Djihadistes : Dominique Grenier (La Croix), confond vengeance et principe de précaution


Djihadistes : Dominique Grenier (La Croix), confond vengeance et principe de précaution

Eliminer les moudjahids : vengeance ou Principe de précaution ?

« Moudjahid » va peut-être en étonner plus d’un, mais mon instinct de linguiste me fait préférer ce mot 100 % arabe à « djihadiste » qui accole un suffixe français d’origine grecque au radical arabe « djihad », dont le sens le plus connu aujourd’hui, hélas !, est celui de « guerre sainte » contre tous les ennemis réels ou supposés de l’islam… Souvenons-nous de la guerre d’Algérie dont le quotidien algérois affiche tous les jours le souvenir (cf. celui ci-dessus, d’hier, dimanche 29 octobre ) et  Wikipédia donne un bon résumé de la question (https://fr.wikipedia.org/wiki/Moudjahid).

Et c’est encore le linguiste qui me dicte ce billet de réaction à quelques suites de l’appel de la Croix rouge internationale sur le sort à réserver aux « djihadistes » rentrant dans leurs pays européens après s’être fait la main en Irak ou Syrie. Je n’ai rien à dire sur la réaction de Résistance républicaine http://resistancerepublicaine.eu/2017/10/28/les-communistes-de-la-croix-rouge-denoncent-les-persecutions-contre-les-djihadistes/, mais plutôt sur l’éditorial de Dominique Greiner (1) dans La Croix d’avant-hier vendredi 27 octobre. Il est court, le voici :

« L’impasse de la vengeance »…

On observe d’emblée la malhonnêteté du titre : alors que la cible de la critique est constituée par des propos de responsables politiques où le mot « vengeance » et même son idée sont totalement absents, le journaliste irresponsable livre ce mot… à la vindicte des lecteurs et de l’opinion !

C’est lui qui fantasme la vengeance comme un risque et son inculture juridique lui fait opposer un « état de droit » rêvé à la réalité des institutions juridiques de l’État. Depuis toujours, les états policés ont eu des lois pour régler la vie courante et d’autres plus restrictives et répressives pour la régler dans les circonstances exceptionnelles. Le « peuple souverain » peut toujours modifier les lois, Constitution comprise, en fonction des besoins du moment, et aucun officiel n’a jusqu’ici déclaré qu’il s’affranchirait des lois… Faux procès !

Or « Nous sommes en guerre », comme le déclara sans ambages M. Valls après les meurtres islamistes du Bataclan (http://www.liberation.fr/france/2015/11/14/manuel-valls-nous-sommes-en-guerre_1413503). Et ce n’était pas n’importe quelle parole d’un politique, puisque, Premier ministre, il était en charge de la défense, selon l’article 21 de la Constitution.

On a donc en balance un risque élevé d’assassinat de nombreux Français innocents et un risque fantasmé de vengeance au détriment de nationaux partis combattre dans les rangs ennemis et revenus capables de semer la mort chez nous. Et le journaliste préfère le premier au second… Bravo !

Pourtant, le « principe de précaution » que la Constitution affirme en matière environnementale est encore plus nécessaire quand il s’agit de la vie des citoyens menacés par des ennemis.

De plus, ce journaliste ignore manifestement le VIème couplet de la Marseillaise, notre hymne national selon l’article 2 de la Constitution :

 

VI

Amour sacré de la Patrie

Conduis, soutiens nos bras vengeurs !

Liberté ! Liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs ! (Bis)

Sous nos drapeaux que la Victoire

Accoure à tes mâles accents !

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre gloire !

 

Enfin, plus prosaïquement, cet éditorialiste maîtrise mal le français que le même article 2 déclare « langue de la République française » : le mot « accommodation » dont il use ne signifie pas « action de s’accommoder de… » ; il eût été plus français et plus simple d’écrire « Le drame de notre époque est peut-être que nous nous accommodons facilement de cette réponse… ». Mais jargonner un pseudo français pose son intello !

Pour conclure, si le bras armé des Francs de Poitiers 732 et les bras vengeurs des soldats de l’An II l’indisposent, il peut toujours abandonner La Croix pour rejoindre quelque pays marqué du Croissant, où il baignera dans leur merveilleuse religion de paix et d’amour.

Post-scriptum

 À peine avais-je relu une dernière fois ce billet que j’ai eu envie d’en savoir plus sur cet éditorialiste. Patatras ! ce n’est pas moins qu’un respectable Assomptionniste, de la congrégation qui a créé La Croix en 1880 ; âgé de 54 ans, il est le « rédacteur en chef religieux » du quotidien et cumule les titres universitaires de docteur ; on comprend qu’on n’ose pas lui signaler les imperfections de sa prose…

Comme aurait dit Pilate à qui les Juifs reprochaient d’avoir écrit « Jésus de Nazareth Roi des Juifs » sur la croix de Jésus : « Quod scripsi, scripsi ». Mais je prie ce Père de bien vouloir ne trouver dans mes propos qu’une « correction fraternelle » de la part d’un fidèle abonné choqué par son écrit.

Et alors que bien des chrétiens s’indignent de l’arrêt du Conseil d’État qui ordonne l’enlèvement de la croix au dessus de la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, j’ose formuler un vœu : que la une de La Croix retrouve enfin le magnifique crucifix et la devise « Christus vincit » qui l’ornaient à l’origine. Je doute fort qu’elle y perde des lecteurs !




Jean Lafitte

Linguiste, colonel de l'armée de l'air retraité


7 thoughts on “Djihadistes : Dominique Grenier (La Croix), confond vengeance et principe de précaution

  1. Machinchose

    sur le radical trilitère composé de ces trois lettres

    ج ه د

    on batira , suivant les paradigmes utilisés les mots comme Jihad, Moujahid,Ijtihad

    parfois l’ arabe rencontre un radical tétralitère et plus rarement un bilitère

    mais a 95% il sera trilitère

  2. DmitriiPetit

    J’ai lu qu’en Australie on annule les passeports des djihadistes identifiés et en conséquence ils ne pourront pas retourner dans le pays.

  3. illeurs

    Moudjahid , Moudjahidine ( les combattants de la Foi ) , Moudjahida , Moudjahidate , ( combattantes ) .
    La Croix se trompe lourdement et il faudra probablement en passer par là , les Djihadistes n’ont pas dit leur dernier mot , un Djihadiste le reste tant qu’il est sur cette planète , il n’abandonne pas …
    Eradication est le terre qu’employaient les autorités et ils avaient raison , éradication totale large , éradication totale . Personne ne se posait la question en 1945 s’il fallait éradiquer les nazis , pourquoi eux échapperaient -ils ?

  4. frejusien

    Cet idiot de La Croix parle des règles du droit, alors qu’il s’agit , ici, des règles de la guerre,

    Quel gouvernement s’aviserait après une victoire sur l’ennemi, d’introduire en toute liberté, des soldats ennemis au milieu de sa population civile désarmée, quand on sait que ces soldats peuvent se procurer à tout moment des armes par des objets du quotidien détournés : camion, voiture, couteau de cuisine…

    Quel est ce grand FOL qui a écrit l’article ?
    Inculture juridique et inculture linguistique : accomodation, un anglicisme probablement,
    dans quelle matière a-t-il fait ses études, docteur en quoi ?

  5. frejusien

    Pour les djihadistes, je ne les appellerai pas des « nationaux »,
    à partir du moment où ils ont rejoint l’EI, ils ont renoncé de facto, à leur nationalité de papier, pour retrouver leur vraie nationalité, leurs racines : lismerde, la nationalité sans territoire, prête à tout pour s’approprier tous les territoires,
    Les laisser revenir, et les réintégrer dans la nation, c’est leur donner le droit d’islamiser , càd le droit de s’approprier notre territoire,
    Toute terre où une mosquée est érigée devient terre d’islam

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