La République selon Platon et Aristote pour les nuls comme Macron


La République selon Platon et Aristote pour les nuls comme  Macron

Illustration, mythe de la caverne de Platon.

Interpellés par les étranges déclarations de Macron sur l’absence de culture française, persuadés quant à nous que, non seulement  cette culture existe mais qu’en sus elle doit beaucoup à l’influence de la Grèce antique, nous avons demandé à Maurice Vidal, professeur de philosophie de son état, de nous faire un petit récapitulatif de deux conceptions de la République  qui ont marqué toute notre histoire et notre civilisation, celles de Platon et d’Aristote.

Anania de Schirac

 

LA REPUBLIQUE SELON ARISTOTE

Pour Aristote, « l’homme est un animal politique » : il ne peut donc vivre que dans la cité, dont le but est le Bien commun. Le critère d’une Constitution juste sera donc le Bien de tous. D’où les distinctions suivantes :

– Une Constitution est une monarchie quand le pouvoir est exercé par une personne dans l’intérêt général. Mais si cette personne exerce le pouvoir dans son seul intérêt, la monarchie devient une tyrannie.

–  Une Constitution est une aristocratie quand le pouvoir est contrôlé par une élite visant le bien public. Mais si les dirigeants sont mauvais, l’aristocratie devient une oligarchie.

–  Une Constitution est une démocratie quand le régime est au service du peuple. Mais si les démagogues prennent le pouvoir, la démocratie verse dans l’anarchie.

Par ailleurs, Aristote opte pour la séparation des pouvoirs, et distingue, de ce fait, le  législatif, l’exécutif et le judiciaire :

–  Le législatif crée les lois.

–  L’exécutif les met en œuvre.

–  Le judicaire les fait respecter.

Selon Aristote, l’accès aux fonctions publiques n’a pas à être égalitaire. Toutefois, il faut éviter d’exclure un groupe du pouvoir, car l’exclusion est le germe de la sédition.

En outre, les besoins de la cité ne sont pas les mêmes suivant le niveau de richesse de ses habitants. Or, vu les troubles sociaux qu’elle est capable d’engendrer, l’inégalité économique entre riches et pauvres est à combattre absolument. Pour pallier cela, Aristote prône l’établissement d’une classe moyenne forte, à même de maintenir un équilibre et de protéger la cité contre la corruption et l’oppression.

Enfin, la Constitution a pour rôle ultime d’assurer le bonheur, en favorisant notamment la vie contemplative – qui conduit à la sagesse – car même si l’action politique est indispensable, la vie intellectuelle la surpasse « par sa puissance et sa valeur » (Aristote).

LA REPUBLIQUE SELON PLATON

Pour Platon, il n’y a pas de république en soi : la république est une invention de l’homme. Or, cette invention n’est possible que si l’on se demande comment organiser la cité idéale, ou encore en quoi consiste la justice au sein de la cité ?

– Est-ce faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis ? Mais qui est ami et qui est ennemi ? Et qu’est-ce que faire du bien ou du mal ?

– Est-ce obéir à l’intérêt du plus fort ? Non, car la justice – qui se doit d’être bonne dans ses moyens comme dans ses fins – ne saurait exiger la soumission en tant que moyen.

– Est-ce atteindre « l’excellence de l’âme » (Socrate) ? Non, car l’âme est un concept trop vague, aux dires de Socrate lui-même.

– Est-ce créer un compromis visant la protection mutuelle des citoyens ?

Voilà qui est plus intéressant ! Un État juste n’a-t-il pas pour but d’empêcher les citoyens de se nuire mutuellement ? 

La raison d’être de l’Etat est donc le bien du plus grand nombre, et non celui de quelques-uns. D’où les questions de défense et de sécurité : les guerriers seront les gardiens de la Cité, et la population sera contrôlée.

Mais pour que cette cité idéale voie le jour, il faut que les philosophes deviennent rois ou que les rois deviennent philosophes. En effet, la multitude ne sachant pas ce qui est le mieux pour elle, il Iui faut des individus désintéressés et compétents pour la gouverner. Cela suppose que des hommes puissent sortir de la caverne dans laquelle tous les hommes sont depuis l’enfance et, qu’après s’être libérés des ombres et avoir contemplé la lumière du Beau, du Vrai et du Bien, ils aient le courage de retourner dans la caverne pour apporter cette même lumière aux autres prisonniers – qui ne manqueront pas cependant de les railler… jusqu’à vouloir les tuer !

Tel est le combat de tous les Résistants

Maurice Vidal

Complément de Agathe 

A noter que dans la Mythe de la caverne,( situé dans La République de Platon), mythe représenté dans votre illustration de l’article, les hommes sont enchaînés devant une paroi sur laquelle passent des ombres qu’ils prennent pour la réalité … Ils ressemblent à nos contemporains devant leurs écrans, absorbés par la contemplation d’un monde virtuel. Pour Platon, seuls les philosophes échappent à cette illusion.
Où sont, aujourd’hui ces philosophes-là ? On en voit des images dans le poste, c’est-à-dire qu’ils font partie des ombres portées sur la paroi !
N’est-ce pas , messieurs, BHL, Onfray et même Finkielkraut ?

 

 

 

 

 





14 thoughts on “La République selon Platon et Aristote pour les nuls comme Macron

  1. agathe

    A noter que dans la Mythe de la caverne,( situé dans La République de Platon), mythe représenté dans votre illustration de l’article, les hommes enchaînés devant une paroi sur laquelle passent des ombres qu’ils prennent pour la réalité … ressemblent à nos contemporains devant leurs écrans , absorbés par la contemplation d’un monde virtuel.Pour Platon, seuls les philosophes échappent à cette illusion.
    Où sont, aujourd’hui ces philosophes-là ? On en voit des images dans le poste, c’est-à-dire qu’ils font partie des ombres portées sur la paroi !
    N’est-ce pas , messieurs, BHL, Onfray et même Finkelkraut ?

    1. LavéritétriompheraLavéritétriomphera

      Il ne suffit pas de se déclarer ami de la sagesse (philosophe) pour être crédible et faire l’unanimité http://la-philosophie.com/pourquoi-nous-soutenons-la-candidature-de-macron.
      L’apport de la philosophie est d’enseigner que sur un sujet les avis divergent et que seule la confrontation des idées peut faire évoluer la pensée : si la vérité se découvre, elle ne s’acquiert pas.
      Les détenteurs de vérité veulent imposer leur point de vue, qui pour eux est indiscutable, à tout le monde. Cette politique s’intitule dictature et le détenteur du pouvoir est un tyran qui peut le cas échéant, sour l’influence supposée bienfaisante de la philosophie, devenir un despote qualifié d’éclairé. Mais on est toujours confronté à une idéologie qui relève de la pensée unique qui engendre un système totalitaire avec son cortège d’injustices, de mensonges, de frustrations et d’horreurs …

    2. Marcher sur des oeufsMarcher sur des oeufs

      Et c’est pour çà que l’on obtient des sondages comme celui-ci :

      Et on disait que les électeurs du FN étaient des boeufs !!!

      « Les diverses appréciations portées aux différents supports médiatiques reflètent de manière nette les différences entre les électorats. Les Français ayant l’intention de voter pour Emmanuel Macron plébiscitent la télévision : ils sont 82% à estimer qu’elle est une source d’information fiable.  »
      ___________________________________
      ARTICLE : Médias : parti pris contre Le Pen pour 55% des Français, Macron favorisé selon 46% d’entre eux.
      20 mars 2017

      :: https://francais.rt.com/france/35492-medias-parti-pris-contre-lepen-macron-favorise

  2. Xtemps

    Le Platon avait déjà de bonnes idées pour sa société idéale en équilibre, et plus juste pour tous, en commençant par trois mots, qui tournent autour de la lumière du beau, du vrai et du bien, qui marquent les bonnes intentions et d’humanité de Platon pour ses semblables.
    Le meilleur possible pour le peuple et pour chacun, en limitant les abus de certains, qui apportent toujours la tyrannie en voulant se faire Roi des biens de ses semblables, avec déjà une neutralité pour les religions où l’âme est un concept trop vague, surtout quand il y a pas un bagage intellectuel avec, là où Platon voyait déjà la manipulation de certains, et il avait raison, et de les garder à distance du pouvoir, qui mènent toujours aux abus, la division et les conflits s’ils tiennent le pouvoir.
    Tenir une société en équilibre contre tous les abus avec des lois qui les limitent, et le droit pour chacun pas étoufféspar les excès de certains, comme l’accès pour tous à l’ascension noble au vrai sens du terme, tenu par des raisonnements comme avec la lumière du beau, du vrai et du bien, était un beau concept pour une société idéal, avec un bagage intellectuel rendu au peuple, une fois atteint, pour se prendre en mains lui même de ce qui est beau, pour le vrai et pour le bien de tous.
    Ce qui est bien loin de nos sociétés actuels
    Aujourd’hui c’est la tyrannie qui règne pour tous, dans tous les domaines, avec des sociétés en déséquilibres total, par l’excès sans limites fixés des escrocs aux pouvoirs qui font place, spécialistes en racket social total en tous genres, avec une immigration forcée, sans bornes, et les droits des peuples européens confisqués, avec des droits illusoires pour les autres, comme à la merci de leurs bons vouloirs.
    Toutes les barrières de protection peuples ont sauté en Europe, et ne laissera que le chaos qui s’observe déjà partout, nous conduirons à des conflits majeurs, si rien est fait pour endiguer la folie des imbéciles aux pouvoirs.
    Nous pouvons déjà juger nos dirigeants atteint de folie des grandeurs comme une menace et d’aucune empathie pour les peuples qu’ils font subir le mal immense qu’ils font.
    Et ne peuvent jamais être de bons dirigeants, et même sont des dangers publiques pour la société, à toujours écarter des leviers des pouvoirs, car ce sont des criminels, des assassins qui ont déjà du sang sur les mains avec les attentats en Europe.

  3. NICOLAS F.

    N’oublions pas que l’un des pouvoirs du demos fut de pratiquer l’ostracisme.
    Ce pouvoir ,nous l’avons toujours.
    Donc,on ostracise tout le monde et on garde….Marine.

  4. Rosace

    C’est Platon qui était dans le vrai. La vision aristotélicienne reposait sur un postulat idéaliste qui supposait que l’homme saurait prendre son destin en mains pour le mieux. Son modèle est celui qui des deux ressemble le plus à la France d’aujourd’hui, et on voit pour quel résultat, tout ayant été dénaturé, perverti et confisqué par des gens qui étaient des staliniens dans l’âme : les soi-disant « socialistes ».

    Au contraire Platon avait senti les limites de l’homme et le danger de voir émerger ces hollande, macron et autres cazevide que nous avons aujourd’hui.

  5. guiĺlotin

    Dans le secret des sondages marine
    34% pour le 1er tour cela leurs fait trop
    mal au cul pour l annoncer

  6. Anania de Schirac

    _ Un grand merci à Maurice Vidal pour son article et à agathe pour ces précisions vraiments pertinentes.

    _ Je pense que Marine est plus dans la pensée de la république de Platon, avec le peuple et que Macron le Fourbe mondialiste est dans la pensée d’Aristote en mode OLIGARCHIE.

    _ Votons MARINE, la République pour le Peuple par le Peuple.

    _ Anania de Schirac.

  7. DIOGENE

    Chère Agathe (agathon = bon en grec ancien),

    Juste une remarque anecdotique : Macron a fait de brillantes études notamment en philosophie…

    Quant au programme économique de Marine il nous ruinerait rapidement…

    1. Christine TasinChristine Tasin

      Complètement faux, Diogène c’est le programme de Macron qui nous ruine et nous ruinera s’il était élu. Le seul programme économique qui tienne la route est celui de Marine, justement. On est ruinés elle doit nous en sortir.

  8. DIOGENE

    Chère Christine,

    La sortie de l’euro est fort risquée.
    De toute façon avec un franc dévalué il faudra quand même honorer notre dette abyssale de 2200 milliards d’euros ! 100 % du PIB
    L’état vit à crédit, depuis des décennies, et emprunte pour payer ses charges de fonctionnement…

    Notre épargne sera dévaluée…Je ne suis pas d’accord avec la sortie de l’euro.

    1. HopliteHoplite

      1/En cas de sortie de l’euro, notre dette sera automatiquement convertie en Fr. selon le principe de la lex monetae, chaque Etat est souverain pour définir sa propre monnaie, la changer et déterminer ses taux de conversion entre l’ancienne et la nouvelle monnaie. Ainsi, sa dette, qui est libellée dans l’ancienne monnaie (€), devient convertible en la nouvelle monnaie (nfr) au taux fixé par la loi.

      2/ Si la France quitte l’euro, il n’y a plus d’euro! L’Allemagne seule ne peut soutenir cette monnaie largement surévaluée.

      3/ La dette de la France n’est que d’UN an de PIB.Elle est moins abyssale que celle d’un acheteur qui emprunte DIX ans de salaire pour acheter sa maison.

      Faut arrêter de faire peur avec des histoires.

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