Dis, maman, c’est quoi un radicalisé ?


Dis, maman, c’est quoi un radicalisé ?

Entendu à la radio (et je vous jure que c’est vrai), à propos de l’attentat de Grenoble : « Ce n’est pas un acte terroriste, car l’individu [Anouar N.] n’est apparemment pas radicalisé!  »

Finalement, est-on bien sûr que Charlie-Hebdo, Nice, le Bataclan, Marseille, Berlin, Stockholm, Manchester, etc. étaient des actes terroristes?

Car rien ne prouve que les individus musulmans qui passaient par là par hasard au moment où ils ont causé involontairement ces accidents étaient radicalisés!

Et à quoi reconnaît-on un radicalisé? A partir de quand est-on « radicalisé »? Il faut des morts? Combien au minimum? Ou quels autres signes?

Et d’où tirent-ils cette brillante conclusion? Il correspond à un de ces critères au moins: n’est pas barbu, ne va pas (souvent) à la mosquée, s’habille à l’européenne, serre la main des femmes, boit un peu d’alcool, écoute de la musique, va en discothèque, ne récite pas en permanence le coran, voire mange du porc?

Comme si cela était nécessaire pour haïr viscéralement les kouffars, la France, les Français, les non-musulmans et d’avoir envie d’en massacrer!

[D’ailleurs Lahouaiej Bouhlel, le chauffeur de poids lourds (!) mort d’un traumatisme balistique (selon l’indécente notice google) correspond parfaitement à la description du non radicalisé ci-dessus]

Les balivernes qu’on nous balance sont de plus en plus grotesques. Mais ils croient vraiment qu’on va gober leurs sornettes?

Ou alors ils pensent que parce que les journalistes, par nature des benêts, les avalent, on va le croire aussi? Mais il n’y a que les journalistes qui sont assez rantanplans pour gober de telles idioties!

Print Friendly, PDF & Email
Print Friendly, PDF & Email




12 thoughts on “Dis, maman, c’est quoi un radicalisé ?

  1. Kader Oussel

    Que le terroriste soit radicalisé ou non, seul Allah le sait.
    Mais s’il ne l’est pas, c’est qu’il s’agit d’un simple bon musulman. Et ce n’est pas moins inquiétant, bien au contraire !

  2. Xtemps

    Mais bien sûr, ce sont des escrocs imposteurs ces journalistes, qui obéissent aux diktats de la haute finance de l’Empire cleptomane mondiale qui est derrière, cela s’appel de la manipulation médiatique grotesque, du Soros, ils prennent les gens pour des cons, comme le mur des cons et leurs lois liberticides.
    Et sont les raisons pourquoi la chute des médias dite traditionnels sont en chute libre et vivent aux crochets des subsides d’états que les peuples européens doivent payer, le quotidien de nos escrocs imposteurs, ils font çà comme ils boivent une tasse de café le matin.
    Ils nous font payer leurs manipulations malhonnêtes, de la médiation manufacturé à nos frais, la plupart des gens ne croient plus à leurs médias débiles.

    1. Amélie Poulain

      Finalement, j’en arrive à me dire vu le contexte de l’omerta générale, que les journalistes marchent sur des oeufs quand ils parlent de peur d’être repris par les « Grands » Maîtres qui tirent les ficelles de la gouvernance ou de la pensée « juste », politiquement correcte cela s’entend…..

      Chaque mot découpé, soupesé, décortiqué des fois qu’il y aurait un sens « caché » (bonjour l’interprétation subjective !) qui échapperait aux grands cerveaux qui savent ce qui est bien….. et, finalement, déformé.

      Alors on voit ce que cela donne dans l’essence de ce qui est renvoyé… On ne sait plus d’ailleurs où est l’essence de ce qui devait être dit, oups non, dévoilé….. ni où sont les véritables « coupables ».

      1. Amélie Poulain

        Et, en fin de compte, l’honneur est sauf, ouf ! On a réussi à dire, sans dire….

        Il y a un adage qui dit : « parler pour ne rien dire », non ?

  3. Panchovilla

    Quand un catholique est intégriste on dit que c’est un catholique intégriste.quand un musulman est intégriste on dit que c’est un radicalisé, pour cacher le fait qu’il soit d’abord un musulman.

  4. claude t.a.l

    Les radicaux ( ou  » radicalisés  » ) libres :

     » La théorie radicalaire du vieillissement énonce que les organismes vieillissent par la multiplication des lésions liées à l’accumulation de radicaux libres.
    ….. la plupart des radicaux libres sont fortement réactifs. Dans la plupart des structures biologiques, les lésions liées à la présence de radicaux libres sont étroitement associées au processus d’oxydation  » ( wikipedia )

    Bon, ben voilà ce qui nous arrive !

  5. MaximeMaxime

    « C’est quoi un radicalisé ? » : un barbare ?
    Cette notion remonte aux Grecs anciens. Elle désignait des peuples étrangers à l’hellénisme. Ils étaient identifiés d’abord par leur langue. Le mot barbare évoque de ce point de vue nos « borborygmes », les deux termes étant issus d’onomatopées évoquant un langage auquel on ne comprend rien.
    Force est d’observer que quand on tend l’oreille, dans les rues des villes françaises, les magasins de nos quartiers, on entend parfois parler des langues qui nous sont absolument étrangères. Pour autant, ceux qui les parlent ne sont pas toujours des touristes ou même des étrangers…
    Le Littré dépeint les barbares comme « sauvages, grossiers » et surtout « cruels et sans humanité ».
    https://www.littre.org/definition/barbare
    Le sens premier renvoie aussi au caractère étranger par rapport aux Romains et aux Grecs.

    A-t-on le droit d’être barbarophobe en France, et même en Europe ?
    Autrement dit, a-t-on le droit d’avoir peur et d’exprimer sa peur à ce sujet ?
    Naturellement, comme plusieurs articles de la patriosphère l’ont déjà longuement exposé, on a le droit d’exprimer sa peur face à un retour du nazisme. En revanche, compte tenu de la loi Pleven, qui institue une protection particulière pour l’opinion qui se revendique religieuse, dans la contrariété la plus totale avec notre tradition constitutionnelle libérale, laïque et démocratique, il semble que selon cette loi inique, même les radicalisés bénéficient de la protection contre l’appel à la haine, la discrimination, la violence…
    Aucune exception n’est en effet aménagée dans ce texte qui ouvre la voie aux pires excès.
    Ainsi, Sébastien Jallamion, d’abord inquiété pour manquement à l’obligation de réserve du policier, a été condamné pour incitation à la haine ou la discrimination envers les musulmans, si les informations des liens suivants, peu suspects d’erreur, sont exactes.
    https://ripostelaique.com/present-publie-une-interview-de-sebastien-jallamion-un-ex-policier-en-exil.html
    https://www.tvlibertes.com/2017/02/15/14791/brigadier-chef-jallamion-y-a-omerta-agression
    On peut donc penser qu’il n’est pas permis d’inciter à haïr le chef de l’Etat islamique en France.
    Mais il n’est pas non plus permis d’inciter à l’aimer, du moins directement : ce serait alors de l’apologie du terrorisme.
    Ainsi, la seule opinion permise à l’égard des radicalisés, en France, semble être l’indifférence.
    Certains gauchistes en France se scandalisent d’ailleurs du fait que des « radicalisés » seraient ennuyés par les pouvoirs publics contrairement à la liberté d’opinion et d’expression selon eux. En effet, tant qu’il n’y a pas de passage à l’acte violent, il ne faudrait rien faire, à leur avis. « Mieux vaut guérir que prévenir », autrement dit… Ce serait bien l’intérêt d’une consécration officielle, dans la loi voire la Constitution, de l’interdiction du salafisme que de leur clouer le bec pour de bon. Il s’agirait ni plus ni moins de dire que non, on ne peut pas laisser aux salafistes l’espoir de faire de la France une République islamique comme l’Iran, eu égard au caractère injustement discriminatoire et violent de la loi islamique (les punitions relevant de la torture, la mutilation ou la mort).
    https://fr.sputniknews.com/presse/201601201021071406-arabie-saoudite-executions/

    Heureusement, un outil comme le dictionnaire Littré, élaboré au XIXème siècle, nous permet de garder quelques souvenirs de notre langue, de la pensée saine et libre, à l’heure de la pensée unique macronisée. A l’indifférence, qui constitue la réponse légale officielle, s’oppose la conscience identitaire dont la substance même réside dans la langue. Sauf à imposer une « novlangue », le pouvoir politique ne peut nous déraciner des mots qui contiennent notre culture.
    Ces souvenirs, cette conscience identitaire dont l’essence imprègne la langue sont-ils des « souvenirs d’un Européen » ?
    Peut-être bien si l’on emprunte ainsi à Stefan Zweig le sous-titre de son autobiographie, « le Monde d’hier » . L’auteur s’était suicidé, persécuté par le nazisme et exilé en Amérique du Sud, après avoir écrit, en 1942, ce témoignage essentiel.

    Ces « souvenirs d’un Européen » témoignaient d’une foi en l’Europe, qui pour Stefan Zweig ne pouvait être incarnée par l’Union européenne, ni les Communautés qui l’ont précédée, puisque l’auteur est décédé bien avant la naissance des ces institutions.
    L’Europe rêvée par lui réunirait dans un sentiment de fraternité des peuples ayant des cultures convergentes, des valeurs communes rendant possible une coexistence pacifique. Ainsi, l’auteur n’a de cesse, dans ses mémoires, de rappeler ce qu’il y avait d’artificiel dans les luttes entre des peuples européens.

    Zweig avait horreur du nationalisme et se décrivait comme un citoyen du monde, un cosmopolite. Cependant, il écrivait dans un contexte très différent du contexte actuel.
    On ne peut qu’acquiescer lorsqu’il dénonce, par exemple, le fait que lors des conflits entre deux nations européennes, des intellectuels se sentaient obligés de réputer infréquentable la littérature des écrivains ayant la nationalité de l’adversaire.
    De nos jours, cependant, le débat se situe sur un autre terrain. On peut se sentir cosmopolite quant à la culture tout en étant patriote quant aux questions politiques. L’idée paraît largement admise : on peut voter Marine le Pen ou Carl Lang tout en aimant lire Goethe, Dante et Shakespeare. À l’époque de Zweig, les deux plans ne semblaient pas aussi distincts, il s’affirme d’ailleurs cosmopolite sans mettre en évidence les conséquences politiques qu’un cosmopolitisme outrancier.
    Défendre les intérêts matériels et moraux de son pays n’implique pas de dévaloriser la culture des autres. C’est tout à fait conciliable avec une ouverture au « xénos », à l’étranger dont on se sent proche, sans pour autant que l’amitié entre les peuples n’aboutisse à une confusion des intérêts des diverses nations.

    Zweig écrivait dans une Europe qui n’était pas islamisée. Aussi n’évoque-t-il jamais l’islam dans son autobiographie. Qu’écrirait de nos jours un Zweig confronté aux attentats des « fous d’Allah », que penserait-il des prières de rue, des flux migratoires, de la burqa ou des fatwas ?
    Ferait-il des leçons de morale à la manière d’un Le Clézio ?
    Serait-il de ceux qui dénoncent les choses tout en évitant d’utiliser les mots qui conviennent ?
    Aurait-il au contraire une critique, juste tout en prenant bien soin de garder ses distances avec les partis politiques proposant des solutions ou, à tout le moins, des réformes allant dans le bon sens ?
    Une foule d’attitudes intellectuelles parmi lesquelles il est impossible de déterminer laquelle il retiendrait.
    De la même manière qu’il n’aurait jamais, écrivait-il, imaginé le millième de ce qui arriva dans les années 1930, 1940, il semblait ne pas imaginer qu’on puisse entendre les « Allah akbar » déferler sur l’Europe, la terre qui lui était chère.
    Car quoi qu’il se défendît de tout patriotisme, Zweig était malheureux en exil, puisqu’il se suicida, ainsi que sa femme.
    Tout son ouvrage montre son attachement à sa patrie. C’est bien là le paradoxe de cet homme que le national-socialisme avait fini par dégoûter du nationalisme. Aurait-il des opinions aussi tranchées de nos jours ? On peut en douter.

    Pour Zweig, l’époque des « Allah akbar » était révolue, c’est d’ailleurs par elle qu’il choisit de débuter ses « Riches heures de l’Humanité », un ouvrage qui eut un succès immédiat en Autriche et était étudié dans les classes dès sa sortie. C’est un de ceux qu’évoque dans son autobiographie l’auteur lorsque, avec une émotion palpable, il évoquait l’heure de son succès littéraire d’antan, au moment où ses livres furent ensuite interdits.
    http://resistancerepublicaine.eu/2017/01/08/la-prise-de-constantinople-vue-par-stefan-zweig-en-1930/

    Or, nous avons en droit européen, actuellement, un outil juridique qui pourrait tout à fait permettre de lutter contre le retour de la barbarie. Il n’est cependant pas assez élaboré, ce qui nécessite le concours des juridictions pour lui donner toute sa portée. Or, celles-ci s’y refusent pour l’instant.

    La loi Pleven, aussi grand soit le pouvoir de nuisance qu’elle confère aux autorités de poursuite judiciaire, n’en reste pas moins une loi nationale ordinaire, et non du droit européen ou une source juridique d’importance particulière comme les lois constitutionnelles ou les traités internationaux.
    Dans le contexte européen, on constate au contraire que l’article 67 du Traité sur le fonctionnement de l’UE vise à éviter la xénophobie.
    On peut alors se demander si le droit européen ne rend pas illicite la loi Pleven, ce qui devrait obliger les autorités françaises à l’abroger, car ce texte n’empêche pas seulement la xénophobie et c’est en cela qu’il est nuisible.
    Et si, finalement, l’Europe, la vraie, pouvait pour une fois coïncider avec cette « Union européenne » qui n’a d’européen que le nom ? Un petit effort de nos juridictions et de nos politiques, en amont, surtout, suffirait.

    En effet, l’article 67 du TFUE pourrait être interprété comme autorisant la barbarophobie.
    Le « xénos » n’étant pas le « barbaros » dans la tradition grecque dont nous sommes héritiers, les Grecs valorisaient l’hospitalité.
    Leur dieu « Zeus xénios » présidait même aux échanges amicaux entre peuples grecs, sans néanmoins que ces interactions aient pour effet de dissoudre une communauté citoyenne consciente de ses intérêts communs et unie dans le défense des intérêts de la cité. Les Grecs ne ressentaient d’ailleurs même pas la nécessité d’un outil politique particulier pour consacrer la xénophilie. Nulle confédération n’était à leurs yeux nécessaires et on pourrait sur ce point les imiter.
    http://resistancerepublicaine.eu/2017/04/12/ebba-akerlund-serait-encore-en-vie-si-on-avait-applique-la-declaration-des-droits-de-lhomme-de-1789/

    Selon l’article 67 du TFUE,
    « 1. L’Union constitue un espace de liberté, de sécurité et de justice dans le respect des droits fondamentaux et des différents systèmes et traditions juridiques des États membres.
    2. Elle assure l’absence de contrôles des personnes aux frontières intérieures et développe une politique commune en matière d’asile, d’immigration et de contrôle des frontières extérieures qui est fondée sur la solidarité entre États membres et qui est équitable à l’égard des ressortissants des pays tiers. Aux fins du présent titre, les apatrides sont assimilés aux ressortissants des pays tiers.
    3. L’Union œuvre pour assurer un niveau élevé de sécurité par des mesures de prévention de la criminalité, du racisme et de la xénophobie, ainsi que de lutte contre ceux-ci, par des mesures de coordination et de coopération entre autorités policières et judiciaires et autres autorités compétentes, ainsi que par la reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires en matière pénale et, si nécessaire, par le rapprochement des législations pénales ».

    Actuellement, c’est ce texte que la Cour de cassation invoque pour empêcher les contrôles au faciès !
    L’évolution de la jurisprudence à ce sujet est édifiante.
    La Cour de cassation jugeait ainsi le 18 mars 1998 que la seule circonstance que le plan Vigipirate était activé ne permettait pas un contrôle au faciès. Elle visait alors l’article 66 de la Constitution, qui garantit la liberté individuelle. Depuis, le traité européen est entré en vigueur et dans deux affaires du 7 novembre 2012, la référence à la Constitution disparaît du visa de ses décisions rendues à propos de clandestins gambien et pakistanais : elle se réfère désormais au texte européen. Curieuse évolution, sur le plan de la forme : la Cour de cassation fait comme si ce texte valait constitution européenne et remplaçait au sommet de la hiérarchie des textes la Constitution française !
    Mais sur le fond, rien ne change. Elle considère, depuis vingt ans donc, qu’il est interdit d’intercepter un clandestin à la frontière, alors que la Cour d’appel, désavouée par la Cour de cassation dans les deux affaires jugées en 2012, affirmait qu’intercepter un clandestin dans le cadre d’une opération de sécurisation à la frontière différait d’une simple opération de contrôle d’identité et donc qu’il était possible de mener cette opération sur la base de l’apparence physique du Gambien ou du Pakistanais, plutôt que de s’intéresser à des personnes ayant l’apparence de Français de souche afin d’identifier la présence éventuelle de clandestins.
    Cette argumentation était pourtant judicieuse car le contrôle de l’immigration en France vise notamment, grâce à la constitution d’un dossier préalable, à vérifier, grâce à une enquête, que le candidat à l’immigration n’est pas un danger public, qu’il ait commis des actes de délinquance dans son pays d’origine ou/et qu’il soit carrément un terroriste. La jurisprudence montre d’ailleurs que régulièrement, les juridictions administratives empêchent l’accès au territoire à des terroristes.
    http://resistancerepublicaine.eu/2015/12/23/etre-de-gauche-nempeche-pas-de-prononcer-la-decheance-de-nationalite-la-preuve/
    Le souci d’ouverture de la France est d’ores et déjà porté à son paroxysme, puisque aucune interdiction abstraite n’est formulée dans la loi quant à l’immigration venant de certains pays qui seraient dans le cas contraire réputés officiellement des fournisseurs de djihadistes. La France n’est donc ni xénophobe, ni barbarophobe. Cependant, pour que ce système soit équilibré, il faudrait en contrepartie que le contrôle concret lors d’opérations sur le terrain soit pertinent. Or, cette jurisprudence restrictive empêche de rétablir l’équilibre. Qu’on ne s’étonne donc pas du résultat de telles politiques.

    L’Union européenne pourrait plus légitimement prétendre incarner « l’Europe » si elle incitait les pays membres à distinguer la xénophobie de la barbarophobie.
    La barbarophobie n’est pas la xénophobie car le « barbaros » n’est pas le « xénos ». Elle n’est pas davantage du racisme si on considère celui-ci comme une théorie selon laquelle les races seraient inégales en dignité, car le recours au contrôle au faciès n’implique aucun jugement de valeur sur les individus subissant ce contrôle. Une fois le contrôle effectué, celui qui n’est pas dans une situation irrégulière est lavé de tout soupçon. S’agissant d’une opération administrative, le contrôle au faciès ne met d’ailleurs pas en cause la présomption d’innocence. Il ne peut donc pas nuire à la réputation de l’individu et lui causer un préjudice moral, contrairement à ce que la Cour de cassation juge en allouant des dommages-et-intérêts importants aux individus appartenant selon elle à des « minorités visibles » lorsqu’ils font l’objet d’un contrôle au faciès. Au contraire, celui qui se prête volontiers à un contrôle d’identité devrait se sentir flatter de participer au renforcement de la sécurité publique et d’être reconnu comme un immigré intégré.
    Faute de forger des concepts opératoires, l’Union européenne laisse le champ libre aux juridictions nationales.

    De ce point de vue, la Cour de cassation se prive de l’opportunité d’une approche souple qui aurait permis au contraire de distinguer efficacement entre les « ressortissants des pays tiers », que le Traité impose de traiter avec « équité ». L’équité en effet n’est pas le laxisme, elle n’est pas étrangère à la justice. Elle incarne la justice dans des situations pratiques et permettrait donc de fonder notamment le contrôle au faciès, d’une part et d’autre part d’être intraitable avec les barbares avérés.

    C’est bien parce que l’Union européenne s’est construite sans référence identitaire que la notion de « barbare » n’a plus sa place dans le vocabulaire des institutions européennes. La référence à l’équité à l’article 67 du TFUE traduit cet embarras. En effet, en légistique, il est déconseillé de se référer à l’équité car la notion se mêle à des manipulations subjectives de la part des juges. Il ne faut y recourir qu’en dernier recours afin de privilégier des critères plus précis évitant l’arbitraire judiciaire. La référence à l’équité dans le texte trahit le manque d’ambition de l’Union européenne dans sa politique sécuritaire.

    L’UE s’est ainsi privée d’un outil qui aurait pu contribuer à renforcer « l’Espace de liberté, de sécurité et de justice » qu’elle se propose de construire depuis le Traité d’Amsterdam de 1997. Une formule qui fait songer au « monde de la sécurité », expression que Stefan Zweig utilisait pour désigner le monde de son enfant, son adolescence et son jeune âge d’adulte, lui qui était né en 1881.
    Si cet âge, pour l’auteur, correspondait à celui où le nationalisme n’était pas exacerbé, il est certain qu’il aurait été horrifié de l’attentat de « l’Hyper Casher », des assassinats de Mireille Knoll et Sarah Halimi et de tant d’autres horreurs contemporaines autant que de la traque des Juifs qu’il a connue et subie.
    Sans doute aurait-il donc continué à défendre une culture cosmopolite tout en jugeant sain que les politiques nationales aient aussi une dimension identitaire dans le but de garantir le « monde de la sécurité » dont il avait conservé la nostalgie. Il aurait probablement révisé son jugement de notions telles que  « patrie » ou « nation ».
    Il se serait peut-être demandé si le cosmopolitisme ne comporte pas aussi une dimension négative. Lorsque les élites économiques et politiques ainsi que les plurinationaux disposent d’alternatives pour fuir en cas de crise ou de guerre un pays dont seul le peuple finit par être responsable de la situation, les intérêts des uns et des autres divergent si profondément que le cosmopolitisme ne peut garantir la paix, contrairement à ce que Zweig semblait considérer.
    C’est aussi au nom du cosmopolitisme que sont nées les conventions empêchant de faire des apatrides ou permettant avec beaucoup de générosité pour les candidats à l’asile politique des flux massifs de migrants.
    Pacifiste absolu, Zweig était aussi un idéaliste. Le passage à la pratique montre les limites des conceptions qu’il défendait dans une autobiographie remarquable. Ces conceptions sont pourtant encore largement celles de ceux qui dirigent l’Europe, qu’ils les défendent honnêtement ou non. Nous vivons ainsi une époque cruciale où la population prend de plus en plus conscience des erreurs commises : arriverons-nous à reconquérir le « monde de la sécurité », le « monde d’hier » ? Il faudrait pour y parvenir se remémorer nos « souvenirs d’un Européen »…

Comments are closed.