De la découverte du dhimmi à Eurabia, par Bat Ye’Or : à lire absolument !


De la découverte du dhimmi à Eurabia, par Bat Ye’Or : à lire absolument !

Enfants juifs assassinés parce qu’ils ont commis le crime d’être nés, juifs adultes assassinés parce qu’ils ont eu le tort de ne pas avoir été assassinés plus tôt, mécréants abattus à l’arme de guerre, prêtre et jeunes femmes égorgées, etc., ces « événements », comme l’on nommait par pudeur il y a plus d’un demi-siècle la guerre en Algérie, ont laissé hébétés media, politiciens, experts, chercheurs, etc. – non seulement hébétés, mais aussi stupéfaits, interloqués, sidérés, abasourdis, ahuris et comme abêtis, mais ni cois, ni muets… Car, à peine ces assassinats ont-il été connus, a été mise en branle la Grosse Bertha du vivre ensemble et du pas d’amalgame : loups solitaires, dérangés mentaux, jeunes se vengeant de discriminations dont ils auraient été victimes jadis, et bien entendu, culpabilité de la France qui a refusé d’intégrer ces assassins et des Français qui n’ont pas voulu les accueillir comme des frères.

Et pourtant, un écrivain et essayiste, aujourd’hui une vieille dame, qui a choisi pour pseudonyme Bat Ye’or (c’est-à-dire, si l’on traduit en français ces deux mots hébreux, La Fille du Nil), après avoir renoncé à son premier pseudonyme Yahudiya Masriya (c’est-à-dire, si l’on traduit ces deux mots égyptiens, La Juive égyptienne), ne cesse dans les livres qu’elle publie depuis plus de quarante ans, d’expliquer les causes et les effets des « événements » de France qui ne sont en rien inédits et qui se produisent régulièrement, avec plus de morts et de destructions encore, depuis quatorze siècles, touchant des animistes, des zoroastriens, des hindouistes, des bouddhistes, des juifs et des chrétiens de toute obédience… Voici les titres de ses principales œuvres : Les Juifs en Egypte, Editions de l’Avenir, Genève, 1971 ; Le Dhimmi, profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Anthropos, 1980 ; Les Chrétiens d’Orient entre Jihad et Dhimmitude : VIIe – XXe s., Editions du Cerf, 1991 ; Juifs et chrétiens sous l’islam : les dhimmis face au défi intégriste, Berg International, 1994 ; « Comment j’ai découvert la dhimmitude », Les Cahiers de l’Orient, 4e trimestre 1997, n° 48  « Juifs et chrétiens sous l’islam », Commentaire, n° 97, printemps 2002.

Or, c’est dans le silence – l’omerta – que sont enfouis ces livres et les analyses qui y sont développées, de même que tous les témoignages que Bat Ye’or a recueillis, dont le sien propre. Ce silence est le même que celui dans lequel ont sombré les premiers témoignages de l’extermination des juifs en Pologne, Biélorussie, Ukraine, Lituanie, etc. Pendant plus de vingt ans, on n’a pas voulu savoir, on a refusé de croire à l’énormité des crimes de masse commis par les affidés d’Hitler, on y a opposé d’autres douleurs et d’autres souffrances. Les témoignages recueillis par Bat Ye’or concernent deux millions de juifs spoliés, menacés, chassés de chez eux et pour certains assassinés, en 1948, en 1952 et après, dans les pays d’islam, du Pakistan au Maroc…

Elle brise la chape de plomb.

Née en 1933, dans son Egypte natale, dont l’armée et de nombreux dirigeants ne dissimulaient pas l’admiration qu’ils vouaient à Hitler, elle a connu les discriminations, les menaces, la déchéance de la nationalité, la spoliation, les humiliations et le départ honteux en 1957 pour Londres avec un passeport Nansen et un statut d’apatride.

Pendant des décennies, elle a fait des recherches dans les archives et les grandes bibliothèques de Londres, Genève, New-York, Paris, etc. pour comprendre ce qui était arrivé à sa famille et à deux millions d’êtres humains.

Elle a alors sorti de l’oubli le statut de dhimmi (officiellement un « protégé », en fait celui à qui la vie sauve est laissée à condition qu’il paie un tribut annuel et qu’il se fasse oublier) et la condition de dhimmi, nommée dhimmitude, qu’elle met en parallèle avec l’esclavage, énonçant ce principe scientifique admirable : « L’histoire des sociétés esclaves ne peut pas être analysée avec les mêmes paramètres que l’histoire des peuples libres ». C’est le djihad, c’est-à-dire la guerre que les musulmans doivent mener pour établir l’islam dans les pays où il n’existe pas et nommés pour cela dar-el-harb (mot à mot « maison de la guerre »), qui définit le dhimmi : ce vaincu, obligé, s’il veut rester en vie, ou de se convertir ou de payer le tribut annuel et de devenir un étranger dans son propre pays. La dhimmitude résulte d’un ensemble de lois établies à partir du Coran, des hadiths et de la Sira (ou vie de Mahomet) par les oulémas et les juristes de l’islam et qui forment dans la charia un ensemble d’obligations auxquelles les musulmans ne peuvent pas se soustraire. Elle touche tous les peuples, jadis maîtres chez eux, qui ont été vaincus par les guerriers de l’islam, qu’ils soient chrétiens, juifs, hindouistes, animistes, zoroastriens, bouddhistes ou athées. C’est pourquoi le terme de « minorités religieuses » par lequel ils sont qualifiés dans les pays musulmans, où ils ont survécu, est un leurre ou un abus : ils étaient naguère majoritaires et ils sont devenus, à force de discriminations, d’humiliations, de meurtres, de pogroms, des minorités, aujourd’hui en voie de disparition au Proche-Orient : destin qui menace désormais les peuples d’Europe.

Dans son autobiographie politique, Bat Ye’or raconte tout cela, un peu comme le fait Soljenitsyne dans Le Chêne et le Veau (1975) : 80 années de son existence et cinquante années de combats, faits d’études, d’articles, de livres, de conférences, mais aussi d’injures, de silences, de mépris de la part des sommités (les sots mités) de l’Université, des experts, des groupes de pression islamo-chrétiens ou islamo-européens, ou Eurabia, qui sont à l’Europe ce que le PCUS et ses affidés étaient à l’URSS et à ses satellites, c’est-à-dire une énorme machine à fabriquer des mensonges ou des contrevérités, à manipuler l’opinion, à discréditer les quelques voix timides, dont celle de Bat Ye’or, qui dénoncent la propagande :

« Pour la gauche, la science historique, l’archéologie et toute pensée humaine devaient se soumettre aux critères politiques de son idéologie. La description de faits objectifs et avérés, mais politiquement incorrects et occultés, suffisait à disqualifier son auteur ».

Ou : « Je tenais en effet à préciser que le statut légal commun aux juifs et aux chrétiens n’était pas de mon invention, mais qu’il avait été défini par les juristes musulmans dès l’origine de l’islam ».

Ou encore : « (pages 196-97) Au cours de ces années quatre-vingt-dix se mit en place un grand mensonge, corollaire de ce que l’on appellera plus tard le Grand Remplacement. Ce grand mensonge est une conception construite d’a priori culturels et politiques, axiomes réfractaires à la discussion et imposés tels quels par des cénacles universitaires et politiques intouchables et inconnus du grand public : les comités Eurabia entre autres […] L’essentiel du dogme affirmait que l’islam était une religion d’amour, de paix et de justice et que sa tolérance exemplaire envers les minorités non-musulmanes leur avait ménagé sous la loi de la charia une existence enviable. Comme l’on ne disait rien de pareil d’aucune autre religion, cette louange exceptionnelle, jointe à l’affirmation que les arts et les sciences de la civilisation islamique avaient inspiré ceux de l’Europe, conférait à l’islam sur ce continent une prééminence respectueuse inégalée. Cette théorie […] régnait dans tout le monde musulman et avait été développée par des Européens islamophiles (et parfois nazis) dans les premières décennies du XXe siècle. La nouveauté résidait dans son implantation subite au sein des capitales occidentales dans le siècle finissant ».

Lisez ce livre admirable. En dépit des faits historiques nauséabonds qu’il rapporte, c’est un bain de jouvence : la résistance est possible. Une vieille dame, mère de trois enfants, montre la voie.

Etienne Dolet

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8 thoughts on “De la découverte du dhimmi à Eurabia, par Bat Ye’Or : à lire absolument !

  1. Rocky

    La quasi totalité des nôtres sont déjà soumis à l’impôt islamique en achetant sa viande, sans que cela pose de réel problème de conscience – si ce n’est celui de paraitre « raciste-fasciste » en faisant « des histoires » à exprimer un désir de consommer une nourriture carnée non sacrificielle. Nous sommes donc déjà, en payant la taxe hallal, des dhimmis Malgré-Nous, dhimmis collabos … quand ce n’est pas franchement des convertis à l’islam.

  2. Dame Ginette

    Pourquoi Bat Ye’Or est-elle tue par tous les media conventionnels ? Parce qu’elle est libre, parce qu’elle ne suit pas le troupeau bien pensant. Je crois que bientôt plus personne ne pourra s’exprimer si ce n’est en suivant la pensée unique anti-raciste (= pro islam).
    L’article de Charles Gave ce lundi confirme tout à fait ce silence assourdissant qui entoure les détenteurs de la Vérité, voir :
    http://institutdeslibertes.org/de-la-suprematie-de-lindividu/

  3. Olivia BlancheOlivia Blanche

    Et pourtant elle est Juive ! La gôche qui réagit au quart de tour, quand ça l’arrange, pour s’opposer au FN, dès qu’il est question des juifs, n’a jamais manifesté sa bienveillance à Bat Ye’Or !

  4. Oncle Bob

    En Iran, la dhimmitude, on connait. La majorité des iraniens portent des noms arabes. Les musulmans détruisent ta culture, ton identité. Le persan est infesté de mots arabes. Un Bon exemple pour le futur de l’europe.

  5. Machinchose

    cette grande dame est la veuve de David Litman …un grand homme…un « Mensch »

    tel mari……telle épouse !

    1. Christine TasinChristine Tasin

      des gens absolument remarquables à tous niveaux, une dame toute petite mais une très grande dame et quelle force de travail !

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