Pour l’AFP, l’électeur suédois du SD est un « beauf », un ouvrier analphabète et néo-nazi


Pour l’AFP, l’électeur suédois du SD est un « beauf », un ouvrier analphabète et néo-nazi

 

Partial et orienté, voici un article typique de journalistes de l’AFP, brossant, dans le quotidien vaudois Le Temps, le portrait d’électeurs du SD (« Démocrates de Suède ») : on y sent d’emblée le mépris de classe, la haine de l’ouvrier qui ne vote pas bien et qui n’accepte pas, ce crétin, l’enrichissement du multiculturalisme.

Les tenants du « padamalgam » avec les musulmans font ici un raccourci saisissant entre les électeurs « d’extrême droite » et le national-socialisme. Bref, des « beaufs » façon Cabu, des analphabètes néo-nazis, sûrement alcooliques et dépravés.

Auparavant paradis de la social-démocratie et de l’Etat-providence, la Suède est devenue une sorte de dictature molle, celle des néo-féministes, des juges Droits-de-l’hommistes et des minorités; un pays devenu fou, accueillant 450 000 immigrés en 3 ans, réservant des trottoirs aux femmes les jours de neige (un « déneigement égalitaire » plongeant Stockholm dans le chaos) ) et annulant l’expulsion d’un Palestinien qui avait attaqué une synagogue au motif qu’Israël mettrait sa vie en danger…

Évidemment, comme beaucoup d’Européens effarés par les délires islamo-gauchistes, certains Suédois se réfugient dans le vote protestataire et identitaire. D’où la percée du SD aux élections législatives de septembre 2018,  un évènement traumatisant pour Hélène Dauschy et Camille Bas-Wohlert, journalistes de l’AFP, l’agence Tass française du camp du bien.

Immergées dans la Suède profonde, chez le Viking moyen, elles font pourtant le bon diagnostic : marginalisation de la périphérie, désindustrialisation, population vieillissante, sentiment d’abandon et services publics en recul. Mais ne peuvent s’empêcher de caricaturer l’électeur ouvrier et son vote protestataire en populiste lépreux, membre du NSDAP.

Après l’avènement de Poutine, l’élection de Trump, la percée des partis « populistes » européens et la victoire d’Orban ou de Salvini, une épidémie de dépressions nerveuses n’est pas exclue dans les salles de rédaction.

«Make Sweden Great Again», le malaise des campagnes suédoises

Plongée à Lindesberg, ville de 23 000 habitants qui n’a accordé que 186 autorisations de séjour à des étrangers en 2017. Le Parti d’extrême droite Démocrates de Suède y a pourtant obtenu 20% des suffrages lors des récentes législatives. Entre marginalisation et sentiment d’abandon

Niché au coeur d’un ancien bassin minier, Lindesberg présente le charme suranné d’un bourg de province dont l’église domine le centre pavé où des passants glissent comme des ombres. La Suède, ici, semble figée depuis des siècles dans son austérité luthérienne, sans laisser deviner que l’extrême droite de genèse nationale-socialiste y a rencontré l’un de ses plus fertiles terreaux.

De tous âges et origines, les rares promeneurs qui se croisent en ce jour pluvieux d’août s’arrêtent à l’occasion pour discuter, quelques jours avant les élections législatives du 9 septembre. Contrairement aux vieux bastions de l’extrême droite dans le sud du pays scandinave, Lindesberg n’est pas obsédé par les questions d’intégration, de cohabitation entre cultures. «Oui» à l’immigration quand elle est «bonne et positive», lance même Mats Seijboldt, conseiller municipal pour les Démocrates de Suède (SD), parti fondé en 1988 par des transfuges néonazis et crédité d’environ 20% des suffrages aux législatives.

D’après les chiffres fournis par la municipalité, 186 personnes étrangères se sont vu délivrer une autorisation de séjour à Lindesberg en 2017, soit 0,8% de sa population. Loin des quartiers urbains où ségrégation et chômage sacrifient des générations, cette commune de 23 000 habitants à deux heures de route au nord-ouest de Stockholm a surmonté son hiver industriel pour se convertir aux services et attirer les PME.

Si Lindesberg n’a jamais retrouvé ses taux d’emploi d’avant la crise financière de 2008, elle n’affichait l’an dernier qu’un point et demi de chômage au-dessus du taux national, à 9%. La principale entreprise privée, Meritor, un sous-traitant du constructeur de poids lourds Volvo, emploie 850 personnes.

Faible niveau d’instruction

Mais dans cette région cernée par les forêts et les lacs comme dans de nombreuses autres régions rurales de Suède, une frange croissante de la population a le sentiment d’être abandonnée par le pouvoir central. La population vieillit plus vite qu’ailleurs, le prix de l’essence à la pompe ne cesse d’augmenter, on manque de logements et les personnes sous perfusion sociale sont proportionnellement plus nombreuses que sur l’ensemble du territoire. Les électeurs SD «sont d’abord des hommes, avec un faible niveau d’instruction, surreprésentés dans la classe ouvrière» sans être marginalisés, rappelle le sociologue Jens Rydgren.

Mats Seijboldt reprend volontiers en l’adaptant le slogan de campagne de Donald Trump, «Make Sweden great again» (Rendre à la Suède sa grandeur), qui traduit le malaise de ces catégories de la population à l’écart des grands pôles de croissance et d’innovation. Pour le maire social-démocrate de Lindesberg, peu importe leurs motivations. Aux dernières municipales, les SD sont devenus la deuxième force du conseil avec huit sièges et Bengt Storbacka redoute une percée encore plus importante de ce «parti raciste» le 9 septembre.

A 500 kilomètres plus au sud, Hörby, bourgade sans charme au milieu des champs, l’extrême droite est maintenue dans l’opposition grâce au «front républicain». «Il a fallu l’union de cinq partis pour nous tenir à l’écart en 2014», déplore Stefan Borg,  chef de file de l’extrême droite au conseil municipal.

Services publics en recul

A 30 minutes de Malmö, troisième ville de Suède où vit une importante communauté d’origine immigrée et théâtre de sanglants règlements de comptes entre bandes rivales, Hörby compte 13% de résidents nés hors de Suède. Quand on lui demande les chiffres, Stefan Borg les évalue entre 20 et 25%. «Une surestimation classique» chez les électeurs d’extrême droite, souligne le sociologue Jens Rydgren. La peur de l’autre s’exprime sans pudeur, même si selon les données officielles les actes de violence n’ont pas ou peu augmenté entre 2015 et 2017 à Hörby et qu’aucune statistique ne permet de les relier à l’immigration.

Un sentiment d’insécurité pas forcément validé par les faits mais qui n’en demeure pas moins vif car Hörby partage désormais sa police avec deux autres communes, reflet du recul des services publics dans les zones rurales. Éclatant paradoxe: l’immigration, que les sympathisants d’extrême droite disent galopante, ne permet pas de sauver toutes les écoles de campagne.

https://www.letemps.ch/monde/make-sweden-great-again-malaise-campagnes-suedoises

Lindesberg, dans la région agricole du Västmanland, au centre de la Suède (Photo : Maria-Lindstedt)

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20 thoughts on “Pour l’AFP, l’électeur suédois du SD est un « beauf », un ouvrier analphabète et néo-nazi

  1. Christian Jour

    Je ne suis pas étonner des suédois. bientôt leur pays sera aux mains des musulmans. Connards, bas du plafond, lisez le coran, bande d’abrutis. Si c’est l’avenir que vous voulez pour vos enfants, commencez par leur acheter des niqabs, vous allez en avoir besoin.

    1. Amélie Poulain

      Et moi, connaissant les Suédois, cela ne marchera pas.

      Il faut voir la configuration du pays avec de grands espaces et une population très disséminée et donc isolée par certains endroits, avec aussi des problèmes différents. Stockholm notamment, ne représente pas toute la Suède et se démarque même du reste sur bien des plans.

      La prise de conscience dans une telle configuration n’est pas aisée et les partis politiques doivent se servir parmi les exemples qui peuvent faire avancer leurs chapelles mais la mentalité suédoise n’est pas compatible avec celle de leurs envahisseurs je dirais même qu’elle y est par essence opposée .

    2. UN GAULOIS

      Il fait froid en Suède. Passe montagne ou niquab en laine, ce sera pareil pour ceux qui manquent de discernement.

  2. Hollender

    Quelle chance pour nous; ces deux connasses sont allées à l’école et boivent de l’eau……..On va enfin pouvoir se faire éduquer et s’acheter un cerveau….. Pour découvrir toutes les merveilles que les politiciens gardent en réserve pour le pauvre peuple de baufs

  3. jacotte

    Quelle importance ils peuvent bien nous qualifier de ce qu’ils veulent, curieusement notre nombre grossi.Indifférente à ce genre de propos nous avons des convictions et nous ne les lâcherons pas jusqu’au cercueil .

  4. Vent d'Est, Vent d'Ouest

    Note à l’AFP : «Je suis socialiste, et un socialiste plus authentique que votre riche ami, le Comte Reventlow», dit Hitler à Otto Strasser le 21 mai 1930 à Berlin…Son parti ne s’appelait pas Parti socialiste national des travailleurs allemands par erreur.

    … Messieurs les journalistes, il y a un manque manifeste dans votre formation de journalisme où l’inculture se dispute au mépris d’un vrai et honnête travail d’investigation. Ça, on le savait déjà mais cela va mieux de le (re)dire.

    1. AntiislamAntiislam

      Bonjour,

      Ce sont surtout des Communistes qui sont passés au Nazisme, par haine des Sociaux-Démocrates justement.

      A ce sujet je recommande la série d’Arte :

      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-013347/1918-1939-les-reves-brises-de-l-entre-deux-guerres/?xtor=SEC-270-GOO-%5BAdgroup%5D-S-%5B%2B18%20%2B39%5D&xts=581286&gclid=EAIaIQobChMIm-H5nvvB3QIVbCrTCh3QHQdvEAAYASAAEgKRv_D_BwE

      Le parti pris narratif de la série fait qu’elle est assez « hachée » dans son déroulé, mais elle est intéressante car elle montre, justement, cette porosité entre Communistes et Nazis …

      1. Amélie Poulain

        @Antiislam,

        Oui je suis d’accord avec vous mais les socialistes sont aussi très concernés.

        Je suis d’accord avec @Vent d’Est, Vent d’Ouest, le nom du parti de Hitler n’est pas un hasard ce qu’ont toujours refusé de voir les gens de Gauche justement.

        Hitler se situait d’ailleurs lui-même à Gauche et il a, outre sa folie, remonté économiquement l’Allemagne et a fait beaucoup pour son peuple (outre l’Histoire, témoignages de gens qui ont vécu sous Hitler).

        Oui mais, peut-être me direz-vous, pour s’en servir ensuite afin d’asseoir son idéologie mortifère. Et c’est justement ce que font nos politiques actuels sauf que eux, ils ne remontent pas la France et ne servent pas les Français…. mais, ils sont socialistes aussi (même Macron, il agit sous couverture).

        J’ai constaté, par ma propre expérience, que lorsque l’on contredit un socialiste ou une personne se disant de Gauche, elle s’énerve et rejette les idées contraires. Quand on contredit une personne de Droite, elle cherche à discuter d’abord (sauf peut-être des gens extrêmes mais là on ne sait plus s’ils sont de Gauche ou de Droite).

        Cela veut tout dire même s’il y a des exceptions, je parle en général et cela se vérifie a niveau des politiques.

  5. Simone GUTTIERREZ

    Ce comportement de la lèpre gauchiasse ( style AFP ) n’ est pas nouvelle !!
    Jules Renard disait en parlant des  » bobos  » de son temps :  » Ils sont POUR le peuple …. à condition qu’ ils ne voient pas sa sale gueule  » ….

  6. bm77

    Plus ça va et plus les jugements de la gauche sur le peuple qui pense mal rejoignent ceux des hauts bourgeois les plus méprisants pour les gens d’en bas.

    1. Amélie Poulain

      La Société n’est pas aussi manichéenne, c’est justement la façon de penser qui bouffe la France depuis des décennies voire depuis plus de deux siècles….

      Surtout dans une Société où l’ascenseur social joue à plein il n’y a qu’à voir le niveau aussi bien intellectuel que social de ceux qui jouent aux manettes de l’Etat… et l’on voit que ce n’est pas toujours dans le bon sens.

    1. Yann Kempenich Post author

      Le problème du Journal de Montréal, c’est qu’on ne peut avoir accès à ses articles, du moins en France, me semble-t-il…

      1. Luc Pharand

        Aberrant.

        Une parole patriote d’Amérique française échappe donc aux Français.

        Le Journal de Montréal, malgré son nom, laisse s’exprimer une parole souverainiste de droite ou de gauche d’une pertinence universelle.

        Une parole d’exception dans le contexte multiculturaliste
        systémique canadien.

        Avez-vous une suggestion pour contourner cette anomalie, voire ce blocage? Mise en format PDF ou autre…

        1. Yann Kempenich Post author

          Cela m’aurait effectivement intéressé… mais j’arrive sur une page avec le texte suivant :

          « Accès refusé

          Le Journal de Montréal/Le Journal de Québec, cher lecteur,

          A la suite du Règlement général sur la protection des données adopté par l’Union européenne et en vigueur depuis le 25 mai 2018, nos sites sont actuellement indisponibles dans votre région »

          Si quelqu’un pouvait me traduire ou m’expliquer…

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