Certains disaient déjà « vous n’aurez pas ma haine  » aux nazis…


Certains disaient déjà « vous n’aurez pas ma haine  » aux nazis…

Illustration : le nazi Helmut Knochen interviewé par Jean-Philippe Larrose http://livreblanc.maurice-papon.net/interv-knochen.htm

« VOUS N’AUREZ PAS MA HAINE » N’EST PAS SI NOUVEAU

L’un des sujets d’Histoire auxquels je m’intéresse le plus étant la Seconde Guerre mondiale, je lis souvent des articles sur Internet à ce sujet. Dernièrement, découvrant un document, je suis resté stupéfait… Voyez plutôt :

Le colonel SS Helmut Knochen fut chef du Service de Sécurité (SD, Sicherheit Dienst) et de la Police de Sécurité (Sipo, Sicherheit Polizei, incluant la Gestapo) pour la France et la Belgique. Notons au passage que le SD était une émanation directe du parti nazi et n’avait donc aucune compétence légale à exercer en dehors de ce parti, et que la SS elle-même était une armée privée ; toutefois la confusion entretenue de fait conduisait à parler de « Sipo-SD ». Helmut Knochen avait ses locaux à une adresse restée célèbre, le 72 avenue Foch à Paris. Au titre de cette fonction, Helmut Knochen fut donc directement impliqué dans la politique d’extermination des Juifs et dans l’exécution des Résistants français et belges. Vers la fin de la guerre, il fut membre des commandos de la Gestapo qui accouraient sur les lieux de crash des avions alliés, avant les soldats de l’armée régulière, pour en assassiner les équipages.

Helmut Knochen fut condamné à mort par un tribunal britannique pour le meurtre d’aviateurs et par un tribunal français pour sa participation active et organisationnelle dans la déportation des Juifs et l’assassinat des Résistants. Pourtant il fut gracié par le président Vincent Auriol, sa peine de prison fut diminuée par le président René Coty, et finalement il fut libéré de prison par le président De Gaulle, semble-t-il au titre de la réconciliation franco-allemande. Sa libération fut concomitante avec celle de son supérieur hiérarchique, le général SS Karl Oberg, lequel était titulaire du surnom de « Boucher de Paris ». On ne sait si Helmut Knochen était doué d’humour, mais il choisit après sa libération le métier de courtier en assurances-vie.

Ni pendu ni fusillé, Helmut Knochen mourut tranquillement en 2003 après cette prestigieuse carrière. Quelques années auparavant, en 2000, il avait accordé un entretien à l’écrivain Hubert de Beaufort, lequel avait dû laisser de côté le souvenir de ses frères assassinés par la Gestapo, puisqu’en plus de cet interlocuteur singulier, il eut à cette occasion pour intermédiaire et interprète Jean-Philippe Larrose. Celui-ci, qui avait été interprète-négociateur du Rectorat et du maire de Bordeaux auprès des autorités allemandes durant l’Occupation, s’était étonné lors d’une émission de TF1 précédant le procès de Maurice Papon que des actes de collaboration aient pu valoir des ennuis à leurs auteurs. On peut lire l’article concernant cet entretien accordé à Hubert de Beaufort et organisé par Jean-Philippe Larrose en suivant le lien ci-après :

http://livreblanc.maurice-papon.net/interv-knochen.htm

Incroyable… après l’entretien avec Knochen, Hubert de Beaufort dialogue avec Larrose. Il le questionne à propos du SS : « Ce système terrible, est-ce qu’il le commandait ou est-ce qu’il le subissait ? » Et Larrose de répondre : « J’ai l’impression qu’il le subissait, car dans le fond, c’était un tendre. » Devant la surprise d’Hubert de Beaufort, Larrose répond en deux mots exactement avant de revenir sur un passage de l’entretien avec Knochen. Après quoi, devant l’insistance d’Hubert de Beaufort, il dilue les responsabilités en renvoyant à la hiérarchie nazie.

Oui, vous avez bien lu : le SS-Standartenführer Knochen, chef de la Gestapo de Paris, était un tendre ! On peut considérer sans s’offusquer qu’à la période où Larrose connut Knochen lorsqu’ils étaient étudiants à l’Université de Göttingen en 1932-1933, ils aient pu se lier d’amitié. Mais que pendant l’Occupation et plus encore après la guerre, où les réalités du nazisme furent révélées dans toute leur horreur, Larrose ait pu conserver quelque estime sentimentale envers ce nazi si bien appliqué au service de son idéologie est aussi aberrant que ce que l’on voit et entend aujourd’hui .

Lorsque un terroriste islamiste vient de commettre un attentat, les journalistes trouvent de sa famille ou de ses amis pour dire qu’il était un bon musulman, qu’il n’était pas extrémiste, qu’il était gentil avec tout le monde, qu’il était un bon voisin, etc. Tout comme Larrose considérait Knochen comme un tendre, peut-être au souvenir de leurs années universitaires à Göttingen où l’Allemand, ayant obtenu un diplôme de philosophie, avait pu se montrer bon camarade, bon étudiant, bon vivant, bon philosophe, un humaniste presque… Il n’empêche que huit ans plus tard il était SS-Standartenführer, chef de la police nazie à Paris, pourvoyeur des convois de la mort et des pelotons d’exécutions. Une forme de « radicalisation », peut-être… Hubert de Beaufort a dû passer outre le souvenir de ses frères assassinés pour dialoguer avec un tel individu et se compromettre avec une figure ambiguë du temps de la collaboration, juste pour enquêter sur l’organisation de la police nazie. Alors, quand on découvre qu’aujourd’hui on peut écrire « Vous n’aurez pas ma haine » à propos de l’attentat du Bataclan, on ne s’étonne pas : ceux qui sont prêts à tendre l’autre joue sont encore nombreux.

 

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Daniel Pollett

Retraité actif et patriote vigilant. Auteur du livre « Citoyens ce roman est le vôtre ». Responsable Résistance républicaine du Languedoc Roussillon


8 thoughts on “Certains disaient déjà « vous n’aurez pas ma haine  » aux nazis…

  1. Laurent P.Laurent P.

    La plupart des gens sont INCAPABLES de se défendre, tant physiquement que psychologiquement, et cela n’a RIEN à voir avec l’intelligence. Quand ils sont assez intelligents pour être conscients de leur immense lâcheté, c’est insupportable, ils utilisent donc leur intelligence pour inventer tous les prétextes et les fausses raisons possibles afin de s’expliquer à eux-même, et aux autres, que leur incapacité à se défendre est en fait une grandeur d’âme…
    D’où le Syndrome de Stockholm et le Vous-n’aurez-pas-ma-hainisme.
    C’est aussi simple que cela.

  2. GAVIVA

    Bien souvent cette haine niée est simplement déplacée. Je me souviens avoir lu LES NOCES BARBARES de yvan Queffelec, l’histoire d’un enfant né d’un viol. Une jeune fille de 14 ans violée par un soldat américain dont elle était amoureuse et que ses parents ont accueillis comme le gendre idéal. Lorsque l’histoire se sut les parents cognèrent a tour de bras leur fille, l’insultant de putain, salope etc….Mais PAS UN MOT sur le salopard qui a fait le coup. Le gars et son régiment étaient repartis au pays, ils ne pouvaient rien faire…alors ils tournèrent leur HAINE leur rage impuissante vers leur fille et cette dernière au lieu de HAÏR ses parents pour leur injustice tourna sa haine vers son fils…Il était bien plus facile pour les parents de se dire que leur fille était une salope et leur petit fils un taré ( il a le singe…) Alors quand je vois ces dégénérés dire combien il faut de « courage » pour dire à un terroriste
    ( pardon un déséquilibré!) « vous n’aurez pas ma haine » et faire un art de vivre de la haine du blanc, de la France, de soi même et des patriotes, la hurler sur les plateaux télé etc. Ce sont des lâches qui n’ont pas le courage de s’en prendre à l’ennemi même quand ils l’ont en face d’eux. Hubert de Beaufort en fait partie, on ne sait pas ce qu’il avait dans la tête réellement. Peut être avait il envie de cracher à la figure de Knochen et n’a-t-il même pas osé et s’en est « sorti » par cette pirouette…La plus grand peur des lâches est qu’on découvre ce qu’ils sont alors ils se bricolent des façades « humanistes », de justiciers sociaux ou autres. Qu’on se le dise!

  3. NICOLAS F

    Ces faux intellos égoïstes,privilégiés,nourris de perversité,vivant entre soi,cultivant les paradoxes (jusqu’à la perversité) tous ceux qui passent à leurs propres yeux pour des esprits éclairés ,souvenez -vous ,tous ceux,les petits bourgeois de gauche,galvanisés, qui acclamaient les bolcheviks, Staline,Mao,Pol pot,Ho chi Min,Castro….
    Tous ceux qui ont le culte d’eux-même et le culte de la Personnalité en général car il leur faut acclamer des idoles,l’homme simple ne leur suffit pas.
    Tous ceux qui se donnent des frissons à bon marché en se croyant révolutionnaires, tous ces lâches,ces narcissiques,ces tordus,ces dégénérés ,
    qui se croient la France ,eh bien ,tous ces gens vont être laminés par le système Macron qui vient de prendre le pouvoir ,.Les imbéciles du système étant déjà remplacés par de vrais imbéciles .
    Leur ego va en prendre un coup.
    Pour ça,Macron aura un effet positif ,énucléer l’egotisme des l’intellectuels .
    Maintenant,pour être un intellectuel,il faudra retourner du côté du savoir et de la connaissance,vaste programme. Un programme à la portée de tout citoyen de bonne volonté.

  4. Antoine

    Il faut forcément avoir un minimum de haine de soi et de son pays pour voter un président Macreau!…maintenant je ne crois plus a la démocratie avec ce record d’imbéciles heureux!

  5. frejusien

    Bon, alors tout s’explique,

    Ces couillons de couards qui ont la trouille des muzz, de les regarder en face et de les affronter, ont dévié leur haine vers les patriotes,

    C’est tellement plus facile et beaucoup moins risqué !

    Aie , aie aie !

  6. Anne Lauwaert

    Mon père a combattu sur le Canal Albert et a été prisonnier dans le camp de concentration de Kaisersteinbruch en Autriche. Un jour nous en avons reparlé et comme il exprimait son admiration pour les Allemands je lui ai dit « Mais enfin ces types t’ont envoyé dans un camp, ils ont liquidé 6000000 de juifs, et tout le reste… » et très béatement il m’a répondu « Tu crois qu’ils étaient si méchants ? »… Qu’une personne intelligente, rescapée d’un camp, décorée « ancien combattant et ancien prisonnier de guerre » raisonne de cette façon ? Cela m’a bouleversée, mais toute cette histoire est encore extrêmement sensible, même si on évite d’en parler. Une de mes tantes m’a raconté qu’un autre tante « fricotait » avec les beaux soldat allemands et a failli être rasée… Toute cette génération le savait, mais il ne fallait surtout pas en parler. 40 ans après la guerre un beau matin des croix gammées ont été peintes sur une porte de garage dans notre village. https://www.moosburg.org/info/stalag/lauwaert.html . Ça devrait être analysé sérieusement. La plupart des témoins sont morts, mais cette guerre reste comme un abcès qui n’a pas été vidé et je perçois cela comme un danger qui persiste.

  7. vivelarepublique

    C’est surtout un indice qu’il ne faut pas s’en prendre à l’individu lui-même mais au système totalitaire (nazi, islamique) dont il est le rouage.
    La Résistance ne réussira qu’en détruisant cette religion, voire toute un pan de la culture arabe si le mal est si profond. Mais les terroristes eux-même ne sont que des pions, des zombies aliénés. C’est la l’essence du vrai combat de civilisation que nous livrons

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