Pourquoi les proviseurs cachent-ils les agressions contre les profs et les violences ?


Pourquoi les proviseurs cachent-ils les agressions contre les profs et les violences ?

C’est extraordinaire.

Il a suffi que soit médiatisée l’affaire de Créteil pour que quelques proviseurs avouent que, dans leurs établissements aussi, il se passe des choses… pas très catholiques.

C’est le cas au Havre :

Les élèves sont accusés d’avoir menacé avec des armes factices leurs professeurs de mathématiques et d’anglais.

Quatre adolescents, âgés de 15 à 16 ans ont été placés en garde à vue, ce jeudi matin au Havre (Seine-Maritime), par les policiers. Ils sont soupçonnés d’avoir, le 4 octobre dernier au lycée Robert-Schuman, braqué deux de leurs enseignants avec des armes factices.

Ce jour-là, les élèves avaient menacé leur professeur de mathématiques, avant de s’en prendre à leur professeur d’anglais. L’affaire avait été réglée en interne par un rapport du proviseur et des excuses des intéressés.

Mais le chef d’établissement, impressionné par l’affaire similaire survenue à Créteil (Val-de-Marne), a décidé le 22 octobre, de porter l’affaire devant la justice. Ce jeudi matin les trois premiers ados ont été interpellés à leur domicile et le quatrième s’est constitué prisonnier. Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont mis la main sur des pistolets en plastique.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-havre-quatre-lyceens-arretes-pour-avoir-braque-deux-professeurs-en-classe-25-10-2018-7927986.php

L’affaire avait été réglée en interne. Les quatre lycéens s’étaient excusés…

Ben voyons. Le proviseur s’était contenté de cela, ainsi que les professeurs… Et rien n’avait filtré.

Quelle bande de dhimmis prêts à être égorgés, me direz-vous. Comment, en effet, peut-on accepter cela ?

Comment peuvent-ils, dans la France de 2018, dans les lycées de 2018, régler une affaire pareille avec juste un rappel à la loi et de plates excuses ?

Comment peuvent-ils ? C’est que ce n’est pas si simple. Je ne les excuse pas, au contraire, mais tout est fait pour qu’ils aient les mains liées… L’école est l’exact  miroir de notre société.

C’est que tout le système est et vérolé et verrouillé.

Les chefs d’établissement ont trois soucis :

Leur carrière. S’ils veulent obtenir le poste qu’ils visent, les établissements prestigieux, il ne faut surtout pas qu’ils fassent parler d’eux. Traduisez : pas de conseil de discipline, pas de pétition contre eux ou leurs profs, pas d’affaires de moeurs, zéro signalement au registre des violences qu’ils sont tenus de transmettre au rectorat…

C’est à cause de cela que policiers et Ministres, la gueule enfarinée vous font croire que tout va mieux, qu’il y a (eu ) moins de violences, de rackets…. d’une année sur l’autre. Parce que les chefs d’établissement ne disent pas tout, loin de là.

La paix sociale dans leur établissement. Eviter les révoltes, les bagarres, les grèves… Et, pour cela il faut caresser les élève dans le sens du poil , obtenir que les enseignants ne mettent pas de sales notes, se débrouiller pour que les profs ne mettent pas trop de colles en les rendant de fait difficiles, voire impossibles, encourager les CPE à faire amis-amis avec les racailles, à les soutenir, acheter la paix par une tolérance sans nom ( travail non fait, colles non faites, retards systématiques….). Il faut des élèves heureux, qui font ce qu’ils veulent, à qui on propose des ateliers divers, des profs sympas, des évaluations qui n’en sont pas, et qui sont les rois dans l’établissement.

Un troisième souci, pour les bons proviseurs. Les vrais. Il y en a. Et eux ne se soucient ni de leur carrière ni de la paix sociale. Ils se soucient du bien être, de la sécurité et même de l’instruction des « autres » élèves, ceux qui veulent apprendre, progresser, avoir leurs examens. Et, pour cela, il faut que leur établissement soit à peu près tenu ou ait l’air de l’être. Il faut donc ne rien laisser passer… tout en évitant la surenchère de violence et d’insultes des racailles, susceptible de mettre le lycée à feu et à sang. Il faut donc, même quand on a de la poigne, jouer le jeu de la discussion, de la négociation ; ne pas se mettre à dos les pires…

Il en est des chefs d’établissement comme des policiers. S’ils veulent mettre de l’ordre comme on pouvait le faire il y a 30 ou 50 ans, ils savent qu’ils seront désavoués, par le rectorat, par l’Inspection académique, par les Fédérations de parents d’élèves…

Et, s’ils sont désavoués, pas soutenus, les racailles vont  prospérer et leur établissement va partir en sucette…

Un exemple parmi des centaines ( que l’on connaît, il en est hélas tant d’autres…). Au Mans il y a quelques années, des élèves avaient essayé d’étrangler les profs.

Les professeurs témoignent de leur « peur de la violence. On ne peut pas travailler quand on se fait étrangler par des élèves. Nous restons dans le dialogue avec les élèves, nous faisons notre travail. Mais nous ne pouvons pas accepter certains actes de violence très graves. » Un phénomène qui se serait aggravé depuis l’an passé.

Le Proviseur avait organisé un Conseil de Discipline dans ce collège expérimental, levée de bouclier des parents FCPE réclamant du dialogue et non de la répression :

Pour les parents d’élèves, « le nouveau principal, qui a évincé les parents des instances de concertation, a introduit en mai 2012 un règlement intérieur contraire sur de nombreux points au projet d’établissement. Ce soir, [hier, NDLR] il y a le 4e conseil de discipline depuis le début de l’année. C’est inacceptable. Anne-Frank a toujours fait dans la médiation, dans le dialogue avec les élèves avec les systèmes des « Parlons-en » et les ateliers de réparation, et non pas dans la répression. »

http://resistancerepublicaine.eu/2012/12/20/profs-etrangles-la-fcpe-manifeste-contre-le-conseil-de-discipline/

 

Vous pouvez être sûrs que ce proviseur aura été déplacé très vite, soit parce qu’il est celui par qui le scandale arrive, soit à sa demande, dégoûté…

C’est devenu intenable d’être chef d’établissement, comme d’être prof, comme d’être policier. Sauf à être disposé à renoncer à l’ordre et à  la justice.

L’école miroir de la société, vous dis-je ; école où on a permis qu’entrent les parents, qu’ils y fassent la loi via leurs associations lobbying (merci Royal, merci Jospin, merci Lang et tous les autres)…

La violence est partout et surtout à l’école, cet ancien havre de paix et de culture.

Si vous croyez que je galège, relisez  ce que raconte  Bernard Ravet, ancien principal de collège à Marseille.

http://resistancerepublicaine.eu/2017/08/27/islamisme-a-lecole-le-jaccuse-dun-principal-de-college/

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Christine Tasin

Présidente de Résistance républicaine ; professeur agrégé de lettres classiques.


8 thoughts on “Pourquoi les proviseurs cachent-ils les agressions contre les profs et les violences ?

  1. Christian

    A Champigny sur Marne par exemple depuis des années c’est un équipage de la Bac qui vient tous les jours vers 16h se poster devant le sortie du collège car à côté il y a l’hôpital Degine et ces sauvageons courent dans tous les sens, se tapent dessus, passent en courant devant les bus,… c’est Bamaco dans le 94 et dans le collège c’est Harlem. Mais les cocos de Champigny ont mis la poussière sous la tapis pendant des années. Et pour le cas de Créteil que l’on ne dise pas que c’est parce que le cadre est triste et morne (pov gosses !!) car l’école ou se sont passés ces faits anodins aujourd’hui est très belle et récente.

  2. Joël

    Quand je pense que dans les années 60-70, les gendarmes venaient nous chercher si on avait un canif dans la poche.
    Quant aux parents d’élèves, si les racailles font la loi dans les écoles, c’est qu’eux-mêmes sont des racailles. C’est de la transmission d’une génération à l’autre.

  3. Jean-Louis

    Christine Tasin parle juste et ses analyses sont confortées par le site SOS éducation et l’observatoire des violences envers les enseignants.Un e-book téléchargeable expose les méthodes employées pour détruire ceux qui tentent de résister.L’enseignement comme ailleurs est devenu un champ de bataille dissimulé par l’omerta.
    http://souffrancedesprofs.com/

    1. babe

      je plains les profs qui auront droit a des « abrutis » de18 ans car jupiter veut l’ecole obligatoire jusqu’a 18 ans je crois qu’il faut surtout couper les allocs aux délinquants le probleme c’est que ce n’est pas bon pour la paix sociale et ça les délinquants le savent mais je suis contre la presence de la police dans les écoles on n’est pas ni en SYRIE ni au CAMEROUN on est en FRANCE dans un pays libre ou il y a des lois qu’il faut faire appliquer de gre ou de force point

  4. Po

    Je pense qu’il y a un plan délibéré de détruire l’ecole Pour reprendre l’idee De la « fabrique des cretins » et pour permettre sûrement de détruire la France. Dans quel objectif ? C’est la question ?
    À qui cela profiter a-t-il ?
    C’est cela que nous devons comprendre

  5. bm77

    Il y a plus de 20 ans déjà la directrice de l’école de mon enfant plutôt que d’avoir à se confronter avec un élève préférait la fuite quitte à se trouver dans des situations ridicules puisqu’un jour elle a couru et s’est dissimulée pour échapper à la vindicte d’un enfant de 10 ans!!!
    Un endoctrinement pareil à la culture l’absence de contraintes disciplinaires ça tourne à la pathologie !
    C’est la même personne qui organisait des cabales conjointement avec des syndicats , qui la soutenaient contre les instituteurs qui lui semblaient utiliser un peu trop à leurs goûts la discipline et réclamaient l’obéissance des élèves par la méthode à l’ancienne.
    Ces enseignants étaient souvent la cibles de vindictes écolières qui désignaient aux instituteurs complices ceux qu’il fallait éradiquer .
    En effet pour certains le fait de leur demander d’obéir était assimilé à du ….racisme!!!
    Et celui qui se distinguait par un usage à la discipline plus strict se trouvait dans le situation du coupable qui enfreignait déjà les règles tacites qui faisaient que le proviseur ou directeur d’école dans ses conditions pour des raisons d’une part de paix sociale avec les syndicats et des parents d’élèves et aussi de notation de l’établissement ont toujours préféré l’omerta et étouffer les problèmes en cherchant un compromis pour que le « gêneur » parte de lui même
    Dans l’éducation nationale il semble qu’il faille non seulement être en adéquation avec la pédagogie mise en place et donc qu’ils soient notés favorablement par les inspecteurs chargés de veiller à ce que les méthodes soient bien respectées mais aussi s’adjoindre le concours des syndicats de gauche of course majoritaires dans la profession.
    ça peut aider.
    La directrice en question que nous connaissions personnellement s’étant fait rapidement muter sous des ciels plus cléments . Faut pas abuser quand même!
    Cela aide le déroulement des carrières mais cela pérennise des situations qui poussées à leur extrémités se soldent par un élève braquant une enseignante dans l’enceinte d’une établissement scolaire soit disant sanctuarisé.
    C’est l’échec total d’une politique menée conjointement par les syndicats et les pédagogues fonctionnaires qui voient les gouvernants passer et eux continuer à sévir pour transmettre la bonne parole.

  6. Jean-Louis

    Dans l’enseignement existe deux courants: celui qui pense qu’une discipline équilibrée est nécessaire pour pouvoir enseigner et celui des post soixante huitards, héritiers de ceux qui pensent que les conseils de discipline, les exclusions et les diverses sanctions, pour des faits graves ,sont de nature »réactionnaire » donc inadmissibles.Ajoutons à ce fait l’idéologie débile qui méprise la culture jugée trop « élitiste » et trop « bourgeoise » comme au temps sanglant des khmers.
    Jacqueline de Romilly, hier(auteure de l’enseignement en détresse) comme Christine Tasin aujourd’hui, décrivait cette dégringolade immense.qui ne semble pas trop émouvoir nos syndicats de gauche dans l’enseignement.

  7. jamal hamdani

    Je suis musulman et j’approuve cet article. Une société sans ordre et sans sécurité est une société sans valeurs. Depuis mai 68, la France et son slogan « c’est interdit d’interdire » ne cesse de perdre ces valeurs. Les adolescents ne respectent plus leurs parents, ni leurs profs, ni même l’autorité des policiers et de l’état. La France a été aseptisée et féminisée.

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