Rendez à César ce qui est à César : pourquoi Macron ne doit pas faire le signe de croix à l’église


Rendez à César ce qui est à César : pourquoi Macron ne doit pas faire le signe de croix à l’église

De la laïcité

Les faits et gestes de M. Macron dans l’église de La Madeleine lors des obsèques de M. Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, ont donné notamment à Mme Amélie Poulain l’occasion de nous offrir une longue et profonde réflexion. J’ai cru pouvoir l’approuver et la compléter par quelques mots sur la laïcité que l’on nous ressert tant et plus, alors que la liberté, première « valeur » de notre République, est de plus en plus menacée par un totalitarisme rampant.

Et voilà que me rendant la politesse, cette dame me remercie pour l’éclairage historique ainsi apporté à la loi de 1905, ce qui me détermine à compléter mes quelques lignes par un exposé plus long de ce que j’ai réuni jusqu’ici sur la « laïcité »… que la loi de 1905 ne nomme même pas !

1 – La loi de 1905 ne nomme même pas la laïcité (Extraits en Annexe)

Grâce à Gallica, site de la BNF, j’ai sur mon disque dur, en .pdf, tout le Journal officiel du 11 décembre 1905, dont les cinq premières pages sont consacrées à a publication de la fameuse loi du 9, « concernant la séparation des Eglises et de l’Etat ». J’y ai cherché en vain les mots laïc, laïque ou laïcité, et même le mot « religion » ; elle ne parle que de « culte ».

Tout au plus affirme-t-elle d’emblée « La République assure la liberté de conscience. », en retrait apparemment sur l’article X de la Déclaration des droits… de 1789, à laquelle se réfère encore le Préambule de la Constitution de 1958 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. ».

Tout le discours actuel sur cette loi « base de la laïcité de la République » n’est donc que mensonge au départ, puis répétition sans savoir par des incompétents. L’introducteur du mot « laïque » dans notre droit est Jules Ferry, en 1882, et il a fallu attendre la Constitution de 1946 pour que son article 1er déclare, « La France est une République […] laïque, etc. »

2 – Jules Ferry : les valeurs de la France viennent de Dieu

Ce titre choquera sans doute plus d’un lecteur, car Jules Ferry est surtout connu comme promoteur de l’« école laïque » et, de fait, semble-t-il, introducteur du mot « laïque » dans notre droit (voir plus bas). Pourtant, un rappel du contexte va nous expliquer ce paradoxe.

On sait qu’après la défaite de 1871, l’avènement de la IIIème République fut laborieux, au point qu’il n’y eut pas de « Constitution », mais trois « lois constitutionnelles » votées en 1875 et que le mot « République » y entra de justesse par le fameux « amendement Wallon » qui débutait ainsi « Le président de la République est élu à la majorité absolue… ».

Et si ces lois n’avaient ni préambule ni déclaration des droits, l’une des préoccupations des « Républicains » qui l’avaient ainsi emporté était de laïciser l’école publique. Ce fut l’objet de la fameuse loi « Ferry » du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire ; elle mit fin aux droits d’inspection et de présentation des instituteurs que la loi « Falloux » de 1850 avait maintenus aux curés, pasteurs ou délégués du consistoire israélite (art. 18, 43 et 44) et, comme première matière de l’enseignement primaire, remplaça « L’instruction morale et religieuse » de cette loi (art. 23) par « L’instruction morale et civique ».

Peu après, par Arrêté du 27 juillet, Jules Ferry en fixa notamment le programme. D’abord, dans le corps de l’arrêté, il sépara matériellement l’instruction morale, objet d’au moins une leçon quotidienne, de l’instruction civique, rattachée à l’enseignement de l’histoire et de la géographie, d’environ une heure de leçon tous les jours. Et surtout, les « programmes annexés » furent partagée en trois parties, Éducation physique (1,3 page de Journal officiel), Éducation intellectuelle (4,7 p.) et Éducation morale (2,4 p.).

Ces pages, articulées en trois titres, Objet, Méthode et Programme, sont d’une grande hauteur de vues et me paraissent mériter quelques larges citations.

Objet – Le premier alinéa donne le ton : « L’éducation morale se distingue profondément par son but et par ses caractères essentiels des deux autres parties du programme. » (Éduca­tion physique et Éducation morale).

Le sous-titre Rôle de l’instituteur dans cet enseignement est particulièrement riche :

« L’instituteur est, chargé de cette partie de l’éducation […] comme représentant de la société : la société laïque et démocratique a en effet l’intérêt le plus direct à ce que tous ses membres soient initiés de bonne heure et par des leçons ineffaçables au sentiment de leur di­gnité et à un sentiment non moins profond de leur devoir et de leur responsabilité personnelle.

« Pour atteindre ce but, l’instituteur n’a pas à enseigner de toutes pièces une morale théorique suivie d’une morale pratique comme s’il s’adressait à des enfants dépourvus de toute notion préalable du bien et du mal : l’immense majorité lui arrive au contraire ayant déjà reçu ou recevant un enseignement religieux qui les familiarise avec l’idée d’un Dieu auteur de l’univers et père des hommes, avec les traditions, les croyances, les pratiques d’un culte chrétien ou israélite ; au moyen de ce culte et sous les formes qui lui sont particulières, ils ont déjà reçu les notions fondamentales de la morale éternelle et universelle, mais ces notions sont encore chez eux à l’état de germe naissant et fragile, […]

La mission de l’instituteur « consiste à fortifier, à enraciner dans l’âme de des élèves, pour toute leur vie, […] ces notions essentielles de moralité humaine, communes à toutes les doctrines et nécessaires à tous les hommes civilisés. […] »

Méthode – « […] On demande à l’instituteur non pas d’orner la mémoire de l’enfant, mais de toucher son cœur, de lui faire ressentir, par une expérience directe, la majesté de la loi morale; […] »

« Caractères de la méthode en ce qui concerne le maître.

« Deux choses sont expressément recommandées aux maîtres. D’une part, pour que l’élève se pénètre de ce respect de la loi morale qui est à lui seul toute une éducation, il faut, premièrement, [… qu’] il soit lui-même le plus persuasif des exemples. […]

« D’autre part, […] le maître devra éviter comme une mauvaise action tout ce qui dans son langage ou dans son attitude blesserait les croyances religieuses des enfants confiés à ses soins, […] »

Programme – « Cours élémentaire – De 7 à 9 ans […]

5° Par l’enseignement à tirer des faits observés par les enfants eux-mêmes […] les élever, par exemple, au sentiment d’admiration pour l’ordre universel et au sentiment religieux en leur faisant contempler quelques grandes scènes de la nature ; au sentiment de la charité, en leur signalant une misère à soulager […] »

« Cours moyen – De 9 à 11 ans […] [une image vaut mieux qu’un long discours !]

Quinze mois plus tard paraissait une Circulaire du 17 novembre 1883 de « Jules Ferry, Président du conseil et ministre de l’instruction publique et des beaux-arts » (Journal officiel du 19 novembre, pp. 5986-5991). Ouverte par un « Monsieur l’instituteur » et achevée par un « Recevez, monsieur l’instituteur,… », elle évoquait pourtant « quatre-vingt mille instituteurs et institutrices » et mentionnait plus loin « chaque instituteur, … chaque institutrice ».

Alors que débutait la seconde année scolaire d’application de la loi de 1882, Jules Ferry écrivait donc individuellement à chaque instituteur et institutrice pour commenter en quelque sorte l’esprit de la réforme et insister sur le rôle éminent des instituteurs.

En fait, la circulaire proprement dite couvrait un peu moins de deux pages du Journal officiel, et était suivie sur près de trois pages d’extraits de l’arrêté du 27 juillet 1882 et des programmes annexés ; les Devoirs envers Dieu n’y avaient pas été oubliés.

Est affirmée l’intention première du législateur de 1882 qui « a eu pour premier objet de séparer l’école de l’église, … » et aussi « de fonder chez nous une éducation nationale […] sur ces notions du devoir et du droit que le législateur n’hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer. » D’où le rôle primordial de l’instituteur, qui « en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage ou du calcul. »

Dans ces règles « rien de nouveau, rien qui ne […] soit familier comme à tous les honnêtes gens. » C’est la « bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères […,] c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. »

Mon commentaire – Avec « la société laïque et démocratique », le « programme annexé » à l’arrêté ministériel de 1882 contient à ma connaissance la première mention du mot « laïque » dans un texte officiel de la République. Et à défaut de définition légale, il signifie alors, selon le Dictionnaire de l’Académie, 7ème éd. 1878, « Qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Une personne laïque. Un officier laïque. » Définition totalement négative, « ni… ni… », qui coupe la société de toute référence supérieure.

Mais comme la nature a horreur du vide, la suite fait le constat sociologique de l’adhésion majoritaire à des religions qui reconnaissent un Dieu père… et fondent la fraternité. Ainsi est affichée la foi en une « morale éternelle et universelle » dont les lois viennent d’un être suprême « Cause première », donc créateur, que l’on n’hésite pas à nommer « Dieu », et qui met cette morale dans le cœur de tous les hommes.

La circulaire de 1883 insiste sur l’antiquité et l’universalité de la morale enseignée.

3 – Nommer Dieu est compatible avec la République, même « laïque »

La Constitution de 1958 a repris en son début la phrase de l’art. 1er de celle de 1946 (§ 2 ci-dessus), « La France est une République […] laïque, etc. » (art. 1er). Faute de définition légale, « laïque » signifiait à ces deux dates, selon la 8ème édition du Dictionnaire de l’Académie (1935) : « Qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Une personne laïque. Par extension, Il est de condition laïque. Habit laïque. Substantivement, Un laïque. Les ecclésiastiques et les laïques. Il signifie aussi Qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse. Enseignement laïque. École laïque. Par extension, L’État laïque. Les lois laïques. Cérémonie laïque. »

Or être « étranger à toute confession ou doctrine religieuse » n’est pas du tout synonyme de « athée », défini de même comme « Celui qui nie l’existence de Dieu. » (1935). Jules Ferry n’était pas athée !

En conséquence, philosophiquement et juridiquement, nommer Dieu ne met donc nullement en cause la « laïcité », qui affranchit seulement la vie publique de la mainmise du religieux.

4 – La France peut et doit se reconnaitre principalement chrétienne

Après Ferry on a voulu rayer Dieu de la société ; depuis deux ans, le mot « saint » a été enlevé des éphémérides de la télévision (cf. https://ripostelaique.com/meteo-france-3-a-fait-disparaitre-les-saints-de-notre-calendrier.html) ; on pourchasse les crèches installées dans des mairies, on plaide pour faire retirer d’une place publique d’un village breton une statue de St Jean-Paul II, comme contraire à la Constitution et à la loi de 1905, etc. Voir par exemple l’article du Figaro du 28 mars 2014, « Laïcité : va-t-on supprimer tous les signes chrétiens du paysage public ? »

http://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2014/03/28/31005-20140328ARTFIG00401-laicite-va-t-on-supprimer-tous-les-signes-chretiens-du-paysage-public.php

 Rappelons-nous aussi la une de Charlie Hebdo, peu avant Noël 1975 : souiller les crèches ou incendier les banques était bien anodin, face à l’appel au meurtre des handicapés, des militaires, des prêtres et des policiers !

Et pourtant, les prétendus laïques usent sans cesse du langage religieux : tandis que la profanation des sanctuaires de Notre-Dame de Paris, la Madeleine, Ste Odile, etc. suscite bien peu de réprobations, on veut « sanctuariser » l’école, ou tel ou tel budget ; on croit tenir de l’« onction » du suffrage universel un pouvoir surnaturel ; au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro du dimanche 18 janvier 2015, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale déclarait : « il y a une religion suprême pour chacun d’entre nous : c’est la religion de la République ». Et Vincent Peillon, pas encore ministre de l’éducation nationale, publiait en 2010 « Une nouvelle religion pour la République – La foi laïque de Ferdinand Buisson » ; etc.

Cela n’est pas seulement risible, car ceux qui vivent en dehors de toute religion, de toute croyance, sont comme les êtres à deux dimensions qui n’imaginent même pas la possibilité d’une troisième. Ils sont donc incapables de comprendre les croyants qui, comme Antigone et autres, mettent les lois de Dieu au-dessus de celles des hommes, et notamment les musulmans qui croient entendre les appels au djihad, fondés sur une foi largement partagée autour d’eux et assortis de la promesse du Paradis d’Allah. Or il est peu vraisemblable que ces gens qui ont trouvé la réponse à leurs interrogations dans une religion mortifère puissent y renoncer si la République n’a qu’une négation de Dieu et de l’âme à leur proposer. L’échec du centre de « déradicalisation » en témoigne.

Un fait nouveau, cependant : le 27 juillet dernier, rendant hommage au Père Jacques Hamel, égorgé un an avant dans son église par deux de ces musulmans, le Président de notre République M. Macron a déclaré, en pesant ses mots : « Au cœur de nos lois et de nos codes, il est une part qui ne se négocie pas. Une part, j’ose le mot, sacrée. Cette part c’est la vie d’autrui. Mais c’est aussi tout ce qui nous rend humain. En profanant sa personne, son église et donc sa foi, ses assassins ont attenté à ce lien qui lie les Français. »

Or selon le Dictionnaire de l’Académie, le premier sens de « sacré », c’est « Qui concerne la religion, qui a pour objet le culte de Dieu », et « profaner », c’est « Porter atteinte au caractère sacré d’une chose, d’un lieu …»

Nous sommes en effet dans une France chrétienne depuis le baptême de Clovis à Reims, France dont le “hasard” (?) a voulu que l’armistice victorieux de 1918 fût signé le 11 novembre en la fête de St Martin, l’un de ses “saints patrons” ; et celui de 1945, à Reims le 7 mai, puis près de Berlin le 8 mai, fête de Ste Jeanne d’Arc, autre sainte patronne ; et que Paris fût libéré le 25 aout 1944, fête de St Louis, autre saint patron. Et si nous parcourons notre pays, quatorze de nos communes sur cent portent un nom de saint. Même le Paris Saint-Germain affiche le nom d’un saint évêque de Paris du VIème siècle (et le lis des rois de France) !

Puisque pour M. Macron, la « personne [d’un prêtre catholique], son église et donc sa foi » participent du « lien qui lie les Français », on n’est pas loin de voir la République qu’il préside affirmer sa foi et ses racines chrétiennes.

Impossible ? Rappelons-nous l’affiche de campagne de François Mitterrand, devant la petite église de Sermages dans la Nièvre, même si les plus laïques du P. S. obtinrent qu’on gommât sa pointe surmontée d’une croix de fer et du coq gaulois.

Ou encore sa vision de l’Europe, témoin d’une culture qui honorait sa fonction et la France : « si vous voulez connaître les frontières de l’Europe, regardez la carte des monastères cisterciens ; elle s’étend du Portugal à la Hongrie et à la Lituanie d’aujourd’hui. » (cité par Jean Boissonnat, La révolution de 1999: l’Europe avec l’euro, 1997). Et ses obsèques furent catholiques, à Notre-Dame de Paris.

Au demeurant, d’importants états dont la démocratie n’a guère à envier à la nôtre affichent leur foi dans leur devise. À commencer par l’Angleterre, « Dieu et mon droit », en français, depuis le début du XVe siècle. Et ne parlons pas des États-Unis d’Amérique avec « In God we trust », nous croyons en Dieu ; cette devise est apparue pour la première fois en 1864 sur la pièce en bronze de 2 cents, au lendemain de la guerre de Sécession qui n’avait pas été un petit traumatisme pour la nation. Elle a finalement été officiellement déclarée devise des États-Unis par une loi adoptée par le Congrès et approuvée par le Président Eisenhower le 30 juillet 1956 ; le premier billet d’un dollar qui l’ait portée fut mis en service le 1er octobre 1957.

Certes, de tels exemples ne suffiront pas à changer la méfiance officielle envers le religieux, fruit des politiques qui ont tellement encouragé tous ceux qui dénigraient le catholicisme. Mais n’oublions pas qu’il a suffi que deux frères musulmans mitraillent cinq journalistes de Charlie Hebdo pour qu’oubliant sa une de Noël 1975, une manifestation géante fasse applaudir les « flics » et les militaires que sont les gendarmes ; et il a suffi que quelques centaines d’élèves refusent d’observer la minute de silence en mémoire de ces journalistes (et de neuf autres victimes… mais qui n’auraient sans doute eu droit à rien s’il n’y avait pas eu ces journalistes !) pour que le ministre de l’éducation nationale fasse sans clignoter un virage à 180° : alors qu’elle allait supprimer les notes qui traumatisent et discriminent, elle adoptait le discours “réactionnaire” pour rétablir la discipline, ne plus tolérer les incivilités, avec sanctions à la clé…( Note de Christine Tasin, hélas, il n’y a pas eu de maintien des notes, supprimées effectivement des bulletins de note et autres dossiers officiels, les incivilités ont continué de plus belle, les sanctions inexistantes… Méfions-nous des effets d’annonce et autres mensonges que pratiquent avec aisance nos dirigeants ).

Et positivement, cela vaut bien la peine de nommer Dieu pour le succès de nos entreprises… et la continuité de notre civilisation chère à Jules Ferry : face à la loi coranique d’« Allah », seule pourra tenir la « morale éternelle et universelle » dont les lois viennent de « Dieu auteur de l’univers et père des hommes ».

Mais cela, nous le savons depuis bientôt 3000 ans, selon le Psaume 127 attribué à Salomon et chanté par les Juifs et les Chrétiens de toutes confessions : « Si Dieu ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs; si Dieu ne garde la ville, en vain la garde veille. »

Et merci à Mme Amélie Poulain qui m’a encouragé à arranger ces pages pour R.R. !

 

Note de Christine Tasin

La loi de 1905 est, comme son nom l’indique, la séparation des Eglises et de l’Etat, qui permet de pousser jusqu’au bout de sa logique la loi de 1882 qui sépare l’école du religieux. C’est l’ensemble de ces textes, de cette évolution, extraordinaire, qui constitue la laïcité, garante de l’objectivité et de la liberté de l’homme, échappant aux entraves des religions et superstitions qui n’honorent pas toujours l’homme. J’ai déjà dit ici à quel point je regrettais le polythéisme des Grecs et des Romains, où la religion était juste un ciment pour la nation, avec des rites, mais où personne n’exigeait que l’on crût dans les Dieux et où les Dieux se gardaient bien de fouiner dans la conscience des hommes et de restreindre leurs libertés.

Les monothéismes ont tous été des outils dans les mains des puissants pour asservir et faire taire le peuple, et maintenir les inégalités et une vision horrible de la « morale » qui a mis, entre autres, au ban de la société les mères célibataires et leurs enfants. Quant à l’interdiction d’enterrer en terre chrétienne des héros, des artistes comme Molière, enterrés nuitamment, à la sauvette.. Elle n’honore pas le christianisme. Et enseigner la morale au nom de Dieu nous renvoie à tous les obscurantismes, à toutes les barbaries, ouvrant, en sus, celles de l’islam. Et au délit de blasphème, beurk.

Si les monothéismes s’étaient contentés des 10 commandements initiaux, tout eût été bien différent, mais ils ne l’ont pas fait, hélas.

Oui l’homme avait besoin d’être libéré de ses chaînes, quitte à les retrouver volontairement.

Que celui qui veut croire, qui a besoin de croire, à qui croire fait du bien puisse le faire, c’est parfait.

Mais que celui qui ne veut pas croire, qui n’a pas besoin de croire, puisse le faire, c’est parfait. Et c’est la laïcité qui le permet.

Il y a une énorme différence entre enseigner la MORALE, faite de bon sens, d’héritage mi-populaire mi-intellectuel, morale venue des anciens temps et notamment des Grecs et des Romains et enseigner une morale religieuse avec ses préjugés, ses interdits sans raison objective et les peurs qu’elle véhiculait.

Alors oui, nous devons, nous, Résistants  à l’islam, défendre bec et ongles la laïcité émancipatrice qui fait grandir l’homme. L’homme, ce Prométhée.

C’est pour cela qu’un Président de la République en exercice n’a pas le droit de se signer, de faire le signe de croix sur un cercueil… Il peut le faire à titre privé dans une cérémonie privée s’il est chrétien, il est choquant qu’il le fasse quand il est dans une cérémonie comme représentant de l’Etat, donc des Français, croyants et non croyants. La neutralité est fondamentale.

Et si nous nous battons contre l’islam c’est bien aussi parce que cette neutralité à laquelle nous sommes attachés a disparu.

Print Friendly, PDF & Email
Print Friendly, PDF & Email



Jean Lafitte

Linguiste, colonel de l’armée de l’air retraité


45 thoughts on “Rendez à César ce qui est à César : pourquoi Macron ne doit pas faire le signe de croix à l’église

  1. MaximeMaxime

    Je regrette pour ma part la façon dont les sites patriotiques ont traité l’événement en considérant, implicitement, que les Macron devaient être mis en avant lors de cette cérémonie. Je n’ai pas vu d’article, à ma connaissance, mettant en cause cette présence, cette récupération dans son principe.
    En revanche, je sais que sur facebook, des lecteurs partageant les mêmes idéaux politiques dénoncent cette récupération.
    Aussi, de deux choses l’une :
    – soit les Macron ont été d’un soutien exceptionnel dans la carrière de M. Smet et on peut comprendre qu’ils soient autant mis en avant : dans ce cas, libres à eux de se signer, prier et que sais-je encore, ils sont là comme personnes privées « VIP » et non simples fans qui devraient alors être dans la foule comme n’importe qui (avec certes des gardes du corps…) ;
    – soit ce n’est pas le cas, M. ni Mme Macron n’ayant composé, écrit, dirigé les concerts, etc. et ce sont des personnes publiques qui n’avaient rien à faire là-dedans.
    Les articles 5 à 19 de notre Constitution définissent le rôle du président de la République. Ces textes sont limitatifs pour éviter les dérives démagogiques.
    Enterrer Johnny Halliday ne fait pas partie des fonctions de Macron. Si j’étais fan de Johnny, cela m’aurait gâché mon deuil.
    « ARTICLE 5.
    Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.
    Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ».
    La présidence de la République est une fonction sérieuse, grave… mais qui a perdu de son prestige depuis Obama, dont l’habitude d’introduire des techniques de communication inspirées de la publicité commerciale et des réseaux sociaux ont été reprises par des dirigeants tel Macron.
    Les autres textes ne prévoient pas davantage de telles simagrées : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html#titre2
    En résumé, ici comme ailleurs, tout ce qui a été patiemment construit, y compris le rôle et l’équilibre des pouvoirs publics, questions sensible s’il en est, est tourné en dérision, ridiculisé. N’invitons donc pas la laïcité dans ce débat car elle mérite mieux que cela : ce qui est en cause, c’est le rôle du Président de la République.

    1. Amélie Poulain

      « que les Macron devaient être mis en avant lors de cette cérémonie. Je n’ai pas vu d’article, à ma connaissance, mettant en cause cette présence, cette récupération dans son principe. »

      Je suis tout à fait d’accord avec votre commentaire Maxime, j’avais d’ailleurs dans un commentaire souligné mon étonnement de sa présence.

      Effectivement, l’ambiguïté de cette présence explique la difficulté à situer son comportement lors de la fin de la cérémonie (ainsi que son discours d’ailleurs qui ne relevait même pas de sa conviction personnelle puisque ce n’était pas lui qui l’avait écrit).

  2. Jean LafitteJean Lafitte

    Je remercie Christine d’avoir bien voulu publier cet article où j’ai réuni en vitesse des passages d’un important travail que je prépare depuis plus d’un an; intitulé « La France et l’Islam », il consacre une première parte aux « Valeurs de la République »

    Mais Christine a rédigé le titre qui n’est absolument pas de moi, car j’ avoue ne pas avoir d’opinion sur le sujet (refus de M. Macron de bénir le cercueil », alors que mon titre était parfaitement neutre « De la laïcité ».
    Je sais en effet distinguer la foi des coutumes et des rites, auxquels Jésus ne se soumettait pas, comme il l’a montré plus d’une fois.

    De plus, Christine n’a pas maintenu l’image du Journal officiel de 1882 représentant le programme d’éducation morale du Cours moyen, annexé à l’Arrêté du 27 juillet 1882 signé par Jules Ferry.
    C’est le paragraphe « Devoirs envers Dieu », en trois alinéas qui citent « Dieu… Cause première et […] être parfait ».
    Cette suppression rend peu intelligibles mes références à Jules Ferry, vers la fin de mon texte.

    Ceci, non pour polémiquer, mais pour informer.

    Avec toute mon amitié.

    1. Amélie Poulain

      Merci M. Jean Lafitte.

      Je vais lire avec beaucoup d’intérêt votre article qui est, j’en suis certaine, très riche et intéressant. J’écris l’idée d’une lecture en perspective car votre article demande, vu la richesse des précisions exposées, d’être lu avec attention.

      Vous n’avez pas idée de ce que cela apporte au regard que je pouvais avoir sur les incompréhensions qui m’ont marquée concernant certaines dynamiques qui caractérisent la France et les Français, ceci en général bien sûr.

      Bien à vous.

    2. frejusien

      Très bien toutes ces explications, on en avait besoin,

      Christine n’a pas voulu mettre Dieu dans l’article, car cela ne correspond pas à son opinion, mais vous avez raison de signaler que Jules Ferry y faisait référence et était donc croyant, tout en légitimant la séparation des cultes de l’éducation, car c’est à la nation de former les enfants, et non aux prêtres et rabbins

      1. Christine TasinChristine Tasin

        Mais justement, que Jules Ferry soit croyant ou pas on s’en fout, ce qui compte ce sont les lois qui ont été faites et l’exigence de non soumission à un dogme

        1. frejusien

          Au contraire, c’est important de souligner qu’il était croyant, car MALGRÉ cela, il a préféré construire l’école de la république,

          S’il avait été athée, il était évident qu’il aurait rejeté l’enseignement religieux,
          mais en étant croyant, c’est bien plus remarquable,

          Tout en étant catholique,(?), il a compris qu’il fallait une école républicaine, libérée de l’emprise des religieux, et non de Dieu ou des croyances religieuses,

          Il a bien distingué l’emprise des religieux, qui bien souvent s’éloignent de la religion, du fait religieux qui est une conviction personnelle et individuelle, qui doit être respectée

  3. NICOLAS F

    Merci à toute l’intelligence des auteurs de cette rubrique.
    Mais tout cela pour dire que le débat sur la laïcité en FRANCE aujourd’hui n’est que cette grosse tarte à la crème qui finira toujours sa course dans la tronche de celui qui est en face.
    Donc,à n’utiliser que les jours de Carnaval .Et encore.

  4. DmitriiPetit

    Merci pour cette excellente analyse des documents juridiques. On peut voir plus claire où est la propagande et où est la réalité historique.
    Et je suis tout à fait d’accord que la reconnaissance dans la constitution des traditions chrétiennes de notre société peut servir comme un moyen de réunification de toutes les forces patriotiques.

    1. DmitriiPetit

      Pour continuer le thème, les textes de la loi 1905 sont également présents sur le site de Legifrance. Mais là-bas l’article 42 (abrogé au 03/01/1973) a disparu, même si on recule jusqu’à 1905. Sur Gallica on trouve quoi même : Art.42 – Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues. C’est curieux, n’est pas ?

  5. MAQUIGNON

    Allez au bout de votre logique, Christine ! Le président dans le cadre de sa fonction ne devrait pas entrer dans un lieu de culte. Cordialement.

  6. Vent d'Est, Vent d'Ouest

    Laetitia Smet, dès le décès de son mari, a aussitôt téléphoné à Macron pour le lui annoncer. Elle s’est alors adressé à l’ami de la famille. Macron, invité aux obsèques, devait se comporter en ami et non en président (j’ai franchement du mal à l’écrire) des Français. Comme d’habitude, cédant surtout à son irrésistible envie de faire de la com’, il s’est fendu d’un discours. Mais, DANS l’Église, il se devait se comporter comme ami et non comme un officiel et honorer la mémoire de son ami en bénissant le cercueil, sachant les convictions religieuses de Jean-Philippe Smet.
    Telle est ma position. Et, pour une fois, je me fous de la loi de 1905 dès lors qu’il s’agit bel et bien d’obsèques religieuses d’un ami croyant et non d’un politique haïssant la Chrétienté sous toutes ses formes, dans un lieu consacré.
    Tel est mon avis et je le partage.

    1. gammagamma

      Merci Vent d’Est, Vent d’Ouest . Je me joins à Amélie Poulain pour vous dire que je suis en phase avec votre commentaire sensé.

  7. POLLETT DANIELPOLLETT DANIEL

    Il semble qu’il s’agissait d’une cérémonie privée, en ce sens qu’il fallait une invitation pour y être accepté (sauf exception connue : MLP). Donc Emmanuel Macron pouvait bien bénir le cercueil d’un signe de croix, en tant qu’invité à titre privé. Il ne s’agissait pas d’une messe solennelle demandée par les pouvoirs publics, comme cela s’est vu autrefois même dans le système républicain. Souvenons-nous tout de même que l’expression publique de l’adhésion religieuse d’un Chef d’État français n’a jamais posé de problème jusqu’à ce que le débat sur la laïcité soit amené par des allogènes soutenus par des collabos. Imaginez-vous De Gaulle faisant l’objet d’une polémique parce-qu’il aurait fait le signe de croix lors d’une cérémonie d’obsèques, messe ou autre ? Lors de la Libération de Paris, il a bien participé, avec Leclerc et Koenig, à une messe à Notre-Dame de Paris, reprenant une célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe. »

  8. Xtemps

    Les religions sont bien quand elles sont pratiqués honnêtement sans entraves à la liberté des peuples où le libre arbitre est respecté pour tous les peuples du monde.
    Avec la malhonnêteté de certains qui s’approprient des religions à leurs services, comme certains le font avec les partis politiques d’ailleurs, ce sont les peuples et Dieu asservit et dupés que les escrocs imposteurs infiltrés qui en profitent, pas Dieu et les peuples du monde.
    Et sont les raisons pourquoi le libre arbitre doit faire force de loi dans toutes les religions du monde à cause des abus de certains escrocs imposteurs qui s’y infiltrent.
    Aucune religion ne doivent être imposées de force à personne, pour être sûr de ne pas être dupé par aucunes personnes malintentionnées qui abusent des peuples.

    1. Jean LafitteJean Lafitte

      Je partage tout à fait votre avis sur la récupération du divin par les hommes à qui les circonstances donnent un pouvoir, et la foi des militants de base des partis est récupérée de la même façon par les hommes qui se trouvent aux commandes.

      Le mot « laïc », issu du langage religieux, désigne les gens du peuple (laios en grec) dont se distinguent les « clercs », détenteurs du savoir, du pouvoir, et bien placés pour l’avoir.

      Cependant, qu’il y ait des « clercs » dans les religions n’est pas plus anormal que l’existence de dirigeants dans les partis, de gouvernants dans les états, ou de patrons et cadres dans les entreprises. Mais ce qu’il faut combattre, c’est ce que Montesquieu désignait si bien :
      « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ».

      Les abus sexuels, n’en sont qu’une manifestation.

      Et en notre temps de lutte pour l’égalité des sexes, le « Tout homme » de Montesquieu s’entend comme « Tout être humain », car, que je sache, les reines ou impératrices de jadis ne furent pas à l’abri de la tentation d’abuser de leur pouvoir légitime…

  9. jolly rodgers

    par contre personnes (surtout chez les cathos ) n’a étaient choqués , que jean philippe smet se fasse enterrer dans un cercueil blanc ! en effet le blanc dans la chrétienté représente la pureté et l’innocence . le cercueil blanc ces  »normalement  » pour les enfants ou les pré-ados , mais pas pour les adultes , qui de plus adulte star du schobizz , donc loin d’être un enfant de cœur . je suis peux être un peux hors sujet , mais aucun de nos cathos préférés n’ont fait la remarque !

    1. Amélie Poulain

      @jolly rodgers

      Je crois que ce choix a été fait car le blanc est signe de deuil à St Barthélémy où il devait être enterré.

      Personnellement, même si c’est hors norme, je trouve cela joli.

      1. patito

        pas seulement à St Barth : en INDE et au VIETNAM c’est la couleur du deuil ; au japon c’est le noir et blanc et ainsi de suite

        le noir est plutôt dans nos sociétés occidentales

  10. kitty

    macron a  » fait  » le président à l’extérieur de l’ Eglise de la Madeleine , il n’a pas voulu bénir le cercueil dans l’église c’est son choix , mais vis-à-vis de son ami défunt ce n’est pas un geste amical. Ou simplement ne le considère t’il pas comme un ami, macron était certainement en représentation politique. De toute façon macron s’en fout des catholiques.

  11. Amélie Poulain

    Je suis d’accord avec votre ajout Christine quand vous évoquez les déviations malheureuses du Christianisme, du moins de ceux qui l’ont pratiqué et même de certains qui le pratiquent aujourd’hui;
    C’est même pour cela que j’ai pris de la distance en regard de ses enseignements très « moraux » et la violence de certains pratiquants à ce sujet oubliant son véritable sens.

    Que ce fut et que ce soit un instrument de pouvoir pour certains et dévoyé dans ce but, c’est même certain et notre Histoire en particulier (pas qu’en France…) le prouve. On est bien d’accord.

    Chaque croyance a sa validité l’homme ayant besoin de résoudre des questions existentielles auxquelles il n’y a pas de réponses tangibles et l’on voit bien que ce n’est pas la Religion (en tant que telle) qui est responsable des débordements, c’est ce que les Humains en font.

    La Laïcité est un concept, qui dit concept dit abstraction, qui dit abstraction, dit qu’on peut y mettre ce que l’on ressent donc la subjectivité parle aussi. Aucune Loi ne pourra englober tout cela

    Séparer le Pouvoir de l’Eglise et de l’Etat c’est chose faite largement depuis 1905, et aucun problème jusqu’à présent (qu’est ce que cela réveille justement les débordements de ceux qui veulent prendre la place ?…). Aucun comportement à valeur symbolique même venant d’un Président ne pourra remettre en cause cela. D’ailleurs aussi, aucune attitude, quelle qu’elle soit, n’est neutre quand il s’agit de l’Humain.

    Ainsi refuser de faire un signe en communion (sens large du terme) avec une assistance dans des circonstances particulières donc normées en quelque sorte dans des rituels spécifiques à cette assemblée humaine, ce n’est pas, si l’on veut bien y réfléchir, un message de neutralité.

  12. frejusien

    4 – La France peut et doit se reconnaitre principalement chrétienne

    Si la France ne se reconnait pas Chrétienne, elle va se faire bouffer par lismerde,

    Le stupide peillon a proposé de créer une nouvelle religion, la religion de la laïcité, ce qui ne veut rien dire, car pour qu’il y ait religion, il faut un ou des dieux à la base, il aurait dû proposer à ce moment là, la religion de l’Être SUPRÊME, mise en avant lors de la révolution,

    Des individus qui croient en un être suprême, vivent comme le dit jean lafite sur 3 dimensions, on ne peut pas leur enlever cette troisième dimension, sans les amputer d’une part d’eux-mêmes,

    Si on veut désislamiser les muzz, il faut leur proposer un équivalent supérieur à ce à quoi ils croient déjà, la laïcité ne fait pas le poids face au coran

    1. Amélie Poulain

      @fréjusien,

      Tout à fait, j’approuve votre commentaire, je pense comme vous.

      « ….Le stupide peillon a proposé de créer une nouvelle religion, la religion de la laïcité »

      Je me souviens d’avoir parlé de ce sentiment que les nouvelles positions suite à la loi de 1905 me faisaient penser une nouvelle « religion » (j’avais cité des signes qui me semblait le confirmer) et donc ce que je ressentais n’était pas si loin que ça de ce qui se passe.
      Dans sa bêtise, ce dernier n’a fait que confirmer ses propres ressentis, dépendant et en fusion qu’il est avec la pensée dominante.

      Bien entendu, on est d’accord, c’est mélanger deux niveaux du vécu humain qui n’ont rien à voir.Mais avec Jean Laffitte, on comprend mieux ce qu’il y a de politique dans ce concept qui dépasse, on le comprend du coup, l’aspect religieux.

      1. frejusien

        oui, merci jean lafitte pour toutes ces informations, ce n’est pas évident de nager dans ce capharnaüm de lois et de décrets, qui remontent à plus d’un siècle

  13. Claire

    Le sieur Macron ne se gêne pas pour porter publiquement la kippa dans les lieux israélites et sa donzelle porte un hidjab en pays musulman. Mais cachez ce signe de croix que je ne saurais voir? Il a fait son discours à l’extérieur de la Madeleine et n’étant donc à l’intérieur qu’un invité privé. Rien ne l’empêchait alors de faire le signe de croix.
    A une époque où les musulmans occupent les rues ostensiblement pour prier, où les voilées et les barbus pullulent , où les produits halal envahissent nos supermarchés pendant que les croix disparaissent des yaourts à la grecque, je trouve que l’on coupe les cheveux en 8 dans le sens de la longueur dès qu’il s’agit du christianisme. Je ne suis pas catho intégrisme, mais il est indéniable que le christianisme a forgé l’histoire de France pendant 16 siècles et qu’il pourrait être un moyen de résistance à l’occupation, comme c’est le cas en Pologne.

  14. Claire

    PS: à propos du christianisme en Pologne, il ne s’agit pas que d’une histoire de grenouilles de bénitier fanatisées. Le christianisme a toujours été, avec la langue polonaise, le seul moyen pour les Polonais de conserver leur identité malgré les nombreuses invasions dont ils ont été les victimes. De 1795 à 1918, la Pologne a été rayée de la carte, engloutie par ses féroces voisins, Prusse, Russie et Autriche. Quand Marie Sklodowska-Curie faisait ses études de lycéenne à Varsovie, elle n’avait pas le droit de parler sa propre langue, elle devait parler russe. C’est une des raisons pour laquelle elle est venue étudier à Paris, nous donnant deux prix Nobel à elle seule et sauvant des milliers de poilus de l’amputation grâce à sa découverte de la radiographie.
    Plus récemment, l’Eglise de Pologne a permis à ce pays de se débarrasser du joug soviétique avec Lech Walesa, Solidarnosc et des prêtres remarquables comme le père Popielusko qui a été assassiné par le régime.
    Maintenant, c’est toujours en partie l’Eglise qui mène le combat contre l’islamisation de l’Europe, en organisant la résistance au sein du groupe du V4. Rien à voir avec l’anti-pape islamo-collabo Bergoglio. Voir la vidéo de ce prêtre remarquable:
    http://lesobservateurs.ch/2017/12/11/pologne-un-pretre-comme-nous-nen-voyons-pas-chez-nous-epoustouflant-video/

  15. Amélie Poulain

    Merci M. Jean Lafitte pour votre article que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt.

    Vos précisions permet de faire la part des choses quant à ce concept si finalement dévoyé et utilisé pour asseoir un pouvoir (politique) en rivalité (ce que je pressentais) puis finalement en remplacement d’une notion qui échappe au visible et au perceptible et qui n’a donc rien à voir avec l’action humaine.

    Nulle part en effet, selon vos précisions, il n’est question dans la Loi de Jules Ferry de rupture avec le Religieux, juste une continuité avec reconnaissance de sa place dans la construction de l’humain. C’est en fait le contraire que l’on s’escrime à nous faire croire.

    C’est ce refus de la transcendance qui fait pourtant ainsi fonctionner la France et nos Institutions depuis des décennies (encouragé par nombre de philosophes, notamment Karl Marx pour ne citer que lui…) créant et creusant peu à peu un vide existentiel qui, bien évidemment, laisse la porte dangereusement ouverte et l’on s’en aperçoit avec acuité maintenant.

    C’est peut-être cela que les tentatives d’avancée d’une religion qui nous est étrangère réveille et pousse à durcir, comme une bouée de sauvetage, les frontières d’une laïcité qui serait tout-puissante et apte à résoudre le problème de ce vide impossible à combler vu les blocages autour de tout ce qui vient parler de religieux et donc, finalement, de notre Histoire et de ce qui nous constitue.

  16. Jean LafitteJean Lafitte

    Je viens de passer en revue tous ces avis qui me confirment non dans mes conclusions, établies à partir de recherches aussi objectives que possible, mais dans ce que je ressens de l’attente des amis et ficèles de Résistance républicaine.

    En publiant ma petite mise au point d’hier 10 h 54 (n° 2 ci-dessus), Christine m’a permis de combler quelques lacunes dans la publication de l’article lui-même et je l’en remercie encore !

    Un jour, je lui proposerai sans doute une réflexion sur le mot « république » qui ne veut rien dire d’autre à l’origine que « la chose publique », autrement dit l’organisation de la société, opposée à la vie privée et familiale, et que nos rois en ont usé pour parler de leur royaume (je puis citer Charles VII).

    D’où notamment les « républiques populaires », et les « républiques islamiques », d’Afghanistan, Iran, Mauritanie, et Pakistan (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_islamique).

    En revanche, « patriote » est sans équivoque, c’est celui qui défend sa « patrie », terre de ses pères, avec toutes ses traditions… et sa civilisation, forgée par ses pères au long des siècles. « Identitaire » s’y réfère implicitement, mais n’est pas aussi clair, et n’est qu’un néologisme. Alors que patriote est attesté en français depuis plus de 500 ans.

    « Résistance patriotique » me plairait beaucoup !

  17. frejusien

    Il était grand temps d’enlever le pouvoir matériel aux religieux, et de leur laisser le pouvoir spirituel ,
    on remarque au passage, que le pouvoir spirituel seul, en a fait fuir plus d’un, et pour cause,

    L’église a été pendant des siècles envahie par une foule d’individus peu recommandables qui ont utilisé la religion à des fins personnelles ,

    On a eu les cupides, les ambitieux, les vicelards, les gargantua, les sadiques, les frivoles, les flambeurs, les sanguinaires, et j’en oublie surement…
    « la religieuse  » de Diderot
    y ajouter quelques psychopathes particulièrement dangereux…

    On a eu les autodafés, les chasses aux sorcières, et la vente des « indulgences »

    A tel point, que pendant la période révolutionnaire, le peuple a dû faire la chasse à toute cette engeance dite « religieuse »,
    La religion a laissé un souvenir amer…

    Donc, un grand merci à la loi de 1905, mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse,

    Le vide spirituel qui s’est installé a laissé la porte grand ouverte à l’arrivée de lismerd, à tel point qu’on a des conversions de jeunes fds, attirés par une fausse spiritualité, la leur ayant été rayée de la carte

    1. Amélie Poulain

      Je suis d’accord en substance avec votre commentaire Fréjusien mais comme vous le dites, il ne faut pas tomber dans l’excès et il y a eu des religieux qui ont été très aidants pour notre société et ailleurs (je cite juste, au départ, les infirmières étaient des religieuses au départ – ce qui énerve certaines de La Croix Rouge d’ailleurs – et les moines avaient un savoir médical très élaboré au Moyen-Age).

      La Religion a aussi aidé à apaiser des conflits, même si on n’en parle pas aujourd’hui.

      Et d’où vient cette notion de Bien et de Mal ?
      Je n’ai pas étudié la question mais j’imagine que la Religion a joué un rôle à ce niveau (justement, peut-être y aurait-il un lien entre son absence et les débordements où la morale n’a plus court actuellement). Même, bien sûr, s’il y a certains fanatiques qui se sont emparés de cette notion pour asseoir de façon abusive leur pouvoir, on est bien d’accord.

      Il y avait aussi je crois, des personnes engagées de force dans la vie religieuse et qui n’avaient pas forcément de vocation (par tradition familiale, femmes qui n’étaient pas mariées, comme « punition » aussi, etc…).

  18. Amélie Poulain

    Pour ma part, j’ai fréquenté et l’école Privée Catholique et l’école Publique, et je peux vous dire que la plus grande violence, la plus grande froideur, je ne les ai vécues que dans le Public, duquel j’ai gardé un très mauvais souvenir (c’était pourtant des établissements réputés et pas mal fréquentés).

    1. frejusien

      @Amélie,
      A cause des ces débordements, les français ont pris en grippe leur religion,

      Et le danger est grand à présent, car l’absence de toute forme de spiritualité, fait que beaucoup se sentent orphelins et déboussolés et se tournent vers cette religion étrangère qu’ils découvrent et dont ils subissent les assauts et le bourrage de crâne bien orchestré,

      Les prêtres actuels ne remplissent pas leur rôle de conseiller et de guide spirituel,
      Pas mal de gens plus évolués se tournent vers les religions asiatiques , et d’autres suivent le mouvement New Age,

      1. Amélie poulain

        Je suis tout à fait d’accord avec vous frejusien, d’ailleurs je l’ai dit à plusieurs reprise avec d’autres mots; C’est même certain ! Ce vide et ces luttes intestines sont dangereuses pour la France et son avenir.

      2. Amélie poulain

        De toute façon des prêtres il y en a plus ce sont souvent des gens dits « laïques » qui parfois disent n’importe quoi et ne sont pas formés en profondeur.

        Je me souviens d’un mariage où l’on avait mis un prêtre africain, bien gentil mais qui donnait des conseils très naïfs au couple à la mode Africaine (femme qui doit obéir à son mari, etc), on se serait vraiment crus là-bas, les gens d’ailleurs souriaient discrètement… Alors quel sens cela a ? Surtout pour ceux qui ont vécu leur religion à l’ancienne, quand c’était perçu comme naturelle.

        Et les églises sont fermées à cause des vols…. Les messes sont regroupées en une commune et les rituels catholiques (processions, communions solennelles…) ne sont plus de mise dans la rue.

        Et on culpabilise à tour de bras si on fait montre d’un penchant pour un Dieu, ou si l’on porte un signe comme les croix…..

        Comment voulez-vous que les gens soient motivés ?

        II faut voir aussi d’un office religieux…; Pas donné.

        Mais qu’est-ce-que la France est devenue ? Il y a un monde entre avant et maintenant, c’est vrai.

          1. frejusien

            ça me rappelle un baptême où officiait un DIACRE, absolument ridicule !
            ce n’était pas une cérémonie mais une parodie,
            A la sortie de l’église, le père de l’enfant s’est moqué et était furieux, il y avait de quoi,
            qu’est-ce que ce genre de pitrerie peut apporter à l’enfant et sa famille ?
            Et quelle est la valeur du « sacrement » ainsi moqué ?

          2. Amélie Poulain

            Oui vous avez raison Frejusien, grotesque, cela ne remplacera jamais la tradition avec un prêtre qui officie.

  19. Dorylée

    Pour ce qui me concerne : La République laïque ne reconnaît ni ne salarie AUCUN culte. Sitôt que la République, hors le cas de trouble à l’ordre public, favorise un tant soit peu ou brime aussi peu une religion, elle viole son caractère laïc qui nous protège de l’obscurantisme. Toutes les condamnations pour islamophobie, tous les accomodements raisonnables, toutes les magouilles emphitéotiques pour favoriser les pires ainsi que les classements sans suite concernant les agressions contre les cultes séculaires de France sont des crimes contre la République Française parce qu’ils dénaturent son caractère unique au monde : LA LAÏCITÉ.

Comments are closed.