Hayek en 1939 : les origines ultra-libérales de l’ Union Européenne …


Hayek en 1939 : les origines ultra-libérales de l’ Union Européenne …

Comment le théoricien de l’ultra-libéralisme Hayek a théorisé, dès 1939,  le fédéralisme européen comme seul outil capable de  limiter la souveraineté populaire:

Du « Figaro »:

Pourquoi diable faudrait-il prendre la peine de lire un article académique rédigé à la veille de la Seconde Guerre mondiale par un économiste et philosophe né dans la capitale de l’Empire austro-hongrois à la fin du XIXe siècle? Parce qu’en 1939, vivant alors à Londres – et devenu citoyen britannique -, Friedrich Hayek a fourni une analyse des plus lucides d’un futur qu’il n’osait peut-être imaginer – lui qui dénoncera, quelques années plus tard, la «route  de la servitude» (comprenez: l’étatisation croissante de nos sociétés) – mais qui est notre présent, à nous Européens du XXIe siècle.

Le philosophe Philippe Van Parijs le démontrait brillamment lors  d’une conférence à l’Institut européen  de Florence à l’automne dernier. Sa communication, disponible sur Internet en anglais, vient d’être publiée, sous la forme d’un petit livre, en Italie:La trappola di Hayek e il destino dell’Europa (éditions Morcelliana).

En 1939, donc, dans un article au titre austère, «Les conditions économiques du fédéralisme interétatique», Hayek plaidait pour une fédération européenne, qui permettrait d’assurer  la paix entre les nations, mais aussi d’imposer son utopie libérale et de laisser le champ libre à l’ordre spontané du marché.

La libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes – devenues les «quatre libertés»  de l’Union européenne – sur un marché unique priverait les États de la capacité d’intervenir dans le fonctionnement  de l’économie, de mener des politiques industrielle, fiscale, sociale et redistributive, expliquait Hayek.

Et cette limitation de la souveraineté nationale ne pourrait pas être compensée ou remplacée par une capacité d’action collective au niveau de la fédération,  en raison des différences économiques entre les États membres et de l’absence d’un sentiment d’appartenance à un même peuple. «Un employé de la City sera-t-il prêt à payer plus  pour ses souliers et son vélo pour aider  les travailleurs belges?», demandait Hayek.

Le père du néolibéralisme a eu, semble-t-il, plus de flair que les pères fondateurs de l’Europe. On peut disserter sur l’harmonisation fiscale, mais c’est  la concurrence qui prévaut. Et les beaux discours sur l’Europe sociale ne changent rien à la réalité. L’harmonisation, là aussi, tend vers le bas. Ainsi la Belgique a-t-elle assoupli la réglementation sur le travail de nuit pour s’aligner sur la législation hollandaise, espérant récupérer une partie de l’e-commerce qui avait spontanément choisi de s’installer aux Pays-Bas.

Cette dynamique perverse est-elle inévitable? Philippe Van Parijs ne veut pas le croire, qui met en garde contre  un «Brexit soft», lequel, en conservant au Royaume-Uni l’accès entier  au marché unique, lui permettrait de saboter de l’extérieur – par la dérégulation et la concurrence fiscale  et sociale – toute volonté (que beaucoup jugeront aujourd’hui hypothétique) de reconquête du marché par l’État.

Car si l’Union européenne n’est pas néolibérale par accident, elle ne l’est pas non plus, assure Philippe Van Parijs, par essence. Elle est ce que nous, Européens, en ferons. Mais c’est ce «nous», justement, qu’il convient de faire advenir, si l’on veut une autre Europe. Un peuple européen, donc.

Il faut assurément une langue commune, une «lingua franca» – que Philippe Van Parijs imagine être l’anglais (et pourquoi pas?). Il faudrait aussi construire un imaginaire commun et ces corps intermédiaires, qui animent, dans nos pays, la dynamique démocratique.

Reste à voir sur quelles forces – et sur quels intérêts – les partisans d’une autre Europe pourraient s’appuyer pour  sortir du «piège de Hayek», alors que les classes dirigeantes semblent décidées à profiter de la dynamique actuelle pour transformer le modèle européen.

Le temps presse. Dans dix ou vingt ans, l’Union européenne, incapable  de corriger le développement inégal  de ses régions, sera encore plus hétérogène ; son modèle social, loin  de s’étendre aux nouveaux membres, aura régressé au sein des pays fondateurs; et la capacité d’action des États, à défaut d’un réarmement fiscal, sera toujours plus réduite.  Aurons-nous la force et l’envie  de sauver l’utopie européenne?

http://lefigaro.fr/vox/economie/2017/07/09/31007-20170709ARTFIG00194-dominique-berns-l-union-europeenne-face-a-la-prediction-de-hayek.php

Il est illusoire comme le prétend Van Parijs ou un  Mélenchon  de croire à une Europe sociale, l’ U « E » est intrinséquement perverse . Elle est toute entière fidèle aux voeux de Hayek . Destruction de la volonté populaire et imposition de la  libre circulation généralisée: biens, services, capitaux et personnes.





7 thoughts on “Hayek en 1939 : les origines ultra-libérales de l’ Union Européenne …

  1. durandurand

    Emmanuel Macron inaugure le parc Disneylyséeland !
    Macron par ci, Macron par là. Macron amuse la galerie c’est évident.
    Macron hélitreuillé, Macron fait du tennis en fauteuil roulant, Macron à Versailles, Macron dans les sous-marins, Macron en Pick-up, Macron par ci, Macron par là. Macron amuse la galerie c’est évident.

    Et il est manifeste que Macron s’amuse tout autant, comme un gamin qui a rêvé devant des jouets interdits et qui peut soudain se distraire pour de vrai, avec des blindés authentiques, des gars en uniforme qui se mettent au garde-à-vous et tout le toutim. Narcissisme et besoin d’affirmation virile se donnent à cœur joie dans un débordement juvénile inquiétant vu les fonctions que Macron est censé exercer. Le fou du roi est assis sur le trône. Mais où diable le roi est-il passé ?
    Au moins son image est-elle plus simple à saisir que sa pensée, trop complexe pour l’immense majorité des Riens qui ne réussissent pas dans la France où Jupiter le Jeune se distrait.

    On retiendra néanmoins, de ses circonlocutions de Congrès, une étrange référence à la « part maudite » de Georges Bataille, qui ne saurait être le trop-plein d’énergie auquel l’écrivain français attribuait la dynamique humaine. Il faut plutôt y trouver, telle qu’elle a été utilisée dans le discours présidentiel, une énième forme de repentance à destination des populations venues du Tiers-Monde, manière de préparer de nouveaux transferts financiers à leur bénéfice. La France de Macron, c’est bien celle de Terra Nova, qui entendait doter le Parti socialiste d’un électorat de substitution, déclinaison de «gauche» de la théorie du grand remplacement.
    Car, pendant ce temps, le néo-hollandisme triomphe ! Les classes moyennes en seront à nouveau les dindons. D’un côté de vraies hausses d’impôt avec une augmentation de la CSG de près de 20 milliards d’euros qui ira bien au-delà de la baisse des cotisations sociales. Macron et Philippe utiliseront cette différence pour rogner le déficit de 0,2 ou 0,3 % de PIB afin de faire semblant que la France est rentrée dans les clous du traité de Maastricht. Ils croiseront les doigts pour que Moscovici et surtout Merkel fassent mine d’y croire à leur tour.

    De l’autre côté, pour que l’entourloupe fonctionne, on repousse aux calendes grecques toutes les baisses promises pendant la campagne électorale. Bah ! Les retraités qui ont voté Macron n’ont qu’à payer pour leur crédulité. Ils sont bien capables de recommencer la prochaine fois.

    Reste enfin à distraire l’opinion avec des réformes de société ou des évolutions réglementaires qui créeront des polémiques, mettront les gogos dans la rue mais qui, ne touchant pas le gros des troupes, verront leurs oppositions mourir de belle mort. La réforme du code du travail ou la GPA seront à Macron ce que fut à Hollande le mariage homosexuel : un chiffon rouge pour fatiguer la bête et nourrir le spectacle politique.

    C’est long cinq ans même dans un parc d’attractions …
    http://www.bvoltaire.fr/emmanuel-macron-inaugure-parc-disneylyseeland/?mc_cid=0841243aa7&mc_eid=aa3a9f74eb

  2. durandurand

    Du lourd: le pacte euro-arabe d’islamisation de la France
    dans Immigration / Islam / Société — par Emilie Defresne — 9 juillet 2017

    La Résolution de Strasbourg de 1975 ouvre l’ère de l’islamisation de l’Europe à la demande de la Belgique, de la France et du Luxembourg au bénéfice des milliardaires et de leurs multinationales. La première application de ce traité sera exécuté en France par le président Giscard d’Estaing avec le décret sur le regroupement familial qu’il signe dés 1976 et qui verra aussitôt affluer les masses maghrébines en France où elles viendront se fixer par centaine de milliers. En contre-partie de cet afflux de main d’œuvre musulmane bon marché, réclamée par les affairistes apatrides pour tirer vers le bas les salaires et les lois sociales européennes, les dirigeants européens s’engageaient à islamiser l’Europe selon les règles édictées par les pays du Maghreb en marge des négociations avec l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) sur le prix du pétrole. Les frères musulmans sont à la manœuvre derrière.

    L’abaissement des frontières de l’UE, les lois favorables aux clandestins, le droit des réfugiés politiques, – lui aussi à l’initiative du président Giscard d’Estaing, comme l’avortement, le regroupement familial, la loi Giscard-Rothschild-Pompidou du temps où il était ministre des Finances, etc. – le ciel de France hérissé de mosquées, l’islamisation de l’Histoire de France et des pays de l’UE, toutes les lois ou tolérances en faveur de la religion musulmane qui puisent dans la charia, tout cela et bien d’autres choses découlent de ce pacte de Strasbourg et de ses suites inscrites officiellement dans les textes de l’OCI ( Organisation de la Coopération arabe ).

    C’est ce qu’explique dans le détail Alain Wagner, documents à l’appui, dans la vidéo ci-dessous, extraite d’une interview donnée sur Radio Courtoisie le 11 Octobre 2016 :
    https://youtu.be/M0h_82wLK20
    suite sur :
    http://www.medias-presse.info/du-lourd-le-pacte-euro-arabe-dislamisation-de-la-france/76696/?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=Mailing+quotidien

  3. Asher Cohen

    Hayek a probablement été lu en Allemagne, en 1939. Quel était le plan nazi? Au final, la domination du Monde par le « Reich pour 1000 ans », en commençant par la soumission de l’Europe entière. L’Allemagne voulaient appliquer à l’Europe le modèle impérialiste colonial pratiqué par les anglais et les français outre-mer, colonisation dont elle avait été exclue des profits au traité de Versailles de 1919.. Tous les pays européens devenaient ainsi des colonies agricoles soumises et exploitées par la puissance industrielle allemande. Dans un second temps, les Nazis soumettaient l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine pour en exploiter les matières premières, la théorie allemande du Hertzland et du Lebensraum, l’espace vital.. Qu’ont fait les allemands? Ils ont d’abord soumis l’Europe et réduit tous les peuples à l’esclavage. Puis, ils ont attaqué l’URSS pour la soumettre, tout en fonçant sur les gisements pétroliers de l’Irak. L’étape suivante consistait à établir des bases sur la façade atlantique de l’Afrique, masser de l’aviation et de la marine allemande sur la pointe du Brésil, attaquer les Etats-Unis à partir du Golfe du Mexique, remonter la vallée du Mississippi et faire tomber l’Amérique. Roosevelt avait parfaitement compris que le but de cette guerre était la domination du Monde et que l’Allemagne n’allait sûrement pas partager cette domination mondiale avec les Etats-Unis. Il avait compris qu’une fois l’URSS tombée, l’Allemagne allait l’attaquer. Il a donc attaqué le premier en centrant toute sa stratégie européenne sur l’Allemagne, son ennemi central. Et en 1945, ont finalement émergé 2 superpuissances qui se sont partagé le Monde à Yalta.

    Que fait l’Allemagne en 2017? Elle est d’abord la première puissance économique de l’Europe, qu’elle a déjà parfaitement soumise sur le plan économique, mais aussi de plus en plus politiquement. Et, elle n’hésitera pas à soumettre la Russie à la moindre faiblesse. La pensée géopolitique et géostratégique allemande n’a pas changé depuis 1933. Qui pense qu’Hayek n’a pas été lu et compris en 1939 en Allemagne, et qui pense encore que la situation actuelle de l’Europe dominée par l’Allemagne, et dont l’Angleterre est déjà exclue, ne rappelle pas 1941? N’hésitez-pas à réfuter!

    En 1941, Roosevelt a su « créer les circonstances » et l’Amérique a gagné le jackpot, quand Staline a fait tuer 22 millions des « siens ». Le jour où les français créeront leurs circonstances en Europe, au lieu de se laisser croquer crus, les coqs pondront des oeufs.

    1. AntiislamAntiislam Post author

      Bonjour,

      C’est une discussion passionnante.

      Les Nazis étaient impérialistes : l’ U « E » réalise ce plan d’une Europe sous domination allemande.

      Tout cela au nom du « plus jamais ça ! ».

      C’est paradoxal.

      Il y a un Vert allemand européiste qui a dit en substance : « Quand l’Allemagne pourra-t-elle accéder à la douce hégémonie que deux guerres mondiales lui ont refusée? »

      Horrible.

      1. Asher Cohen

        @Antiislam Post author
        Merci pour votre attention à cette question. L’impérialisme allemand est évident. Le Français se lève tôt le matin, et court dans les entreprises produire de la valeur pour rémunérer les fonds de pension allemands placés en France. De plus, c’est l’industrie allemande, reconnaissons-le, l’une des meilleures au Monde, qui fournit les biens d’équipements de la France, et non les français eux-mêmes, dont seulement 10 millions sont privés d’emploi! De même, le Grec se lève tôt le matin et court produire de la valeur pour raquer les intérêts de la dette allemande, et en prime il ferme sa gueule car l’Allemagne lui dicte sa loi. Et à l’inverse, l’Allemand ne travaille pas pour enrichir des fonds de pension français, ni pour casquer la rentabilité d’une dette étrangère. Pour lui c’est « Deutchland uber alles ». L’allemand travaille pour lui, s’équipe en produits allemands, tout en rentabilisant son capital sur le dos des Français, des Grecs, et autres peuples européens. Si ce n’est pas de l’impérialisme et de la mise en esclavage des autres, qu’est-ce que c’est? Comme en 1940, les Anglais refusent d’être les esclaves des Allemands, et sont sortis de l’Europe. Avec Thérésa May à la place de Churchill, s’en portent-ils plus mal? Macron qui est un grand économiste, ne dira jamais que la France est asservie aux intérêts de l’Allemagne. Qu’ont fait Dalladier et Chamberlin à Munich en 1938? Macron n’a pas les « balls » de sortir la France de l’Europe et de l’impérialisme allemand, de dévaluer toutes les valeurs françaises d’au moins 30%, et de redémarrer sur des bases saines. Il préfère illusionner les Français et leur faire croire que l’Europe permettrait le redressement du pays. Ce qu’on voit depuis 10 ans, n’est-ce pas? Ne serait-ce que sur cette question de l’Europe, et de l’impérialisme allemand, quelle est la crédibilité du Président Macron? Je compatis avec le Français qui, quand il a la chance d’avoir un job, se lève tôt le matin pour enrichir les allemands, comme en 1941 l’ouvrier Français, rationné par Pétain, se levait le matin, et courrait chez Renault monter des chars et automitrailleuses que l’Armée Allemande utilisait pour asservir les peuples. N’est-elle pas formidable la France de Macron?

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