Papa, c’est où l’Alsace ? Pourquoi les petits Français sont-ils 34ème au classement PIRLS ?


Papa, c’est où l’Alsace ? Pourquoi les petits Français sont-ils 34ème au classement PIRLS ?

A l’occasion d’un repas alsacien, mon fils de dix ans me demanda :

« Papa, c’est où l’Alsace ? »

J’étais atterré.

On savait les petits Français nuls en orthographe, perdus en grammaire, médiocres en mathématiques : dans les tests internationaux, nous faisons pâle figure devant les Asiatiques et les Scandinaves.

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/etude-mondiale-sur-la-lecture-la-france-est-34e-sur-50-seul-pays-avec-les-pays-bas-a-regresser-en-15-ans_2498933.html

Encore, ceux-ci n’évaluent que les mathématiques, les sciences et la lecture et il est fort à parier que l’on retrouverait la même médiocrité en histoire et en géographie.

C’est un fait, les élèves n’apprennent plus le roman national : il paraît que Jules Michelet et Ernest Lavisse sont de méprisables falsificateurs de l’histoire française.

D’autant plus qu’ils n’ont pas mis en avant les totems et tabous de notre époque contemporaine : la grandeur du multiculturalisme contre les horreurs de l’esclavagisme occidental et de la colonisation prédatrice.

Exeunt donc Charles Martel et sa bataille de Poitiers ; Charlemagne et son neveu Roland, coupables d’avoir refoulé de paisibles et pacifiques envahisseurs, tenants d’une religion de paix, d’amour et de tolérance.

Finie l’épopée des croisades et leurs chevaliers francs, coupables de se battre contre les gentils et débonnaires turcs seldjoukides.

Terminé le temps des cathédrales :  à quoi cela servirait-il d’étudier les architectures romane et gothique dans un pays où l’on construit des mosquées à tour de bras ?

Nos enfants n’étudieront pas non plus Jeanne d’Arc, coupable d’anglophobie et trop liée aux Le Pen ; les guerres d’Italie, symboles d’un Etat français à l’esprit déjà impérialiste et colonial (voire crypto-sioniste). Et tant pis pour Marignan.

Quant à Louis XIV, n’y pensons plus : son règne est définitivement discrédité par sa collusion avec ce salaud de Colbert et son code noir.

Reste donc, en cours élémentaire, un mélange d’instruction civique et de quelques petites historiettes consensuelles à raconter : les premiers « migrants » préhistoriques ; le vivre-ensemble gallo-romain (deux peuples, deux religions pour un métissage osmotique) et possiblement inclusif pour les éditions Hatier (« Grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche»).

Mais aussi quelques figures pré-féministes comme Aliénor d’Aquitaine ou Diane de Poitiers, vite oubliées en CM2, au profit de la « véritable » histoire de France qui débute réellement à la Révolution.

A la place des grandes planches Rossignol ayant fait rêver des millions d’écoliers du siècle dernier, des polycopiés bourrés de fautes, insipides, ternes et ennuyants.

La frise chronologique en CM2 commence donc en 1789 et se termine en 1892, année du centenaire de la République. Avec les dates-totem de 1793 (décapitation de Louis XVI), 1815 (défaite de Waterloo), 1830 et 1848 (encore des révolutions ; le suffrage « universel » et le summum : la fin de l’esclavagisme), 1871 (quasi-révolution de la Commune) et 1881-1882 (lois scolaires de Jules Ferry).

Petit détail trouvé sur le site de l’antique « Maison Rossignol », spécialisée dans les planches pédagogiques, la carte moderne sur « les grandes invasions » (Vème-Xème siècles) ne mentionne nullement les conquêtes mahométanes :

Pour en revenir à la géographie en cours moyen, Élisée Reclus et Paul Vidal de la Blache se retourneraient également dans leurs tombes.

Qu’apprend-on désormais en CM2 ?

Dans la collection Boscher (ce nom rappellera à certains nostalgiques la célèbre méthode ou La Journée des tout petits), le programme est le suivant : « se repérer sur la terre », « les territoires français dans le monde », « les inégalités dans le monde » et la France dans le monde ».

La géographie française, devenue parent pauvre de l’Education nationale, pourrait se résumer à une vision pratique et mondialisée.

Le petit écolier de Haute-Savoie ou de Dordogne ne sait plus où se trouvent l’Alsace, les Vosges, le Bas-Rhin et Strasbourg mais apprendra tout des modes de transports urbains, des nuisances automobiles, des transports collectifs en Guyane, des pays pauvres de l’Afrique subsaharienne et du rayonnement de TV5 dans le monde.

Alors, évidemment, pour mon fils, l’Alsace est une région inconnue, au même titre que le Kivu ou le Somaliland.

Mais il a bien retenu que la voiture, « c’est pas bon pour la planète », et que notre gouvernement bien aimé souhaiterait limiter grandement ces saletés de nuisances automobiles, responsables du réchauffement climatique et, sans doute, de dix nouvelles plaies d’Égypte.

Cinquante ans auparavant, le programme du cours moyen se présentait ainsi aux éditions Rossignol de 1964 : savoir lire une carte, les roches de notre pays, le relief de la France, le climat de France, les cours d’eau français, les ressources économiques (forêts, agriculture, mines, domaine maritime, industries), les transports, le commerce extérieur, les maisons de nos campagne, les villes, la population française, les divisions administratives et (pas rancunier) un cours sur l’Algérie indépendante et l’Afrique Noire.

C’était donc un programme cent fois plus riche que celui d’aujourd’hui, avec un vocabulaire, des illustrations, des exemples variés et passionnants.

En 1964, on parlait de marnes et d’alluvions ; de coteaux, d’anticlinaux et de synclinaux; des vieilles montagnes du Massif Armoricain, des Ardennes et des Vosges ; des montagnes jeunes du Jura, des Pyrénées et des Alpes.

L’écolier du primaire savait où placer les falaises d’Etretat, les îles de l’Atlantique (Ouessant, Belle-Ile, Noirmoutier, Ré…)

Il faisait la différence entre le climat de Brest, de Strasbourg et de Marseille.

Il connaissait les principaux fleuves et affluents.

Il était fier du sol français et de ses richesses, fier de ses agriculteurs, pêcheurs, mineurs, industriels. Il était admiratif des grands barrages électriques, des premières centrales atomiques, des nouvelles autoroutes qui faisaient rentrer le pays dans la modernité et le progrès.

A l’époque, il savait que la France occupait les premières places dans la production d’acier, de fonte, d’aluminium…

Désormais, l’école française n’apprend plus ni l’histoire, ni la géographie aux petits écoliers du primaire.

Le roman national et ses héros ; les paysages, les massifs, les fleuves, les villes, les régions, les sols, l’architecture n’existent plus pour l’Education nationale.

A la place, une sorte de bouillie idéologique, mélange d’écologie pastèque (verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur) et de mondialisme progressiste où l’autre sera forcément aimé, préféré à soi-même. Où il ne peut y avoir de civilisation, de culture, d’âme, d’identité françaises.

Drogué aux jeux vidéo, nourri au Happy Meal, branché sur le web et son smartphone, l’élève ne doit pas s’ennuyer à l’école. C’est le credo de l’enseignement 2.0.

Alors, celui-ci tente de le divertir à la mode du développement durable, à la thématique du genre, aux migrations internationales passées et futures, au bonheur de la mondialisation et de la transhumanité.

Avec mon fils, après la flammekueche, nous avons pris un atlas et j’ai fait la leçon sur l’Alsace, effectuant en cela le travail d’une Education nationale défaillante et dévoyée. Où l’on peut être admis comme « professeure des écoles », dixit l’ONISEP (82% des enseignants du 1er dégré sont en effet des « maîtresses »), avec 4,5/20 (Le Figaro).

J’ai donc parlé à mon fils du Ballon de Guebwiller, du col de la Schlucht, des confins de Lauterbourg et du Sundgau, des marais du Ried, de horst et de graben, du Haut-Kœnigsbourg, de l’abbaye de Sainte-Odile et du Neuf-Brisach de Vauban… (lecteurs nés avant l’expérimentation des nouveaux pédagogues, vous pourrez compléter cette liste non exhaustive avec vos propres images d’Epinal).

Mon fils saura aussi que l’Alsace devint française en 1648, que les ghettos alsaciens furent ouverts par la Révolution française, que la Marseillaise fut chantée par l’Armée du Rhin à Strasbourg, merveilleuse cité tantôt française, tantôt prussienne, unie une fois à la République, une autre fois au troisième Reich, libérée par la 2ième DB du général Leclerc, celui-ci accomplissant son serment de Koufra… (lecteurs nés avant l’expérimentation des nouveaux pédagogues, vous pourrez compléter également cette liste non exhaustive avec vos propres images d’Epinal).

Il y a moins de quarante ans, certains enfants, dont j’étais, rêvaient à Noël des encyclopédies « Tout l’Univers », « Le Grand livre de tout » (Géographie Universelle Illustrée, des plantes… aux éditions des deux coqs d’or) et du « Nouvel Atlas Bordas ».

Une autre époque.

Mais je sais ce qu’il me reste à faire pour le Noël des miens.

Revue « Tout l’Univers » 1961

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36 thoughts on “Papa, c’est où l’Alsace ? Pourquoi les petits Français sont-ils 34ème au classement PIRLS ?

  1. .templier.templier

     
    > > LES TAXES EN FRANCE
     
     1 Impôt sur le revenu (IR) 
    2 Impôt de solidarité sur la fortune (ISF)
    3 Impôt sur les sociétés (IS)
    4 Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB)
    5 Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB)
    6 Taxe d’habitation (TH)
    7 Cotisation foncière des entreprises (CFE)

    1. pier

      tient cette année je découvre la Taxe sur les logements inoccupés (au 1° janv.17 ) 12,5% la première année et 25 % pour la 2°
      % de la valeur locative

      1. pier

        l ‘année prochaine ce sera la TAXE GEMAPI ( cela fait déjà 2 ans que la colonne existe sur l ‘avis des fonciers

  2. Xtemps

    Et oui, il faut tout reprendre les cours données à l’école, de la maternel en passant par les autre branches d’enseignement à cause de tous ces escrocs imposteurs qui manipulent l’histoire de France pour rendre analphabètes le peuple de France.
    Les mêmes techniques sont utilisés partout en Europe et dans le monde.
    La même chose a été fait avec les peuples Berbères pour leurs cultures et traditions, la même chose au Venezuela, tout en pillant leurs richesses et matières premières par l’empire et fort probablement encore une partie des peuples du monde.
    Cet empire impose de force en mettant les gens sur le fait accompli, avec l’ethnocide multiculturel cosmopolite et le métissage raciste pour tout détruire, cultures, traditions et races des peuples.
    Car ils savent très bien que les cultures, traditions et les races sont les points forts des peuples du monde, qu’ils peuvent revendiquer leurs droits, comme ils savant ce que représente très bien la véritable démocratie, quand les peuples le savent et sont conscients de leurs pouvoirs, c’est encore pire pour l’empire.
    Le réveille des peuples du monde, cela s’empire pour la dictature mondiale et ne s’arrange pas pour lui, c’est la fin pour cette dictature mondiale.

  3. Claire

    Ou comment la Déséducation nationale a réussi, en quarante ans, à décérébrer deux générations, pour faire adopter à toutes zé tous la doxa du vivre-ensemble et du métissage obligatoire, sur fond de repentance tous azimuts.

    1. Duglan

      En voila une bien décérébrée, Ségolène la reine des glaces
      « Je suis une ouineuse »
      L’ambassadrice auprès des pingouins vient de nous gratifier d’une sortie dont elle est la seule capable.

      « Pour l’instant je ne suis pas au parti socialiste, je ne serai pas au congrès. Mon parti c’est la planète, je suis sur une autre planète ».

      En effet la planète des cons.

  4. Karl der Hammer

    Cher Frontalier74,
    Votre brève évocation de l’Alsace appelle quelques commentaires de la part de l’alsacien que je suis:
    « l’Alsace devint française en 1648 »
    Cela est inexact. Le traité de Münster en Wesphalie a simplement reconnu la « suzeraineté » du roi de France sur les possessions des Habsburg en Alsace (surtout le sud: le « Sundgau » pour faire court). Il n’est pas question pour le moment de changement de nationalité pour les Alsaciens, qui sont naturellement allemands, l’Alsace de langue et de culture allemandes, faisant partie alors de l’Allemagne (le Saint Empire Romain Germanique)
    Le changement de nationalité n’intervient qu’en 1697 (Paix de Rijswick), quand le Reich affaibli, renonce, suite aux victoires de Louis XIV, à l’Alsace et l’abandonne au royaume de France.
    « Strasbourg, merveilleuse cité tantôt française, tantôt prussienne »
    Strasbourg était d’abord et avant tout une ville allemande, une des villes les plus peuplées d’Allemagne avec Cologne. Au moyen-âge, on parlait allemand à Strasbourg, alors que Berlin n’était encore qu’un marécage dans un pays peuplé par des populations slaves. A son apogée, Strasbourg fut une « freie Reichstadt » / une ville libre d’empire, c’est à dire, directement sous la protection de l’empereur allemand (qui était élu). Ce n’est qu’en 1681 que Louis XIV obligea Strasbourg à capituler (ses 30 000 habitants assiégés par une armée de 30 000 hommes!) Plusieurs lettres d’appel au secours adressées à l’empereur d’Allemagne (conservées à Wien/Vienne) restèrent
    sans suite, l’empereur étant occupé à défendre Vienne assiégée par les Turcs. Les bégayements de l’histoire…

    1. Jean-Louis

      La chronologie de Karl der Hammer est exacte.
      Si les petits français apprenaient que l’Alsace devint française VERS 1680, ce serait déjà pas mal.
      Donc bravo à Frontalier 74 d’avoir abordé le sujet avec son fils.

      Un petit bémol, toutefois pour Karl der Hammer qui dit que les Alsaciens sont naturellement allemands et de langue et de culture allemande.
      C’est une erreur. Ils sont de langue et de culture germaniques, l’Allemagne étant une création assez récente.
      Il est bon de rappeler que l’Alsace était une province germanique pendant environ 800 ans, puis devenue française depuis moins de 400 ans.

      Salü bisàmme

      1. Karl der Hammer

        Bonjour Jean-Louis,

        Sans vouloir raviver de vieilles querelles qui n’ont plus lieu d’être, permettez après votre petit bémol, un petit bécarre de ma part…
        « les Alsaciens sont naturellement allemands et de langue et de culture allemande »
        Il faudrait rappeler l’influence prépondérante de l’Alsace et sa langue allemande, pardon « germanique », dans la création de la langue allemande moderne, le « Hochdeutsch ». Evoquons simplement le fait que le premier livre en langue allemande (germanique) a été imprimé en Alsace, ainsi que le premier journal dans cette même langue. Il y a plus de proximité linguistique entre les dialectes alsaciens et l’allemand « standard », qu’entre les dialectes d’Allemagne du nord et l’allemand officiel. Il faudrait évoquer le Strasbourgeois Sébastian Brant, avec son best-seller das Narrenschif (la Nef des Fous), plus près de nous, quel professeur d’allemand fait découvrir à ses élèves français les écrits en allemand de leurs compatriotes germanophones Albert Schweitzer ou André Weckmann?
        Tout dépend du sens que l’on donne à Allemagne/ allemand. Il ne s’agit dans mon propos, ni de la République Fédérale, ni du Reich de Bismarck, mais du Saint Empire Romain Germanique / Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation, dont sont issus l’Allemagne moderne ainsi que l’Autriche.
        La politique millénaire de la France a été l’expansion vers l’est, notamment la conquête de la rive gauche du Rhin sans tenir compte de la nationalité de ses habitants. Ne peut-on pas dire que les habitants de la Sarre, ou de la Rhénanie sont naturellement allemands, alors que eux aussi auraient pu devenir « français » comme les Alsaciens?
        Enfin, la notion de « France » est elle-même fluctuante: pour certains la Gaule de Vercingétorix, c’est déjà la France. Mais qui se souvient de la bataille entre César et le suève Arioviste quelque part dans le Haut-Rhin? D’autres encore la font remonter à Chlodwig Ier (Clovis) – Quelle langue parlait-il au fait? Mais plus simplement la France et l’Allemagne ne sont-elles pas sœurs jumelles issues du partage de l’Empire de Karl der Grosse (Charlemagne) et qui se déchireront pendant plus d’un millénaire l’héritage de Lothaire?
        Allez, nix fir Ungüet (n’y voyez pas de mal).
        Salü bisamme!

    2. Frontalier74

      N’étant pas alsacien de naissance, je ne vous contredirai pas sur son histoire. Cependant, j’y ai vécu.

      Mais êtes-vous d’accord pour dire que Strasbourg est une merveilleuse cité ?

      1. Jean-Louis

        Oui, Strasbourg est une belle cité. Mais les dernières municipalités sont en train de mettre à mal cette vision car même près du centre ville, on ne construit plus que des gros et insipides cubes de béton.
        Sans parler des cités périphériques, où la racaille et les muzz pullulent..

  5. durandurand

    Merci Frontalier74 , de nous rappelés tous ces souvenirs d’antan , ou il fallait apprendre les départements , les chefs lieux de canton , préfectures et sous-préfectures .et notre belle Histoire de France , les Wisigoths , Ostrogoths, Goths, Vandales, Germains, On est passé du 1er roi des Francs ,Clovis , famille des Mérovingiens , à Charlemagne avec la famille des Carolingiens puis à Hugues Capet avec la famille des Capétiens. Qui est qui ? Qui a régné avant qui ? après qui ? Quelle famille a régné etc…
    Aujourd’hui l’inéducation anale en font des ânes , des incultes , nivelé le niveau par le bas .
    Il y a de nombreuses choses à remettre dans l’ordre et il y a du boulot en perspective pour rétablir les fondamentaux que nous avons appris .

  6. Laurence_Antigone

    cette année, j’ai de nouveaux des sixièmes, dans une de nos belles provinces. Je suis allée au CDI, prendre le manuel des sixièmes, pensant comme il y a trois ans m’appuyer dessus. Même nom, même éditeur, mais plus même contenu. L’édition 2016 est vide et comporte des erreurs, quand ce n’est pas le langage pédadingo. Moyennant quoi je ne m’en sers pas. Ou à peine.

    Ce soir, conseil de classe. Le parent correspondant s’inquiète de la baisse des notes en français. J’explique que la remplaçante que je suis a décidé ( quelle idée! ) d’évaluer les élèves sur l’orthographe, le vocabulaire et la syntaxe. Leur façon de s’exprimer à l’écrit. Mais c’est trop compliqué et puis le livre qui a été donné à lire ( par la titulaire ) a été très difficile à lire. Il a fallu qu’elle le lise avec sa fille, pour que celle-ci comprenne tous les mots. Il a fallu ouvrir le dictionnaire!
    Là, je dois avouer que j’en suis restée comme deux ronds de flan. LA version sixième, hyper simplifiée de l’Odyssée n’a rien de compliqué. Certes on y trouve du passé-simple et des termes comme vaisseaux pour bateaux, mais tout de même.
    J’ai dû me retenir car la direction était présente, pour ne pas répondre que la prochaine fois, je proposerais Mireille l’abeille ou Tchoupi. Au moins ils parviendront à écrire trois phrases sans fautes!
    Le niveau était déjà bas, mais en quatre ans il a chuté dans les abysses.
    Sortez vos enfants du système et si vous ne pouvez pas, il vous faudra rattraper le retard le soir et le week-end.
    Une prof.

    1. pikachu

      @Laurence_Antigone

      Tchoupi, c’est encore une référence valable.
      Maintenant Laurence_Antigone, les dessins animés sont muets. Je ne m’en étais pas rendu compte de prime abord : je dois confesser cette faute, j’ai regardé des dessins animés sur Gulli.
      Bref, il m’a fallu du temps pour prendre conscience que le dessin animé en question était sans parole : Zig et Sharko. Ce n’est d’ailleurs pas le seul, je crois qu’il y a un dessin animé sur des cafards de l’espace qui est lui aussi sans parole. Pourquoi ? On peut se demander si ce n’est pas justement pour ne pas rebuter des jeunes téléspectateurs qui auraient un vocabulaire extrêmement pauvre et donc, plutôt que de faire des dessins animés basés sur un lexique de 30 mots, autant les faire carrément muets. L’indigence lexicale inévitable pour un dessin animé qui se voudrait « inclusif » (ouvert aux français de toutes origines) sera ainsi camouflée par le choix délibéré de le rendre muet.
      On en est là.

    2. Marie

      Je ne peux que confirmer vos propos quant à la baisse de niveau en 4 ans ayant des enfants en collège et lycée, j’ai été très étonnée de voir que le petit dernier à son entrée en 6e n’avait que 4 livres (ses frères en avaient eu le double), cette année au prétexte d’alléger les cartables les livres restent au collège, nous avons donc une vision très réduite de ce qu’ils font. Et nous voici avec une nouvelle lubie « l’opération devoirs faits », on va bientôt nous rendre les enfants nourris et douchés prêts à mettre sous la couette si ça continue…. Évidemment ce sont des contrats précaires qui vont s’occuper de l’aide aux devoirs, des services civiques, mais en ont ils les capacités? Voilà comment on empêche les parents de prendre part à l’instruction de leurs enfants.

      1. Frontalier74

        Je connais des enfants de 9-10 ans qui ne lisent jamais : pas un livre, pas une revue, pas un journal. Rien.

        En revanche, ils se jettent sur leurs tablettes/consoles et jouent 3; 4h par jour voire plus Ils possèdent une TV dans leur chambre et se couchent à 1h du matin.

        Pas étonnant que le niveau baisse…

      2. Victoire de Tourtour

         » Arracher les enfants aux déterminismes familiaux « , ou le catéchisme selon Peillon, Taubira et consorts.Sauf pour leurs rejetons, comme de bien entendu.

  7. Durandal

    Cher « frontalier74 »,
    Votre billet a visiblement froissé « notre ami Karl ». Billet trop français sans doute…
    Cela permet de mesurer le chemin parcouru entre une Alsace profondément et charnellement française et la mentalité imposée aujourd’hui, avec ses relents de partitions, de divisions, de rejet, chacun se cherchant une nationalité de remplacement dans une France mortifiée et moribonde (ce qui reste à voir).
    Laissons « Karl » à sa fascination allemande. Je garde au coeur la belle Alsace aimée et française.

    1. Karl der Hammer

      Cher Durandal,
      quelques commentaires en retour:

      « Laissons « Karl » à sa fascination allemande »
      Il n’y a aucune « fascination allemande » dans mon propos, il s’agit simplement de faits historiques et objectifs.
      Il s’agit pour les Alsaciens du 21ème siècle de rester fidèles à leurs racines, d’oser affirmer leur identité, et de ne pas laisser leur histoire réécrite par ceux qui les ont envahis et conquis, une exigence que, me semble-t-il, vous pouvez tout à fait comprendre.

    2. Frontalier74

      Très français oui, mais pas obtus : j’ai lu avec intérêt les références historiques de Karl.

      Il faudrait aussi avoir l’avis d’un Cerf Berr contemporain pour connaître sa vision de l’Alsace.

      Enfin, il est intéressant de sonder l’opinion turque-alsacienne et là, je renvoie les lecteurs au fameux meeting d’Erdogan de 2015, relaté par Philippe Legrand de Riposte Laïque :

      https://ripostelaique.com/strasbourg-erdogan-somme-aux-musulmans-dimposer-lislam-a-la-france.html

      Et de poser la question : quel néo-alsacien pourrait-il aimer le plus son pays d’adoption ? (et c’est valable pour les néo-bretons, les néo-provençaux, les néo-corses, les néo-parisiens, les néo-antillais…)

    3. Jean-Louis

      Cher Durandal,
      Il est vrai que la prose de Karl peut être mal interprétée. Mais n’oubliez pas : les Alsaciens ont, de par la situation géographique et l’histoire de leur terre natale, eu l’opportunité de s’approprier ce qu’il y avait de mieux dans la société française ainsi que dans l’allemande. Et là, sur nombre de points, l’allemande a une bonne longueur d’avance.
      Un exemple par une vieille blague connue en Alsace.

      Un Alsacien décède. Il arrive au purgatoire où saint Pierre lui dit : Tu n’as pas eu une vie exemplaire, aussi le Grand tribunal t’a condamné à aller brûler en enfer.
      Toutefois, en tant qu’alsacien, tu as le choix entre l’enfer français et l’enfer allemand.
      Et l’Alsacien de répondre : « Surtout pas l’enfer allemand, où tout est cadré et où ce serait littéralement infernal, tandis que dans l’enfer français, ce serait plus supportable car des fois il n’y plus de charbon, des fois la chaudière est en panne, sans compter les chauffagistes qui sont régulièrement en grève.

      Ça résume pas mal de choses que les « Français de l’Intérieur » (expression alsacienne pour nommer les français d’outre-Vosges) ne peuvent pas connaître.

  8. Machinchose

    Cher Frontalier, j’ ai toujours dans ma bibliothèque le « Mémento de poche a l’ usage des candidats au certificat d’ étude primaires » qui appartint a un de mes oncles maternels
    tout comme son diplome du certificat en question avec celui de ma mère, sous verre et cadre, bien sûr…écrit en une magnifique calligraphie

    voilà la bête, qui a du etre publiée chez larousse au début des années 1900

    il a fait le bonheur de mon enfance dés que j’ ai su lire….avec les nombreuses cartes de géographie ( en couleurs !!) grace auxquelles j’ ai tellement voyagé a 8 ans et demi…

    ces écoliers apprenaient ce qui est aujourd’ hui rangé dans la boite aux souvenirs!! il y avait entre autres des leçons de solfège, la clé de sol et celle de fa ouvraient celles des champs!! les garçons et fille devaient savoir coudre! repriser, broder grain de riz et point de croix !!!
    les massifs cristallins on savait dans ce temps ou ils étaient! les Puy comme les Ballons ou les Alpes
    et ce qui m’ émerveille toujours, ils savaient calculer le volume d’ un cône tronqué!!
    Fabuleux!

    et a présent ?? je doute trés fort d’ entendre un de nos écoliers de CM2 m’ expliquer la Guerre de 30 ans, , ou encore de Massif Hercynien….la géologie y était abordée et grace a ce petit bouquin je sais toujours le Granit rose de Trébeurden 😆

    ce petit bijou sur la page de garde duquel figurent les prénoms et noms de ma mère, a l’ encre trés défraichie, se trouve en vente sur le net aux environs d’ une douzaine d’ euros
    et c’est truffé de mots « magiques » …Col de la schlucht….silex blonds,… Ligues..mines de Lorraine….charbons de Saint etienne…four Bessemer…conchyliculture…..sables de Fontainebleau …..Permien…nappes phréatiques….

    vous comprenez pourquoi j’ éprouve un immense respect pour ces enfants qui furent instruits par nos « hussards de la République » et qui a l’ obtention de ce diplome, aujourd’ hui tourné en ridicule….par ces crétins somptueux qui auront leur « BAC » sans rien savoir de notre pays mais qui connaissent la production mondiale de pétrole, ou les problèmes politiques et économiques de nations en voie de décomposition a force d’ avoir voulu les développer…et dont, a mon sens, on n’ a absolument rien a cirer…

    http://loulouetgaga.canalblog.com/archives/2017/01/15/34805301.html

    1. Frontalier74

      Cet été, Valeurs Actuelles proposait des exercices pour « repasser » le certificat d’études primaires. Et bien, c’était plutôt ardu..

      En géographie, à l’université il y a vingt ans, on étudiait encore la cartographie, la climatologie, la géomorphologie, la géologie…

      Quand on regarde les programmes actuels, c’est beaucoup de développement durable, de dette écologique, de « gouvernance », « d’intelligence territoriale »; une pincée de sociologie (le « genre »), un zeste de statistiques et de SIG.

      Au bout du compte, l’étudiant ne sait même plus ce qu’est une cuesta, un graben, du tuf, du gneiss…
      Il ne connaît pas la France et ses paysages, ni même le territoire où il vit. Comment pourrait-il l’aimer ?

      Je fais peut-être des généralités sur le niveau des élèves et des enseignants. Mais le constat est là : le niveau baisse.

      Je serais tenté de dire que ce n’est pas de leur faute car il faudrait une impulsion au niveau de l’État et des élites.

      Mais que pouvait-on attendre de Peillon ou de Vallaud-Belkacem ?

  9. Christian Jour

    A la télé dans n’importe quel journal ou dans un reportage ou on interroge les gens, dans la rue ou à la maternité ou dans tous les domaines d’ailleurs, ils ne trouvent que des personnes de couleurs, (noire ou arabe) à interroger, pas de Français de souche bien blanc. Comment voulez vous que nos enfants s’identifient à quelques chose.

  10. palimola

    L’éducation nationale est devenue un outil au service de ceux qui décident a notre place , elle sert désormais a fabriquer des bourrins incultes « bien pensants » et dociles qui rempliront demain les zones commerciales et voteront ce qu’on leur dit de voter sinon c’est pas bien !

    Ci dessous les mots prononcés par la principale du collège que fréquentait mon fils .

    « Vos enfants ne viennent pas ici pour apprendre mais pour que nous en fassions des citoyens .

  11. frejusien

    La démagogie, Gog et Magog,
    Quatre années de toumou et belcassine,
    Le pouvoir gauchiotte veut à tout prix faire régresser la France et les petits français au rang des pays en voie de développement, le but est largement atteint.
    L’enseignement doit être à la portée des nouveaux arrivants, et tant pis pour les autres

  12. Verdammt

    Moi gamin en d’autres temps il a longtemps.
    Des l’école préparatoire nous apprenions à lire et écrire.
    A la plume « Sergent major ». Nous apprenions la calligraphie et
    à bien écrire en Français. En CM2 notre instituteur nous faisait sortir
    notre gros cahier de brouillon en papier gris. Une dictée pas facile pas jours.
    Mais merci avec ces instituteurs qui nous apprenaient la langue Française.
    En ces temps, nos maîtres nous préparaient l’encre violette pour nous
    la verser dans nos encriers en porcelaine. On avait pas ces imbécillités de portables en ces temps. Le monde est parti en vrille.

    1. AntiislamAntiislam

      Bonjour,

      Nous avions deux sortes de plume : la « Sergent major » et la « Script ».

      Et puis il y avait l’odeur de la copieuse à alcool …

      Et la revue « Amis-Coop » …

      Et on nous passait le film « Au grand balcon » à la Coop …

      Souvenirs, souvenirs …

  13. Verdammt

    J’oubliais:
    Grace à mes professeurs et instituteurs qui nous ont aidé, moi et mes camarades nous avions eu de bonnes professions et une bonne vie.
    Mais que fait t’on pour nos jeunes ?

  14. Verdammt

    Ha j’ai un bouquin de mathématiques des Jésuites où à étudié mon père.
    C’est pas mal. Enfin si ça vous intéresse

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