Liberté d’expression : qui a voulu et voté la loi Pleven, pourquoi ?


Liberté d’expression : qui a voulu et voté la loi Pleven, pourquoi ?

Vous trouverez ci-dessous le texte du remarquable exposé de Françoise Monestier  lors de la Conférence de presse du 14 février dernier.

Adoptée  le 1er juillet 1972, la  Loi Pleven, du nom du ministre de la Justice de l’époque, et au cabinet duquel œuvrait Simone Veil et dite loi antiraciste,  est un véritable cancer qui ravage le Droit français et menace nos libertés. Un cancer qui est à l’origine de toutes ces métastases qui, depuis 1972, ont proliféré dans notre législation   avec la bénédiction de toutes les autorités morales, politiques et même religieuses de notre pays.

Votée à l’unanimité du Parlement par une Assemblée  présumée de droite, cette loi fut examinée à l’initiative d’un député socialiste, René Chazelle, juge de profession. Il souhaitait JE CITE

«  Compléter et modifier les articles 187 et 416 du Code Pénal  afin de réprimer les actes de discrimination  ou de ségrégation raciale ou religieuse. » Les grands mots sont lâchés…et  le sinistre PLEVEN se réjouissait aussitôt de la promulgation de cette loi en des termes qui firent la joie des censeurs communistes de l’époque et de leurs épigones du MRAP et de la LICRA qui se frottaient déjà les mains en évaluant tous les profits qu’ils pouvaient  tirer d’une telle aubaine : «  Avec ce texte, la France sera, à ma connaissance, le  premier pays du monde à avoir une définition aussi extensive de  la discrimination dans ses lois pénales ».

Cette loi qui va bouleverser le texte de la loi de 1881  sur la liberté de la presse. Jusqu’alors, sa règle générale était la liberté, assortie de restrictions, dont notamment l’injure et la diffamation publiques. Ce dispositif fonctionna jusqu’au 21 avril 1939, date à laquelle fut promulgué le Décret Marchandeau qui introduisit le délit d’opinion en réprimant  la diffamation par voie de presse  lorsque celle-ci, JE CITE encore, « ou l’injure commise envers un groupe de personnes , appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but  d’exciter à la haine envers les habitants ou les citoyens ».Ce décret sera abrogé en 1940 et les nouveaux maîtres de 1944 en rétabliront les termes  par une ordonnance du 9 août de la même année.

L’inique et injuste Loi Pleven a complété l’article 24 de la Loi de 1881  par un cinquième alinéa dont les défenseurs de la liberté d’expression, présents ici ce soir, paient quotidiennement les conséquences. JE CITE

« Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou  une religion déterminée, seront punis »

Cette loi érige en infraction la diffamation, l’injure à caractère raciste ou religieux et un certain nombre d’actes comme le refus de fournit un bien, de louer un logement ou d’embaucher une personne dont le profil ne conviendrait pas au futur employeur.

Elle introduit surtout une discrimination entre les citoyens français qui appartiennent à la Nation  et ceux qui ne sont pas français. Quid, dès lors, de la préférence nationale ?

Mais le pire dans cette loi est son article 48 reconnaissant à toute association  déclarée depuis au moins cinq ans  et se proposant de combattre le racisme, le droit d’exercer des droits propres reconnus à la partie civile pour les infractions prévues par cette loi.  Cette loi, comme le dit Maître François Wagner, a permis  aux associations antiracistes  de devenir « les aides , voire les maîtres du Parquet ».

Elle en a surtout fait  des professionnels de  l’incrimination  qui se sont constitué un véritable marché judiciaire  avec ses lois, sa police de la pensée et son propre langage.

René Pleven a permis  aux ligues de vertu traditionnelles comme le MRAP et la LICRA  de régner en maîtres sur le monde de l’antiracisme. Mais, elles  ont vite été rejointes  par SOS Racisme et les officines communautaristes, comme le Conseil français du culte musulman, le Comité contre l’Islamophobie et toutes ces poupées russes de l’islam qui s’instrumentalisent les uns les autres. Sans oublier le CRAN, l’Union des Etudiants juifs de France et le lobby LGBT  traquant le gibier identitaire.

La loi PLEVEN incrimine les seuls adversaires de l’immigration et par là de l’islamisme dont elle est le vivier, qui n’ont plus le droit d’émettre la moindre critique, voire le moindre jugement  négatif à leur égard.

Christine Tasin et Pierre Cassen, en savent quelque chose, mais  aussi tous ces anonymes  qui sont traqués sur les réseaux sociaux comme des bêtes sauvages.

Les nouveaux censeurs que la Loi PLEVEN a créés  et qui ont décidé la transmission  quasi- héréditaire du  statut de victime, ont sciemment choisi d’adopter le terme d’ISLAMOPHOBIE qui succède comme par hasard à celui de XENOPHOBIE . Un terme qui veut faire rentrer dans la tête des gens que cela voudrait dire la HAINE DE L’ISLAM , alors que PHOBOS  signifie la PEUR et la CRAINTE .En multipliant à l’envie  ce mot, les associations qui vivent de l’antiracisme et veulent imposer l’islam en France  ont créé une arme de discrimination massive visant à bâillonner, via un recours systématique à la Loi PLEVEN et à ses  rejetons divers et  variés,  et à ce que Pascal Bruckner appelle le DJIHAD JURIDIQUE , tous ceux qui défendent la liberté d’expression  ou la libre critique d’un système  politico-religieux, l’islam.

Le système mis en place  par les associations qui ont choisi le combat  juridique comme mode de fonctionnement est donc finalement le même que celui instauré par le sultan Erdogan  en Turquie quand il actionne le délit de blasphème.

Pourtant, les bonnes consciences de notre prêt à penser condamnent vertement – c’est le cas de le dire — les mesures prises par Ankara , sans voir que , dans notre vieux pays de France,  le délit de blasphème est de retour , comme l’a démontré d’ailleurs à plusieurs reprises Maître Eric Delcroix sur le site de POLEMIA et Anastaisa Colosimo dans LES BUCHERS DE LA LIBERTE, un livre paru en 2016 .

Cctte  résurgence du blasphème  n’est nullement  le fruit du hasard , mais bien  la conséquence  de la LOI PLEVEN qui a marqué un rupture fondamentale dans l’appréhension des limites de  la liberté d’expression .

Oui, la  Loi PLEVEN est bien l’axe du mal,  un axe du mal qui est la source même de la confusion qui règne dans les textes et la jurisprudence depuis plus de quarante ans. Comme l’écrit  Anastasia Colosimo : « La Loi Pleven  représente une erreur impardonnable, car en autorisant  la associations à porter plainte au nom d’un groupe, d’une communauté, elle a consacré le règne de l’amalgame. Tel est bien le piège communautaire dans lequel elle enferme les  individus en ouvrant la possibilité de punir le blasphème , dès lors que certains  peuvent se porter partie civile  au nom de tous .TELS SONT LES TORTS FONDAMENTAUX DE LA  LOI PLEVEN « véritable creuset des lois scélérates

On connaît la suite, les procès à charge, la chasse au gibier qui pourra aider les associations  et leurs avocats à remplir les caisses, la trouvaille d’une nouvelle forme de ségrégation.  Le tout sur le modèle de ce qui se faisait couramment en Union Soviétique et que l’on croyait disparu.

Alors ce soir, afin d‘éviter que les prisons françaises ne se remplissent  des victimes du délit d’opinion et du délit de blasphème érigés en système,  exigeons l’abrogation de la LOI PLEVEN  qui a fait tant de mal à la liberté de penser.

Note de Christine Tasin

Ce n’est pas arrivé par hasard en 1972, il s’agit, déjà, d’appliquer les exigences des pays exportateurs de pétrole… Eurabia commençait.

 

 

 

 

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Christine Tasin

Présidente de Résistance républicaine ; professeur agrégé de lettres classiques.


11 thoughts on “Liberté d’expression : qui a voulu et voté la loi Pleven, pourquoi ?

  1. J

    Il y en a assez que l’on nous force à aimer telle ou telle personne. Marre de cette dictature. Rendez-nous notre parole.

  2. jolly rodgers

    ils nous imposes le vivre ensemble par la force . lors des manifs contre la loi travail en tant que prolos j’ai voulus manifester contre cette loi et bien j’ai étais obligé de quitter la manif , parce que les syndicats et les connards du npa et resf nous avaient sortie les banderoles:  »solidarités avec les sans papiers  » j’ai fait savoir mon désaccord , je leurs est signalé que je venais manifester contre la loi travail et qu’ils n’avaient pas a imposer la solidarité avec les sans papiers aux autres manifestant . en toute réponses j’ai eu droit a un : » ces chaud , ces chaud ont enc.. les fachos  » entonnés par une bandes de bobos gauchos peignes culs qui vivent loin des immigrés. finalement tous ces pseudos révolutionnaires sont belles et bien du coté du système et doivent certainement applaudir ce genre de lois qui opprime le peuple. ceux qui prônaient le fameux  »il est interdit d’interdire  » ce sont finalement eux qui interdisses les français de s’exprimer . une belle hypocrisie !

  3. Olivia BlancheOlivia Blanche

    J’ai souffert pour Brigitte Bardot quand elle a été condamnée à plus de 1 500,00 euros d’amende pour « Incitation à la haine raciale » au simple motif qu’elle s’insurgeait contre l’égorgement hallal ! Bien sûr ce sont le MRAP et la LICRA, si j’ai bonne mémoire, qui sont à l’origine de cette abominable condamnation !

    En l’occurrence la loi est en contradiction avec elle-même puisque la maltraitance à l’animal est condamnable ! Et cela dure depuis…

    J’espère que l’enfer existe pour ces gens à l’origine de tous nos maux !

  4. MaximeMaxime

    Le problème principal, à mon avis, est qu’on met sur le même plan des facteurs déterminés et d’autres qui ne relèvent d’aucun déterminisme.
    Or, il est légitime qu’un individu puisse être critiqué pour ses choix, oeuvre de son libre arbitre, dans la mesure où ses instincts ou ses caractéristiques invariables n’y sont pour rien. Un choix philosophique, l’adhésion à une doctrine n’ont pas de couleur !
    A cet égard, on peut lire sur la page de EELV des propos qui me semblent pour le moins réducteurs :
    « Avec le débat sur la laïcité à la sauce UMP, l’appel à la tenue d’assises contre l’islamisation de la France ou encore avec l’assimilation, faite par Marine Le Pen, des prières de rue faites par les « musulmans » à l’occupation nazie, un pas dans l’instrumentalisation de la laïcité vient d’être franchi. Le discours anti-arabe des années 80 est recyclé, sous couvert de pseudo-laïcité, à un discours anti-musulman. Le vocabulaire change, le racisme reste ».
    http://eelv.fr/laicite-nest-pas-racisme/
    Quid des Arabes critiquant l’islam (ils sont nombreux) ?
    Quid des Blancs, des Noirs (voire des Asiatiques, même si je n’ai aucun exemple en tête) qui sont musulmans ?
    Les Blancs musulmans sont sans doute aussi nombreux que les Noirs, peut-être moins dans l’ensemble que les Beurs, sans doute même, mais c’est bien la preuve que ça n’a pas de rapport direct, ou que très peu, d’autant plus que les statistiques ethniques sont interdites donc affirmer le contraire relève du préjugé !
    En revanche, on peut être d’accord avec la critique selon laquelle certains dégainent la laïcité contre l’islam, alors qu’ils n’épousent pas toujours toutes les conséquences de la laïcité, voire vomissent carrément la République laïque…
    Certains combats sont marqués de cette contradiction, c’est un fait. Mais ça ne doit pas conduire à entacher des discours qui, à juste titre, soulèvent le problème de la laïcité et qui sont tenus par d’authentiques partisans de la laïcité. Certains politiques s’appuient sur la posture des premiers pour décrédibiliser les seconds malheureusement.
    J’ai trouvé pertinent le résumé de l’émission consacrée le 14 février par France culture à la laïcité de ce point de vue :
    « Etrangement attaquée par ceux qu’elle est censée protéger, ironiquement défendue par ceux qui l’ont toujours combattue, la laïcité à la française telle que définie depuis la loi de 1905 continue à diviser, entre victimes imaginaires et défenseurs autoproclamés ».
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/presidentielle-2017-quelles-laicites-defendent-les-candidats

  5. marre-du-PS

    TV Libertés vous a montrée, ainsi que M. Cassen et les avocats, en réunion, dans son journal. Oui, il est temps que les choses bougent, j’ai l’espoir que Marine passe, si elle pouvait gagner au 1er tour, j’en rêve, cela permettrait de faire avancer ce dossier plus vite.

  6. Rudolph

    Très intéressant de revenir à l’origine historique de cette loi antifrançaise qui oblige un peuple à se laisser envahir sans mot dire; les années soixante-dix auront été celles des pires fléaux: regroupement familial, allocation aux mères de famille AVPF ( eh oui, on devine pour qui …) et à l’ Elysée, un défilé ininterrompu de clowns-présidents, pauvre France !

  7. Jarczyk

    Rappelons-nous que le regroupement familial vint affermir encore la loi Pleven,l’un n’allant pas sans l’autre,car il s’agit depuis cette funeste année 1976 ,de tout faire pour que grand patronat français puise dans le Maghreb puis l’Afrique subsaharienne une main d’oeuvre bon marché, et inépuisable sauf a s’échiner sur tous les chantiers du BTP, ceux de Bouygues en tête !
    Tout s’articule admirablement pour constituer,des lors,un étau, qui n’aura de cesse,depuis,de se resserrer lentement sur la Nation et l’État français.
    Les conséquences sociales et économiques ne tardèrent pas à surgir, mais, malgré une tentative de Raymond Barre,pour invalider le décret incriminé, dès la même année, je crois,c’est le Conseil d’Etat qui eut le dernier mot.
    Un bien triste conseil,en vérité ,au vu des résultats sur toutes ces années.
    Et un terrible gâchis, social et économique pour les deux côtés de la Méditerranée.
    C’est comme un boulet qui grossit au fil des décennies et que nul ne sait comment s’en défaire…
    Nul? Pas si sûr… Mais ce qui est certain, c’est que c’est bien en 2017 que viendra l’ultime décision : traîner ce boulet jusqu’à épuisement complet de la Nation Française, dans un avenir que l’on peut juger proche ou s’en libérer par un énergique sursaut de survie et espérer qu’enfin la France connaisse l’apaisement souhaité.

  8. Dorylée

    Vous imaginez, entre 1939 et 1945, le nombre de résistants qui auraient été condamnés pour  » incitation à la haine à raison de l’appartenance à une nation  » simplement en souhaitant la défaite des sales boches …

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