Lettre de Louis XIV à Jean-Michel Aphatie


Lettre de Louis XIV à Jean-Michel Aphatie

FIGAROVOX/PASTICHE – Le Roi-Soleil répond à Jean-Michel Aphatie après que celui a déclaré qu’il souhaitait démolir le château de Versailles, tout en précisant ensuite qu’il s’agissait de second degré.


Normalien et philosophe de formation, David Brunat est écrivain et conseiller en communication.


Monsieur,

Quel genre d’insolent êtes-vous? Avez-vous perdu la raison? Ignorez-vous ce qu’il en a coûté à d’autres de parler en si mauvaise part de moi et de mes biens? Ah, si Dieu m’avait donné plus longue vie, comme j’eusse eu plaisir à vous faire donner le bâton, à vous faire ravaler votre impudence dans le fond d’un cachot, à vous soumettre à la roue!

Ainsi donc, l’on me mande que vous avez à cœur de raser mon château, qui a exigé de mes Sujets tant d’efforts et tant de génie! D’anéantir le fleuron de mon Royaume, l’orgueil de mon règne! De faire disparaître sans autre forme de procès ce chef-d’œuvre de l’art et de l’intelligence, qui fait depuis trois siècles l’admiration de l’univers et la joie des touristes du monde entier! (soit dit en passant, cette babiole que vous voulez dynamiter rapporte à la France des millions et des millions chaque année alors qu’on n’a cessé de vilipender les dépenses que j’ai dû engager pour le bâtir et l’embellir … Preuve que la rentabilité de long terme de certains projets se joue des politiques budgétaires restrictives chères aux ronds-de-cuir et autres petits marquis.)

Donc, à bas Versailles! S’il s’agit d’humour, sachez que je goûte infiniment plus celui de M. de Molière. On m’explique qu’il s’agit de «second degré.» Diable! Qu’est-ce là que ce second degré bien apathique? Je vous en conjure: restez-en au premier degré, au rez-de-chaussée, à l’entresol, au sous-sol, que sais-je. Je conçois que l’idée de grandeur vous soit étrangère, mais est-ce une raison pour manifester une si extraordinaire animosité à mon endroit?

Bref, que vous ai-je donc fait, Monsieur, pour que ma maison vous inspire un tel déplaisir? Aurais-je de mon côté la fantaisie de m’en prendre à la vôtre? Oui, je parle de cette Maison dite de la Radio, où vous officiez maintenant après avoir dragué l’or du Grand Canal – avant qu’il ne soit conquis par un Fouquet moderne qui est en train de l’assécher – et occupé le micro d’argent de diverses stations radiophoniques. Il y aurait à redire sur le fonctionnement de votre Maison, sur son ascendant dans la formation de l’opinion publique française. Je m’en garderai.

L’on me mande aussi que vous émettez des doutes sur le suffrage universel – qui est pour moi une chose bien peu compréhensible -, auquel vous semblez attaché quand les électeurs votent selon vos vœux, mais auquel vous voudriez réserver le même sort qu’à ma maison lorsqu’il en va différemment. Je suis bien d’accord avec vous sur le fait que ce M. Trump est un soudard, un pendard, un bourgeois gentilhomme qui abuse son monde. Mais le triomphe que lui ont fait les Américains justifie-t-il vos sorties intempestives et vos sentiments démocratiques à géométrie variable?

Ah! l’on m’a souvent fait grief de gouverner sans frein. Ce motherfucker de Saint-Simon, qui me haïssait, n’a cessé de médire de moi et d’écrire à mon propos les choses les plus désagréables du monde, tout en me suppliant de lui octroyer une mansarde dans ma maison versaillaise. Si vous aviez du talent, vous me feriez penser à lui. Il me prenait pour un despote, pour un buveur de sang, mais il ignorait qu’il y a en tout homme, à partir du moment où il dispose d’un peu de pouvoir ou d’un peu d’influence sur les autres, un despote en germe qui, parfois, ne demande qu’à éclore ; et je crois que vos considérations sur les limites du suffrage universel prouvent quelque chose de cet ordre-là.

Quoi qu’il en soit, je pense que le suffrage des siècles – auquel je tiens, pour le coup – et l’admiration des hommes pour mon sweet home versaillais m’offriront de solides garanties contre les velléités destructrices des Croquants dans votre genre.

Sur ce, Monsieur, je retourne au paradis des héros français et vous laisse avec votre pelle et votre truelle démolir tous les châteaux de sable que vous voulez. 

Louis, propriétaire perpétuel

http://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2016/11/15/31005-20161115ARTFIG00163-lettre-de-louis-xiv-a-jean-michel-aphatie.php

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18 thoughts on “Lettre de Louis XIV à Jean-Michel Aphatie

  1. Olivia BlancheOlivia Blanche

    Pour ce genre d’individu
    quel regret que la Bastille n’existe plus !
    Quel plaisir aurions-nous
    à savoir ce cuistre sous les verrous !

  2. Rody

    Merci de défendre légitimement notre histoire contre tous ces traîtres et collabos. Un franco-français qui aime l’histoire et son pays qui est la France.

  3. severic2009

    Les patriotes eux lui réservent également un traitement a la hauteur de ses insultes ,mais qu’il ne s’impatiente pas, »IL ARRIVE »(le traitement)à grands pas..!!

  4. patrice

    moi j’aime bien le supplice du carcan, le voir la tête, les bras, et les pieds emprisonné dans une planche ,et exposé sur la place public, cela me ferais un énorme plaisir. c’est dommage que cela ne ce fait plus, ils savaient s’amuser à cette époque.

    1. AntiislamAntiislam

      Bonjour,

      Oui, pour Apathie cela serait super !

      Il veut faire parler de lui : ben, comme ça on parlerait de lui !

  5. Jacquelin

    N’étant point en accord sur la réserve de Louis en ce qui concerne le Prince Trump, néanmoins, je lui suis gré d’avoir rédigé ce pamphlet d’auguste raillerie mais oh, combien, fort judicieux

  6. Louis

    La photo de la « fistule » de notre Roy enfin exposée au grand public: Elle a pour nom: Apathie.

    Homme de culture, de goût, amoureux des Arts et des femmes.
    Monarque à mille lieues des misérables compromissions et bassesses de nos actuels dirigeants, plaçant le devoir au dessus de tout, intransigeant et couillu.
    Amoureux de la France n’hésitant pas à donner l’exemple en s’exposant parfois inutilement sur les champs de bataille.
    Comment ne pas l’admirer ?
    Tout ça pour en arriver à…….hollande, le petit petit…

    1. Renoir

      Bon, déjà que la monarchie n’est pas ma tasse de thé, alors la splendeur de Louis le XIVème, excusez-moi : en Cévennes on se souvient de ses dragons, c’est même eux qui ont fait de nous des Républicains bon teint.
      Pour plaisanter Apathie, ça va. Pour le reste, bonjour les dégâts !

  7. Devise

    Sire,vous avez tout à fait raison, cet homme, ce microbe, qu’il reste effectivement dans le sous-sol. Mais si vous le permettez, sire, je trouve que sa place devrait être à la bastille ! Vive le roy.

  8. Alain le para

    La Bastille n’existe plus mais la guillotine , si ! Remettons la en oeuvre cette brave Louison encore appelée la Veuve !

  9. GammaGamma

    C’est à la mode ; la mode de dénigrer la grandeur et le passé d’un peuple. La mémoire de certains commence avec la soi-disant bien-pensance et se termine avec cette bien-pensance faiseuse de cuistres, de curetons, de suborneurs et de mijaurées. A chaque terme énoncé ces aficionados de tous genres. Rejet des valeurs sous prétexte d’égalité. Rejet de patriotisme sous prétexte d’ouverture. Rejet d’amour de la patrie sous prétexte de combattre un nationalisme désuet. Rejet des bases et des racines sous prétexte de ringardise. Quoi d’autre ? Changer le nom de la France ou peut-être nos couleurs ? Quelle ingratitude !
    La France se donne au compte goutte, avec parcimonie pour qui veut apprécier sa république, ses valeurs, ses lois, ses écrivains et philosophes, ses penseurs et ses « Héros ». LA FRANCE SE MERITE. Le sérum « France » est une donation précieuse qu’on ne gaspille pas. Or, ils le déversent dans les lieux privés pour s’abreuver de haine, de rejet de soi. Comment construire un pays avec ce genre d’individus.
    Au lieu de gratifier les ancêtres, on les déporte dans les profondeurs de l’oubli. J’en suis meurtri de voir à quel point certains sont tombés aussi bas ; même les sondes les plus performantes ne détecteraient pas leur trace. Jusqu’où iront-ils pour dévoyer, corrompre, pervertir et leurrer – croyant être sur la voie de la vérité – ? Jusqu’où feront-ils des alliances contre-nature sous prétexte de tolérance et de générosité ?
    Le mot « Nation » est devenu un terme diabolisé, une idée à bannir. Or la « Nation » est le ciment d’un peuple, le sens d’une existence, un projet commun de solidarité et de partage. La nation est une matrice qui nous nourrit des racines du passé et nous fait grandir pour les bâtisses du futur. Je n’y vois aucun fanatisme, aucun extrême, aucune xénophobie mais un legs et un rempart, rempart contre les erreurs du passé, legs des valeurs que certains sont incapables de recevoir.
    Raser le château de Versailles, autant raser nos parents.

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