Après le jugement de Dijon, menus halal obligatoires dans toutes les cantines scolaires ?


Après le jugement de Dijon, menus halal obligatoires dans toutes les cantines scolaires ?

Merci Christine pour votre invitation à donner mon avis  sur cette affaire de cantine; c’est naturellement une atteinte supplémentaire à la laïcité, car on ne devrait prévoir que des options de menus liées à des enjeux de salubrité publique, afin d’éviter les allergies notamment.

On pourrait comprendre qu’on propose pour certains élèves un repas sans gluten par exemple (sachant que très peu de personnes sont concernées par des intolérances au gluten et que les repas sans gluten sont plus chers).
La liste est susceptible d’être longue d’options alimentaires si l’on tient compte de ces risques véritables de maladies ou d’allergies propre à une malfaçon de la nature (qui ne fait pas toujours bien les choses…).

Au contraire, les interdits religieux sont purement artificiels et ajoutent une complication inutile à l’organisation du service de la cantine.

On s’achemine vers un modèle de « vivre ensemble » à l’anglaise car, apparemment, la Constitution et la Déclaration de 1789 n’ont pas pesé lourd dans le débat si l’on en croit les échos qui en sont donnés dans la presse. Nos textes fondamentaux passent pour des détails gênants semble-t-il (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/menus-de-substitution-supprimes-chalon-sur-saone-le-tribunal-administratif-va-trancher-1503677974).

Comment un avocat sérieux peut-il prétendre que la laïcité est ainsi travestie ? Il devrait relire la Déclaration de 1789 !
La nature a horreur du vide et le droit aussi : il est faux de prétendre, comme l’ont fait certains, qu’il y aurait dans ce domaine un vide juridique.
Là où il y a un vide, dans le système de 1789, la liberté prévaut, donc la liberté du maire d’imposer un menu unique aurait dû s’imposer.

La liberté cesse seulement en cas de risque pour la santé d’autrui, ce qui impose les options de menus strictement liées à des risques d’allergies.

On s’achemine, si la décision devait être confirmée devant la Cour administrative d’appel puis le Conseil d’Etat (en cas d’appel puis de pourvoi) vers d’autres conséquences dramatiques :
Demain, on ne pourra plus par exemple caricaturer Mahomet, représenter Allah ou froisser les sentiments religieux d’autrui au nom du respect dû à la foi et aux interdits religieux.
On sait déjà ce que ça a coûté à Charlie Hebdo…
Ce sera la conséquence à tirer si un maire peut voir sa liberté d’administration de sa commune entravée par un interdit religieux, puisque la qualité de maire n’a pas d’importance particulière du point de vue des principes en conflit dans ce contentieux.
On peut donc penser, au vu des articles journalistiques, que cette décision est donc mal fondée juridiquement, sous réserve de la lire car elle n’a pas encore été rendue publique semble-t-il.




Maxime

Mon avatar est Justinien car c’est son Digeste qui synthétise le meilleur état du droit romain. Redécouvert au Moyen Age à Bologne, il a influencé le droit français dans bien des domaines, notamment le droit civil contenu principalement dans le Code civil actuel.


17 thoughts on “Après le jugement de Dijon, menus halal obligatoires dans toutes les cantines scolaires ?

  1. babe

    le probleme c’est que les medias n’en parlent pas donc personne n’est vraiment au courant est cela devient de plus en plus grave

  2. gib34

    Désobéissance voila la seule réponse aux tribunaux nous n’en avons plus rien à foutre du code civil Français nous allons faire comme les islamistes chier dessus et nous révolter.

    1. frejusien

      en l’occurrence il ne s’agit pas du code civil, mais d’une décision arbitraire du tribunal administratif qui triture et accommode la loi à la mode gauchiasse-islamo,
      et d’accord, on chie dessus comme les autres , ou plutôt on devrait mais on ne peut pas
      Au cours des différentes affaires évoquées sur ce site, on s’aperçoit que les maires ont très peu de latitude pour gérer leur commune

  3. J

    Les parent devraient boycotter les cantines. Mais ça les arrange trop. Ils s’en foutent. La plupart ne sont même pas dérangés de gober de la viande rituelle.

  4. durandurand

    Que vient foute la justice dans les repas scolaires , les petits juges à la semaine n’ont rien d’autre à branler que de s’occuper d’autoriser ou d’interdire de quoi vont manger les gosses aux collèges ou lycées et de faire chier le maire de la commune ? Vraiment tout fou le camp dans ce pays , il n’y a plus aucune logique , ils marchent sur la tête !

  5. Amélie Poulain

    Je ne comprends pas d’ailleurs que la Loi puisse s’immiscer dans le fonctionnement d’une cantine, hormis aussi bien sûr sur les pouvoirs d’un Maire concernant des décisions justifiées, c’est grave.

    Avant, on ne se posait pas la question des menus à la cantine, on mangeait ce qu’il y avait point, ou on ne venait pas à la catine et si on avait une allergie, on se débrouillait de façon individuelle. Et on s’en portait très bien.

    Pourquoi, par exemple, en cas d’allergie (je ne parle pas d’interdits qui n’ont rien à voir avec les intérêts de la Société), les parents, comme cela se fait dans certaines crèches ne prévoiraient pas de fournir le repas ? Ce n’est pas le problème du Collectif, c’est une situation individuelle d’ordre médical, on n’en finit plus si on rentre dans les cas particuliers.

    Mais aujourd’hui, c’est la Société qui doit s’adapter à l’individu et non l’inverse, ce qui est complètement inadapté au vivre ensemble. Après il ne faut pas s’étonner des confusions et injustices que l’on constate. Il ne peut, dans un tel contexte, y avoir de règles générales unifiantes et structurantes, ce qui est avant tout leur but concernant la vie en Société.

  6. Frontalier74

    Et demain, si nous avons des hindouistes demandant des repas sans vache ? Et des vegans ? Et les sikhs, ils veulent quoi ?

    Les parents ne manifestent pas de peur de se faire taxer de racistes ou d’islamophobes.

    Et puis nous sommes encore en vacances (d’où peut-être cette rapidité de jugement…)

  7. Révolution

    Certain chrétiens et juifs n’auront pas envient que leurs enfant mangent halal les autres ignorent se qu’implique le mot halal
    On ne peut pas forcer tout le monde a manger halal
    Ce n’est qu’une affaire pour les muzzs
    Ils ne peuvent légalement nous imposer leurs doctrines.

    1. Amélie Poulain

      « Ils ne peuvent légalement nous imposer leurs doctrines. »

      Oui mais alors où sont les avocats et les juristes ? Ils sont royalement absents sur bien d’autres sujets inacceptables voire illégaux aussi.

  8. Alexcendre 62

    Les parents devraient savoir que pendant que la bête se meure le tube digestif régurgite du liquide de l’estomac sur la carcasse donc sur les futurs steaks , la honte c’est que les services sanitaires ferment les yeux et l’autre honte et que l’on met l’ensemble de la population a ce régime a son insu ,  » Rendez moi ma France  » .

  9. pacloue

    mais est ce même un pb de laicité?
    Pour moi la mairie gère la cantine et propose à l’avance une semaine de menus diversifiés. Si tel est le cas ( du porc une fois par semaine et non à tous les repas par ex, un repas végétarien dans les mêmes conditions) j’ai tendance à penser que l’égalité de tous est respectée et si qq a des soucis alimentaires ou religieux, l’enfant ne sera pas mis à la cantine
    ce n’est pas à la collectivité de régler avec l’argent du contribuable les besoins divers des personnes.
    Ou alors en venir à la mode américaine, on apporte son repas et la commune se borne à mettre à disposition une salle pour les repas

    1. MaximeMaxime

      Oui c’est un problème de laïcité puisqu’il s’agit de distinguer les lois civiles des lois religieuses, mais de toute façon la laïcité est fille à la fois de l’égalité et de la liberté républicaines.
      En l’occurrence, obliger à proposer une viande alternative revient à augmenter le prix du repas pour la municipalité, ce qui devrait à tout le moins justifier un surcoût, le porc étant la viande la moins chère :
      http://resistancerepublicaine.eu/2017/04/18/supprimer-le-porc-a-la-cantine-comme-le-veut-melenchon-est-dangereux-pour-nos-enfants/

    2. Amélie Poulain

      « Ou alors en venir à la mode américaine, on apporte son repas et la commune se borne à mettre à disposition une salle pour les repas »

      C’est que l’on fait dans certaines crèches privées. Mais là encore il y aurait une revendication car les enfants, entre eux, peuvent partager leur repas (et le font spontanément bien souvent)…

      Il faut arrêter de donner considération à ce genre de demande, point final. Cela n’a aucun sens en France, point re-final.

      Sinon, on entretient le problème et pire, on lui donne du sens.

  10. Dorylée

    Dans le même ordre d’idée, les employés des cantines et les enseignants veilleront à ce que les enfants musulmans (donc fichés) s’abstiennent de toute consommation de boisson et de nourriture pendant le mois du ramadan. Qui se chargera d’envoyer les gamins déshydratés ou en hypoglycémie à l’hôpital ?

  11. Alexandra Dougary

    Si cela fait jurisprudence nous devons descendre TOUS dans la rue pour manifester notre mécontentement et remettre le cochon à l’honneur.

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