Irak : ces chrétiennes ex-esclaves de l’Etat islamique


Irak : ces chrétiennes ex-esclaves de l’Etat islamique

Du « Figaro » du 3 novembre 2017:

Moins nombreuses que les yazidies, des femmes chrétiennes ont été prisonnières des djihadistes.

«Merci Dieu, je suis en vie», clame Hayat en syriaque. Libérée de trois ans de captivité et de tribulations aux mains de djihadistes de Mossoul et Tal Afar, cette jeune chrétienne d’une trentaine d’années, à la confiance meurtrie, témoigne pour la première fois. Lors de la nuit du 6 août 2014 sonnant le glas à Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d’Irak, de l’arrivée de Daech, Hayat et son mari n’ont pas fui comme la majorité de la population.

«Au bout de 18 jours, nous sommes partis avec d’autres familles dans des bus affrétés par Daech en direction d’Erbil. Je me souviens avoir été séparée du convoi», commence-t-elle. Hayat perd la trace de son mari qu’elle ne souhaite plus revoir.

Elle le tient pour responsable de ses années d’enfer, n’ayant pas pris la décision de se sauver au moment opportun.

«Ensuite, nous avons été conduites à Mossoul et, durant un marché, j’ai été vendue à une famille dont l’homme portait en permanence un gilet explosif», poursuit-elle encore terrorisée.

Hayat a pu avoir, un temps concis, des contacts téléphoniques avec sa mère réfugiée à Erbil au Kurdistan irakien.

Elle continue en énumérant des bribes de son supplice. «J’ai été vendue deux fois à des familles à Mossoul, puis en raison de la force des combats j’ai demandé à être transférée à Ayadya,un village proche de Tal Afar, d’où j’ai pu m’échapper accompagnée de deux femmes yazidies».

Les yazidis, dont la religion monothéiste proche du zoroastrisme est qualifiée par Daech de «culte sataniste» ont connu un début de génocide, et des milliers de femmes ont été systématiquement mises en esclavage.

Les chrétiens «Koufars» ont eu la possibilité de fuir ou de se convertir à l’islam, ou de payer un impôt spécial. Mais des femmes chrétiennes ont été capturées et ont subi le même sort que leurs camarades d’infortune yazidies. Elles seraient plusieurs dizaines à avoir vécu l’enfer de l’État islamique.

Une parole difficile à libérer

Hayat ne livrera à ses proches aucun détail des actions infamantes qu’elle a subies. À l’instar de Dima, originaire de la même ville et qui habite actuellement à Erbil, rejetée, écartée et délaissée. Dima a été délivrée à Raqqa en octobre 2016, après avoir appartenu à plus de seize bourreaux. Ses douloureuses descriptions font état d’un djihadiste provenant d’Allemagne, «les plus sordides», ou encore d’un journaliste d’Al-Jazeera, Air al-Idlibi, ayant rejoint l’organisation en Syrie.

Pour aider à libérer la parole de ces anciennes captives de Daech, une association irakienne, Hammurabi, empruntant son nom au précepte «Le fort ne doit pas opprimer le faible», a vu le jour. «Hayat a vécu différents mariages sous la contrainte, et comme toutes les femmes, des sévices qu’elle ne livrera pas à sa famille.

Nous sommes là pour qu’elle s’ouvre loin de l’opprobre familial. Certaines chrétiennes de 80 ans ont été violées, ces femmes étaient réduites à l’état d’objets», explique Y. Yousif, en charge de l’antenne d’Erbil d’Hammurabi.

Pour reconstituer chacun des parcours singuliers, l’association recoupe des informations émanant de récits de chrétiennes antérieurement libérées.

Dima a fait la rencontre fortuite de Hayat dans la barbarie de Mossoul.

«J’ai été amenée par mon maître chez un émir, où j’ai subi des violences sexuelles. Il avait eu Hayat pour offrande. On a commencé à parler en assyrien et les djihadistes nous ont demandé de parler en arabe, puis nous avons été séparés», a-t-elle dit à l’association, n’osant parler publiquement.

Son maître, Hussain, était issu d’un groupe composé de Tchétchènes qui ont fui la guerre de Caucase.

Il a séjourné à Yarmouk (Mossoul Ouest) avant l’arrivée des combats, et était en charge de la gestion des biens annexés aux chrétiens durant le califat.

Une «âme impure»

De cette période à Mossoul, le témoignage rare de Hayat rend compte de violences psychologiques constantes, la voix monocorde.

«Ton prêtre est mauvais, il a fui sans toi, et n’est jamais venu te récupérer», assénait quotidiennement son premier bourreau. Lors des différentes attaques terroristes de Daech orchestrées en Europe, elle se remémore horrifiée ce qu’il vociférait.

«C’est un exploit! Et on ira jusqu’à Rome tuer le Pape pour que le monde entier se convertisse, et qu’on forme un seul État dans le monde.»

Son calvaire a pris fin à Tall Afar avec son évasion. «Pendant trois jours, on était persuadées avec les deux femmes yazidis que l’on allait mourir, sans eau, sans nourriture. J’avais peur», confie-t-elle le regard figé. L’armée irakienne a mis fin à leur errance. «Ils ont contacté un prêtre de Qaraqosh, et maintenant je suis libre.»

Un an après sa libération, Dima, qui avait rencontré Hayat à Mossoul Ouest, n’a jamais pu s’épancher auprès de sa famille sur les ignominies subies.

Pourtant acceptée les premiers jours de son retour, cette femme considérée comme une «âme impure» a été très rapidement rebutée.

Aujourd’hui loin de Qaraqosh, elle demeure isolée à Erbil dans l’expectative de l’obtention d’un visa européen.

Les uniques visites sont celles de l’association Hammurabi. Sans assurance de quitter le pays, et sans pouvoir expliquer les souffrances qu’elle a endurées, elle craint toujours des représailles de Daech. Après trois ans d’atrocités, Hayat, enfin libre, sait qu’elle va connaître à son tour un dur parcours.

http://www.lefigaro.fr/international/2017/11/02/01003-20171102ARTFIG00293-irak-ces-chretiennes-ex-esclavesde-daech.php

 

 




16 thoughts on “Irak : ces chrétiennes ex-esclaves de l’Etat islamique

  1. Massilia

    Rappel:

    Le Conseil d’Etat genevois avait mis fin au contentieux qui l’opposait à Hani Ramadan.

    L’enseignant, licencié pour avoir défendu la lapidation des femmes et des hommes adultères, avait perçu une indemnité de départ de 255’000 francs des sales kouffars.

    Source

    Aujourd’hui, tout porte à croire que son propre frère est coupable d’adultère à de multiples reprises, comme ici ou ici ou encore ici

    On attend avec impatience que son frère soit cohérent dans ses propos.

    Jusqu’où ira l’hypocrisie de cette famille que nos autorités ont accueillie et naturalisée sans notre consentement? LES OBSERVATEURS.CH

  2. Machinchose

    Hayat

    pauvre femme! et son prénom signifie » la vie » ….tu parles, comme son amie Dima( pluie bienfaisante) en syriaque

    quand a la ville de Qaraqosh,, impossible de me souvenir de son vrai nom d’ origine
    ce que je sais c’est que cette ville, veritable fief Chrétien fut débaptisé sous l’ empire ottoman, au cours d’ une de ses crises d’ islamisme(comme aujourd’ hui avec le clébard Her Dog-âne)

    pour etre affublée de nom de Qarakosh qui désigne en Turquie et porcheries avoisinantes un personnage grotesque, une sorte de Guignol et par extension un objet de mépris et de risée!!
    on dit aussi Karakouz, Kérékès, on retrouve d’ ailleurs chez les juifs turcs le nom de Corcos qui est en une variante ….jamais en retard d’ un mépris les ottomenteurs….

    a mon cher Antislam: lire » les croisades vues par les assyriens »

    on rencontre aussi chez les arabo musulman le nom de Achour pour indiquer l’ origine Assyrienne d’ un type qui fut un esclave il a un,’, 7 siècles…va savoir!

    des braves gens, entrepreneurs, bosseurs, tolérants…j’ en ai connu un a Dalyan, au sud de la Turquie qui avait un superbe hotel-pansyion « hotel Assur »

    les arabes les désignent sous le générique de Achourim…(a tes souhaits ) !

    1. AntiislamAntiislam Post author

      Bonjour,

      Merci du conseil de lecture mais je connais de nom « Les Croisades vues par les Arabes » qui me semble, de réputation; propagandiste, mais « par les Assyriens » je ne connais pas.

      1. Machinchose

        Bonsoir, je suis allé consulter mon bouquin

        c’ est

        « Les Syriaques racontent les croisades »

        de
        Youssif , ephrem, Issa

        quand au bouquin de Maalouf, un peu trop lèche-babouche…a mon gout, surtout quand il reprend les salades (j’ allais dire les Salates ) musulmanes a propos des Croisés qui faisaient cuire des Musulmans capturés pour les bouffer….

        autrement, lecture sympathique et facile…du Malouf, quoi … 😆

        aprés une grosse poignée de cette littérature il a été élu a l’ académie Française

        je pense que c’était plus un clin d’ oeuil amical vers les Maronites du Liban…

  3. Léon de Lusignan

    _ Ce sont tous des pourritures, des animaux nicifs, dangereux pour l’humanité féminine comme masculine, tous de la secte musulmane, qu’ils soient de l’état islamique ou des quataris membres des « frères musulmans » d’obédience »tarik ramadan » ainsi que des saoudiens venus du golf exprès pour acheter des esclaves sexuelles Yazidis ou Chrétiennes ces gros PORCS, merci à flamby d’avoir remis la légion d’honneur à l’esclavagiste saoudien sanguinaire et à fabius d’avoir armé le front al nosra qui « fait du bon boulot » d’égorgeurs… Et oui, j’amalgame l’islam à l’esclavage, d’ailleurs c’est un pléonasme, tout les musulmans le savent mais n’en parlent jamais au « kouffars ».
    _ ISLAM DEHORS et toute ma compassion pour toutes ces pauvres femmes qui ont été vendue comme des animaux et subies les pires outrages inhumains de la part de ces PORCS MUSULMANS.

  4. reuri

    Les va t’en guerre sont contents, cela valait la peine selon ces fumiers , cette immonde madeleine allbright à propos du chaos irakien :
    https://m.youtube.com/watch?v=lbLCY4iHDRE

    Et ce sont ces mêmes fumiers néo cons qui sont pour refaire la même chose en Syrie, il n’y a pas assez de merdiers avec la libye, le kossovo, les printemps arabes.

    1. Léon de Lusignan

      100% d’accord avec vous Olivia Blanche, cela s’appel la compassion à géométrie variable selon que vous etes de culture chrétienne pour la vie ou pour la culture mahométane pour la mort.

  5. Adalbert le Grand

    Je reste toujours rêveur et perplexe devant ces croyants qui remercient Dieu de les avoir sortis et sauvés de l’enfer…

    A noter que c’est une spécialité musulmane, et je soupçonne les chrétiens ou autres croyants des pays islamiques de reprendre cette expression par mimétisme de l’islam dans lequel ils baignent, des musulmans qui répètent comme des perroquets « grâce à Dieu » (hamdoulilllah) et « si dieu le veut » (inch allah) presque à chaque phrase.

    Mais pourquoi avant de les « sauver », Dieu les a-t-il d’abord abandonnés et plongés dans l’horreur en question, puisque c’est lui qui décide de tout?

    « Dieu soit loué, j’ai été torturée, violée et estropiée, grâce à Dieu on a tué ma famille, Dieu merci on a égorgé mes enfants… »

    Je repense à cette Croate, qui avait eu la « confirmation » de l’existence de Dieu lorsque, seule de sa rue, sa maison avait été épargnée par les bombes serbes… C’est Dieu qui avait sauvé miraculeusement sa maison. Peut-être, mais pourquoi n’avait-il pas sauvé toute la rue pendant qu’il y était?

    Dieu serait-il le nom que les hommes donnent au hasard?

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