Malgré un développement exponentiel, KFC France ne paie pas d’impôts depuis 15 ans. Et vous ?


Malgré un développement exponentiel, KFC France ne paie pas d’impôts depuis 15 ans. Et vous ?

Il n’ y a pas que les rappeurs qui niquent la France, il y a aussi le colonel Sanders.

Mais son copain le clown, Ronald McDonalds, le fait aussi.

Quoi donc ? Mais de l’évasion fiscale pardi !

On le savait déjà, mais la revue Que choisir de mars 2018 remet les pieds dans le plat avec son enquête sur les astuces de KFC pour déclarer 0€ de bénéfices chaque année, et ce, depuis 15 ans.

Et donc, ne rien verser à l’État français ni aucune participation à ses employés.

Et pendant ce temps, vous, le con-tribuable, vous payez des impôts ? Et bien dansez maintenant !

 

« La restauration rapide se porte bien en France : + 58 % entre 2011 et 2017 ! La société Yum, qui possède Pizza Hut, Taco Bell et KFC, le spécialiste des nuggets, engrange de nombreux bénéfices et continue à se déployer. Mais « Que Choisir » a voulu comprendre pourquoi les employés de KFC ont de si bas salaires, de telles conditions de travail, et pourquoi la société se déclare dans le rouge année après année pour ne payer aucun impôt en France. Cette situation est possible grâce à un habile montage fiscal avec d’autres sociétés du groupe situées dans des pays fiscalement plus favorables. Une situation proche de celle de McDonalds, avec sa filiale au Luxembourg. Présenter d’apparents mauvais résultats légitimerait également le fait de ne verser aucun bénéfice aux employés et de les recruter en trop petit nombre suivant les besoins, ce qui augmente les cadences, allonge le temps d’attente des clients et inciterait certains employés, à bout, à faire l’impasse sur certaines mesures d’hygiène… Pire, les employés ont découvert que KFC France leur avait dissimulé les COR (contreparties obligatoires en repos) qu’il leur devait en échange des centaines de milliers d’heures supplémentaires effectuées… Ce qui a provoqué une grève et une action en justice de la part des employés […] »

 

Harland Sanders (1890-1980) est le fondateur et le promoteur de la marque : il ouvre d’abord, dans le Kentucky, une station-service puis un restaurant.

Le succès aidant, il est nommé « colonel du Kentucky », à titre honorifique, par le gouverneur de l’État.

Le premier restaurant « Kentucky Fried Chicken » (KFC) ouvre ses portes près de Salt Lake City (Utah) en 1952 et va croître jusqu’à compter 600 points de vente aux États-Unis  et près de 20 000 dans le monde.

La société emploie 750 000 personnes pour un chiffre d’affaire de 23 milliards de dollars (2013).

En France, le premier KFC ouvre en 1991 et, depuis 2006, accélère son développement, passant de 7 implantations à 200 en 2016.

 

Un menu Bucket : votre surdose de graisses saturées pour la journée !

 

D’ici 4 ans, « l’enseigne souhaite doubler le nombre de ses restaurants [car] la restauration rapide est un marché en pleine expansion […] Le taux de croissance annuel de KFC France est de 45 %. KFC accueille 170 000 clients par jour sur l’ensemble des sites que compte l’enseigne sur le territoire français. Les + de l’enseigne : un chiffre d’affaires trois fois supérieur en France. » (Les Echos de la franchise)

L’avenir est donc radieux pour le spécialiste du poulet frit.

Et bien non. Cette année encore, les salariés de KFC n’auront « aucune participation aux bénéfices, ni hausse de salaire » car « les comptes de leur employeur sont dans le rouge » […] KFC France annonçait un déficit cumulé de 30 millions d’euros » (Que choisir).

Le géant américain ne paiera donc pas d’impôts en France, et c’est ainsi depuis quinze ans.

Diantre, mais par quel miracle est-ce possible ?

Tout simplement grâce à l’imprévoyance de l’État français et au laxisme (ou à la duplicité) de l’Union européenne qui autorisent de telle dérives financières via une fiscalité non harmonisée.

Pour faire simple, KFC France reverse des « charges intragroupes » (redevance, royalties, loyers, intérêts de prêt…) à des holding et autres sociétés sœurs sis au Delaware ou à Singapour, de vrais paradis fiscaux.

La société KFC s’endette donc au sein du groupe pour financer son développement pendant que sa trésorerie s’accumule !

 

Source : Que choisir

Bien sûr, KFC n’est pas le seul à tirer profit de cette situation; d’autres géants de la malbouffe, d’autres sociétés internationales, d’autres groupes mondialisés, engrangent eux-aussi des milliards de bénéfices sans payer d’impôts.

En revanche pour les employés de KFC, c’est la double peine :

« Non seulement, ils ne voient jamais la couleur des bénéfices. Mais en plus, la filiale de Yum ! peut s’appuyer sur des résultats en apparence négatifs pour justifier des réductions d’effectifs […] Et cela alors même que KFC France a perçu 10 millions d’euros d’aide publique dans le cadre du crédit d’impôt à la compétitivité (CICE), mis en place en 2013 par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. »

 

 

Sans compter certaines anomalies telles que « l’oubli » des COR (contreparties obligatoires en repos, lors d’heures supplémentaires) sur les fiches de paye. Des centaines de milliers d’heures travaillées donnant droit à des repos compensatoires n’ont donc jamais été portées à la connaissance des salariés…

Cette affaire est portée aux prud’hommes mais nul doute que KFC, le Picsou du Kentucky, se trouvera les meilleurs avocats fiscalistes de la place pour défendre sa fortune.

De l’autre côté, les ménages voient leur train de vie diminuer d’année en année, et plus encore, les catégories socio-professionnelles dites « supérieures » et les retraités « aisés », sur lesquels l’État peut compter pour renflouer ses caisses.

Sous l’ère Hollande, les majorations de retraite pour charge de famille (plus de trois enfants) étaient devenues imposables , correspondant parfois à un débours supplémentaire d’une centaine d’euros par an.

Et depuis janvier 2018, grâce à Macron, les retraités voient leur CSG passer de 6,6% à 8,3% pour ceux dont la part fiscale est supérieure à 14 404€ (soit une perte d’environ 600€ par an pour un retraité touchant 3000€ par mois).

Même le salarié est touché car la hausse de 1,7 points fait passer la CSG à 9,2 % aujourd’hui, contre 7,5 % avant 2018 (Droit-finances.net)

Et si ce n’était que ça : hausse du prix des carburants (le prix du diesel s’approchant de celui de l’essence), privatisation des amendes de stationnement (le PV passant de 17€ à 50€ dans certains arrondissements de Paris), multiplication des radars et donc des amendes (que le passage aux 80km/h en juillet ne va pas arranger),  grévant encore plus le budget des ménages.

Et puis avec les catastrophes climatiques (tempêtes, inondations…), les cotisations d’assurance risquent d’augmenter également.

Depuis quelques années, nous avons le droit également à une contribution supplémentaire dénommée « attentats » (2015) puis « solidarité victimes terrorisme, infractions » (2018).

 

Exemple  à la MAIF pour 2015 :

Pour 2018 :

 

 

Pour consoler et rassurer le Français, il paraît que l’économie repart fort en 2018 (La Dépêche) : croissance et pouvoir d’achat en hausse, chômage à la baisse, investissements et exportations qui explosent… Bien sûr, les prévisions de l’Insee n’engagent que ceux qui les croient.

Alors, pourquoi ne pas fêter ces bonnes nouvelles au KFC du coin qui propose au salarié laminé un repas très calorique pour seulement 5€ !

 

 

 

Mais KFC peut se le permettre, avec sa rapacité et ses astuces pour contourner le fisc français.

Il y a 40 ans, De Funès dénonçait déjà la malbouffe en se moquant du restaurateur industriel « Tricatel » (en fait, les « restoroutes » Jacques Borel) qui approvisionnait gargottes et troquets minables dans « L’aile ou la cuisse »). De nos jours, il pourrait rejouer « L’avare » avec le « colonel Sanders » dans le rôle d’Harpagon.

 

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26 thoughts on “Malgré un développement exponentiel, KFC France ne paie pas d’impôts depuis 15 ans. Et vous ?

  1. AvatarSAINT-MARC Jean-Paul

    Malheureusement, ce n’est pas nouveau et nos politiques laissent faire, mondialisation oblige !
    Des solutions :
    – la minimale, une super TVA. Mais pas de doute, attaque en justice d’une façon ou d’une autre qui lui donnerais raison…
    – imposer sur le CA et non sur les bénéfices pour les sociétés qui ne déclarent aucun bénéfice ou des bénéfices très faibles par rapport à leur CA.

    1. Avatarpier

      les veaux aiment la merde

      boycott tout simplement

      je préfère le cassoulet et la choucroute avec 1 bon fromage français

        1. AvatarJoël

          J’allais le dire. Ceci explique peut-être cela au nom du politiquement correct.
          En clair, une partie des bénéfs qui devraient aller à Bercy sert à engraisser l’islamisme et ses mosquées.

        2. AvatarVerdammt

          Moi et mes enfants on ne consomme jamais dans ces boutiques de merde et encore moins chez les kebabs.
          Sont pas riche avec moi.

  2. AvatarAmélie Poulain

    Et une augmentation très conséquente des cotisations mutuelles (11O euros par an, soit 15 % pur la mienne)…;;;

  3. JackJack

    Il fut un temps où l’Amérique était la championne de l’embonpoint, de l’obésité et du diabète, domaines où elle tient toujours une bonne place. La malbouffe, désormais quasi-mondiale, fait désormais ses ravages partout, y compris en France où la bonne cuisine familiale arrosée d’un p’tit verre de rouge était enviée du monde, dont les Américains qui citaient avec envie le « paradoxe français ».

  4. AvatarCharles Martel 02

    Macron est du même sérail que les Sanders, ou autres ordures de ce type, il pompe sur la tronche « du sans dents » père de famille en l’écrasant d’impôts et de taxes et doit passer la brosse à reluire dans le dos de tous ces salopards qui ne sont ni plus ni moins que des esclavagistes modernes

  5. Avatarfrejusien

    je propose que les contributions attentat soient réglées par les musulmans uniquement, ce serait logique,

    car , non seulement nous ne sommes pas protégés des attentats musulmans mais de plus on doit cotiser pour nos victimes, alors qu’on paye également l’aide juridictionnelle de ces petites frappes qui nous pourrissent la vie, quand ils ne nous la volent pas

  6. Avatarfrejusien

    Un autre scandale du même genre que KFC, celui de TOTAL qui fait 12 milliards de bénéfice en France sans débourser un seul centime d’impôt,

    Mais qu’attendre d’un plouc comme ayrault, sorti de sa province sans aucune compétence particulière, socialiste de surcroit, càd faisant partie de la clique qui a toujours ruiné l’économie française

  7. AvatarMousse

    Si le colonel n’est pas un imbécile, je ne vois pourquoi lui en faire grief; il fait de l’optimisation fiscale intelligente – ce qui est parfaitement légal dans une économie mondialisée : d’un côté, les plus pauvres de la planète améliorent leurs conditions matérielles tandis que, nous les plus riches, constatons en parallèle une petite diminution de nos revenus : quoi de plus normal de faire jouer la solidarité internationale qui tend inéluctablement à devenir le genre humain? Alors, soyons cohérent avec nos idéaux généreux et pas cantonnés à de mesquins égoïsmes strictement nationaux.
    On est de Gauche ou on l’est pas! et comme dit le proverbe africain en sa grande sagesse :  » il ne faut pas regarder dans la bouche du grilleur de cacahouettes… euh…de poulets ».

    1. Christine TasinChristine Tasin

      c’est bien pour cela que nous ne voulons pas de la mondialisation, parce que les pauvres y sont encore plus pauvres contrairement à ce que vous affirmez

  8. AvatarConan

    Ouaip, j’ai un petit neveu là dedans, il faut voir les conditions de travail, les salaires minables et la qualité des produits …
    Mais pour les maqueron, attali et autres fondus du marketing et des super profits mondialisés au détriment des sans dents, c’est ça le modèle à suivre !!..
    Un populo-francouillard, fier de l’être et qui entend le rester !

  9. Avatarjojo ( le plombier )

    vive le  » et en même temps » !! .. un développement exponentiel et en même temps pas de contribution fiscale. Pas d’impôts. Pas de participation à l’effort commun. c’est pareil pour nos invités les migrants, les clandestins, les exilés ? pourquoi nos gentils squatters agriculteurs de notre dame des landes paieraient ils la taxe foncière, la taxe habitation, des impôts sur les ventes de leurs légumes? certains se la jouent gratis d’autres se gavent gratis. Pendant que d’autres qui payent encore impôts, taxes, CSG, et Isf permettent cela. Et oui ..désormais C’est égalité, liberté, fraternité … et gratuité ! Ainsi va ce joli petit pays.

  10. AvatarConan

    Mais c’est ça l’ubérisation de l’économie !!!………..
    Me demande où on trouvera le pognon pour entretenir tous les nouveaux allocataires qu’ils font entrer chez nous ???……..
    …….tout en finançant le budget sociââââl le + élevé du monde !!!….
    À la manière de Jojo M : j’m’excuse ! j’ai pas fait l’ENA moi !!…..

  11. MaximeMaxime

    Les salariés et agents publics ont droit à une déduction forfaitaire de frais professionnels à 10% ou peuvent déduire leurs frais réels quand ils sont supérieurs et nécessaires.
    La situation n’est pas forcément choquante intrinsèquement.
    Elle le devient si une telle enseigne joue de la différence de lois fiscales dans le monde pour payer moins d’impôts sur ses ressources françaises.
    Mais à l’heure où les Français ont permis à Macron d’organiser un deuil national pour Johnny, de quoi se plaignent-ils ?
    Johnny faisait exactement cela.
    Cela révèle bien le caractère vicieux de cette mondialisation : on arrive à tout harmoniser ou presque, par contre ouh la la comme c’est dur d’harmoniser les impôts, soit disant !

    1. MaximeMaxime

      Orban notamment est opposé à l’harmonisation fiscale européenne :
      https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1OZ4CE
      Peut-être y voit-il un moyen de développer son pays pour pouvoir peser davantage dans le processus de décision européen.
      « “La fiscalité est une composante importante de la concurrence”, a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d‘une conférence de presse commune avec son homologue irlandais Leo Varadkar.
      “Nous ne souhaitons voir aucune régulation dans l‘UE qui lierait les mains de la Hongrie en matière de politique fiscale, de fiscalité des entreprises et de toute autre fiscalité”, a ajouté Orban. “Nous ne pensons pas que l‘harmonisation fiscale est une voie souhaitable”, a-t-il poursuivi. « 

    2. AvatarYKempenich

      Les Français rendaient hommage à Johnny et à sa carrière musicale, pas à son évasion fiscale.

      J’aime bien l’oeuvre de Houellebecq mais de là à admirer sa façon de boire et fumer…

      Cela dit, débattre sur les intérêts et les inconvénients de l’harmonisation fiscale européenne serait intéressant.

      1. AvatarConan

        Même avec un bac -5 on connaît d’avance le résultat ….
        Le chérubin golden boy aura forcément une préférence pour une harmonisation vers le haut ….
        …de façon à ce que la France ne soit pas seule en tête des enfers fiscaux !!!…..

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