Ces images ont suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux : si certains désapprouvent, d’autres s’en sont violemment pris à la victime en jugeant sa tenue «indécente». «Elle peut se dénuder si elle veut, mais pas dans notre ville conservatrice!», a commenté un internaute. «Cette traînée a eu ce qu’elle méritait !», a écrit un autre. Mais les médias locaux et défenseurs des droits de l’Homme ont immédiatement condamné le harcèlement de la jeune femme.

Parcours de la combattante

Dans un pays qui se veut, selon les discours officiels, chantre d’un islam tolérant et où les femmes n’ont pas l’obligation de porter le voile, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours de la combattante : elles y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes.Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme, joint par l’AFP, concède que la loi marocaine «condamne le harcèlement des femmes au travail, mais pas dans les espaces publics». Avant de rappeler qu’un projet de loi «complet» – qui criminalise les violences à l’égard des femmes, incluant pour la première fois le harcèlement dans les lieux publics – est en cours d’adoption au Parlement.

Vindicte publique

Au Maroc, près de deux femmes sur trois sont victimes de violences selon les chiffres officiels rapportés par l’AFP. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste.Ces dernières années, plusieurs cas d’agressions ont défrayé la chronique, notamment sur les plages où les femmes hésitent de plus en plus à se mettre en maillot de bain. En 2016 notamment, une page Facebook – fermée depuis – incitait à prendre en photo des femmes en bikini pour les désigner à la vindicte publique.