Terrorisme : quand le Conseil d’État joue au « taboo »


Terrorisme : quand le Conseil d’État joue au « taboo »

Le « taboo », vous connaissez ?


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C’est un fameux jeu de sociétés dont wikipedia nous dit que le but « est de faire deviner un mot à ses coéquipiers sans utiliser certains mots interdits ou tabous. Il se joue avec un paquet de cartes sur lesquelles sont inscrits des mots à faire deviner et la liste des cinq mots interdits ».

Si vous n’avez jamais joué à ce jeu de votre vie, il semble que la plus haute juridiction administrative de France, le Conseil d’Etat, pratique le « taboo » sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, ou peut-être en le sachant parfaitement.

Il a en effet rendu une décision le 9 décembre 2015 à propos de la demande d’un Algérien qui s’était vu notifier un arrêté d’expulsion et le retrait de son titre de séjour.

L’individu en question, Monsieur B., était entré en France en 2004 et avait séjourné sur le territoire français sous couvert de plusieurs certificats de résidence d’une durée d’une année portant la mention « vie privée et familiale » (donc j’imagine que c’était un des bienfaits du « regroupement familial »). Il eut même la chance de se voir octroyer par la suite, en 2014, un certificat de résidence d’une durée de dix ans en qualité d’étranger malade.

Une chance dont il n’a pas su profiter, puisqu’en avril 2015, « le ministre de l’intérieur a prononcé son expulsion du territoire français en urgence absolue au motif que sa présence en France constituait une menace grave pour l’ordre public et a fixé l’Algérie comme pays de renvoi ».

En effet, « au cours du mois de janvier 2015, dans les jours suivant des attentats terroristes perpétrés à Paris », cet homme « a été remarqué à proximité de plusieurs bâtiments de la communauté juive situés dans différents arrondissements de Paris ; en outre, il a, le lendemain de ces attentats, tenté de s’introduire dans une synagogue puis quelques jours plus tard dans une école juive ».

On apprend encore, en lisant la décision, « qu’une personne de sa famille a, dans le courant du mois de février, fait une déposition circonstanciée auprès des services de police, motivée par les craintes d’une possible radicalisation de M. B en raison de ses fréquentations et des propos violents à l’encontre de la société qu’il lui avait tenus la veille ; que M.B, qui s’était rendu en Belgique dans le courant du mois de février 2015 puis à deux reprises en Algérie dans le courant du mois de mars, est revenu en France au début du mois d’avril et a été à nouveau observé, les 5 et 6 avril, aux abords de plusieurs bâtiments de la communauté juive de Paris ».

De quelle radicalisation est-il donc question ? S’agirait-il d’un bouddhiste radicalisé ?

Alors, puisqu’il est question dans cette décision des attentats contre Charlie Hebdo, quel peut donc bien être le mot « tabou » que le Conseil d’Etat a refusé d’utiliser ?

Selon le Larousse en ligne, le verbe « radicaliser » signifie : « rendre un groupe, son action, plus intransigeants, plus durs, en particulier en matière politique ou sociale ».

Exemple : « en déclenchant la grève, le syndicat radicalise ses revendications ».

J’imagine qu’à l’époque où l’on parle de « centres de déradicalisation », un nouveau sens spécifique sera ajouté dans une prochaine édition du Larousse, à moins que les auteurs du dictionnaire aient, eux aussi, peur d’inscrire noir sur blanc les mots que vous avez sans doute devinés…


 

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Maxime

"On ne peut vivre agréablement si l'on ne vit avec prudence, honnêteté et justice" (Epicure). La France ne pourra retrouver la jeunesse de Bacchus peinte par Bouguereau qu'en renforçant le principe de précaution.


3 thoughts on “Terrorisme : quand le Conseil d’État joue au « taboo »

    1. MaximeMaxime Post author

      😉
      Ce qui m’a étonné en lisant la décision, c’est que les mots « islam » ou même « islamisme » n’apparaissent nulle part…
      Auparavant, le Conseil d’Etat n’hésitait pas à s’y référer, notamment pour refuser des naturalisations. Par exemple, on peut voir les décisions citées ici : http://resistancerepublicaine.eu/2015/12/23/etre-de-gauche-nempeche-pas-de-prononcer-la-decheance-de-nationalite-la-preuve/
      Maintenant, on dit que c’est de la radicalisation, sans dire quelle doctrine est radicalisée…
      C’est un nouveau tabou à mon avis ! On n’ose plus parler d' »islam radical » ou d' »islamisme radical », on parle de « radicalisation », « radicalisé »… pour « ne pas stigmatiser »…

  1. Xtemps

    Parions que les musulmans savent de quel communauté il s’agit aussi, mais l’étonnant c’est toujours nos dirigeants qui font tant d’effort, on se demande toujours pourquoi et pour quels intérêts, pour un Islam meurtrière, multi-génocidaire et haineux contre tous les mécréants de la terre, esclavagistes, pédophiles comme leur prophète, l’inceste avec leurs enfants, surtout avec leurs filles, un Islam qui garde arriérés les musulmans dans un état du septième ou huitième siècle et n’enrichi pas, voir le niveau d’intelligence et de vie précaire, de pauvreté de tous les pays musulmans, avec quelques livres de l’Islam dans leurs bibliothèques et rien d’autres, avec toujours les mêmes vêtements kamis, barbes hirsutes et toujours les mêmes tenues voilés, bêtes, ridicules et stupides.
    Nos dirigeants nous rapporte quoi? avec les musulmans et leur Islam débile chez nous en Europe, même pas multiculturel et une seul culture » l’Islam « , rien que des emmerdes, l’appauvrissement dans tous les domaines des musulmans est contagieuse comme la peste.

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