Florence Parly, ministre de la guerre, voulait des drones non armés, pour quoi faire ?


Florence Parly, ministre de la guerre, voulait des drones non armés, pour quoi faire ?

Si vis pacem, para bellum.

Mais en n’armant pas nos drones, les visionnaires du Ministère de la Défense préféraient sans doute le slogan « faites l’amour, pas la guerre ».

Cependant, Florence Parly, le ministre français des Armées, a annoncé mardi que les 6 prochains drones américains MQ-9 Reaper seront armés (Le Point) et s’ajouteront aux 6 autres non létaux. Cette commande représente un contrat de 600 millions d’euros pour l’armée américaine.

Le béotien en polémologie (science de la guerre) pourrait se poser deux questions :

  • A quoi servaient des drones non armés ?
  • Pourquoi ne les a-t-on pas fabriqués nous-même ?

Florence Parly a donc enfin décidé que les drones non armés mais armables seront finalement armés.

Pourquoi tant d’hésitation ?

Précédemment, Hollande et Le Drian avaient refusé de trancher par « crainte de susciter des polémiques à gauche ». En effet, la France se doit de respecter ses engagements internationaux sur les règles d’usage de la force et le respect du droit des conflits armés (L’Opinion).

Car la gauche se pose un tas de questions existentielles : peut-on faire la guerre sans tuer ? Puis-je larguer un missile en respectant les droits de l’homme ? « Qui suis-je, où suis-je ? dans quel état j’erre » se demandait le général Coluche.

Pourtant Hollande et consorts ne rechignaient pas à armer les pétromonarchies. Après tout, si des Leclerc émiratis pulvérisent des civils houthis, c’est leur problème.

Mais enfin, l’armée française a-t-elle le droit de tuer ?

A ce rythme-là et avec cet état d’esprit, la guerre contre le terrorisme islamique est mal engagée. Car en face, côté Daesh, on se pose moins de questions.

Contrairement à l’armée américaine, les victimes collatérales (entendez les civils) sont bien moindres avec l’armée française. C’est tout à son honneur mais se pose la question de l’efficacité d’une telle stratégie.

L’État d’Israël connaît bien ce problème de guerre asymétrique et les réponses à y apporter. Sa stratégie militaire est un difficile mélange de retenue et de large engagement : la carotte ou le bâton et la loi du talion.

La Russie, fidèle à ses habitudes (qui lui réussissent plutôt bien), préfère l’efficacité à la morale. Elle ne se pose pas de questions sur l’usage des mines, des armes à sous-munitions et du phosphore blanc.

Soit dit en passant, lors du siège d’Alep, France Info avait titré « Syrie et Russie larguent des bombes au phosphore interdites ». Plus tard, Le Monde annonçait que « la coalition internationale reconnaît l’usage d’obus au phosphore à Mossoul » mais, nuance, « elle se défend de mettre en danger les civils ». Autrement dit, elle ne fait pas exprès de tuer des innocents tandis que la Russie, si.

En France, on tergiverse, on hésite, on attend pour décider peut-être de la suite. Et c’est comme ça depuis 1939…

 Quand le pioupiou s’évertuait à placer ses bandes molletières, le soldat allemand enfilait des bottes.

… Pendant que les généraux français attendaient de voir s’il fallait opter pour le char ou l’avion, la Wehrmacht lançait sa « guerre-éclair » (blitzkrieg).

… Et quand les troupes de forteresses pensaient leur refaire le coup du « ils ne passeront pas », les chars de Guderian traversaient déjà les Ardennes.

Pour en revenir aux drones, pourquoi ne peut-on pas les fabriquer nous-mêmes ?

Il fallait d’abord un esprit visionnaire, un véritable État-stratège et des investissements conséquents. Depuis 40 ans, les politiques, de droite ou de gauche, n’ont cessé de brader le complexe militaro-industriel français.

Les causes sont diverses : ça coûte cher ; la guerre, c’est pas bien ; la guerre froide, c’est fini ; les Américains nous protègent etc.

La France a bien des char Leclerc, des hélicoptères Tigre, des avions Rafale et un porte-avion nucléaire mais ce sont des outils que l’armée emploie avec parcimonie, on est jamais à l’abri d’un missile russe Kornet ou d’un Exocet irakien…

Avec les restrictions budgétaires, l’armée doit se serrer la ceinture : le soldat achète lui-même son matériel, reçoit plus ou moins sa solde (logiciel Louvois défectueux), le matériel est usé et l’on doit recourir au cannibalisme (« réparer » un hélicoptère en désossant un autre).

L’État a-t-il encore les moyens d’assurer la pérennité du sanctuaire national ?

Sûrement mais il a préféré d’autres choix : aide aux migrants, AME, subventions aux associations, métro d’Abidjan ou politique de la ville plutôt que renforcer son industrie militaire et l’indépendance nationale.

Exeunt Manurhin, Panhard,  Saviem, les manufactures d’armes de Châtellerault ou de St-Etienne (MAS)…

NEXTER (ex-GIAT) subsiste mais a dû faire face à de nombreux plans de restructuration. Le groupe est plus ou moins privatisé en 2015, fusionnant avec l’allemand Krauss-Maffei Wegmann.

Arnaud Montebourg a beau jeu de regretter « la désinvolture française vis-à-vis de l’industrie » ; lui et ses prédécesseurs n’ont rien pu ou voulu faire.

Si la conception du Leclerc, du Rafale ou du canon automoteur CAESAR est bien tricolore, les emprunts à l’industrie étrangère sont désormais plus nombreux.

Faisons l’inspection des troupes actuelles :

Le chef Chaudard porte à la ceinture le vieux pistolet PAMAS G1 d’origine Beretta emprunté à la Gendarmerie désormais équipée du SP 2022, du suisse SIG-Sauer.

Protégés par leur pare-balles norvégien NFM, Pithivier porte le nouveau fusil d’assaut HK416 allemand remplaçant l’antique FAMAS tandis que Tassin lui préfère la mitrailleuse belge FN-Minimi. Descendus du camion Renault Sherpa 5, dont on ne sait s’il est suédois (Renault trucks appartient à Volvo) ou chinois (Volvo appartient à Geely), ils prennent place dans une Kangoo gris taupe affectée à l’opération SENTINELLE.

Sauf le chef, qui préfère parader au volant d’un magnifique 4×4 Ford Ranger américain.

Les valeureux soldats pensent qu’en Afrique, leurs camarades pourront désormais compter sur la technologie américaine des drones Reaper MQ-9, enfin armés de missiles Hell Fire.

Parmi ces acquisitions, seule la Kangoo est française, fabriquée à Maubeuge.

En attendant l’hypothétique drone MALE européen (enfin, à 31% allemand…), les soldats français vaquent donc en Kangoo gris taupe.

Mais peut-on sérieusement faire la guerre en Kangoo ?





11 thoughts on “Florence Parly, ministre de la guerre, voulait des drones non armés, pour quoi faire ?

  1. CLAUDE LAURENTCLAUDE LAURENT

    Mais vous n’avez rien compris, ces drones non armés pourrons être armés de caméras…. c’est pour « not sécurité »… et le tout géré si possible par des entreprises privées se baladant en voiture banalisée…. pour « not sécurité »…
    Alors les mecs pris à 56 km/h par ici la monnaie … faut bien approvisionner SOS racisme etc.
    G Collomb nous a rassuré, les chasseurs de mougeons seront payés au forfait… gentil ça… pour ne pas les inciter à faire du chiffre….SAUF QUE:
    Rappel: un préfet s’est inquiété que le radar d’une petite commune ne rapportait rien et il s’enquit près du maire lui demandant si les habitants roulaient encore en voiture.
    Donc si dans certains endroits les chasseurs de vaches à lait ne font pas du chiffre qu’adviendra-t-il ?
    On entend dire que le nombre morts augmente sur les routes…cela correspond-t-il à l’augmentation du nombre de radars ?
    Paraît que les anglais s’en sont aperçu et qu’ils arrêtent les frais (dixit journal l’Union)

  2. Xtemps

    Les soldats avec leurs Kangoo, on dirait des facteurs, ben ils peuvent toujours écraser l’ennemi avec comme le musulmans le font.
    Vous écrivez 600 millions d’euro pour que six drones!, cela fait 100 millions pour un drone!, mais c’est du vole!.
    Vous êtes sûr qu’ils n’ont pas un peu hyper gonflé les factures là.
    Vous les fabriqué en Chine, vous les avez pour 5000 milles euro pièce, sans être armé, et encore.

    1. Frontalier74

      La contrat de 600 millions d’euros comprend l’achat d’un « système de drones » de 12 Reaper :

      – 6 drones non armés
      – 6 drones armés (missiles Hell Fire ou bombes GBU)
      – Deux segments sol (envoi, réception, traitement des informations)
      – la formation, l’assistance technique, la maintenance…

      Un drone vaut environ 15 millions d’euros.

    2. Frontalier74

      oui, c’est ça, on dirait des facteurs…

      Je ne veux pas être méchant, mais là : Genu valgum, regard hâve, uniforme bouffant…

      A côté d’eux, la Kangoo de guerre… Pfff

  3. Amélie Poulain

    « Car la gauche se pose un tas de questions existentielles : peut-on faire la guerre sans tuer ? Puis-je larguer un missile en respectant les droits de l’homme ? « Qui suis-je, où suis-je ? dans quel état j’erre » se demandait le général Coluche. »

    Extra ! C’est tout fait ça.

  4. durandurand

    Nous sommes vraiment diriger par des incapables des corrompus et traîtres , la florence parly n’a qu’ a les armés avec des lance-fleurs ou des tubes lance-bonbons comme ça il n’y aura pas de blessés , comme ça ils pourront crier à tue- tête « même pas peur  » les cons .

  5. Chris2AChris2A

    Les drones devaient servir à balancer des confettis et des formulaires d’inscription au RSA pour les djihadistes tentés de venir s’épanouir en France…

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