Quand les clandestins aimaient la France et ne voulaient pas « profiter »…


Quand les clandestins aimaient la France et ne voulaient pas « profiter »…

Oui ! La culture ne s’est jamais autant démocratisée , elle ne fut jamais aussi disponible et facile d’accès qu’aujourd’hui.

Je connais quelqu’un ayant connu la clandestinité ; la vraie, celle qui fait que tu n’existes plus ; celle réelle, parce que tu ne demandes rien et que la seule entorse faite est celle de travailler honnêtement jusqu’à 20h par jour pour un salaire de misère qui te permet de ne manger qu’une fois par semaine ; celle dont tu n’oublies pas malgré tout que tu es venu te perdre ILÉGALEMENT sur ce sol étranger et dont les conditions extrêmes de survie n’empêchent pas le respect du pays dans lequel tu as posé tes pieds et ta vie.

Refoulée, cette personne est revenu sur le sol de sa mère Patrie : La FRANCE.

Les débuts furent chiches mais honnêtes et volontaristes. Atterrie à Paris, cette personne, devenu SDF, allant à la soupe populaire une fois par jour, passait ses journées à arpenter le pavé parisien pour, faute de pouvoir se payer métro ou autobus et timbre poste, déposer elle-même ses lettres de postulat à l’emploi dans chaque entreprise ou établissements, organismes susceptibles d’avoir un poste à pourvoir ; jusqu’à plus de 20kms par jour à pied.

Le résultats, un mois plus tard : « LE CHOIX de 6 EMPLOIS ».

Pour en revenir à la démocratisation de la culture et à son accès libre ; cette personne passait ses week-ends, non parce qu’elle n’avait pas d’autre solution mais par goût et par l’envie de positiver sa situation, d’en profiter pour en sortir quelque chose de profitable qui lui soit agréable, par intérêt intellectuel ; pour satisfaire un besoin ; n’ayant pas de revenus au tout début de son retour passait ces quasi 48 heures au Centre Baubourg, Centre Pompidou, plongée dans la lecture, les médias et le pavillon musique dans lequel lui étaient donnés gratuitement le loisir, le bonheur d’écouter de la musique ou de visionner des dvd Opéra en toute intimité, comme les autres, casques greffées aux oreilles.

Alors oui ! La France sait être grande ! La France sait DONNER ce qu’elle a de meilleur à TOUS !




Marcher sur des oeufs

Au crépuscule de ma vie, je flâne sur les chemins de la connaissance qui me ravit. Musique, histoire, religion, tout ce qui fait l'homme et tout ce que fait l'homme me passionne.


3 thoughts on “Quand les clandestins aimaient la France et ne voulaient pas « profiter »…

  1. Marcher sur des oeufsMarcher sur des oeufs

    Bonjour à tous juste quelques rectifications à ce témoignage.

    D’abord mille excuses s’il vous plaît pour le « paquet fautes » qui quelquefois est plus gros que d’autres, je ne sais pas pourquoi ; dans ce texte, l’émotion et la précipitation ont participé à ce massacre de notre belle langue ; mille pardons pour ces manquements.

    Ceci étant dit, il y a aussi cette erreur que je ne m’explique pas ; si elle pouvait être corrigée s’il vous plaît car, du contraire, cela deviendrait un faux témoignage ; merci !

    Il s’agit du nombre « 10 emplois » ; il s’agit de 6 ; je ne comprends pas, je sais que c’est 6, j’ai pensé et croyais avoir écrit 6 et quand j’ai posté le commentaire j’ai vu que j’ai écrit 10.

    Enfin ! Juste une précision pour le titre ; la personne en question est française de souche ; son erreur, erreur de jeunesse couplée à d’autres circonstances et évènements ont fait qu’elle s’est trouvée en situation de clandestinité EN PAYS ETRANGER et non en France qui est son pays natal.

    Par contre, ce que je sais, c’est que cette personne revenue sur le sol français parce que refoulée du pays étranger dans lequel elle s’était installée, oui ! une fois revenue a pu constater sur le vif la différence de traitement fait par l’état aux français ex-clandestins en sol étranger et celui accordé aux clandestins sur le sol français. Nous étions alors en 1989. Cette personne m’a aussi rapporté le cas d’un jeune français ayant vécu la même expérience d’expatriation faite par son père pour monter une entreprise en Italie ; les choses ayant mal tourné, le jeune s’est retrouvé dans une situation de précarité extrême à son retour en France ; les témoignages qu’il racontait à cette autre personne sur ses démarches auprès de divers services nationaux,l’ont écoeuré ; la priorité était aux étrangers puisque lui était français et qu’il n’avait donc qu’à faire comme les français. Pourtant il y a une nette différence entre le besoin de recours de ce garçon ou de cette autre personne, c’est que ces deux-là, n’avait pas pour but d’éterniser leur mésaventure mais cherchaient seulement à assurer le minimum vital afin d’entreprendre cette fameuse « reconstruction » dont la bien-pensance emploie si souvent et bien mal à propos.

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