La recette qui fait progresser les partis populistes en Europe du Nord…


La recette qui fait progresser les partis populistes en Europe du Nord…

Illustration tirée d’un article de Libération de 2016 http://www.liberation.fr/debats/2016/12/29/le-nouveau-parti-de-l-etranger_1538053

VENUS POUR DURER

Comment les partis populistes de droite ont changé la politique en Europe du Nord

De Mathias Wyssuwa, Franfurter Allgemeine Zeitung, 29 septembre 2017, p.8

Traduit de l’allemand par Ivan Blot

Le soulagement fut grand au parti norvégien du Progrès après l’élection de la mi-septembre. La première participation au gouvernement aurait pu être la catastrophe car cette compromission aurait pu être interprété comme la fin de la protestation. Mais les électeurs n’ont pas puni les populistes de droite. Ils ont perdu très peu avec 15,3ù. Le parti se réjouit et on peut continuer à participer au gouvernement.

La nouvelle question qui se pose en Allemagne depuis le succès de l’AFD n’est pas une nouveauté en Europe du Nord. Comment faire avec les populistes de droite ? Ceux-ci sont présents depuis plusieurs années dans les parlements du Danemark, de Norvège, de Suède et de Finlande. Les autres partis ont donné des réponses variées à la question. Mais il y a deux constantes : les populistes ont modifié le discours politique. Ils sont toujours présents.

La montée du parti du progrès norvégien date des années quatre-vingt. Elle est due au discours sur l’immigration et hostile à l’islam. En 1989, il a dépassé pour la première fois 10%. Mêle tenu à l’écart par les autres, il a eu beaucoup d’influence. La politique des migrations s’est durcie. Puis ils fut dédiabolisé, d’abord au niveau local où il a pu faire des alliances. Lorsqu’en 2006, Siv Jensen a pris la direction, il fut accepté. Jensen a réduit les aspérités et a adopté d’autres sujets. En 2013, le parti du progrès a fait une coalition avec le premier ministre conservateur Erna Solberg. Jensen devint ministre des finances.  Le grand parti conservateur tint des propos favorables. Lorsque la crise des réfugiés toucha le pays, presque tous les députés du parlement demandèrent de durcir le droit d’asile. Le ministre de l’intégration du parti du progrès joua la carte de la peur et la colère. Elle provoqua ses partenaires et fut rejetée par la gauche. Mais les électeurs l’ont récompensé.

Le parti du peuple danois a eu autant d’influence sans participer au gouvernement. Il a soutenu les partis bourgeois minoritaires de 2001 à 2011  puis à nouveau depuis 2015. Il a obtenu un durcissement de la politique migratoire. Elle a modifié le paysage politique du Danemark comme aucun autre parti ne la fait dans le Nord.

Le parti du peuple danois a bénéficié des mêmes circonstances que les autres populistes de droite des autres pays du nord. Ils ont avancé dans un domaine déserté. Le langage dominant des sociaux- démocrates ne correspondait plus à ce que les gens voyaient autour d’eux : les problèmes d’intégration des immigrés par exemple. Les partis de la droite bourgeoise se sont centrisés car ils ont cru ainsi trouver des électeurs. A cela s’ajoute ce qui a partout aidé les populistes : la déception à l’égard des élites et la crainte de la globalisation. Un espace s’est dégagé à droite que le parti du peuple danois a occupé sans attendre. Il est entré en 1998 au parlement. En 2015, il est devenu le deuxième parti avec 21%  des voix. Cela a non seulement conduit à durcir la politique migratoire mais cela a obligé les autres partis à venir sur le terrain des populistes en durcissant le ton à l’égard des migrants et de l’islam. On alla même jusqu’à faire une conférence de presse commune entre le président du parti social démocrate et le parti du peuple danois où chacun a félicité l’autre pour le travail en commun ! Au Danemark, on est heureux de dire ce qui est impensable en Suède.

Au Danemark et en Norvège, on se moque ouvertement du politiquement correct des Suédois. En Suède, on a choisi d’isoler les « Démocrates suédois ». Mais en 2010, ils sont entrés au parlement. En 2014, ils ont atteint 13% ; Lorsque les Rouges et les Verts au gouvernement, minoritaires, ont failli ne pas pouvoir faire voter leur budget, ils ont passé l’accord de décembre pour isoler les seuls populistes. Lorsque le chef de l’opposition de droite bourgeoise Anna Kindberg Batra au printemps dernier a envisagé de coopérer avec les « Démocrates suédois », la colère se déchaina et elle du quitter sa présidence.

Pourtant, le problème des relations avec les Démocrates suédois doit être résolu car ils font maintenant 20%  dans les sondages. Jimmie Akesson, le président, a fait beaucoup pour rapprocher son parti du pouvoir. Il a abandonné les racines racistes, du moins en apparence. Il se veut posé. Il incarne une continuité personnelle. Dans tous les pays du nord, même si cela bouge dans le parti, la progression est liée à très peu de personnes qui sont là depuis longtemps.

C’est pareil en Finlande. C’est Timo Soini qui a fait des « vrais Finlandais » un parti important. Son résultat a quintuplé en 2011 pour atteindre 19%. En 2015, il a fait 17,7% et est entré au gouvernement. Soini devint ministre des affaires étrangères. Mais cela n’a pas vraiment plus aux électeurs. Soini fut contesté et son successeur choisi par lui fut écarté. A la place fut élu Jussi Halla Aho connu pour ses provocations xénophobes. Le premier ministre conservateur Juha Sipila fut mécontent et le gouvernement failli sauter. Soini fit alors une scission dans son parti et sauva le gouvernement. Depuis lors, le parti des vrais Finlandais s’est stabilisé avec un bon score. Par contre, le nouveau parti de Soini « avenir bleu » s’est effondré dans les sondages.

CONCLUSIONS

1/ Les partis populistes sont apparus et ont monté en puissance autour du thème de l’immigration

2/ les alliances se font toujours avec les conservateurs. L’isolement des démocrates suédois ne leur a pas nui électoralement mais le pays n’a pas durci sa politique en comparaison avec le Danemark où les populistes font partie d’une coalition au pouvoir.

3/ L’exemple finlandais montre que les scissionnistes  modérés sont sanctionnés par les électeurs. Un discours plus brutal, par contre, n’est pas sanctionné.

4/ Les populistes sont tiraillés entre des électeurs très hostiles à l’immigration et la tentation de faire des alliances avec la droite modérée. L’alliance peut donner de bons résultats comme au Danemark à condition que les modérés se durcissent sur l’immigration. Par contre, l’abandon des positions dures sur l’immigration coûte toujours cher en termes électoraux.

Note de Jean-Paul Saint-Marc
(Modifié)

Je tiens à faire remarquer que des élections parlementaires à la proportionnelle ont lieu dans ces pays, donnant son poids à chaque parti !

Dans les proportionnelles, apparait le scrutin le liste nominal…
Avantage, l’électeur choisit dans la liste, ce qui permet de renouveler les cadres politiques !
Autres aspects, avec un seuil d’élection, avec des modes genre à la plus forte moyenne, au plus fort reste, etc.

Les listes peuvent être régionales…

Commentaires : les pouvoirs extérieurs au politique et annexés à ce dernier, presse en particulier mais aussi assos, sont réduits même s’ils se déchaînent… Quant à la JUSTICE, elle est cadré politiquement ce qui évite les dérives anti-peuple.

Résumé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Scrutin_proportionnel_plurinominal

 

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haut fonctionnaire, homme politique et essayiste français, ancien député, ancien conseiller général, ancien conseiller régional, Président de « Agir pour la démocratie directe », responsable du Libre journal de la résistance française toutes les quatre semaines sur Radio Courtoisie.


12 thoughts on “La recette qui fait progresser les partis populistes en Europe du Nord…

  1. Xtemps

    Donc il faut pas désespérer, les peuples européens choisis de défendre leurs cultures, traditions et races authentiques, que normalement nos dirigeants doivent respecter qu’ils ne font pas.
    Ils n’ont aucun droit d’imposer l’immigration par la force contre la volonté des peuples européens et sans consulter les peuples européens par référendum.
    Et sont les raisons pourquoi le racisme, l’Islamophobie et autres, sont des escroqueries contre la liberté des peuples européens de choisir.
    Et nous voyons bien que ce sont des excuses pour vider les caisses d’états par les escrocs imposteurs aux pouvoirs, pas pour les immigrés.
    Nous sommes dirigés par des escrocs imposteurs, des manipulateurs, des voleurs et surtout des assassins, des criminels avec les attentats..

  2. Chris2AChris2A

    Populo-francouillard !
    Je le revendique haut et fort !
    Tout le reste nous conduira au retour de la loi de la jungle ……
    Merci Monsieur Blot pour vos contributions sur RR.

  3. J

    On voit quand même le manque de culture des habitants (ou bien leur lavage de cerveau) : Dès que les bien-pensants ou la médiasphère qualifie quelque chose de populiste, tout de suite, c’est mauvais. Alors que ce mot a pour racine le peuple. C’est fait pour le peuple donc pour les habitants d’un pays. Tous ceux en France qui parlent avec mépris en usant le terme « populisme » crachent sur le peuple et personne ne se révolte.

  4. SAINT-MARC Jean-Paul

    Je tiens à faire remarquer que des élections parlementaires à la proportionnelle ont lieu dans ces pays, donnant son poids à chaque parti !

    Dans les proportionnelles, apparait le scrutin le liste nominal…
    Avantage, l’électeur choisit dans la liste, ce qui permet de renouveler les cadres politiques !
    Autres aspects, avec un seuil d’élection, avec des modes genre à la plus forte moyenne, au plus fort reste, etc.

    Les listes peuvent être régionales…

    Commentaires : les pouvoirs extérieurs au politique, presse en particulier, sont réduits même s’ils se déchaînent…

    Résumé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Scrutin_proportionnel_plurinominal

      1. Jean-Paul Saint-Marc

        Oui effectivement, le système électoral français, institué par de Gaulle pour contrer l’instabilité de la 4è République, a donc des effets pervers.

        Il assure aux partis « officiels » un certaine sécurité, même dans le cas de la vague macroniste… Les Ripoux et même le Parti Sociétal -qui n’a plus rien de social ni plus aucune adhérence populaire mais bourgeoise- ont été relativement épargnés bien plus que le FN dans leurs défaites. En cela s’ils ont subi une défaite politique, mais ils n’ont pas subi de défaite idéologique, l’idéologie confirmée par les macronistes…
        Leurs soutiens idéologiques annexes aux manœuvres, presse, INjustice sociétale et de classe, assos, ont assuré le travail d’édredons et de contrôle de la société pour les quels, soit ils ont été mis en place (assos), soit ils ont été transformés (presse, INjustice, éducation…)…

        1. Chris2AChris2A

          Bonjour
          oui, tu as raison, et je dirais même plus : sociétaliste plutôt que sociétal ou socialiste….
          Ah tiens ! Ils viennent même d’inventer la biphobie, laquelle vaudra–il faut le savoir– non seulement en faveur des « bi », mais également en faveur des « pan »-sexuels !!!… On n’arrête pas le progrès !
          Mais ils sont tous hors jeu et has been …Ils s’en doutent un peu, mais continuent à jouer leur rôle de faux culs et de coallahborateurs …
          Nous sommes tous au pied du mur et chacun devra, très vite, choisir son camp !…

  5. Sylvie S

    Disparition d’un de nos brillants acteurs de cinéma français qui a marqué notre histoire. Il aimait les chevaux et en avait sa passion.

    Jean Rochefort, nous a quittés ce matin, très doucement. Il est parti rejoindre Mireille Darc, Jean Carmet, Louis de Funès, Bourvil, Patrick Dewaere et tant d’autres.

    Il a marqué le cinéma français et joué de bons rôles.

    Il a cotôyé Michel Galabru au cinéma et au théâtre.

    RIP !

    Condoléances à sa famille…

    Jean Rochefort était aussi un bon cavalier car il possédait une écurie et montait régulièrement à cheval.

    Adieu Monsieur Rochefort, je vous aimais bien.

    On ne vous oubliera pas car vous incarniez un monde qui disparaît tout doucement : celui des vrais artistes aimant le cinéma français ancien.

    Adieu !

    Que le Bon Dieu vous accueille dans son Ciel parmi les anges !

  6. patito

    oui, bien sur qu’il faut arrêter l’immigration puisque nos CPF font des enfants comme dans leur pays d’origine et que les mathématiques nous montrent l’avenir sombre de nos chères petites têtes blondes.

  7. frejusien

    La recette, c’est de déclamer haut et fort, qu’on ne veut plus de cette invasion, de cette immigration débridée, de cette islamisation par toutes les populaces du tiers-monde,
    Nous voulons conserver nos pays, nos racines, nos coutumes, notre mode vie, nous voulons retrouver la sécurité dont on a bénéficié durant de longues années, quand tous ces olibrius n’avaient pas envahi nos espaces de vie.

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