conseil de l’Europe, on se pose des questions sur la charia…


Au Conseil de l’Europe, on se pose des questions sur la charia…

Quand l’islam fait son nid en France pour ses oisillons qui deviendont grands, des aigles, des vautours, …. des condors.

Quand il est question de charia au tribunal, on s’inquiète

http://www.lavoixdunord.fr/473639/article/2018-10-21/quand-il-est-question-de-charia-au-tribunal-s-inquiete
Nicolas André
21/10/2018

Les violences conjugales, le tribunal correctionnel en fait malheureusement son menu quotidien. Mais l’affaire jugée la semaine dernière a pris des proportions aussi inquiétantes que le profil du prévenu, condamné à vingt-deux mois de prison.

C’est entre deux policiers que Monsieur B., Achicourien de 44 ans, était présenté la semaine dernière au tribunal. On lui reproche des violences à l’encontre de sa compagne. Cette dernière a en effet trouvé le courage de porter plainte et demande le divorce. Toute tremblante, amaigrie, la femme explique qu’elle s’est mariée à quinze ans avec cet homme. « J’étais comme piégée ! ». Il n’est devenu physiquement violent que depuis un accident du travail qui l’a privé d’emploi. L’homme se présente un soir dans la chambre de son épouse qui a décidé de dormir à…

…./….

(…)

Le profil de ce musulman non pratiquant inquiète d’autant qu’il a tenu des propos qui font froid dans le dos. Il invoque la charia, la loi islamique. «  Le divorce c’est non, en ce qui concerne la religion !  » maintenait-il encore, mardi, devant le juge. «  S i je suivais la religion, je serais obligé de l’égorger,  » avait-il dit à sa femme en évoquant un de ses camarades de travail dont il était sans doute jaloux.

(…)

____________________________________________________________________________________________

La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe, particulièrement pour les femmes, et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre en 2017.

La question  que pose Pieter Omtzigt, l’un de ses membres, est claire :

Est-ce que les Etats qui ont signé la Déclaration du Caire qui dit que la Charia est la loi suprême peut être compatible avec des états membres du Conseil de l’Europe et qui, à ce titre, ont signé la Convention européenne des droites de l’homme. Dans cette dernière, les gens ont le droit de changer de religion, voire de ne pas en avoir du tout. Avec la charia vous n’avez pas le droit de changer de religion, de renier l’islam et de vous convertir à une autre religion.

Or, plusieurs nations ont signé les deux Déclarations… Albanie, Azerbijan, Turquie

Quid également des pays comme la Grande Bretagne qui ont des tribunaux islamiques  ?

Il semble que les rapporteurs nommés pour travailler sur le sujet se soient défilés les uns après les autres…

CONSEIL de LEUROPE POUR LA LÉGISLATION ET LA JUSTICE

VIDEO : Can Sharia Law Prevail Human Rights?


DUREE : 1mn 53s

Commission des questions juridiques et des droits de l’homme, Compatibilité de la charia avec la Convention européenne des droits de l’homme : des Etats parties à la Convention peuvent-ils être signataires de la « Déclaration du Caire » ? Note introductive, AS/JUR (2016) 28, 7 octobre 2016, § 6. Tous les passages suivants sont issus de cette note contenant toutes les sources, accessible ici { http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf

En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la CEDH.

Trois pays au sein du Conseil de l’Europe ont ratifié à la fois la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en islam, qui est une déclaration des droits de l’homme compatible avec la charia. Il s’agit de l’Albanie, de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. Il faut ajouter que la Fédération de Russie et la Bosnie-Herzégovine n’ont pas signé la Déclaration du Caire mais sont membres observateurs de l’Organisation de la Conférence Islamique et également signataires de la CEDH.

Cette Déclaration du Caire du 5 août 1990 stipule notamment que « l’islam est la religion naturelle de l’homme ». Elle ne contient pas de droit à la liberté de croyance, ne confirme pas l’égalité en droit de tous les hommes sans égard pour leur religion, et enfin l’article 25 stipule que « [l]a Loi islamique est la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette déclaration. »

Certains principes énoncés dans la loi islamique contreviennent aux principes ayant qualité de droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté religieuse. Selon la charia, un musulman n’a pas le droit de quitter sa religion pour une autre ou pour l’athéisme. Il s’agit d’un acte d’apostasie qui engendre sa mort civile (ouverture de sa succession) et qui mérite la peine de mort.

La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a eu l’occasion de donner un élément de réponse à cette question de compatibilité en 2003 : Celle-ci « partage l’analyse effectuée par la chambre quant à l’incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention »[1].

Saisie par plusieurs de ses membres, l’APCE établira dans les prochains mois un rapport sur ces incompatibilités, déterminera sur quels territoires de pays membres du Conseil de l’Europe la charia est appliquée et quelles conséquences il faudra en tirer.

Mme Meritxell Mateu (ALDE, Andorre) était rapporteur avant de quitter l’APCE et a rédigé une note préliminaire dans le cadre de cette procédure de rapport. Cette note définit la charia de la manière suivante :

La charia se comprend comme « la voie à suivre », c’est-à-dire la « législation » à suivre par tout Musulman. Elle classe les actions humaines en cinq catégories : ce qui est obligatoire, ce qui est recommandé, ce qui est indifférent, ce qui est blâmable, ce qui est interdit ; et se décline de deux manières : la loi (al hukum) qui vise à organiser la société et répondre aux situations courantes ; et la fatwa, norme destinée à régir une situation exceptionnelle. La charia a donc vocation par essence à être le droit positif opposable aux musulmans. Ainsi, la charia peut se définir comme « la Loi sacrée de l’Islam » c’est-à-dire « un ensemble de devoirs religieux, la totalité des commandements d’Allah qui règlent la vie de chaque musulman sous tous ses aspects »[2].

Outre les différents instruments internationaux rédigés et ratifiés par des pays musulmans, la Rapporteur a dégagé les pays membres du Conseil de l’Europe dans lesquels la charia est appliquée, plus ou moins dans la légalité : en Grèce, au Royaume-Uni, en Russie et en Turquie.

La Thrace occidentale en Grèce

En vertu du traité de Lausanne du 24 juillet 1923, l’État grec reconnaît l’existence d’une seule minorité sur le territoire grec, à savoir la minorité « musulmane » de Thrace occidentale au Nord-Est de la Grèce. Le droit grec a reconnu aux citoyens grecs musulmans résidant en Thrace occidentale la possibilité de recourir à la charia, en tant que système judiciaire parallèle en matière de droit privé. La loi attribue au mufti des compétences juridictionnelles pour statuer sur les litiges entre musulmans en matière successorale (loi n° 2345/1920). Cinq muftis cohabitent en Thrace depuis 1990 : trois officiellement nommés par l’État grec et deux élus par une minorité et non reconnus par les autorités grecques. En principe, tout citoyen grec musulman a la possibilité de choisir librement entre un mufti et le juge grec. La Cour suprême grecque a reconnu que la succession des Grecs musulmans concernant les biens exempts de dettes est strictement réglée par la « sainte loi musulmane » et jamais par le Code civil grec. Des muftis ont autorisé plusieurs mariages musulmans conclus par procuration, sans le consentement exprès des femmes, mêmes mineures. La loi 1920/1991 étend les compétences juridictionnelles des muftis aux pensions alimentaires, aux tutelles et curatelles ainsi qu’aux émancipations de mineurs.

Le Royaume-Uni

Le « Islamic Sharia Council » est un tribunal arbitral indépendant basé à Londres rendant des décisions de droit privé, notamment des divorces islamiques. Ces prononcés de divorces islamiques peuvent s’inclure dans une procédure civile depuis l’adoption d’une loi sur le divorce en 2002. Il y aurait dans le pays une trentaine de tribunaux islamiques, affiliés à différentes mosquées locales.

La Fédération de Russie

En Russie, pays observateur de l’OCI depuis 2005, il y a environ 20 millions de musulmans vivant principalement dans le Nord du Caucase, en Tchétchénie, Ingouchie, Daghestan et Tatarstan. Dans ces deux premières régions, les affaires de propriété et de famille sont généralement jugées selon la charia. Dans ce cadre il est possible que les femmes soient victimes de mariages précoces, que soient pratiqués des enlèvements de femmes et de filles aux fins de mariages forcés, des crimes d’honneur, des mutilations génitales féminines et la polygamie, ceci en dépit de la loi fédérale russe.

Au sein de la République tchétchène, l’intervention des autorités étatiques dans la vie sociale et la vie privée des citoyens perdure avec l’imposition des valeurs islamiques par voie administrative. Ainsi les leaders de la République tchétchène soutiennent l’incorporation des enseignements religieux dans les programmes scolaires, imposent aux femmes l’obligation de se vêtir suivant les règles de l’islam, et tolèrent des agressions violentes contre celles dont la tenue est jugée indécente. De telles mesures sont manifestement contraires aux droits garantis par la Constitution de la Fédération de Russie et par l’article 11 de la Constitution de la République tchétchène.

La Turquie

La laïcité, héritée d’Atatürk, est un principe constitutionnel suprême en Turquie, mais qui subit depuis quelques années beaucoup d’atteintes. Membre fondateur de l’OCI, la Turquie impose désormais les cours de religion musulmane à l’école, même aux minorités religieuses turques. La loi prohibant le port du voile dans les services publics, écoles et universités a été abrogée et son port se généralise. Le gouvernement de l’AKP développe publiquement un discours favorable à un islam conquérant, associant notamment la nationalité turque à l’appartenance à l’islam sunnite.

Au terme de cette note préliminaire, l’Albanie et l’Azerbaïdjan, qui ont signé la Déclaration du Caire ne semblent pas appliquer objectivement la charia sur tout ou partie de leurs territoires. Ce dernier pays a néanmoins adopté des lois très restrictives en matière de liberté religieuse en empêchant, par exemple, les prêtres étrangers de venir diriger des paroisses orthodoxes.

Ces cas d’ouvertures à une justice parallèle à celle de l’État posent plusieurs problèmes. Le premier est que l’acceptation de décisions de tribunaux parallèles est une acceptation du communautarisme. Cela remet en cause l’unité de la justice sur un territoire ainsi que l’égalité des hommes devant la loi, puisque selon la religion de ces derniers, le droit applicable ne serait pas le même. L’applicabilité de la CEDH dans les pays signataires est remise en cause ou à tout le moins restreinte dans certaines zones. Des zones de ‘‘droit différent’’ (parfois appelés zones de « non droit ») où l’État signataire aurait accepté plus ou moins officiellement que son droit fût dérogatoire.

Cela pose enfin la question de l’acceptabilité de certains principes ou valeurs. L’ancienne rapporteur de l’APCE expliquait dans sa note que la CEDH « constate une incompatibilité de la charia avec la Convention, mais il ne s’agit évidemment pas d’une incompatibilité absolue entre cette dernière et l’islam. »

Cette distinction entre la charia et l’islam pour considérer la première comme incompatible avec la CEDH à l’inverse de la seconde n’a rien d’évident. Au début de sa note, elle affirme précisément que « [l]a charia se comprend comme « la voie à suivre », c’est-à-dire la « législation » à suivre par tout musulman ». Si l’islam « assigne une législation » (sourate 5, verset 48) à tout musulman et que cette « voie à suivre » (id.) est la charia, alors la charia devient quelque chose de consubstantiel à l’islam : on ne peut pas être un bon musulman si l’on n’applique pas la charia. Il y aurait donc bien une incompatibilité entre la CEDH et l’islam, ce qui n’est pas surprenant puisque le besoin de créer des droits de l’homme en islam en témoigne.
_____________________
RÉFÉRENCES :

[1] CEDH, Refah Partisi (Parti de la prospérité) et autres c. Turquie, [GC], nos 41340/98, 41342/98, 41343/98 et 41344/98, 13 février 2003, § 123.

[2] Commission des questions juridiques et des droits de l’homme, Compatibilité de la charia avec la Convention européenne des droits de l’homme : des Etats parties à la Convention peuvent-ils être signataires de la « Déclaration du Caire » ? Note introductive, AS/JUR (2016) 28, 7 octobre 2016, § 6. Tous les passages suivants sont issus de cette note contenant toutes les sources, accessible ici { http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf

Print Friendly, PDF & Email
Print Friendly, PDF & Email



Marcher sur des oeufs

Au crépuscule de ma vie, je flâne sur les chemins de la connaissance qui me ravit. Musique, histoire, religion, tout ce qui fait l'homme et tout ce que fait l'homme me passionne.


14 thoughts on “Au Conseil de l’Europe, on se pose des questions sur la charia…

  1. AvatarSamia

    Mais quelle bande de couillons ! Ils en sont toujours à se demander si la charia est compatible avec les droits de l’homme.

  2. frejusienfrejusien

    Qu’ils se posent des questions, c’est un peu tard,

    mais surtout, qu’ils y répondent !!
    on sent de la frilosité et de l’atermoiement, va-t-on stigmatiser et froisser nos invités pique-assiette , parasites habitués de la djizia ?

  3. AvatarJoël

    Ah ben tiens ! Affaire similaire toute fraîche d’hier :
    Besançon (25) : une Afghane hébergée dans un foyer pour victimes de violences conjugales poignardée en pleine rue (MàJ: le meurtrier présumé, son mari, a été arrêté à Athènes)
    http://www.fdesouche.com/1097031-besancon-une-femme-poignardee-en-pleine-rue

    Si avec ça ils se posent encore des questions, je ne sais pas ce qu’il leur faut.
    En tout cas, la victime, elle, ne s’en posera plus.

    1. Jean-Paul Saint-MarcJean-Paul Saint-Marc

      Quand on est con, on est con !
      Mais NON, ils ne vont pas s’en poser… si ce n’est comment faire taire ceux qui avertissent et dénoncent !
      Nous en avons des exemples dans les décérébrés, produits pas l’idéologie en vogue chez nos oligarques qu’ils soient juges, politiques, journaleux, qui ont vu leur(s) gosses assassinés par l’islam et qui vont embrasser l’imam du coin !

    2. Avatardenise

      et donc il y a eu une manifestation pour souligner la violence faites aux femmes !!! et donc nous avons 3 enfants qui vont être pris en charge par la commune et par l’Etat!!..

  4. AvatarAnge

    La charia..et le fruit du mal incarné créé par un débile , dégénéré.sans aucun courage et honneur qui veut continuer à imposer sa lâche barbarie aux faibles.Ce démon n’avais pas prévu que dans chaque génération de français il y aura toujours des patriotes descendants du bien aimé Martel. Qui le moment venu combattront les barbares envahisseurs et les chasseront de ce pays.soyons unis patriotes .

  5. Avatardurandurand

    Que voulez-vous nous sommes dirigés et nous avons dans tous ces fumeux organismes officiels des couilles molles , des chiards ,des étrons , ils ne prendrons jamais une position ferme et officielle de déclaré l’islam et la charia incompatible avec le mode de vie européen .Leurs têtes tomberont les premières sous le sabre de l’islam,connards qu’ils sont tous .

    1. Marcher sur des OeufsMarcher sur des Oeufs

      Bonjour @Denise ;

      A divulguer massivement auprès des Lépreux, mais plus encore auprès des endormis de la bien bienpensance lesquels pensent que ce que les Nationalistes Patriotes défendent ne sont que des positions de racistes xénophobes… des convictions sorties droit d’esprits malades et rétro, étriqués.

      Si le Conseil de l’Europe s’y intéresse, non pas pour éradiquer l’islam mais bien lui faire une place de choix dans les sociétés européennes, c’est bien que le problème est là ; et que si le Conseil de l’Europe en parle et planifie de reconnaître la charia dans l’espace européen c’est donc qu’il y a une réalité et une réalité inquiétante.

      Et pourquoi l’UE se trouve-telle dans cette situation ?

      En ce qui concerne les pays du Maghreb, d’Afrique noire, la Turquie,du Proche et Moyen Orient, on sait.

      Mais ce qui est plus inquiétant, c’est l’annexion à l’UE des pays musulmans de l’Europe de l’Est. Pourquoi les yeux avide de l’UE se sont-ils tournés vers ses pays et a voulu en faire des pays de la zone UE ?

      Qui est réellement derrière cette volonté d’annexion ?

      L’UE nous a mis dans un piège assez terrible.

  6. Marcher sur des OeufsMarcher sur des Oeufs

    ARTICLE : Arabie saoudite : derrière le faux réformateur MBS, des femmes qui valent toujours « moins que rien »
    URL : https://www.marianne.net/monde/arabie-saoudite-derriere-le-faux-reformateur-mbs-des-femmes-qui-valent-toujours-moins-que-rien
    AUTEUR : Floriane Valdayron
    DATE : 04/11/2018
    AVERTISSEMENT : se reporter sur la page du site, il y a beaucoup de renvois.

    Depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, les regards sont tournés vers l’Arabie saoudite. Le procès de la militante féministe Israa al-Ghomgham, contre qui la peine de mort a été requise, a débuté le 28 octobre tandis que d’autres activistes sont encore en prison. Récit d’un pays où les femmes ne sont qu’une « possession de l’homme ».

    « Quand le gouvernement a arrêté mes amis, j’ai décidé de partir ; j’avais peur d’être la prochaine », confie Frieda*. La Saoudienne de 35 ans s’est enfuie de son pays cet été, après que les vagues d’emprisonnement de militantes et militants pour les droits des femmes ont commencé. La première a eu lieu en mai, avec l’arrestation d’une dizaine de personnes. Parmi elles figurent deux proches de Frieda. L’emprisonnement d’une des connaissances de la trentenaire à la fin du mois de juillet l’a confortée dans son idée de quitter l’Arabie saoudite.

    Si Frieda craint les représailles du gouvernement, c’est parce qu’elle est elle-même militante féministe. Déjà très active sur Twitter ces dernières années, elle a créé la web-radio Nswaya FM (Féministe FM) avec une dizaine d’autres femmes il y a presque quatre mois. L’objectif est de « lever le voile sur la situation des femmes en Arabie saoudite. Il y a toute une fausse propagande sur le fait qu’elles ont de plus en plus de droits : c’est un mensonge, leur vie n’a pas du tout changé », raconte Frieda.

    La trentenaire fait référence aux mesures prises par Mohammed ben Salman – dit MBS – nommé prince héritier en juin 2017 par le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud. Effectivement, MBS, actuellement dans la ligne de mire des pays occidentaux pour son implication dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, cultive soigneusement son image de réformateur. Au cœur de son programme : l’autorisation de conduire pour les femmes – en vigueur depuis juin dernier – et d’entrer dans les stades, ainsi que la réouverture des salles de cinéma. « Ce ne sont que des mesures superficielles, fustige Frieda. On se fiche d’aller au cinéma – surtout que des films sont interdits aux femmes, comme ceux d’action par exemple – ce qu’on veut, c’est ne plus être enchainées par ce système de tutorat ».

    :::Une femme de 54 ans tutorée par son fils de 18 ans:::

    Car, en Arabie saoudite, chaque femme dépend d’un tuteur qui prend ses décisions à sa place : elle ne peut pas étudier, travailler, ni même sortir de chez elle sans son accord. « C’est simple, les femmes qui ont un tuteur fermé d’esprit ne peuvent pas conduire ; donc cette autorisation du gouvernement, ce n’est que du vent », assure Frieda. Le tuteur en question ? Il peut s’agir du frère, du père, du mari… et parfois même du fils. Clarence Rodriguez, une journaliste française qui a vécu à Riyad de 2005 à l’année dernière, l’a constaté. « Je connais une femme de 54 ans dont le fils est devenu le tuteur à 18 ans : son père est décédé, donc il l’a remplacé », raconte l’auteure du livre Arabie saoudite 3.0.

    L’autonomie des femmes se trouve ainsi au même niveau que leur existence légale ; il n’y en a pas. « J’étais sur le permis de travail de mon mari, donc je n’ai pas existé juridiquement pendant 12 ans, explique Clarence Rodriguez. C’est très humiliant comme situation ; quand on est une femme là-bas, on est considérée comme moins que rien ». Comme le raconte la journaliste, derrière la loi, il y a le poids « terrible » de la famille qui pèse sur les épaules des femmes : une pression qui passe par la culture, la tradition, et la religion. « Le principe en Arabie saoudite, c’est que la femme est une chose que l’homme possède, assure Frieda. Si un tuteur enferme celle dont il est en charge dans sa chambre et qu’il l’y laisse pendant une semaine, il est dans son bon droit ».

    :::Battue pendant deux jours avec une barre en métal:::

    La trentenaire, qui s’estime « plus chanceuse que d’autres femmes », a été battue par son père pendant deux jours avec une barre en métal, alors qu’elle avait 21 ans. Il avait appris qu’elle parlait à un garçon. « Après ça, je suis tombée en dépression car j’ai réalisé que j’étais coincée dans ce système, et j’ai tenté de me suicider, raconte Frieda. On m’a alors placée dans un institut psychiatrique, où on m’a fait 6 séances d’électrochocs sans mon consentement. En réalité, ce n’était pas moi qui étais folle, mais le système. Il blâme toujours les femmes : j’ai été battue, mais c’est moi qui ai été punie ».

    Des histoires similaires à la sienne, où les femmes sont victimes d’injustice, Frieda ne les compte plus : des femmes qui demandent le divorce et qui perdent la garde de leurs enfants en guise de « punition », d’autres qui se font battre, qui en parlent et sont envoyées dans des « centres de traitement, similaires à des prisons, ‘pour leur propre sécurité' »… « Il faut raconter ce qu’il nous arrive, c’est comme ça que nous pourrons faire avancer les choses », martèle l’activiste.

    ::: »La population vit dans la peur »:::

    Pour Frieda, l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi pourrait marquer un tournant. « Tous les yeux sont désormais rivés sur l’Arabie saoudite : on peut enfin faire changer l’opinion internationale en montrant que Mohammed Ben Salman n’est pas ce qu’il prétend », espère la trentenaire. Cette propulsion sur le devant de la scène internationale pourrait avoir un coût : que le prince héritier serre davantage la vis, afin d’éviter tout mouvement de contestation. C’est ce que craint Clarence Rodriguez.

    « La population vit dans la peur. Il y avait pas mal d’espoir avec MBS ; maintenant c’est du désespoir, soupire la journaliste. Les femmes qui sont en prison aujourd’hui ont tellement cru à sa politique d’ouverture et de réformes qu’elles se sont laissées berner : elles étaient plus expressives, se cachaient moins, et au final on leur a fait payer ».

    :::La jeunesse, source d’espoir:::

    Malgré ce sombre état des lieux, Clarence Rodriguez tente de rester optimiste : l’amélioration des conditions des femmes en Arabie saoudite passera par la jeunesse. « 70 % de la population a moins de 30 ans ; c’est encourageant, estime la journaliste. Beaucoup partent étudier à l’étranger grâce à la bourse Abdallah, y compris des femmes – parfois chaperonnées. Les jeunes que j’ai rencontrés m’ont tous dit qu’ils ne voulaient pas rester dans le pays dans lequel ils étudient, mais rentrer jouer un rôle important au sein du leur ».

    Frieda opine : les jeunes femmes veulent du changement, et l’expriment au travers de faux comptes Twitter. « Il y en a des milliers qui parlent en ce moment même, qui échangent leurs histoires, s’enthousiasme l’activiste. Quand j’avais 20 ans, j’étais le mouton noir : j’étais considérée comme une mauvaise fille pour vouloir que nos droits évoluent. Mais, aujourd’hui, les femmes s’expriment ; et ce n’est que le début ».
    _______________________________________
    * Le prénom de notre interlocutrice a été modifié pour préserver sa sécurité.

  7. Avatarclairement

    Merci pour cette excellente information.

    Il faut être positif même si ces poli-tiques commencent à se poser des questions .

    On va y arriver à foutre tous ces musulmans au pas ou ce qui serait mieux dehors.

  8. Avatarsitting bull

    moi j ai déjà vu des photos en Allemagne ou « la police de la charia patrouille les rues » avec des vestes ou ils est marqué « police de la charia » , en France dans les banlieue la charia est déjà appliquée depuis belle lurette , de même en Angleterre et on n ose nous parlé d intégration ? les journalistes de gauche vendu aux gauchistes destructeurs ose tout

    1. Marcher sur des OeufsMarcher sur des Oeufs

      Exact, au Royaume Uni aussi et je crois en Belgique.

      Et pour l’Allemagne, mine de rien il me semble bien que ça ne date pas d’hier.

      Quant à la France, il me semble bien qu’il y a des « milices »,…. Dans les banlieues notamment comme police de proximité composée, bien sûr d’éléments de la diversité étant plus légitimes auprès de leurs congénères. Parce qu’en France, nos zélites ont le don d’appeler un bulldog un gentil minet… pour endormir l’opinion publique, mais si je ne me trompe pas et que cela a été réellement mis en place, ce ne sont ni plus ni moins que le début des « gardiens de la révolution islamique »/

      Il me semble bien qu’il y a eu ça qui a commencé à l’époque Sarkhözy ; je ne sais pas où ça en est ; peut-être terminé.

Comments are closed.