Les Birmans ne veulent pas changer la constitution pour ne jamais avoir un Président musulman


Les Birmans ne veulent pas changer la constitution pour ne jamais avoir  un Président  musulman

La Birmanie est vraiment à mille lieues de la France et pas seulement sur le plan géographique.
Bien sûr, la « Dame de Rangoun », surnom de Aung San Suu Kyi, qui sera vraisemblablement une héroïne nationale pour des siècles dans son pays, et son prix Nobel de la paix ne plaisent pas beaucoup à Oumma.com :
http://oumma.com/200781/propos-islamophobes-de-aung-san-suu-kyi-laureate-prix
On ne s’en étonnera pas.

Le plus intéressant est de voir que, malgré sa forte popularité et l’élection de son plus fidèle ami comme Président, elle s’est heurtée à un refus de modifier la Constitution lui interdisant de se présenter en personne.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160228-birmanie-aung-san-suu-kyi-myanmar-union-democratie-manifestation-musulmans

Les manifestants ont exprimé le refus d’avoir à la tête du pays un étranger, fût-ce un binational (rappelons qu’elle ne l’est que parce qu’elle s’est mariée avec un Britannique), et encore moins un président musulman.
Incroyable ! Imaginez la tronche des bobos si cela devait se produire en France…

La lecture de l’article de RFI est édifiante.

« Ils ne veulent pas réviser la Constitution et ils manifestent aujourd’hui en Birmanie. Quelques centaines de personnes se sont rassemblées cet après-midi à Rangoon, la plus grande ville. Ils veulent maintenir tel quel l’article 59 de la Constitution qui empêche l’opposante Aung San Suu Kyi d’accéder à la présidence. Son parti a remporté les dernières élections législatives, mais elle ne peut pas, pour le moment, diriger officiellement le gouvernement.

Ils chantent l’hymne national. Ils portent des tee-shirts sur lesquels on peut lire : « on ne peut pas toucher à l’article 59 ». Cet article empêche ceux qui ont des parents étrangers d’accéder à la présidence.

« Nous n’avons pas peur des étrangers, mais nous voulons que notre président soit issu de notre race pure, car aucun étranger ne souhaite améliorer la situation de notre pays. Les Anglais ont colonisé notre pays, nous ne voulons pas que cela se reproduise », déclare Than Myo Oo, un organisateur de la manifestation.

« Protéger le pays »
Les motivations de nombreux manifestants sont nourries de sentiments très anti-musulmans. « Le Coran dit aux musulmans de supprimer les autres religions. Si nous révisons ou supprimons l’article 59 de la Constitution, alors notre pays sera gouverné par un président musulman à l’avenir. Tout ce que nous faisons n’est pas contre madame Aung San Suu Kyi. C’est pour protéger notre pays dans le futur » déclare l’un des manifestants.
Le chef de l’armée birmane a indiqué que la Constitution serait amendée à un moment approprié et selon les règles en vigueur. Il exclut donc pour le moment un arrangement politique avec Aung San Suu Kyi ».




Maxime

Mon avatar est Justinien car c’est son Digeste qui synthétise le meilleur état du droit romain. Redécouvert au Moyen Age à Bologne, il a influencé le droit français dans bien des domaines, notamment le droit civil contenu principalement dans le Code civil actuel.


10 thoughts on “Les Birmans ne veulent pas changer la constitution pour ne jamais avoir un Président musulman

  1. pirlouit

    imagines christine un seul instant qu’un politique en france dise nous voulons que notre président soit de race pure ?déjà que le mot race va etre supprimé de le constitution.perso j’en ai rien à faire de leur race ce que je veux c’est une personne qui soit en lien avec notre histoire qui aime son pays et qu’il ou elle soit compétent.je sais je suis sur mars tant que j’y suis je sens dans mon entourage commerces voisins une haine envers l’islam qui monte depuis mardi.le point de bascule n’est pas loin .

    1. MaximeMaxime

      Il ne faut surtout pas que le mot « race » disparaisse de la Constitution. J’ai longtemps pensé que cette référence était inutile, mais, en réalité, nous disposons grâce à la Constitution d’un solide argument de texte pour défendre l’idée que la critique d’une religion n’est pas du racisme, puisque « race », « religion » et « origine » y sont distingués. Cela dit, même si ce changement devait intervenir, il faudra toujours garder en tête que ce sont des notions différentes et que l’histoire le prouve. On n’efface pas le passé si facilement. Donc le « racisme antimusulman » n’existe pas et n’existera jamais.

  2. Christian Jour

    C’est un président Birman qu’il nous auraient fallu pas les guignols que l’on a eu jusque là.

  3. jan

    Il me semble à moi pourtant que cette Aung San Suu Kyi est dangereuse pour les Birmans
    Elle m’apparait à moi comme une bobo mondialiste et pasdamalgame

    1. MaximeMaxime

      L’obtention d’un prix Nobel serait-il un argument en faveur de cette idée ? Il est vrai que cela peut faire douter parce qu’on pense que les résistants sont toujours étrangers à l' »establishment ». Il faudra qu’elle fasse des efforts pour ouvrir son pays sur le monde et l’on verra quelles options politiques elle retiendra. Selon wikipedia, le prix Nobel de la paix est décerné par un comité nommé par le parlement norvégien (Storting). On peut en contester l’idée, Sartre ayant même refusé le prix Nobel de littérature mais parce qu’il était opposé à l’attribution d’une distinction à un homme vivant.
      Cela dit, il y a peut-être un peu d’anarchisme dans votre réflexion. Tout dirigeant d’un pays serait suspect d’être arrivé au pouvoir finalement, non ?
      La Dame de Rangoon ne me paraît en tout cas pas du tout atteinte de pasdamalgamisme, au vu de ses déclarations précisément qualifiées d’islamophobes par Oumma.

  4. Dorylée

    Christine, vous êtes certaine que Aung San Suu Kyi n’est pas membre de RL ou de RR ? Quand on voit l’acharnement de la justice à la condamner, un doute m’a assailli…

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