Benzema aurait-il pu jouer contre l’Algérie ? Par Pierre Cassen


depart-de-benzema-pour-le-bresil-entoure-de-fans-0906-youtube-thumb-565x250Les dieux en ont décidé ainsi ! Le match France-Algérie n’aura pas lieu, en quarts de finale de la Coupe du monde. On en connaît beaucoup qui sont soulagés : les propriétaires de voitures, les salariés qui se lèvent tôt, le ministre de l’Intérieur, les préfets, nos policiers et tous ceux qui auraient été en première ligne, ce vendredi, pour faire face à un déferlement revanchard qui aurait probablement submergé des pans entiers de notre pays.

Mais quid du sélectionneur, Didier Deschamps, et du joueur que la France entière est sommée d’idolâtrer, le franco-algérien Karim Benzema, seul Bleu à ne pas chanter La Marseillaise ?

L’entraîneur aurait-il pu aligner un joueur qui reconnaît que la France n’est qu’un choix sportif, et que l’Algérie est le pays de son cœur ? Benzema aurait-il pu jouer à 100 % de ses moyens contre une équipe qu’il préfère à celle de son pays de naissance ? Aurait-il pu considérer comme de vrais adversaires des joueurs dont il partage, en période de ramadan, les mêmes convictions religieuses ?

Petit retour sur notre passé. Le football français a connu trois grands joueurs, tous enfants d’immigrés, qui ont chacun marqué leur époque.

Le premier, Raymond Kopa, de son vrai nom Kopaszewski, né à Noeux-les-Mines, en 1931, est petit-fils de mineurs polonais venus s’installer en France en 1919. De tradition catholique, comme de nombreux autres internationaux de son époque (Maryan Wisniewski, Léon Glovacki), il ne mettra jamais en avant sa religion, ni en club, ni en équipe de France.

Le deuxième, Michel Platini, né en 1955 à Joeuf, est petit-fils d’un immigré italien venu s’installer en Lorraine après la Première Guerre mondiale. Pendant dix ans, il a porté à bouts de bras les Bleus, aidé par une génération exceptionnelle. Quand il jouait contre l’Italie, il mettait un point d’honneur à être encore meilleur que d’habitude. Nul n’a oublié les deux coups francs consécutifs marqués à Dino Zoff, alors meilleur gardien au monde, ni sa prestation, en 1986, en Coupe du monde, qui permit à la France d’éliminer la Squadra Azzura.

Le troisième, Zinedine Zidane, est né en 1972 à Marseille. Son père, algérien, est arrivé en France en 1953. Celui qu’on surnomme Zizou possède la double nationalité française et algérienne. Lorsqu’on l’interrogeait sur une éventuelle rencontre France-Algérie, il répondait qu’il souhaitait un match nul. On est fort loin de l’attitude de Michel Platini.

Avec Karim Benzema, né en 1987 à Lyon, une autre étape a été franchie. Ce joueur, lui aussi de double nationalité, doit tout à la France, et pourtant, il affirme préférer un autre pays, qui par ailleurs ne lui a rien apporté. Il a choisi l’équipe de France simplement pour les retombées financières, alors que dix-sept joueurs franco-algériens, comme lui nés en France, ont choisi d’être internationaux algériens parce qu’ils ne se pensaient pas assez bons pour être sélectionnés en équipe de France.

Cette évolution, à travers près de soixante ans de football, résume tout. Avec Raymond Kopa et Michel Platini, on était à fond dans l’amour de la France, l’assimilation et le creuset républicain. Avec Zinedine Zidane et la double nationalité, les ambiguïtés commencent. Avec Karim Benzema, on est dans la préférence algérienne, le halal, le ramadan, la barbe, et le fait, assumé, d’être le seul à refuser de chanter La Marseillaise. Comment, dans un tel contexte, aurait-il pu jouer contre l’Algérie ? Qu’il marque des buts, les Algériens l’auraient qualifié de traitre. Qu’il ne marque pas, et les Français auraient eu des doutes quant à sa loyauté.

Certains veulent interdire le débat sur la double nationalité, et pourtant, ces exemples footballistiques montrent qu’il est plus incontournable que jamais.

Pierre Cassen

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Pierre Cassen

Fondateur de Riposte laïque


9 thoughts on “Benzema aurait-il pu jouer contre l’Algérie ? Par Pierre Cassen

  1. Avatarjean claude

    quand les gens auront fait la différence entre des maçons et autres métiers pénibles qui font un travail de bagnard pour des prunes nécessaire a la vie et le foot et autres sports pour le plaisir des yeux qui rapporte des millions a une poignee de connards ca ira nettement mieux…. pour ma part je boycotte tout ce genre de choses

  2. AvatarJean-Charles Zimmermann

    Absolument vrai ! En tant que Français nous nous devons d’attendre des immigrés en retour afin de tester leur loyauté. Et même dans 20 ans, nous testerons leur loyauté tant qu’ils ne changent pas de nom et prénom.

    Vite il me faut ma dose !

  3. AvatarEmma

    J’imagine que si l’Algérie avait gagné hier soir et aurait de fait à jouer contre la France vendredi prochain…que les bleus musulmans – avec ou sans Benzema – feraient en sorte le laisser gagner l’adversaire. Ils sont musulmans avant tout et représentent tout le Maghreb, alors pensez donc! en plus en plein ramadan…Et pour toutes les autres raisons conflictuelles ouff! les 2 équipes n’auront pas à être confrontées.

    1. AvatarAlain

      Mais le respectent pas leur ramdam de merde ces pousseurs de ballon Emma, y’a fatwa issue pour contourner, car pour les contourner leurs interdits quand ça les arrangent et uniquement, sont forts !

  4. Avatargillic

    Moi, j’aurai bien aimé un match entre l’équipe de France A et l’ équipe de France B !!! Qu’en aurait pensé la Fifa…… de deux équipes de France en coupe du monde ?
    De plus, on aurait enfin crevé l’ abcès qui nous pourrit la vie depuis trop longtemps ………..
    Personnellement, je ne regarde aucune de ces équipes !

  5. AvatarFrançoise

    On ne sait pas ce qu’il ce serait passer si l’Algérie et la France avait jouer, toujours est il que dans l’équipe de France ou sont présent plusieurs bi-nationaux, quelles auraient été leurs attitudes si la France ou l’Algérie avait gagné, il y a la une grande ambiguïté, toujours est il que c’est la finance qui mène le jeu et non l’amour de la patrie.

    1. AvatarAlain

      Z’auraient fini égalité ou match nul, parce que les buts pour l’adversaire en fait auraient compté pour un demi-but chacun, et là à chaque fois bonjour les séances de kuls-levés, z’auraient eu tous leur potes « suporters » équipés de lasers pour détourner attention au cas où y’aurait faute… Bref, souk monstre, comme d’hab.

      Et mieux vaut ni ne penser à ni imaginer les scènes de « liesse » s’ensuivant hein !

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