Je balance mes élèves : « Il jeta son papier d’un pas énergique »,  » ils etèrent heureux »…


Je balance mes élèves :  « Il jeta son papier d’un pas énergique »,  » ils etèrent  heureux »…

Je ne sais par où commencer. Ni si je vais parvenir à être claire, concise et logique. Vous m’en excuserez. Allez hop je balance:
Ainsi que je l’avais déjà écrit dans un post précédent, j’enseigne en ce moment dans un petit collège d’une de nos belles provinces. J’ai cette fois des sixièmes et des cinquièmes. Ils sont bien mignons, plutôt de leur âge, c’est à dire encore oscillants entre l’enfance et l’adolescence. Mais il y a des mais.

En effet, s’ils savent vous dire bonjour, au-revoir et merci, ils sont incapables de tenir en place, le moindre prétexte est bon pour que l’attention s’envole. La rattraper est très très difficile. A croire qu’ils souffrent tous d’ un déficit de l’attention!

Il ne comprennent pas que le ton parfois utilisé n’est pas acceptable. Le  » Je suis ton professeur, pas ton copain » est totalement incompréhensible pour eux. « Mais c’est comme ça que je parle à la maison! »  » Chez toi peut-être, pas chez moi » Et comme ils sont les rois de la négociation, ils argumentent  » Beh et vos enfants?  » « Mes enfants n’ont pas envie de mourir  » . Depuis, je passe pour une mère maltraitante. Mais peu me chaut.

Ils ont bien été formatés par l’éducation nat et vous sortent des horreurs comme  » le racisme d’un Noir est moins grave que celui d’un Blanc ». Ils sont incollables sur la version politiquement correcte de la traite transatlantique et de la Shoah, mais tombent de haut quand vous remettez les pendules à l’heure en mentionnant la vente des esclaves, déjà esclaves, par les rois noirs ou des actions des résistants allemands avant même le début de la guerre.

Leurs orthographe, syntaxe et vocabulaire sont CATASTROPHIQUES. Sur une dictée de moins de 10 lignes notée sur 10, avec un barème de moins 0,5 par faute grammaticale ( accord de verbe par exemple ) et moins 0,25 pour une faute lexicale ( immance pour immense par exemple ), sur une classe de 30 j’obtiens 10 zéro sur dix, 15 entre 0,5 et 4,5, 4 entre 5 et 7,5 et un 9,5.
Si je me réfère aux critères des orthophonistes,, ils sont 29 à être dyslexiques, dysorthographiques etc. Ce qui n’est pas possible. Alors je fais des dictées, j’en mets deux au tableau et les autres sur le cahier et nous nous arrêtons à chaque erreur ( l’heure y passe ) pour expliquer des choses aussi évidentes que  » Quel est le sujet du verbe ? »  » Beh, les collines »  »  » Bien, donc le verbe doit être mis au ?  »  » Euh pluriel?  »  » Très bien, donc tu mets ? »  » euh ENT? »  » Oui c’est ça »
« Mais Madame on pouvait pas savoir pour  » saule » »  » Si tu avais bien écouté tu m’aurais entendu prononcé un o fermé et non un o ouvert, pareil pour le e de, de et deux ».

Et effectivement le vocabulaire est à l’encan. Une mère nous a reproché d’avoir donné un livre trop difficile à lire: La version simplifiée et adaptée pour les sixièmes de l’Odyssée. Rendez -vous compte, il a fallu qu’elle lise un chapitre chaque soir avec son enfant, en utilisant le dictionnaire! J’en suis restée bouche-bée. J’ai rouvert l’ouvrage et juste noté un langage que d’aucun jugerait soutenu de nos jours: maculés, vaisseaux, glaive, aurore… et quelques passés-simples.
Je me suis mordu la langue pour ne pas répondre que la prochaine fois nous proposerions  » Mireille l’abeille ou Siméon le papillon ». La mère est roi au lycée!
Je vais tout à l’heure rendre les copies, il va y avoir des pleurs. J’ai ajouté à la correction le fameux tableau de compétences voulu par notre chère éducation nationale. Dans la colonne orthographe 25 élèves sont à 1, c’est à dire non acquis. Un seul est à 4, acquis et intégré.

Et comme le langage de cité les a bien contaminés, je leur fais noter les définitions à la fin du cahier. En effet, alors que j’écrivais au tableau, j’entendis un  » ouah l’bâtard ». Ni une ni deux je fais prendre le cahier à l’envers et hop je fais écrire bâtard et noter la définition et les différents sens donnés au mot. Je leur ai dernièrement donné un extrait de BD au vocabulaire très très soutenu, avec comme exercice: relevez tous les mots dont vous ne connaissez pas le sens et cherchez leur définitions dans le dictionnaire. Et notez en fin de cahier. Nous avons cherché  » huis, noctambule, janissaire, immémoriaux, écrin… »

Et pour en rire plutôt qu’en pleurer, un petit florilège de perles de tous niveaux, de la sixième à la terminale:
Passé-simple J’entendis, donc je couris et j’étis.
Suspense insoutenable : Ils etèrent pas 2 pas 3 pas 4 pas 10 mais 15
Tirésias était un préventeur. ( Bac L 2017)
Il jeta son papier d’un pas énergique ( EAF 2017)
Fataliquement ( Bac L 2017)

Mais bon comme certains leur disent  » Assoyez vous  » ou » Assoye toi »

Allez, dans quatre jours ce sont les vacances !

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43 thoughts on “Je balance mes élèves : « Il jeta son papier d’un pas énergique »,  » ils etèrent heureux »…

  1. POLLETT DANIELPOLLETT DANIEL

    On serait tout éblouissé par tant de lumières !
    Blague à part, ils sont en 6e et 5e ou en CE1 et CE2 ?
    Entre quatre et six ans séparent ces classes.
    Mais qu’est-ce qui n’amène même pas une équivalence entre le Certificat d’Études d’avant Mai-68 et le BAC actuel ?
    Ne cherchez pas :
    C’est cinquante ans de gauchisme forcené dans l’Éducation Nationale !

    1. Cécile ComeauCécile Comeau

      Comment peut-on être en sixième année sans savoir écrire en respectant les règles de grammaire les plus élémentaires ? Parlez-vous d’élèves qui ont reçu l’enseignement des cinq premières années du primaire? Redoubler une année scolaire peut être salutaire pour l’avenir d’un élève. Je refuse de croire que cette classe soit constituée seulement d’enfants diagnostiqués TDAH!

      La France n’est pas la seule dans cette triste situation. Il semble bien que nos enfants du Québec éprouvent eux aussi quelques difficultés, malheureusement, mais pas de cette ampleur constatée dans une seule classe d’élève. Ici, ce n’est pas votre gauche qui a gâché la sauce, mais plutôt nos spécialistes en pédagogie et en psychopédagogie du ministère de l’Éducation qui ont modifié en profondeur les programmes et les méthodes d’enseignement. Ces grands cerveaux de THÉORICIENS ont complètement oublié la PRATIQUE de l’enseignement, pour ceux qui l’avaient déjà exercé dans une vie antérieure…

      Cette dame a bien du courage. Elle doit persister dans sa profession d’institutrice, car si elle peut donner le goût d’apprendre à un seul enfant, elle n’aura pas travaillé en vain. Cependant, je me pose une question : comment un enfant peut-il s’appliquer en classe et dans ses travaux scolaires si ses parents ne croient pas dans les vertus de l’instruction? En effet, combien de parents accompagnent vraiment leur enfant dans son cheminement? Combien apprennent à leur enfant les valeurs du travail bien fait, de l’effort et de la persévérance? Combien inculquent à leur enfant le respect de l’autorité, quand beaucoup d’entre eux n’en ont même pas sur leur rejeton? Ce problème n’est pas unique à la France.

      Aussi, les jeux vidéo, la télévision, l’ordinateur et le cellulaire devraient être interdits entre 16 et 19 ou 20 heures les jours de classe. Aux enfants qui regimberaient, un NON ferme et non négociable devrait s’imposer, sans discussion. Un livre ou un bon périodique ne risquerait pas de tuer les pauvres petits en manque de divertissement avant d’aller dormir, quand les devoirs sont faits, les leçons apprises, ainsi que le diner en famille terminé. Au fait, à quelle heure ces enfants sont-ils au lit? Les lacunes d’attention et l’agitation en classe peuvent-elles être attribuables aussi à un manque de sommeil?

      1. Cécile ComeauCécile Comeau

        Deuxième paragraphe, ajouter un « s » à « élève » dans l’expression « classe d’élève ».

  2. claude t.a.l

    L’ illustration de l’article :  » on apprend le passé simple ….. « .

    Même pas. Il y a longtemps qu’il a disparu de l’école et des livres pour enfants
    ( les nouvelles éditions du  » club des cinq  » ! )

    Très bon article à ce sujet dans  » le point  » :
    http://www.lepoint.fr/societe/la-fin-du-passe-simple-c-est-la-perte-d-une-nuance-de-l-esprit-19-12-2017-2181037_23.php

    Plutôt que le  » on apprend le passé simple …..  » de l’ illustration, c’est :
     » c’est simple, on oublie le passé  » ( à la fois en grammaire et en histoire ) qui s’imposait.

  3. Jean LafitteJean Lafitte

    Merci pour ce témoignage « éloquent ». J’avoue que je n’imaginais pas une descente aussi bas !

    Je fais suivre à des ami linguistes.

  4. Don Marlon

    Je cite: « Sur une dictée de moins de 10 lignes notée sur 10, avec un barème de moins 0,5 par faute grammaticale (…) et moins 0,25 pour une faute lexicale ( …) ».
    A mon époque, dans les années 80, tout était à un point par faute! Et la dictée faisait plutôt 30 à 40 lignes. J’en ai encore mal au poignet car malheur à celui qui n’arrivait pas à écrire assez vite! Le niveau est-il tombé aussi bas? De toute évidence, oui…

    1. JackJack

      Et à mon époque, à l’école primaire (pas en sixième ou en cinquième), le vicaire (c’était l’école paroissiale) faisait une dictée en se promenant entre les petits bureaux, son livre dans une main et une règle dans l’autre,,, toute faute se voyait punie d’un petit coup de règle sur les doigts. A la remise du certificat d’études, nous étions tous des champions de l’orthographe. Anciens élèves à l’occasion de réunions de notre école, nous rencontrions ce vicaire que nous adorions tant ils nous avait appris, pas seulement en orthographe.

      1. Verdammt

        Oui l’éducation était autre en d’autres temps:
        Je viens de l’Algérie Française et en 1962 en France.
        En Algérie déjà, les cancres avaient le bonnet d’âne et parqués au coin.
        Certains instituteurs avaient des cannes en bambou.
        Les anciens comme moi ont prit des coup de règle sur les doigts.
        Moi un peu. Mais en ces temps on nous apprenait à être des hommes.
        Une sanction à l’école, le père « avoinait » son fils. On ne discutait pas avec son
        père. On se prenait une trempe sévère le soir à la maison.
        Résultat: moi et d’anciens camarades avions eu de bonnes professions.
        J’ai des plumes Sergent Major avec qui j’ai appris la calligraphie.
        Pauvres jeunes.

        1. Verdammt

          J’oubliais:
          En CM2 notre instituteur nous faisait faire une dictée pas souvent facile.
          Ceci tous les jours sur un cahier de brouillon épais avec des pages en mauvais papier. Tout à la plume et le buvard. Croyez moi mais pour arriver au collège on avait le niveau. Pareille en mathématiques.
          Mon instituteur était parachutiste en Algérie.
          Tout un monde disparu.

    2. Paul

      En cinquième, en 1960, le barème était (sur 20) -4 points pour une faute de grammaire, -2 points pour une faute d’orthographe et -1 point pour une ponctuation oubliée. Pour nous faire faire des progrès, notre prof corrigeait les dictées hebdomadaires en n’arrêtant pas d’enlever des points à zéro mais en investissant le domaine des nombres négatifs ; à la première dictée de l’année, presque tout le monde y était, mais progressivement une grande majorité réussissait à avoir des notes supérieures à zéro puis la moyenne, et quelques-uns se battaient pour dépasser le 16 voire le 18 et atteindre le 20. Ca ne traumatisait personne, c’était plutôt vu comme un jeu, et il y avait de l’émulation.

  5. Jim

    Votre témoignage n’a, hélas, rien d’anecdotique. Je crains qu’il ne décrive fort justement la situation de l’ensemble des classes. Il me rappelle point par point ce que me racontait mon frère lorsque celui-ci était professeur de lettres classiques. L’année où il a décidé d’arrêter d’enseigner, il exerçait dans un petit collège de campagne et avait, pour le français, les deux classes de 6e. Comme 30% des élèves ne savaient pas lire, sa première leçon a porté sur les voyelles, consonnes et syllabes, bref le B. A. BA !
    P. S. : certes les formes assoyez-vous et assois (avec un i et un s) -toi sont moins distinguées mais elles n’en restent pas moins correctes.

    1. Victoire de Tourtour

      Dans les années 70, j’apprenais à mes 6ème, dès le début de l’année,l’alphabet.
      « A quoi ça sert ? » m’ont dit des collègues d’un air supérieur .Mais c’est vrai que c’étaient des « pedagogues » saturé(e)s de pédagogisme, et donc persuadé(e)de leur supériorité.

  6. jojo ( le plombier )

    Saperlipaupiette ! faux le fière . Mais si on vœux positifier on peux penser queues sait une new linguage qui se craie sous nos yeux é za nos zzoreilles . Cf la prose de Catarella le standardiste du commissaire Montalbano qui a contribué par sa créativité au succès de Andrea Camilleri qui est désormais reconnu dans la littérature italienne et européenne
    pour avoir créé un véritable langage . allé je plaisante . On n’é pas en Italie mais c’est bon de positiver de temps en temps . Cordialement

  7. MaximeMaxime

    Lorsque j’étais en sixième, déjà, une bonne partie de la classe avait eu zéro à l’exercice traditionnel de dictée. Le professeur avait, à la demande de la majorité des élèves, écrit un mot sur le carnet de correspondance pour expliquer aux parents que c’était « normal »…
    Je pense que les choses iraient mieux dans le domaine de l’enseignement public si l’on cessait de traiter les élèves et les parents comme une clientèle pouvant exprimer ses desiderata. J’ai vraiment pitié pour les profs obligés de rester en fin de journée pour rencontrer Madame Duchemol qui ne comprend pas pourquoi le professeur a donné tel livre à livre et patati et patata, qui trouve que tel exercice est trop difficile etc.
    Je me souviens également des rencontres parents – professeurs avec une bonne partie des parents qui voulaient rencontrer le professeur de musique (1 heure de cours par semaine à l’époque) pour savoir comment le fiston ou la fifille se comporte, s’il n’a pas de problème particulier pour souffler dans la flûte, s’il chante bien… alors même que l’intéressé n’avait aucune intention de poursuivre dans le domaine musical une carrière ou ne présentait aucune particularité au regard de la discipline !
    Il y a vraiment des gens qui ont du temps à perdre. Pas étonnant que les mêmes ouvrent leurs bras grands ouverts pour accueillir des migrants, se plier en quatre pour en récupérer un et lui servir de « maman » ou de « papa », alors même qu’ils ne savent même pas quel avenir ils vont bien pouvoir offrir à leur propre progéniture…

  8. durandurand

    Malheureusement le nivellement pas le bas continue de plus bel , bientôt il frisera le zéro absolu .Quel gâchis lamentable , combien de jeunes générations perdues ?Il y a un sacré recadrage et un fameux serrage de vis pour remonter le niveau !

  9. Victoire de Tourtour

    Et je me demandais aussi, dans les années 70, quel était le but poursuivi par les instances dirigeantes, dans cette volonté manifeste de fabriquer des crétins.
    .Et j’ai quitté l’enseignement douze ans après l’obtention du Capes.

  10. Charles Martel 02

    Courage bientôt votre enseignement sera considéré comme « option langue étrangère » car la langue officielle sera l’arabe…

  11. Patrick

    dans les années 70 j’étais collégienne, nous avions encore des profs à l’ancienne, très à cheval sur l’orthographe, la syntaxe etc.. Nos parents tenaient avec les profs.. si nous nous faisions coller, eh bien nos parents non contents de nous donner une gifle nous privaient de sorties. en CM2, la dictée que l’on nous faisait faire pour le passage en 6ème était redoutée par les élèves. 4 points de supprimés par fautes.. ça faisait peur ! Je repense toujours à ce prof de français que j’avais en 5ème, que j’adorais.. OK j’avais A de moyenne, et tableau d’honneur tous les trimestres (ça n’a pas duré, la 4ème et les maths = beurk) Les gamins préfèrent passer du temps plantés devant une télé qui créée des zombies, les parents épuisés par leur journée de travail, donc le gosse fait ce qu’il veut.. Dans la plupart des cas.. il y a, fort heureusement, des exceptions, des foyers où les parents prennent le temps de surveiller et expliquer les devoirs. Et faire lire les enfants, ce qui aide énormément pour l’orthographe, vocabulaire etc. Nous gamins des années 60, nous n’étions pas distraits par la télévision. 1 chaine seulement, et qui ne fonctionnait pas non stop comme maintenant. Bravo à ces gouvernements pour tous les crétins qu’ils ont engendrés, plus la masse est stupide, plus il leur est facile d’asseoir leur pouvoir.

  12. Joël

    Quelle torture quotidienne cela doit être, je vous plains. Mais comme bon nombre de vos collègues trouvent cela tout-à-fait normal, vous devez vous sentir bien seule aussi.

  13. Rubis

    C’est pour toutes ces raisons que la plupart des enseignants font des auto-dictées et plus des dictées. Les enfants lisent sms, Twitter et snapchat de nos jours et ont une attention imitée à quelques minutes.
    Malheureusement, les parents sont atteints du même déficit d’attention.

    Ce déficit d’attention devient un vrai problème car les enfants se sentent démunis face aux lacunes accumulées, lâchent l’apprentissage et retournent vers ce qu’ils sont sûrs de réussir : Les Twits.

    Peut-être qu’il serait bon avant de commencer le cour, de leur faire prendre conscience que toute cette technologie génère un stress inutile et incompatible avec l’apprentissage et tout au long du cour, les encourager « vous progresser, vous êtes attentif, on ne va pas se relâcher, je suis sûre qu’on peut faire encore mieux ».

  14. palimola

    Encore que ceux dont parle Laurence savent se servir d’un stylobille , j’ai connu un jeune de 18 ans qui ne savait pas lire et un autre ignorer ce que sont les chiffres pairs et impairs ….entre autres ……et pourtant les deux ont été scolarisés normalement .

  15. Diogène

    Le constat est pathétique et le niveau au collège et au lycée et même à l’université ne cesse de baisser.

    J’exprime mon avis sur la question, avis fort politiquement incorrect, qui heurtera les oreilles des plus sensibles (!…) :

    La France, terre d’accueil, reçoit donc, depuis des décennies, la misère du monde qui se déverse à grands flots.
    L’absence de maîtrise du français, d’un très grand nombre d’immigrés, ne favorise pas les prérequis indispensables à l’acquisition d’un français correct par leur progéniture…Sachant que la « diversité » est majoritaire dans pléthore de quartiers et de territoires de la République : le nivellement par le bas est un fait indiscutable…et inévitable.

    Evidemment il y aura toujours (et fort heureusement) des gamins qui s’en sortiront même issus de familles modestes.
    Il n’empêche que l’impact d’une immigration massive sur la baisse de niveau est certainement indiscutable. Il faut aussi, d’autre part, relever le rôle nocif de l’abondance des écrans lesquels dispersent et distraient les élèves, or : la concentration est indispensable pour l’acquisition des connaissances… Nous sommes dans une société de la distraction et ça se constate partout et à tous les niveaux.
    Ainsi, à titre d’exemple, je suis excédé par ces automobilistes qui ne démarrent pas au feu vert car en train de pianoter sur leur « doudou », je veux dire leur téléphone portable, ou bien qui le consultent tout en conduisant !

    Dans un rond point, récemment : j’ai vu une conductrice tenir d’une main son volant tout en regardant son portable, alors que les voitures arrivaient en tout sens, et, bien évidemment, elle n’avait pas mis son clignotant…

    Bref je reviens à l’enseignement, aux enseignants (du français surtout) : bon courage !!!

    Peut-être que pour l’enseignement de la langue arabe, il n’y a pas trop de difficultés dans notre beau pays ?

    Par ailleurs n’est-ce pas une sorte de pression « post-colonialiste » insupportable que de vouloir imposer la langue française à ceux qui nous font l’honneur de « s’imposer », sans y avoir été invités, dans notre pays encore majoritairement peuplé de mécréants de surcroît (!)…..

    476 : chute de Rome à cause des invasions barbares, mais …chut…Car vous risquez de réveiller « l’intellectuel de gauche » qui dort sur l’oreiller de ses bons sentiments…

    1. AntiislamAntiislam

      Bonjour,

      Ce qualificatif de « postcolonial » m’a toujours choqué.

      Il y a eu une colonisation européenne en Afrique qui faisait suite à une colonisation musulmane de l’Europe (« qui faisait » est même fautif : la colonisation musulmane turque en Europe n’a, elle, jamais cessé. Il y a même un pays de l’ U « E » occupé (Chypre) sans que cela ne choque personne).

      La colonisation européenne n’existe plus depuis longtemps.

      Et au nom du « postcolonial » une nouvelle colonisation nous est imposée .

      Bref, « postcolonial » cela ne veut rien dire : la seule réalité actuelle est la colonisation massive de l’Europe avec la complicité abomninable de ses élites, de sa « bourgeoisie comprador » comme disent les marxistes.

    2. Jean LafitteJean Lafitte

      476 : Selon ce dont je me souviens du cours de fac « Histoire des institutions » vers 1966, l’Empire romain d’Occident a disparu avec la mort du dernier empereur, parce qu’il s’était complètement défait par le refus des citoyens romains d’assumer les responsabilités d’un pouvoir étatique, le refus de servir sous les armes, etc. La défense des limes (frontières) était déléguée à des peuples alliés, ces fameux « barbares », mot qui n’avait pas du tout le sens du mot français, dominé par « barbarie » et son acception brutale, mais simplement des gens qui ne parlaient pas latin ; en Grèce, où le mot était apparu d’abord comme une onomatopée parodiant un langage incompréhensible, c’étaient eux qui ne parlaient pas grec…

      Mais ces « barbares » étaient déjà en contact avec Rome, dont ils admiraient la civilisation ; par exemple, c’étaient des officiers romains qui avaient mis par écrit en latin les coutumes des Francs saliens, origine de la fameuse « « loi salique ». Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_salique#Composition_de_la_loi_salique.

      Et linguistiquement, les Francs n’imposèrent pas leur langue à la Gaule, mais adoptèrent le gallo-romain qui fonctionnait très bien pour la vie de tout les jours, et le latin comme langue de l’administration et du droit…

      Donc pratiquement pas grand chose à voir avec le nouveaux barbares qui nous menacent, avec des mœurs violentes, bien loin de ce qu’est notre civilisation européenne, à base de christianisme sur le fond d’un héritage gréco-romain… En revanche, la déliquescence de l’empire romain par la faute des Romains eux-mêmes n’est pas si éloignée que cela de la suppression du service militaire, du recrutement aveugle dans l’armée et la police d’hommes issues d’un autre monde, etc.

  16. claude t.a.l

    « Il jeta son papier d’un pas énergique »
    est une phrase merveilleuse et pleine d’accents rocambolesques.

    Il faut lire  » Rocambole  » ( Ponson du Terrail ), des phrases semblables s’y trouvent :

     » d’une main il ouvrit la porte et de l’autre il dit …..  »
     » le cadavre bougeait encore  »

    etc …..

    1. jojo ( le plombier )

      bien vu . Et tout à fait pertinent. Une langue peut et doit s’enrichir . Et toutes les sources d’enrichissement sont valables. l’image à laquelle renvoi un mot inventé, trituré, sorti de son contexte est parfois bien supérieure et porteuse de sens avec en prime une dimension poétique. Mais de nos jours tout est soumis a la dictature du contexte qui nous est imposée à la fois par nos gouvernants et nos invités. Dans le contexte que l’Europe subit on ne peut accepter l’expérience. Par mesure de précaution et par mesure de défense on est contraint de se protéger et de protéger notre culture. L’important c’est de se protéger et non de s’ouvrir à un éventuel enrichissement qui en l’occurrence pourrait s’avérer être un appauvrissement La vie de la cellule est faite de cycles d’ouverture et de fermeture . Il en va de sa survie. Comme il en va de la notre . Cordialement

  17. Diogène

    Cher Antiislam,

    Merci de prendre certains de mes propos au second degré. (postcolonial)…

    Je suis bien d’accord avec vous sur la colonisation massive imposée aux peuples (autochtones) d’Europe dont les identités sont plus que menacées !

  18. Calamity Jane

    Je crois que vous vous usez pour rien. Il leur faudrait baigner dans le français en permanence, or, ils n en ont que quelques heures par semaine. Vous devriez passer un contrat avec les parents : jeux vidéos, portables, ordinateur, TV coupés pendant un mois test. À la place, lecture, tenue d un journal ou écriture de poèmes etc. Mais c’est quasi impossible à mettre en place car les parents eux mêmes sont vautrés devant TV etc. Chez moi, pas de jeux vidéos, pas de Wii, une TV pour regarder qq DVD… Des livres, BD inclues, partout.. Les enfants n ont jamais réclamé ce qu ils voient chez leurs copains. Ils me disent « ça va 5 mn les jeux vidéos »…. Ils ont trop l habitude de se référer à un livre et donc d imaginer les personnages, la suite de l’ histoire .Tous ces trucs pré mâchés les ennuient rapidement.
    C est vrai qu ici, comparé à d’autres foyers typiques, c est un peu l ère préhistorique !!

  19. Sylvie D.

    Qui ne s’est pas régalé en lisant le Club des Cinq dans ses jeunes années ?? Je veux parler du Club des Cinq des années 60…. Pas de la version actuelle réécrite en français accessible aux gamins d’aujourd’hui….. L’ancienne version est, paraît-il, incompréhensible pour eux… On utilise des temps de conjugaison inconnus….. des mots qu’on n’utilise plus parce que notre vie s’est modernisée. C’est n’importe quoi !!
    Je comprends pourquoi l’école ne fait plus étudier les classiques….. Les jeunes sont incapables de comprendre ce qu’ils lisent actuellement, alors Zola, Balzac, Hugo, Flaubert, etc……. Il faudrait les réécrire en français d’aujourd’hui….de façon ludique, puisqu’on ne sait plus faire que ça : du ludique, il faut amuser, divertir,….. Il ne faut surtout pas que les jeunes se prennent la tête….. Ils ont déjà fort à faire avec les SMS, les réseaux sociaux, etc…

  20. Olivier de V

    Titre : Gethé part l’ooraguan dent l’éthèrent sent zoizo.

    Au moins ‘l’enfant et « ses sortilèges » (cf. la musique de Maurice Ravel) avait de bonnes raisons poétiques et champêtres d’être provisoirement un cancre.
    Son QI n’en pâtissait pas, au contraire, ça l’oxygénait.

    Quant à l’oxygénation par les sms, mms et autres vidéos smartphone-compatibles… Les parents veulent certainement faire de leurs enfants des modèles, des moteurs d’assimilation, ils font un concours même peut-être.

  21. parisienne

    Haha le passé-simple et l’Odyssée mon fils est en plein dedans.
    Oui, le niveau est lamentable et baisse d’année en année (le comportement et l’attitude face au travail aussi d’ailleurs): aucune concentration, aucun questionnement, aucune curiosité. Les classes de maintenant sont un mélange de passivité et d’agitation.
    C’est simple, tous les ans je dois revoir mes exigences à la baisse sinon j’en perds les 3/4. Et la tendance s’accélère depuis 7-8 ans. Je ne parlerai pas des parents d’élèves…
    Après, je n’arrive pas à m’expliquer certaines choses : mon fils en 6ème, bonne école, bonnes instits, parents présents et attentifs, obligation de lire, limitation des écrans, dialogue, sorties etc. et au final, une catastrophe en français; Il ne sait pas rédiger ni écrire sans faute (énormes les fautes, du genre -s à la place de -ent) et ce n’est pas faute de lui avoir expliqué et rabâché les règles.

  22. Diogène

    Chère « Parisienne »,

    Pour votre fils en 6ème (je sais bien qu’il est très facile de donner des conseils…), un remède cependant : travailler ! encore et encore, ça finira par porter ses fruits :

    « Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.

    Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
    Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
    Boileau, L’Art poétique

    Et puis aussi :

    « Le Laboureur et ses Enfants »
    Jean de La Fontaine
    « Travaillez, prenez de la peine :
    C’est le fonds qui manque le moins.
    Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
    Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
    Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
    Que nous ont laissé nos parents.
    Un trésor est caché dedans.
    Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
    Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
    Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.
    Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
    Où la main ne passe et repasse.
    Le père mort, les fils vous retournent le champ
    Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
    Il en rapporta davantage.
    D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
    De leur montrer avant sa mort
    Que le travail est un trésor. »

    Jean de La Fontaine

    Lire : c’est l’idéal pour progresser en français !
    Offrez lui des livres dans lesquels le passé simple est utilisé !!! (et non pas éradiqué comme le font certains éditeurs…)

    Cordialement

  23. caiusbonus

    Certains ont mis la main sur le noeud du problème: les gouvernants pourris qui règnent en maîtres absolus ont totalement besoin d’un peuple d’abrutis pour rester au pouvoir.
    Le savoir, les lettres, la poésie, etc… sont des armes tellement plus puissantes que n’importe quelle arme à feu que tout dictateur de seconde zone (ce qui inclus nos dirigeants) prend grand soin de museler l’intelligence, sous couvert de la consommation à outrance.
    En gros leur rêve c’est des connards qui consomment au maximum pour leur remplir les poches, avec en prime les mêmes connards qui élisent leurs bourreaux.
    On est foutus.

  24. reuri

    Une petite compilation de ce que l’on peut entendre aujourd’hui :
    Au jour d’aujourd’hui c’est que du bonheur. 😠
    Vous pensez que ça va matcher ?
    Les hausses baissières vont impacter le marché.
    Le jardin des possibles est dans l’espace de vie (sans blague, mais encore).
    Je suis dans un monde différent qui est pas pareil que mon univers.
    Etc…
    Je ne suis pas linguiste distingué , mais quand on entend des expressions pareilles, on ne s’ étonne plus de voir des gens voter pour des gourdasses comme anissa kheder .

  25. PR1

    Pour l’année prochaine lors de l’examen du baccalauréat, si l’élève arrive à trouver la salle d’examen et a s’asseoir sans se tromper à sa place, il aura la moyenne.

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